Vers la réhabilitation du mot « libéralisme » ?

Publié par le 14 Avr, 2026 dans Blog | 0 commentaire

Vers la réhabilitation du mot « libéralisme »  ?

Pour une grande majorité de Français,
le mot libéralisme est un gros mot !

Sur les bancs de l’école, on a appris aux petits Français que le capitalisme était le mal absolu et que l’entreprise était le repère de patrons exploiteurs de la misère ouvrière.

En même temps était glorifié le rôle de l’Etat sans lequel aucun progrès social ne serait possible.

La gauche et les syndicats portent une très lourde responsabilité dans le culte du tout-Etat et l’entretien de ce statut de bouc-émissaire de l’entreprise. Mais la droite, longtemps soumise intellectuellement à la gauche, au point de rejeter le libéralisme, doit être aussi condamnée pour sa lâcheté et sa démagogie.

Mikhaïl Gorbatchev avait déclaré un jour :

La France est le seul pays où le communisme a réussi !

C’est partiellement vrai quand on voit l’impasse économique où nous a conduit l’étatisation croissante du pays et l’étouffement par les impôts et les normes des entreprises françaises.

Mais tout espoir n’est pas perdu !

Ce matin Agnès Verdier-Molinié faisait état d’un sondage qui montrait que les Français étaient en train de bouger sur le sujet de la retraite. Une majorité commence à admettre qu’il y a une relation étroite entre le dispositif de retraite actuel et l’endettement énorme de la France.

On sent également que la droite bouge et s’enhardit à reparler de libéralisme. David Lisnard est en pointe dans ce combat et c’est un article de Contrepoints qui salue son courage :

La rupture Lisnard et la médiation Retailleau

David Lisnard a annoncé qu’il rompait avec le parti LR. Il a, le soir du 7 avril à Paris, démontré qu’il était capable d’ouvrir un chemin de réformes radicales et d’y rallier les Français. Bruno Retailleau a, pour sa part, commenté sa vison politique deux jours plus tard au colloque de l’IREF sur les prélèvements obligatoires sans feindre une certaine approche libérale.

Le mardi 7 avril, en effet, le parti de David Lisnard, Nouvelle Energie, avait appelé ses adhérents parisiens à décerner les Cerfas d’or aux auteurs des actes administratifs les plus stupides de l’année. Cette petite cérémonie face à un nombreux public jouait de l’humour pour dénoncer l’absurdité technocratique.

Cérémonie de remise des cerfas d’or

Agnes Pannier-Runacher a remporté le Cerfa d’Or de la créativité normative, pour son arrêté imposant depuis le 22 juillet 2025 l’installation de toilettes et d’un lavabo à bord de toutes les barges des ostréiculteurs! Ont aussi été primés Roland Lescure pour son acharnement à taxer les pourboires, la Sécurité sociale qui fait mourir administrativement des personnes bien vivantes… Pour finir, divers codes et textes kafkaïens furent symboliquement passés par la broyeuse.

Un combat contre les turpitudes bureaucratiques

Mais ces turpitudes bureaucratiques n’étaient récompensées qu’en attendant de pouvoir y mettre fin. David Lisnard a profité de cette soirée pour promettre qu’il le ferait sans tarder, dès qu’il serait élu président de la République ! Entouré de nombreux maires Nouvelle Energie élus ou réélus, et des parlementaires Etienne Blanc et Alexandra Martin, il a longuement expliqué pourquoi la débureaucratisation était nécessaire pour libérer la France, lui redonner envie d’entreprendre, d’innover, de vivre. Il a montré combien l’allègement des structures administratives, des normes et de la fiscalité pouvaient concourir au redressement de notre pays et permettre d’offrir une meilleure vie aux Français. En témoignent les exemples étrangers qu’il a cités, des réformes radicales de Roger Douglas en Nouvelle Zélande dans les années 1980 à la baisse drastique des dépenses publiques engagée par la Suède à partir de 1994 et par le Canada en 1995, sans omettre les réformes Thatcher et la tronçonneuse de Milei dont les résultats sont déjà probants.

Un programme libéral

La moquerie douce-amère était donc prétexte à énoncer la volonté de rupture du maire de Cannes, triomphalement réélu. Il veut libérer la France de l’emprise du Léviathan qui ne multiplie les textes illisibles, les procédures tortueuses et les cerfas incongrus que pour mieux soumettre les citoyens. Non sans plaisir et malice, David Lisnard se moque du langage administratif qui mérite désormais un dictionnaire pour en comprendre les arcanes. Il s’offusque de toute politique qui fait des modalités une finalité. Il veut rétablir nos libertés, revenir à une subsidiarité ascendante dans laquelle il faut en bas tout le possible et en haut seulement tout le nécessaire, recentré l’Etat sur le régalien…

Il veut donc préparer ses premiers jours à la tête de l’État avec un gouvernement restreint et des réformes à engager sans délai par ordonnances, notamment pour supprimer bien des normes et une large majorité des 1 200 agences publiques qui coûtent « un pognon de dingue ». Il se situe dans la lignée d’Alexis de Tocqueville : « Le moyen le plus puissant, le plus infaillible d’accroître la prospérité d’un pays, c’est de favoriser par tous les moyens de libres rapports entre ceux qui l’habitent. »[1]

La conciliation LR

Deux jours après, le 9 avril, devant la salle bien remplie du colloque de l’IREF, Bruno Retailleau n’a pas mâché ses mots pour exprimer ses convictions qui, sur les principes, ne sont pas si éloignées de celles de David Lisnard. Il a répondu aux questions que nous lui posions sur la simplification et la baisse de la fiscalité, l’effacement parallèle des subventions et d’autant d’impôts grevant les entreprises, la réduction des charges sociales par la responsabilisation des assurés…

Les excès des extrêmes gauches et l’inconsistance des extrêmes centres, révélés notamment dans les débats parlementaires autour de la dernière loi de finances, ont libéré une parole libérale. Le président des LR s’est montré ouvert à une forme de flat tax comme à l’abaissement de nombre d’impôts de production et à la limitation de l’aide sociale. Mais la salle l’a senti encore réservé, freiné dans la réforme par la crainte de remettre en cause trop de préjugés et de pensée politiquement correcte. Il est prêt à écouter nos propositions et gageons que nous serons entendus.

La nécessaire césure

Il faut espérer que la droite libérale ne se présentera pas en morceaux à la présidentielle. Elle serait sûre de perdre. Mais elle perdra aussi si elle n’ose pas un programme délibérément novateur, cohérent, lisible, doté d’une assise philosophique et d’une solide armature économique. Il ne suffira pas de dire qu’on renverse la table : il faudra le faire, en rupture avec les clichés du passé qui nous ont conduit à la faillite actuelle et au déclin. Il faut démontrer aux Français que l’Etat providence est non seulement défaillant, mais nuisible, et peut-être surtout aux plus modestes.

Notre crise actuelle est celle de la responsabilité. Privés de liberté, gavés d’aides sociales, les Français sont devenus passifs et quémandeurs. Il faut leur rendre la maîtrise de leur vie. C’est pourquoi par exemple, nous proposons de supprimer toutes les subventions de l’Etat aux entreprises pour payer les assurances sociales de leurs employés afin que ceux-ci, s’ils le souhaitent, puissent bénéficier de leur salaire complet (charges patronales et salariales comprises) et s’assurer eux-mêmes auprès des compagnies ou mutuelles de leur choix. Les entreprises n’en souffriraient pas si elles bénéficiaient d’autant d’allégements d’impôts, et les salariés redeviendraient responsables d’eux-mêmes.

C’est un chemin de rupture difficile à emprunter. Mais c’est sans doute le seul possible. Peut-être les Français n’ont-ils pas encore suffisamment conscience de la gravité de la situation pour le suivre. Mais la seule voie de redressement est celle-ci. Et c’est aussi le seul moyen d’espérer emporter l’élection présidentielle. Comme Milei l’a fait. Car les Français ne veulent plus de compromis avec l’avenir. De ce point de vue, David Lisnard a sans doute eu raison de quitter LR pour indiquer l’option gagnante. Souhaitons que les droites libérales entendent ce message pour se retrouver jusque dans la victoire.

Jean-Philippe Delsol pour Contrepoints.


[1] Œuvres de Tocqueville, Bibliothèque de la Pléiade, I, p. 291

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