PPE3 : oublions Bruxelles et écoutons nos experts !

Publié par le 12 Fév, 2026 dans Blog | 0 commentaire

PPE3 : oublions Bruxelles et écoutons nos experts !

Nous devons au général de Gaulle et à Georges Pompidou d’avoir eu une vraie vision sur l’avenir énergétique de la France et de l’avoir dotée de centrales nucléaires qui assurent l’indépendance de la France avec de plus une énergie compétitive et largement décarbonée.

Les présidents Giscard d’Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy avaient eu la sagesse de développer et d’entretenir la filière nucléaire.

Mais des socialistes ont tout gâché !

Mais Lionel Jospin, François Hollande et plus encore Macron ont largement compromis l’avenir de cette filière, soit pour des accords scélérats et minables avec les écologistes, soit pour satisfaire aux diktats de Bruxelles destinés à satisfaire l’Allemagne.

Ces trois socialistes se sont caractérisés par une absence totale de vision à long terme. Jospin a mis fin à SuperPhénix et Hollande a arrêté Fessenheim. Mais le pire a été atteint par Macron qui, en moins de trois ans, aura décidé de fermer 12 réacteurs nucléaires, puis de stopper cette folie pour lancer des centrales EPR !

C’est avec la même incompétence que le gouvernement de Sébastien Lecornu, sans légitimité, s’apprête à promulguer par décret et sans débats, la Programmation Pluriannuelle de l’Energie PPE3 que j’ai déjà dénoncée dans plusieurs articles.

Je verse aujourd’hui au dossier le témoignage de trois experts reconnus dans le domaine de l’énergie qui demandent au gouvernement de surseoir à cette promulgation.

– Marc Fontecave est professeur au Collège de France et membre de l’Académie des sciences.
– André Merlin est président d’honneur et fondateur de RTE et ancien président du Conseil international des grands réseaux électriques.
– Henri Wallard est l’ancien directeur général de l’agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra).

« Le premier ministre doit écouter
les experts avant de promulguer la PPE 3 »

Alors que l’exécutif s’apprête à fixer les grandes lignes de sa politique énergétique trois spécialistes de la question alertent sur les risques techniques et financiers et invitent le gouvernement à s’appuyer sur les recommandations d’experts et les rapports officiels.

Le 2 février dernier, Roland Lescure a annoncé des décisions majeures « dans quelques jours » sur la programmation énergétique, suivies, dans quelques semaines d’un grand plan d’électrification. Saura t-il tenir compte de nombreux rapports officiels qui alertent sur les risques techniques et financiers de cette programmation, dans la forme qu’elle présente aujourd’hui ?

Une dérive inquiétante se dessine :

les analyses des institutions publiques scientifiques (Académie des sciences, Académie des technologies, Haut-commissariat à l’Énergie atomique) et politiques (Cour des comptes, Opecst…) sont mises de côté, voire occultées, lorsqu’elles soulèvent des objections.

Le secteur de l’énergie est emblématique de cette déviance, alors qu’il repose sur des contraintes physiques, des équilibres techniques et des enjeux financiers qui ne se prêtent ni à l’approximation, ni à l’opacité.

Ainsi le gouvernement semble vouloir rapidement promulguer la Programmation Pluri-annuelle de l’Energie (PPE), avant de recueillir les conclusions de deux autres rapports – le rapport Tuot Lévy sur les coûts des énergies intermittentes et le rapport EDF sur la modulation des centrales nucléaires. Si l’on en juge par les révélations du journal La Tribune, qui a eu accès au second, de tels rapports doivent être pris en compte avant la finalisation de la feuille de route énergétique du pays.

C’est pourquoi il faut aujourd’hui alerter l’opinion.

Le black-out en Espagne et au Portugal – dont les enseignements détaillés ne sont pas encore connus – ou le niveau historiquement élevé de la dette publique, devraient inciter l’État à la prudence et à la transparence. Sans céder au catastrophisme, il est irresponsable d’ignorer les enjeux systémiques.

La question est le calendrier de développement des capacités de production éoliennes et photovoltaïques.

Exprimer des réserves sur cette trajectoire vaut d’être accusé de conservatisme et d’obstruction politicienne, comme si les lois de la physique, l’état des technologies et la réalité du système électrique relevaient de l’idéologie. 

La question n’est pas ici d’opposer le nucléaire aux énergies renouvelables. Il ne fait aucun doute que le mix énergétique de demain s’appuiera sur les deux. Elle est avant tout d’élaborer une politique qui respecte mieux les équilibres : équilibre entre nucléaire et énergies intermittentes, équilibre entre production et consommation électrique.

Il faut remettre ces enjeux au coeur du débat. La décision doit rester du ressort de l’exécutif et du législateur, mais dans un cadre démocratique et transparent, éclairé par les avis scientifiques et techniques, et non influencé par des groupes d’intérêt.

Pour lutter contre le réchauffement climatique, il faut réduire la consommation d’hydrocarbures et utiliser davantage l’électricité, largement décarbonée en France. Mais la consommation électrique stagne, et notre pays sera fortement exportateur pour plusieurs années. Cette situation ne serait pas problématique si l’électricité pouvait être stockée massivement à faible coût. Mais les technologies disponibles ne le permettent pas aujourd’hui, en tout cas à l’échelle requise. Un système électrique mal calibré devient coûteux et difficile à piloter.

Notre surcapacité impose des ajustements permanents pour maintenir l’équilibre du réseau. Alors que les capacités éoliennes et solaires installées ou en cours de déploiement (68 GW) vont dépasser celles du parc nucléaire (63,2 GW), la poursuite de soutiens publics massifs dans ces filières interroge. Sans croissance de la consommation et avec des exportations limitées par les capacités de transport, les baisses de production imposées se multiplient dans les installations nucléaires, utilisées majoritairement pour le suivi de charge et les productions éolienne et solaire sont elles-mêmes de plus en plus écrêtées. Une hérésie économique quand on sait que les coûts de ces installations sont pour l’essentiel des coûts fixes.

Avec plus de solaire, ces à-coups de puissance des réacteurs nucléaires vont changer d’ampleur, de vitesse et de fréquence.

EDF a lancé en 2025 une analyse des conséquences de cette forte modulation. Même si cette analyse n’a toujours pas été rendue publique, ce qu’on en sait maintenant grâce aux révélations du journal La Tribune fournit une alerte sérieuse sur les impacts d’une modulation excessive du parc nucléaire :

  • augmentation du coût du système et dégradation de sa rentabilité se répercutant sur la collectivité,
  • perturbations du marché de l’électricité, hausse des coûts de maintenance,
  • complexification des centrales, tensions sur les réseaux électriques et les interconnexions, 
  • vieillissement accéléré de certains équipements remplaçables.

Il faut aussi informer des enjeux financiers.

Les coûts du système électrique sont disséminés entre les factures des consommateurs, l’Etat en tant qu’actionnaire d’EDF et le contribuable via le budget annuel. Derrière le débat stratégique se joue la volonté d’engager rapidement de nouvelles subventions. L’argument de l’emploi ne saurait justifier de telles dépenses.

Le gouvernement cherche en fait un bénéfice politique de court terme auprès des filières influentes en n’hésitant pas à alourdir durablement les finances publiques.

Nous plaidons donc pour une mise à plat des éléments techniques et financiers. Aucune décision ne devrait être prise tant que les rapports disponibles ou en cours n’ont pas été transmis au Parlement et sérieusement analysés. Une méthode raisonnable consisterait à faire auditionner les experts scientifiques et techniques par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques. Cette instance pluraliste, réunissant députés et sénateurs, est la mieux placée pour offrir une vision d’ensemble, et garantir un débat enfin transparent et contradictoire sans censurer les experts. Avec des auditions publiques et archivées sauf dans les rares cas relevant de la sécurité nationale.

Complétée par une analyse financière par l’Inspection générale des finances ou la Cour des comptes, cette méthode permettrait enfin une décision politique pleinement informée. Pour notre avenir énergétique, il est urgent que la France se fonde sur la science et non sur la passion ou les pressions des lobbyistes.

Les Français ont clairement le droit de savoir.

Marc Fontecave, André Merlin et Henri Wallart.

Conclusion

Quand on lit ce rapport argumenté et prenant en compte de nombreux aspects du problème, on mesure le degré d’amateurisme du pouvoir macronien dont la seule boussole est uniquement de satisfaire l’idéologie de Bruxelles qui a décrété – au doigt mouillé – qu’on devait avoir 50 % d’énergies renouvelables dans le mix énergétique !

Si ceci est recevable pour des pays utilisant massivement le gaz et le charbon, ce quota est une pure aberration pour un pays massivement équipé de réacteurs nucléaires !

Voici en complément une interview d’un expert sur le problème de la modulation de la puissance des centrales nucléaires :

Signez la pétition pour une PPE des Gueux d’Alexandre Jardin :

Cliquez sur l’image pour signer la pétition

Merci de tweeter cet article :





Laissez une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *