Les « macronosceptiques » s’expriment !

Publié par le 31 Déc, 2017 dans Blog | 6 commentaires

Les « macronosceptiques » s’expriment !

Alors que l’opinion – même celle votant habituellement à droite – laisse du temps à Macron pour voir s’il va obtenir des résultats, essentiellement en terme de chômage, certains ne croient pas au mythe Macron et le font savoir.

Le Figaro Magazine a rapproché, dans un même article, deux ouvrages  qui portent la contestation anti-Macron :

– La grande mascarade d’Ivan Rioufol,
– Le Néant et le Politique d’Harold Bernat

« Personnage de roman », « président philosophe », « homme providentiel », « nouveau Louis-Philippe »: les essais se succèdent pour tenter de saisir l’événement inouï et inattendu qui s’est produit en mai dernier. Parmi ce flot de publications, deux livres se distinguent par leur virulence à l’égard du nouveau président de la République. Le premier, Macron.

La grande mascarade (L’Artilleur) , regroupe les chroniques d’une plume que les lecteurs du Figaro connaissent bien : celle d’Ivan Rioufol, qui n’hésite pas chaque semaine à porter un regard mordant et acéré sur l’actualité, sans se soucier des injonctions au politiquement correct. Dans ce bloc-notes allant de janvier 2016 à octobre 2017, le chroniqueur affranchi évoque des sujets aussi variés que la polémique Black M, Nuit debout, l’insécurité culturelle, l’élection de Trump, l’affaire François Fillon, le réveil · catholique, ou encore les attentats islamistes. Et analyse le phénomène Macron sans concession. Rioufol n’est pas de ceux qui se sont laissés endormir par les discours doucereux du président jupitérien. On ne l’aura pas ! Il le confesse : « Je ne suis pas macronien. Je me sens pleinement solidaire des ploucs et des boulets, c’est-à-dire de ceux qui ne sont rien. » Les noms d’oiseaux fusent : « Bonaparte à la jactance humanitaire », et les comparaisons  se succèdent : « Barack Obama blanc, Justin Trudeau intellectuel ». Ce qu’il reproche le plus à Emmanuel Macron ?

D’être un gestionnaire hors-sol déconnecté des aspirations sourdes du pays tiraillé par la question de l’identité.

Il fustige « l’univers comptable, aseptisé et sans affect du macronisme » et prophétise l’échec d’un président trop pusillanime pour les urgences du temps. « L’échec du quinquennat est inscrit, et la raison en est simple : l’idée neuve, qui reste à défendre, est dans la consolidation du pays millénaire, et non dans la poursuite de sa dilution liquide. »

Comme lui, Harold Bernat, auteur du Néant et le Politique (L’Echappée) , reste sidéré par l’événement qui marque, selon lui, non pas la réconciliation des contraires, mais une rupture radicale et inédite. Pour ce jeune agrégé de philosophie, l’avènement de Macron acterait tout simplement la fin du politique. Citant Max Weber qui définissait l’essence du politique comme le polythéisme des valeurs et la guerre des dieux, soit une arène où s’affrontent des visions du monde antagonistes, il fait d’Emmanuel Macron celui qui nie la possibilité même du clivage. 

Remplaçant l’« agon » par une « bouillie idéologique syncrétique et managériale », il agit en « fossoyeur de la conscience historique » en ne proposant rien d’autre que l’adaptation au monde tel qu’il est. S’il cite volontiers des auteurs anticapitalistes (Debord, Castoriadis, Baudrillard ou Clouscard), la critique de Bernat est plus fine que la vulgaire dénonciation du « président des riches » : « La question de savoir si cette idiotie généralisée qui transforme les meetings politiques en speed datings collectifs sert les intérêts du CAC 40 est secondaire. » Pour lui, l’avachissement du politique n’est pas un complot des puissants, mais une convergence de démissions dont nous sommes tous complices.

Rioufol et Bernat ne sont pas du même bord, mais ils ont au moins un point commun : ils revendiquent leur appartenance au monde ancien. Le premier assume d’être le défenseur inlassable de la France millénaire piétinée par le bougisme, le second a la nostalgie des vieux clivages, qui avaient tout de même l’avantage de présenter des points d’achoppement où pouvait s’accrocher la pensée critique. « Si le mot système, en grec composition, est devenu un repoussoir, c’est justement que la recherche d’un ordre est étrangère aux nouvelles formes d’hégémonie », écrit-il.

Contre « l’affadissement du langage et des affects » suscité par la vulgate macronienne, nos deux « résistants » veulent le retour d’une politique clivante, qui assume la dimension tragique de l’existence. On peut reprocher à ces deux sceptiques les excès d’une verve pamphlétaire comme de n’avoir pas su voir ce qu’il reste de tradition dans le macronisme, et notamment l’attachement à une verticalité du pouvoir visible depuis sa prise de fonction. Attachés aux mâts de misaine de l’ancien monde, celui où les mots « révolution » et « France » avaient un sens, nos deux Ulysse restent sourds aux sirènes des temps nouveaux. Ils veulent opposer la rudesse des vérités radicales à l’illusion d’un monde réconcilié.

Eugénie Bastié pour le Figaro Magazine.






6 Réponses à “Les « macronosceptiques » s’expriment !”

  1. Alors que l’opinion – même celle votant habituellement à droite – laisse du temps à Macron pour voir s’il va obtenir des résultats, essentiellement en terme de chômage, certains ne croient pas au mythe Macron et le font savoir.

    Oh oui : mais nous ne sommes pas assez à oser le dire!
    Pourtant, je n’entends que des sceptiques autour de moi, voire des très en colère, qui attendent avec impatience que les bornés se rendent compte de leur baisse de pouvoir d’achat dès janvier (c’est à dire demain), le tout dans un contexte de décadence tant intellectuelle que morale.

    Sans doute que les vrais-faux sondages les empêchent-ils de s’exprimer?

    – La grande mascarade d’Ivan Rioufol,
    – Le Néant et le Politique d’Harold Bernat

    Quels beaux titres, qui correspondent exactement à ce que je pense de l’individu!

    Un comédien de première, qui se voit en haut de l’affiche, tout dans le paraître, tout en faisant le contraire (je prends dans la poche du rien qu’est Pierre pour le donner à l’enrichissant étranger -tout en criant fort qu’il va le renvoyer chez lui- ou au riche Paul)

    Effectivement un néant politique narcissique, égotique, prétentieux, méprisant.

    Bon, 2017 s’achève ce soir, dans une tempête phénoménale, jusqu’à des rafales de 110kms/heures prévues « cheux nous ».

    Je nous souhaite donc que ces rafales ne fassent pas de dégâts chez les moins-que-rien et les riens, mais balaye ceux qui sont en marche et tous ces parasites gouvernementaux qui n’attendent que mardi matin pour aller porter des fleurs sur les tombes et se déguiser en égoutier ou en pompier pour être à la Une de tous les journaux.

    Meilleurs vœux de Bonheur, Santé, Espoir…
    Très amicalement à tous (zéatoutes, hihihihi)

    Et que laz nouvelle année commence, prore, lumineuse,

    • J’adoooore, Suzanne!
      J’avoue que je fais moi aussi partie de ceux dont le poil se hérisse quand j’entends Macron et ceux qui le louent! La phrase qui me fait carrément sortir de mes gonds étant: « il fait ce que la droite a rêvé de faire sans jamais en avoir le courage ».. Il est vrai qu’il n’a pas eu la « chance » de connaître une crise majeure comme Sarkozy!! Et quid de la dette? Silence-radio…
      Le seul atout qu’a Macron , c’est de succéder à Hollande, dont on a déjà oublié qu’il fut le conseiller et le ministre de l’économie 1) parce que les Français ont la mémoire courte 2) parce que les médias occultent volontairement ce détail de l’Histoire..
      Je suis en train de lire « Sena » d’un écrivain haïtien F. Hibbert. Voici ce qu’il écrit à propos d’un sénateur (dont le seul but est de s’en mettre plein les fouilles et donc de rester en place): « Il avait trouvé moyen d’être le favori le plus gâté et le conseiller le plus écouté du dernier Président pendant toute la durée du mandat de celui-ci, et il fut le premier à clamer après, que jamais on n’avait voulu faire cas de ses sages avis ».
      Pourquoi, mais pourquoi ai-je pensé immédiatement à Macron? 😉

      Bonne année à tous!

  2. Je partage tout a fait ce commentaire, les surprises sont pour demain !

  3. Christian 54 dit:

    A tous lectrices et lecteurs qui, comme moi, sont en souffrance dès qu’ils entendent ou pire voient la tête de Zupiterminus, je présente mes vœux les plus sincères. J’espère que cette année 2018 nous permettra de relever la tête et de nous faire entendre de l’autiste qui prétend nous gouverner voire nous régir. A tous bon courage et spécialement à Suzanne beaucoup d’inspiration !

  4. Bonjour,
    hier les médias nous prédisaient que 11 millions de français seraient devant leur télé à 20h pour écouter leur président.
    Et ils ont bien compté: ce matin, on nous dit bien 11 millions.

    Peut-être m’avaient-ils compté hier et ne m’ont-ils pas enlevé ce matin pourtant j’ai éteint mon poste à 20h!!!!

    On va avoir suffisamment de commentaires pleins de miel bien coulant!

  5. « Si vous faites partie des 55 millions de Français qui avaient mieux à faire, le soir du Réveillon, que de regarder les voeux de Macron, voici ce que vous avez manqué: rien. »
    Marie-Hélène Verdier (éditorialiste sur Causeur)

    Rien à changer, je suppose?… Je fais partie de ceux qui avaient autre chose à faire de mieux que de regarder ce prétentieux!

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