Philippe Seguin avait tout annoncé. Personne ne l’a écouté

Publié par le 6 Juin, 2026 dans Blog | 1 commentaire

Philippe Seguin avait tout annoncé. Personne ne l’a écouté

C’était le 5 mai 1992 ! Il y a 34 ans et un mois !

Philippe Seguin montait à la tribune de l’Assemblée nationale à l’occasion du débat sur la modification de la Constitution en vue de l’adhésion au traité de Maastricht.

Il présentait, ce jour-là, une exception d’irrecevabilité au projet de loi constitutionnelle proposé aux députés par le gouvernement.

Pendant presque 2 heures et demi il a d’abord démontré brillamment que les députés, s’il votait cette loi, violerait plusieurs articles de la déclaration des droits de l’homme, puis il a dressé un portrait très noir des conséquences qu’allait entrainer pour la France l’Europe de Maastricht.

Outre le fond inattaquable de son propos, la forme de son discours fut époustouflante avec un français d’une précision et d’une rigueur inégalées en ces lieux.

Je ne résiste pas au plaisir de retranscrire ici la partie de son discours dédiée aux conséquences de Maastricht.

Regardez ce que l’Europe est devenue avec cette fédéralisation rampante que nous imposent Macron et Von der Leyen, et vous constaterez que Philippe Seguin avait tout prédit !

De nos jours, on ne trouve plus guère d’hommes politiques de la trempe de Philippe Seguin ! Celui qui s’en rapproche le plus aujourd’hui est sans conteste son compagnon de lutte contre l’Europe fédérale : Philippe de Villiers qui cartonne tous les vendredi soirs sur CNews dans l’émission Face à Philippe de Villiers.

Son combat porte plus contre l’immigration subversive que contre l’Europe mais il est arrivé à la conclusion que la France devait quitter l’Europe pour se sauver.

On se rappelle qu’aux élections européennes de 1999, la liste souverainiste conduite par le trio Seguin-Pasqua-De Villiers (photo en médaillon) avait dépassé celle de la droite conduite par Nicolas Sarkozy !

Voici donc cette partie historique du discours de Philippe Seguin qui sera suivie de la vidéo intégrale de son intervention :

Voila maintenant 35 ans que le Traité de Rome a été signé et que d’Acte unique en règlements, de règlements en directives, de directives en jurisprudences, la construction européenne se fait sans les peuples, qu’elle se fait en catimini, dans le secret des cabinets, dans la pénombre des commissions, dans le clair-obscur des cours de justice.

Voila 35 ans que toute une oligarchie d’experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants, prend, au nom des peuples, sans en avoir reçu mandat, des décisions dont une formidable conspiration du silence, dissimule les enjeux et minimise les conséquences.

Qu’on m’entende bien, je ne viens ici donner de leçons à personne. Alors, qu’en retour, on veuille bien respecter ma propre démarche. Je me serais, d’ailleurs, bien passé d’être là ! Il eut mieux valu, à l’évidence, que des voix plus fortes que la mienne, engage le combat. Elle ne l’ont pas souhaité, je me garderai de les juger. Je me contente de faire et d’assumer un autre choix, ce n’est pas si facile ! A la décharge des absents, je reconnais en effet bien volontiers que le conformisme ambiant, pour ne pas dire le véritable terrorisme intellectuel qui règne aujourd’hui, disqualifie par avance quiconque n’adhère pas à la nouvelle croyance et l’expose littéralement à l’invective ! Qui veut se démarquer du culte fédéral est aussitôt tenu, par les faiseurs d’opinion, et on l’a encore constaté cet après-midi, au mieux pour un contempteur de la modernité, un nostalgique ou un primaire, au pire pour un nationaliste forcené, tout prêt à renvoyer l’Europe aux vieux démons qui ont si souvent fait son malheur.

Mais il est des moments où ce qui est en cause est tellement important que tout doit s’effacer. Et je ne parle pas ici au nom d’une France contre une autre. Car dès lors qu’il s’agit de la France, de la République et de la démocratie, il ne peut pas être question de la droite et de la gauche. ce qui est en jeu est au delà des partis, au delà des clivages les plus naturels, au de la des oppositions les plus légitimes, au delà des querelles les plus anciennes, puisque l’enjeu n’est rien de moins que notre communauté de destin !

Cette communauté de destin est gravement mis en péril par les accords alors que ceux-ci ne sont, ni la condition de la prospérité, ni la condition de la paix. Dans le monde tel qu’il est, l’idéal comme le réalisme commandait de faire prévaloir une toute autre conception de l’Europe.

Voila ce que je voudrais maintenant développer devant vous :

Qu’on ne s’y trompe pas : la logique du processus, de l’engrenage, économique et politique mis au point à Maastricht, est celle d’un fédéralisme au rabais, fondamentalement anti-démocratique, faussement libéral, résolument technocratique. Elle enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution :

1992 est littéralement l’anti 1789 !

Ce que cache l’obsession des équilibres comptables, c’est bien le conservatisme le plus profond, c’est bien le renoncement à effectuer des choix politiques clairs. Que penser d’une politique économique qui se contente de guetter la reprise américaine ou la récession outre-Rhin ? D’autant qu’à force de vouloir faire cette intégration à tout prix, on va finir par faire l’Europe allemande plutôt que de ne pas faire l’Europe du tout, ce qui serait un comble !

Enfin, et je souhaite insister sur ce point, la normalisation de la politique économique française implique, à très court terme, la révision à la baisse de notre système de protection sociale, qui va rapidement se révéler un obstacle rédhibitoire, tant pour l’harmonisation que pour la fameuse « convergence » des économies.

A suivre …

Voici la vidéo intégrale du discours historique de Philippe Seguin :

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Une réponse à “Philippe Seguin avait tout annoncé. Personne ne l’a écouté”

  1. Philippe Seguin a été incapable de franchir le Rubicon, peut être à cause d’un fond de pusillanimité, ce qui fut probablement préjudiciable pour la France, au vu des désastreux présidents qui se sont succédé, depuis : la présidentielle.
    Dommage: Séguin avait la stature d’un homme d’Etat.

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