Toutes les promesses qui avaient accompagné la création de l’Union européenne tombent, les unes après les autres !
Dois-je commencer par cet avenir de prospérité qu’on nous avait prédit ? Poser la question, c’est y répondre !
Oserai-je poursuivre par cette prédiction martelée à l’envi :
l’Europe, c’est la paix ?
L’Europe devait être, face à cette statue de la liberté du Nouveau monde, le phare des libertés et de la première d’entre elles : la liberté d’expression !
Mais depuis les deux mandats d’Ursula von der Leyen, la liberté en Europe est sinistrée !
Et les exemples d’atteintes aux libertés fourmillent :
- Gestion du covid avec une obligation vaccinale illégitime et des négociations des contrats de vaccins obscurs alors que la Commission n’avait aucun mandat sur la Santé.
- Vote du contrôle des réseaux sociaux par le Digital Service Act (DSA),
- Fermeture autoritaire de chaines de télévision pro-russes (cf RT France) dès le début du conflit russo-ukrainien.
- Annulation des élections en Roumanie sous contrôle de l’UE,
- Sanctions contre plusieurs personnalités pour pensée déviance (cf Xavier Moreau et Jacques Paud).
J’avais déjà dénoncé le déni de justice de ces sanctions dans ce précédent article.
Je relaye aujourd’hui cet article de fond publié par The Epoch Times qui traite le cas de Jacques Baud, citoyen suisse vivant en Belgique :
Affaire Jacques Baud : l’UE a-t-elle le droit de sanctionner
des personnes pour leurs opinions impopulaires ?
L’ancien officier des services secrets suisses Jacques Baud figure sur la liste des sanctions de l’UE. Ses comptes ont été gelés pour propagande pro-russe présumée. Ses livres sont interdits de vente. Jacques Baud rejette toutes les accusations.
Le 15 décembre 2025, la Haute Représentante de l’Union européenne, Kaja Kallas, a, au nom du Conseil de l’Union européenne, élargi la liste des sanctions de l’UE de douze personnes. Parmi elles figure l’ancien officier suisse et analyste militaire Jacques Baud.
Jacques Baud était colonel dans l’armée suisse. Jusqu’à la fin de la guerre froide, il travailla pour le Service de renseignement stratégique de son pays, où il était chargé d’analyser les forces armées du Pacte de Varsovie. Après la fin de la Guerre froide, M. Baud s’est orienté vers des missions internationales.
Entre 2009 et 2011, il a travaillé pour les Nations Unies à New York, où il a élaboré des directives pour les opérations de maintien de la paix et dirigé des programmes de déminage dans plusieurs pays africains en crise.
Il a ensuite dirigé le Centre international de formation au soutien de la paix de l’Union africaine à Nairobi. De 2012 à 2017, il était chargé de la prévention de la prolifération des armes légères au siège de l’OTAN à Bruxelles. À ce titre, il a également été détaché en Ukraine en 2014, où il a participé à des projets de restructuration des forces armées et de déminage humanitaire dans la région du Donbass.
Inscrit sur la liste des sanctions de l’UE depuis décembre
Cet ancien officier du renseignement s’est surtout fait connaître ces dernières années grâce à ses livres sur la guerre en Ukraine et sur le président russe Poutine. Cela semble désormais l’avoir placé dans le collimateur de l’Union européenne. Cet expert en services secrets et en terrorisme figure désormais sur la liste des personnes sanctionnées par l’Union européenne. Dans sa décision, le Conseil européen justifie cette mesure en ces termes :
Jacques Baud, ancien colonel de l’armée suisse et analyste stratégique, est régulièrement invité dans des émissions de télévision et de radio pro-russes. Il sert de porte-parole à la propagande pro-russe et diffuse des théories du complot, par exemple en accusant l’Ukraine d’avoir provoqué sa propre invasion afin d’adhérer à l’OTAN.
Le Suisse serait donc une personne qui, par la diffusion et l’influence d’informations, soutient les mesures du gouvernement russe qui menacent la stabilité et la sécurité de l’Ukraine. La décision ne fournit pas de justification plus détaillée sur laquelle le Conseil européen fonde son évaluation.
La décision de l’UE a des conséquences importantes pour Jacques Baud. Par une résolution du 8 octobre 2024, l’Union européenne a imposé des sanctions financières à la Russie. Jacques Baud est désormais lui aussi visé par cette résolution. Ses avoirs sont gelés et il est interdit aux citoyens et entreprises de l’UE de lui fournir des fonds, des actifs financiers ou des ressources économiques.
De plus, il n’est pas autorisé à entrer dans l’UE ni à y transiter. Résidant à Bruxelles, il est, de fait, assigné à résidence en Belgique.
En Suisse, en revanche, le citoyen suisse n’a rien à craindre. Comme le Conseil fédéral suisse l’a indiqué à la Radio-Télévision Suisse (RTS), en réponse à sa demande, si la Suisse soutient les sanctions économiques de l’UE contre la Russie adoptées en 2022, les « mesures restrictives face aux activités déstabilisatrices de la Russie » adoptées par l’UE en 2024 ne sont pas approuvées par le Conseil fédéral suisse et ne s’appliquent donc pas en Suisse.
M. Baud se défend contre les accusations de l’UE
Jacques Baud rejette fermement les accusations portées contre lui par l’UE.
S’exprimant auprès du Berliner Zeitung, M. Baud a déclaré :
Cette décision m’a pris par surprise. Je ne m’y attendais pas du tout, d’autant plus que j’avais tout fait pour éviter la propagande.
Il considère son travail comme une « analyse objective » dans laquelle il a « examiné cliniquement » le conflit. Il a délibérément refusé les invitations des médias russes tels que l’agence étatique russe Tass ou RT. Dans ses livres, il indique s’être appuyé exclusivement sur des sources occidentales et ukrainiennes. Selon lui, l’objectif était :
de montrer qu’il est possible d’avoir un autre point de vue sur le conflit ukrainien sans avoir recours à la propagande russe.
M. Baud s’indigne également de l’accusation de « théorie du complot » :
Les accusations portées contre moi sont tout simplement fausses. Je n’ai jamais avancé de théorie du complot sur l’Ukraine.
Il affirme avoir cité simplement des sources accessibles au public, notamment une interview d’Oleksiy Arestovych accordée à la chaîne ukrainienne « Apostroph TV » en 2019. M. Arestovych a été conseiller d’Andriy Yermak, chef du cabinet du président ukrainien Volodymyr Zelensky, de 2020 à 2023. Dans cette fonction, il était responsable de la communication stratégique dans le domaine de la sécurité nationale et de la défense.
Selon M. Baud, Oleksiy Arestovych aurait déclaré dans l’interview accordée à la chaîne de télévision en 2019 que l’Ukraine avait besoin d’une guerre avec la Russie pour pouvoir adhérer à l’OTAN.
L’idée d’une théorie du complot vient du fait que ces documents sont délibérément ignorés par nos médias, bien qu’ils soient librement accessibles,
a déclaré M. Baud au Berliner Zeitung.
Le dilemme entre la Russie et l’OTAN, au cœur de l’interview
L’entretien est disponible sur la plateforme Internet YouTube. M. Arestovych y décrit les relations entre la Russie et l’OTAN comme un conflit stratégique existentiel dans lequel l’Ukraine devient le théâtre décisif.
Selon lui, Moscou vise à déstabiliser l’ordre sécuritaire européen, à réviser l’issue de la guerre froide et à affaiblir l’OTAN et l’UE au point que les États européens puissent être dominés individuellement, avec en toile de fond l’idée d’une nouvelle construction impériale d’ici 2032 à 2035.
Pour l’Ukraine, cela se traduit par un « dilemme » : la neutralité serait illusoire sur le plan géographique et financier, car la longue frontière terrestre avec la Russie imposerait un réarmement extrême sans alliés. En revanche, selon la logique d’Arestovych, l’adhésion à l’OTAN serait la seule protection fiable. Mais celle-ci déclencherait presque inévitablement une grande offensive russe, qui devrait être préventive afin de ruiner le pays avant son adhésion. Dans une telle guerre, souligne-t-il, l’Ukraine ne serait toutefois pas seule. L’Occident la soutiendrait avec des armes, du matériel et des sanctions, voire, dans les cas extrêmes, avec une zone d’exclusion aérienne ou sa propre présence.
Une approche problématique au regard de l’État de droit
Jacques Baud rejette toute proximité avec la Russie dans le Berliner Zeitung.
Je n’ai aucun lien avec la Russie : pas de famille, pas de relations d’aucune sorte. Je n’ai jamais été rémunéré pour ce que je dis ou écris.
L’ancien agent secret qualifie de « pure calomnie » l’affirmation de l’UE selon laquelle il travaillerait à la mise en œuvre de la politique russe.
Il estime que sa situation est problématique du point de vue de l’État de droit : son inscription sur la liste des sanctions de l’UE n’a pas fait l’objet d’une décision judiciaire, mais d’une décision politique. Il souligne :
On peut priver quelqu’un de sa liberté sans procès, sans lui donner la possibilité de se défendre. Cela constitue une violation flagrante du principe de séparation des pouvoirs. Nous sommes ici très, très loin des « valeurs » que l’UE tente de défendre.
M. Baud n’est pas le seul à partager cette opinion.
Dans un avis juridique récent rédigé par Ninon Colneric, ancienne juge à la Cour de justice européenne, et Alina Miron, professeure de droit international à l’université d’Angers, les deux juristes expriment de sérieux doutes quant à la compatibilité des sanctions de l’UE contre la « désinformation » avec le droit européen.
Elles considèrent le refus du droit à une audience avant l’imposition de sanctions comme particulièrement problématique.
L’avis juridique critique également la restriction de la libre circulation des citoyens de l’UE et les garanties accordées aux personnes concernées jugées insuffisantes par les experts.
Les termes utilisés par l’UE, tels que « manipulation de l’information » et « ingérence », sont si larges qu’ils accordent au Conseil européen une liberté d’appréciation quasi illimitée.
Les juristes concluent que cela fait peser un risque de persécution à motivation politique.
« Jusqu’ici et pas plus loin ! »
Les sanctions de l’UE à l’encontre de Jacques Baud suscitent désormais également l’opposition de scientifiques, de journalistes, de personnalités culturelles et politiques. Dans un appel, ils accusent l’UE d’attaquer la liberté d’expression et considèrent ses sanctions à l’encontre de Jacques Baud comme:
une violation fondamentale des principes démocratiques et de l’État de droit.
Les signataires dénoncent des « sanctions illégales » contre M. Baud, désormais soumis à une interdiction de voyager, au gel de ses comptes bancaires et à une interdiction de publication de facto.
Selon eux, M. Baud est un « scientifique irréprochable et un homme honorable », dont les travaux répondent aux « normes les plus élevées de l’analyse historique professionnelle » et qui travaillerait en appliquant le principe selon lequel « les deux parties doivent être entendues ».
Le Conseil des ministres de l’UE, selon l’accusation, détruit par son action « les fondements de la liberté d’expression » et se livre à une forme de répression politique qui ne vise pas des actes punissables, mais des interprétations divergentes de la guerre en Ukraine.
« Abîme de l’anarchie »
La pétition affirme :
qu’il n’est pas criminel de nommer les véritables raisons de la guerre en Ukraine, pas plus qu’il n’est criminel d’attirer l’attention des lecteurs sur les mensonges et la propagande de l’UE et de l’OTAN.
En recourant néanmoins à des sanctions, Bruxelles utilise la liste des sanctions comme un outil pour « faire taire les critiques » et s’enfonce ainsi « toujours plus profondément dans l’anarchie ».
L’argument juridique est particulièrement catégorique. Les mesures sont « illégales et contraires au droit international » car elles ne sont pas autorisées par le Conseil de sécurité des Nations Unies. L’appel cite également l’avis juridique de Ninon Colneric et Alina Miron, qui conclut que les mesures violent le droit de l’Union européenne. Les signataires exigent donc :
la levée immédiate des sanctions illégales infligées à Jacques Baud, ainsi qu’à tous les journalistes, universitaires et citoyens de l’Union européenne.
Sur le plan politique, cet appel s’adresse aux parlements et aux gouvernements européens. Il exhorte le Parlement européen, le Bundestag et les parlements allemands des régions et les collectivités locales à « affronter de toutes leurs forces les destructeurs de la démocratie et les bellicistes » et à prendre au sérieux leur engagement en faveur de la paix. Il convient de rappeler que la Constitution allemande stipule, en son article 5 : « Il n’y a pas de censure. »
La liste des sanctions de l’UE comprend désormais 86 personnes. Jacques Baud y a été ajouté le 15 décembre 2025, en même temps que onze autres personnes et deux organisations. Parmi elles figurent quatre journalistes et plusieurs politologues russes.
Patrick Langendorf pour The Epoch Times.




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