Non, Catherine Millet, le viol n’est pas un acte anodin

Publié par le 3 Mar, 2018 dans Blog | 8 commentaires

Non, Catherine Millet, le viol n’est pas un acte anodin

Comme promis, voici la réponse, sur Causeur.fr, de Diane de Bourguesdon à la scandaleuse tribune de Catherine Millet.

Elle fait suite à mon précédent article :

« Catherine Millet … A vomir ! »

J’ai noté avec satisfaction que beaucoup de commentaires étaient à l’unisson de ma colère.

A gauche, ils ont perdu le sens des valeurs ! Le prisme idéologique au travers duquel ils voient la réalité pervertit tout ! Jusqu’aux féministes qui oublient et même renient  leur féminisme au profit de la défense d’un islam qui méprise les femmes. Vive la droite !

Dans Le Point, Catherine Millet a fait allusion à Anne-Lorraine Schmitt, assassinée par son agresseur, en novembre 2007, alors qu’elle lui résistait. Pour l’écrivain, mieux eût valu céder au violeur et ainsi sauver sa vie.

Évoquer un fait divers sensible est toujours un exercice hautement périlleux. C’est ce que vient de faire à ses dépens Catherine Millet dans une tribune dans Le Point, en se référant, sans la nommer, à la triste affaire Schmitt, dans laquelle une jeune femme a été sauvagement assassinée après avoir opposé une résistance farouche à son violeur. Comparant avec une précédente victime de ce même criminel, qui avait gardé la vie sauve en cédant à sa demande, Catherine Millet trouve a posteriori regrettable l’attitude d’Anne-Lorraine Schmitt qui s’est sacrifiée sur l’autel de ses valeurs. La position de Madame Millet peut être résumée ainsi : mieux eût valu céder au violeur et ainsi sauver sa vie.

Précisons d’emblée que, jusqu’à preuve du contraire, la liberté d’expression est un droit fondamental en démocratie, et que cette opinion a droit de cité dans le débat public, d’autant plus qu’elle est sans doute assez largement partagée. Elle mérite cependant d’être contrée, notamment sur un plan philosophique. Pour répondre à la question de savoir s’il vaut effectivement mieux céder à un agresseur sexuel et conserver la vie, il est nécessaire de la décomposer en deux questions successives : est-il justifié de sacrifier sa vie pour des valeurs ? Si oui, est-il justifié se sacrifier sa vie au nom de la chasteté ?

Anne-Lorraine Schmitt est une héroïne

Les exemples sont nombreux dans l’histoire de ceux qui ont accepté de perdre la vie au nom de principes moraux. Il y a parmi eux ceux qui croient en un au-delà, et pour qui la vie terrestre n’est qu’une étape avant la vraie vie, la vie céleste. Ceux-là accordent nécessairement à la vie sur terre une importance moindre que ceux qui pensent qu’il n’y a rien après la mort. C’est pour leur foi en Dieu et en la vie éternelle que sont morts les martyrs chrétiens, Jeanne d’Arc et plus récemment des chrétiens d’Orient qui ont refusé de renier leur foi.

Mais point n’est besoin de recourir à la notion de croyance en une vie immatérielle pour justifier le fait de sacrifier sa vie. C’est au nom du respect des lois de la cité que Socrate a préféré rester emprisonné et boire la ciguë (bien qu’il ait aussi cru en un au-delà). C’est au nom de l’honneur qu’Hannibal s’est donné la mort pour éviter d’être fait prisonnier par ses ennemis romains de toujours. C’est au nom de la vérité que Galilée a refusé d’admettre le géocentrisme. C’est au nom de la loyauté que Jean Moulin a refusé de parler.

On pourrait étendre la liste à l’infini. Accepter de perdre sa vie au nom d’une valeur, d’un idéal, d’une cause (ou bien pour la vie d’un autre), s’appelle tout simplement de l’héroïsme.
Or, de nos jours, semble prévaloir une conception entièrement matérialiste de l’être humain, qui place la jouissance de la vie en valeur suprême, ainsi qu’un relativisme qui ne reconnaît aucune existence ou pertinence à toute notion morale ou plus largement immatérielle. Dans ce contexte matérialiste et relativiste, le comportement héroïque, quel qu’il soit, peut-il encore être jugé admirable si ce n’est seulement compris ? Car c’est bien d’héroïsme dont a fait preuve la jeune Anne-Lorraine, en préférant perdre la vie plutôt que de renoncer à ses principes moraux. Il ne s’agira aucunement ici de blâmer la première victime du bourreau, qui avait préféré sauver sa peau. Cela est bien compréhensible, et on se gardera d’émettre un jugement sur une situation critique dans laquelle on serait bien en peine de savoir comment on aurait soi-même réagi. Seulement, notre admiration est réservée à celle qui a véritablement fait preuve d’un comportement héroïque.

Anne-Lorraine Schmitt s’est défendue corps et âme

Une fois cette affirmation posée, il faut encore se demander si le refus d’un acte sexuel et donc la préservation de la pureté de son corps est de nature à constituer un acte d’héroïsme. Autrement dit, la chasteté dont il est question ici est-elle une valeur suffisamment noble pour exiger le sacrifice de sa vie ? L’appréciation de la noblesse d’une cause est éminemment subjective, et dépend de paramètres culturels, religieux, familiaux et personnels. Il est donc difficile d’affirmer que la cause ardemment défendue par certains n’en vaudrait pas la peine.

Même si Catherine Millet considère l’acte sexuel comme parfaitement anodin, et l’aborde avec un détachement total – et c’est son droit le plus strict – ce n’est pas le cas de tout le monde, et probablement pas de la majeure partie des gens. Elle se réfère à Saint Augustin pour postuler d’une séparation totale entre l’âme et le corps. Mais l’enseignement de St Augustin n’est pas de faire n’importe quoi de son corps sous prétexte que l’âme en serait dissociée. Il s’agit au contraire de ne pas faire de son âme l’esclave de ses passions corporelles, et de s’émanciper au mieux de ces dernières. Car si âme et corps peuvent être dissociés, ils n’en sont pas moins intimement liés. Et ce n’est pas en terre chrétienne, la religion de l’Incarnation, que l’on prétendra le contraire.

Si l’on considère que la vie est sacrée, ce qui est l’opinion de Catherine Millet, l’on peut considérer que le corps l’est aussi. C’est d’ailleurs cette sacralité qui a poussé un jour nos lointains ancêtres à ensevelir le corps de leurs défunts, pratique dont certains estiment qu’elle fonde notre humanité. Partant, les actes qui engagent le corps peuvent revêtir une dimension sacrée. Et l’acte sexuel est un acte éminemment engageant, n’en déplaise à ceux qui veulent à tout prix banaliser la sexualité. Il est en tout cas autorisé de penser que le corps est sacré, et que l’acte sexuel engage le corps et la personne entière, et donc la sacralité de la personne. C’était la conception d’Anne-Lorraine, et quand bien même on ne la partagerait pas, cette conception n’est ni ridicule ni insensée. Elle doit être respectée.

Diane de Bourguesdon pour Causeur.fr






 

8 Réponses à “Non, Catherine Millet, le viol n’est pas un acte anodin”

  1. Thierry Michaud-Nérard dit:

    Catherine Millet vous propose une bonne pipe et tu t’en sors !
    Prévention du viol : une bonne pipe et tu t’en sors ! La déglingo Millet a franchi le mur du çon !
    « Elle avait accepté la fellation que le violeur exigeait, puis il l’avait laissée. Elle avait sauvé sa vie. »
    Diane de Bourguesdon : « Dans Le Point, Millet a fait allusion à une femme victime assassinée par son agresseur, en novembre 2007, alors qu’elle lui résistait. Pour l’écrivaine (?), mieux eût valu céder au violeur et ainsi sauver sa vie. (?) Elle critique le comportement d’une jeune femme sauvagement assassinée après avoir opposé une résistance farouche à son violeur. Comparant avec une précédente victime de ce même criminel, qui avait eu la vie sauve en cédant au violeur, la Millet trouve regrettable l’attitude de résistance au violeur !
    « La position de Millet peut être résumée ainsi : mieux eût valu céder au violeur et sauver sa vie !
    « Même si Millet considère l’acte sexuel (dans le viol) comme parfaitement anodin, et l’aborde avec un détachement total, ce n’est pas le cas de tout le monde, et probablement pas de la majeure partie des gens.
    Lu sur Elle : « Millet : elle dérape (encore) pour justifier ses propos (de gauche) sur le viol. En décembre, elle a fait une déclaration fracassante (absurde) sur le viol sur « France Culture » (de gauche). Elle s’était « étonnée » que les victimes de viol soient « traumatisées » et avait « regretté » de ne pas avoir été violée… »
    La Millet « réaffirme sa « compassion pour les frotteurs du métro », ces « hommes en errance sexuelle et souffrant de l’être ». Des mots (très rassurants) pour les victimes extrêmement nombreuses à avoir vécu cette situation d’agression sexuelle insupportable dans les transports. Millet a sa « méthode pour se bien comporter » lors d’un viol : « S’il m’était arrivé d’être brutalement contrainte à un rapport sexuel par un ou « des agresseurs », je n’aurais pas opposé de résistance car l’assouvissement de la pulsion fait retomber la violence » (du propos).
    « J’avais été frappée (pas assez ?) par une affaire criminelle. Une jeune fille sauvagement assassinée dans un train de banlieue (pour) avoir opposé une résistance acharnée à l’homme qui avait voulu la violer. Or l’enquête a fait apparaître une autre femme, victime auparavant du même violeur, sur la même ligne de train.
    « Et celle-ci avait (très sagement) accepté la fellation que le violeur exigeait, puis il l’avait laissée partir.
    Mélodie Capronnier : « Ne pas se défendre pendant un viol, le conseil (absurde) de Catherine Millet ».
    Millet : « Je regrette beaucoup de ne pas avoir été violée. Parce que je pourrais témoigner que du viol, on s’en sort ». (???) L’écrivaine (affirme) qu’il y a une solution simple pour ne pas être blessée par un viol ou agression sexuelle… (???) « La relation sexuelle engagée, il m’est arrivé de trouver mon partenaire décevant, ou même désagréable, voire dégoûtant. (Mais) cet homme ne disposait que de mon corps (déglingo)…
    Millet porpose alors sa théorie (fumeuse) de la prévention du viol (en plein délire) à propos d’Anne-Lorraine Schmitt : « Peut-être la jeune fille catholique, si elle avait lu de plus près Saint Augustin (pendant le viol ?) et retenu l’enseignement de la séparation (schizo de gauche) de l’âme et du corps, que la première victime appliqua… d’instinct, aurait-elle eu une chance de sauver sa vie sans perdre son âme. » Ben voyons…
    Eh ! Les violeurs de la gare de Cologne, faut venir l’aider : « Ça c’est mon grand problème, je regrette beaucoup de ne pas avoir été violée. Parce que je pourrais témoigner que du viol on s’en sort. »

  2. Oh! comme j’aimerais qu’un homme encore plus bestial que cette dinde lui fasse ce qu’elle demande. Qu’il lui en fasse voir de toutes les couleurs et qu’il passe partout !!! (vous me comprenez ?) j’ai la haine pour cette mégère.

  3. Je cite:
    A gauche, ils ont perdu le sens des valeurs ! Le prisme idéologique au travers duquel ils voient la réalité pervertit tout ! Jusqu’aux féministes qui oublient et même renient leur féminisme au profit de la défense d’un islam qui méprise les femmes.

    De plus, elle eprouve de l’etonnement vis a vis du traumatisme des femmes qui ont ete agressé de la sorte… on croit rever,
    mais c’est vrai ,qu’a goche, c’est pas les felures qui manque, en dehors du prisme ideologique.

    Ce genre de zozos, qui accepte trop facilement ces agressions, sont a revoir chez des specialiste psychiatre, qui pourrait peut etre comprendre les felures, si naturelle a goche, et y remedier ensuite.

    Ce genre de personne, que l’on peut placer, par le manque de comprehension du traumatisme de femmes, dans la categorie des personne manquant d’humanisme, et de raison, ne doivent faire aucunement parler d’elle pour le bien de tous.

    Les gens de goche, pouvant faire vomir, ecoeurer, ou parfois moins, sont des etre tres speciaux, dont la place serait plutot du coté des psychiatres.

    Les personne incapable de comprendre le sentiement huamin normal, se doivent de reaprendre la vie…a droite plutot.

  4. Une prostituée de luxe.. !

  5. Une prostituée de luxe demandeuse donc non victime. Le cul seulement la fait exister.Pauvre fille.

  6. Une rapide recherche sur son « ouvrage phare », « La Vie sexuelle de Catherine M. », donne « La particularité du récit se fonde sur la vie sexuelle dite « libertine » de Catherine M. Le personnage principal admet avoir eu un nombre incalculable de partenaires dit « anonymes » (qu’elle oppose aux « relations connues ») depuis sa jeunesse en raison de l’absence de considérations morales négatives pour le sexe. »

    Comment ne pas être étonné par ses propos …

  7. C.H. d'ELLOY dit:

    Ceux qui hurlent avec les loups me font penser à ces fiers à bras qui rasaient les femmes à la libération parce qu’elles avaient couché avec des Allemands pour sauver leur peau.En quoi la tribune de Madame Millet, que j’ai lu attentivement, est-elle offensante pour la mémoire d’une jeune fille qu’elle ne cite pas et qui n’est qu’une allusion illustrant un propos plus général ?

    Je trouve au contraire que Catherine Millet est courageuse et lucide, parce que c’est tout à son honneur de faire part de ses faiblesses. Conscient de mes lacunes quant à l’exégèse des textes des docteurs de l’Église, je laisse à d’autres les analyses Augustiniennes… pour ne me placer que d’un point de vue moral et humain. Madame Millet, à aucun moment, ne se permet de faire le moindre reproche à Mademoiselle Schmitt, ou alors nous n’avons pas les mêmes sources [Cf. Tribune Le Point 15/02/18]. Si cela avait été le cas, jamais je n’aurai pris sa défense. Il n’y a aucun jugement moral de sa part mais une comparaison de comportement hypothétique.
    Je vois un contresens dans l’interprétation erronée qui est faite de son propos compassionnel à l’égard des victimes de viol ou d’agression.

    Loin de faire l’apologie d’une complaisance à l’égard des agresseurs, au contraire, Madame Millet prend en pitié les victimes qui auraient cédé, pensant, peut-être à tort, survivre, en ayant l’humilité de s’y ranger. Cela n’enlève strictement rien aux vertus et à l’honneur des courageuses résistantes. Autrement dit, la vie d’une Marie de Magdala n’enlève rien à l’héroïsme vertueux de Sainte Maria Goretti, au contraire, elle rehausse le courage de cette dernière.

    Quant à mon parallèle avec les femmes tondues à la libération, il est le fruit d’un agacement d’entendre ces hommes et femmes qui accablent une autre femme faisant part de ses faiblesses, alors qu’ils ne bougent pas de leur siège lorsqu’ils sont témoins d’agression. Car la vraie question est là : qui peut connaître de son courage en situation de réel danger ? Madame Millet ne donne aucune leçon, et c’est en cela qu’elle est courageuse et qu’il me semble injuste de lui jeter la première pierre.

  8. Vous avez vos valeur morale, nous avons les notre.

    Je vous cite:
    Je vois un contresens dans l’interprétation erronée qui est faite de son propos compassionnel à l’égard des victimes de viol ou d’agression.

    De mon avis, pour preciser, elle n’a aucun propos compassionnel, juste une reaction justement contraire a notre ethique, notre morale, nos valeurs, qui veut que tout etre humain qui soit en danger, se defende.

    Ce qui est le plus choquant, dans son choix, c’est qu’elle, je la cite,  » aimerais se faire violer, pour comprendre les victimes traumatisées ».

    Là se trouve tous le sens des « valeurs » de C Millet, que nous ne partageons absolument pas.

    Je pense qu’a partir de cette etat de fait, on ne peut que douter du bon sens de cette personne, qui au deumeurant semble rester sourde aux malheurs des vistimes, puisque elle le precise, elle ne comprend pas le traumatisme des victime, voire semble rellement deplorer qu’elles soient ainsi.

    Ce type de personnage, incapable de normalité, sur ces domaines, ne peut que outrer bien des personnes.

    J’insiste bien sur ces points, car vous ne le citez pas.

    Je trouve bien triste que vous n’ayez pas fait cette meme lecture, malgres votre baggage intellectuel.

    D’autre part, a vous lire, il suffit de soutenir une idée, qui soit contraire au simple bon sens, mais qu’elle ne juge pas les autres, vous suffit pour la rendre sympathique…

    Je crois, sincerement, qu’il vous manque une certaine experience de la vie, nous n’avons pas le meme sens des valeurs, il y a ceux qui ne se defende pas, et les autres
    differents, ( ceux qui nous ressemble), preferent garder leur honneur intacte, quitte a perdre la vie.

    Comme beaucoup de personne, actuellement, le courage est une valeur qui se perd dans notre société, surtout sous les pseudo valeur de goche, preferant l’assistant, le laxisme, quitte a perdre le sens moral et les valeurs, mais aussi la bien pensance, de goche,
    tous ses fleaux qui ont detruit petit a petit une norme de moralité, qui emporte beaucoup de personne.

    C Millet intellectuelle, ( de goche), est comme ses consoeurs de goche : le laxisme, la perte de soi .etc… tous ce que nous observons en France, essentiellement a goche, depuis des decennies,
    c’est le genre de personne qui ne s’offusquerait guere, si elle etait violée,
    comment peut elle comprendre le traumatisme des vraies victimes qui souffrent… C Millet, ne serait jamais une VRAIE victime qui souffrirait, juste offusquée…

    Relisez mieux ces ecrits.

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