A la recherche du Trump français (2/2)

Publié par le 24 Jan, 2026 dans Blog | 0 commentaire

A la recherche du Trump français (2/2)

Cet article est le second épisode du dossier consacré à l’interview dans Valeurs actuelles du franco-américain Nicolas Conquer auteur du livre titré :

« Vers un Trump français ? »

Dans la première partie, l’interview portait sur la situation de Trump aux Etats-Unis et les raisons profonde qui ont poussé les Américains à le réélire une seconde fois.

Dans la dernière partie, Nicolas Conquer tente de tirer, de l’expérience Trump aux Etats-Unis, des enseignements pour la France et de faire un portrait de l’homme providentiel qui pourrait sortir la France de son marasme actuel.

Voici cette seconde partie :

Partie 2 : Trump, un exemple pour la France ?


« La droite française est en retard dans la bataille culturelle »

Le Franco-Américain Nicolas Conquer observe les différences comme les possibles rapprochements entre la France et les Etats-Unis.

En tant que Franco-Américain, quels parallèles constatez-vous entre la France et les Etats-Unis sur le plan politique ?

J’ai la chance de posséder deux identités mêlées qui s’enrichissent mutuellement et se complètent. Beaucoup de valeurs sont proches, comme l’universalisme à la française et le messianisme américain. Je parle longuement dans cet ouvrage des échanges culturels, diplomatiques et intellectuels qui ont existé et qui existent toujours entre ces deux pays. Comme je le disais précédemment, j’ai pu aussi observer la même fracture entre les élites et les couches populaires, et une politique qui, par goût du statu quo ou déni, refuse de prendre en main cette déconnexion. Cette observation a des accents de populisme, mais ce sont ces préoccupations analogues, entendues dans la France rurale comme dans l’Amérique profonde, qui m’ont poussé à écrire ce livre.

Vous trouvez d’ailleurs que la France a un retard inquiétant dans le combat culturel. Comment l’expliquer ?

La droite américaine a su faire ses propres évaluations et examens de conscience. En 2020, la déroute des Républicains fut liée à une faute de mobilisation engendrée par une manière de faire campagne trop à l’ancienne. Elle a su ensuite évoluer et a fait du numérique une véritable arme politique. L’immédiateté devient une arme, et la droite américaine bénéficie d’un écosystème numérique et conservateur vaste, alimenté par des podcasts, des vidéos et des réseaux sociaux. Cela lui permet de toucher la jeunesse mais aussi des électeurs peu mobilisés et très connectés. Cette droite américaine décomplexée est ainsi incarnée par des influenceurs tels que Ben Shapiro, feu Charlie Kirk ou encore Tucker Carlson, qui façonnent le débat public par des mots qui font mouche, face caméra.

Il nous manque en France cet écosystème d’acteurs de la société civile qui décident de s’emparer de sujets métapolitiques pour contribuer au débat. Il faut reconnaître qu’en France, nous sommes assez pauvres en politique du point de vue doctrinal. Certaines choses se mettent en place mais il manque de la professionnalisation. Pour le dire de manière caricaturale, nous faisons ce qui était fait aux États-Unis il y a une quarantaine d’années. On voit ainsi davantage de grandes fortunes s’investir en politique de manière beaucoup plus décomplexée. C’est critiqué quand il s’agit de la droite, mais on n’en dit rien quand il s’agit de la gauche dont le but affiché est de lutter contre l’extrême droite … En outre, il y a en France davantage d’appétence pour la modération et le consensus. Il y a peu d’extrêmes, donc les quelques plates-formes existantes en ligne ne proposent pas de positions très antagonistes. Et les experts ont davantage le réflexe de discuter dans le confort d’un studio de télévision que via un réseau social.

Comment s’inspirer des États-Unis en la matière ?

En France aujourd’hui, nous avons des partis qui sont des bunkers et pas une seule tête ne dépasse. Je serais davantage favorable à ce qu’on ait une fragmentation au sein d’une coalition en France. Comme outre-Atlantique, où on a beau avoir deux partis, c’est, en réalité, un archipel de gens avec des sensibilités différentes. Il faudrait pouvoir être moins dans un conformisme intellectuel et davantage dans la capacité à faire évoluer une ligne.

Il faut aussi s’inspirer de ces nouveaux formats de communication. Mais nous sommes limités par les agences de régulation comme l’Arcom.

Votre ouvrage s’interroge, au final, sur la possibilité d’un Trump français, c’est même son titre …

C’est une question que tout le monde se pose. Les journalistes semblent croire que tout phénomène américain a vocation à se reproduire en France. Pour une comparaison sérieuse, il faut étudier les cultures politiques des deux pays, qui sont assez différentes. Il faudrait un businessman prêt à mobiliser sa fortune pour des objectifs politiques. Mais aussi un tribun populiste qui n’ait pas peur de transgresser les règles et de donner du spectacle. Je le détaille dans mon livre, mais Donald Trump répond à des attentes américaines bien spécifiques. Le président français, lui, est davantage censé représenter l’unité de la nation, se couler dans les institutions de la Ve République. Je passe en revue de nombreuses figures françaises qui pourraient, du moins en partie, incarner un Trump à la française. Mais il nous faudrait surtout en France un homme providentiel qui soit un intellectuel ayant les pieds sur terre, capable de rassembler plutôt que de faire le show. Nous irions ainsi davantage vers un J.D. Vance à la française.
Le vice-président des États-Unis a, en effet, d’abord acquis une légitimité intellectuelle. Il est diplômé de Yale tout en ayant grandi dans la misère, avec une famille dysfonctionnelle.

Pourquoi achever ce livre sur la figure de Charlie Kirk ?

Charlie Kirk

Charlie Kirk m’a marqué durant tout mon parcours militant, bien avant d’être assassiné en septembre dernier et de devenir le symbole de la liberté d’expression. Fondateur de Turning Point USA, une organisation à but non lucratif destinée à promouvoir les idées conservatrices, il était l’un des commentateurs politiques les plus suivis par les jeunes sur TikTok. Sans diplôme, sur la force de sa parole, il osait se rendre dans les universités pour débattre, toujours en respectant son adversaire. Il savait dialoguer avec tous et s’était fait la voix de beaucoup de ceux qui n’en avaient plus. Son assassinat a souligné la violence politique qui règne quand on refuse le dialogue et qu’on veut enterrer des idées. Mais loin de les supprimer, son meurtre leur a donné une force nouvelle à travers la femme de Charlie Kirk, Erika, qui a repris son organisation. Cette veuve a marqué l’histoire quand, à l’enterrement de son mari, déchirante, elle eut devant le monde entier une seule phrase pour les assassins de l’homme de sa vie :

Father, forgive them (Père, pardonne-leur).

Devenu martyr, Charlie Kirk voit son héritage transmis à une audience encore plus large. Je l’ai constaté notamment en France lorsque j’ai organisé son hommage. Il est ainsi devenu le symbole de toute une génération promouvant le débat, faisant de sa foi ou de ses valeurs des forces à employer dans une bataille culturelle devenue désormais essentielle.

Propos recueillis par Anne-Laure Debaecker pour Valeurs actuelles.

En conclusion

Je me risquerais à avancer les noms de trois personnalités françaises qui, tout en étant très éloignées de Trump, pourraient faire avancer la France dans la direction qu’il désigne :

Philippe de Villiers, Sarah Knafo et David Lisnard …

Qu’en pensez-vous ?

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