Caroline Fourest tempère les hommages à Edgar Morin

Publié par le 7 Juin, 2026 dans Blog | 0 commentaire

Caroline Fourest tempère les hommages à Edgar Morin

Les deux grandes idéologies qui ont ravagé le monde au 20 ème siècle furent le nazisme et le communisme.

Le nazisme a été vaincu. Ses crimes ont été largement dénoncés et il eut son procès à Nuremberg.

A l’inverse, le communisme qui certes partait d’une idée généreuse, a fait beaucoup plus de morts que le nazisme.

Mais la gauche a réussi ce formidable exploit d’éviter un Nuremberg du communisme et aujourd’hui il existe en France un parti qui a osé gardé le nom de Parti communiste !

La gauche a par ailleurs réussi à associer le nazisme à l’extrême droite et notamment au pétainisme. Alors que c’est une assemblée nationale à majorité socialiste qui a voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain et que nombre de ministres de Vichy appartenaient à la gauche !

Jusqu’à une époque très récente, le magistère de la gauche régnait en maitre et lui permettait de rendre des hommages nationaux à des personnalités de gauche détestées de la droite. Le dernier exemple est celui de Robert Badinter que la droite considère comme le grand responsable de la faillite de la justice avec sa culture de l’excuse.

Ainsi Macron a t-il décidé de rendre un hommage national au controversé Edgar Morin …

A contre-courant de la plupart des médias, on rendra hommage à Caroline Fourest qui a eu le courage de casser l’ambiance des hommages à Edgar Morin, en rappelant son passé sulfureux dans une chronique lucide, approuvée par ce tweet de Gilles-William Goldnadel :

Sacré Edgar !

Edgar Morin 1921-2026

Il est de bon aloi, lorsqu’une personnalité décède, de ne retenir de sa biographie que les pages lumineuses. Et il y en a eu, nombreuses, dans la longue vie d’Edgar Morin. Est-il permis de dire que ses premières années paraissent plus éclairées que les dernières ? Que sa trajectoire, la complaisance dont il a parfois bénéficié racontent aussi l’aveuglement ? Libération le qualifie d’« éternel résistant ». Ce fut vrai au début de sa vie. Très jeune, Morin a su résister au nazisme qui voulait sa peau. Puis il a épousé toutes les causes de la gauche communiste l’ayant adopté comme militant avant de le glorifier comme intellectuel. Il a bénéficié du tampon PC nécessaire pour entrer dans ce club et a su le quitter à temps, juste à temps, avant que les chars de l’armée soviétique n’entrent dans Budapest.

A la fin des années 1960, quand l’antisémitisme n’était pas encore redevenu à la mode. il a publié La Rumeur d’Orléans: l’autopsie d’une rumeur attribuant la disparition de jeunes femmes à des notables pédocriminels via des cabines d’essayage tenues par des commerçants juifs. On y retrouve tous les ingrédients du complotisme QAnon et antisémite : la plaie de notre temps. Edgar Morin aurait pu éclairer notre époque à partir de cette œuvre salvatrice. Mais, comme Stéphane Hessel, il a préféré « rester dans le coup » et plaire jusqu’au bout à la jeunesse décoloniale, qui l’admirait pour son opposition à la guerre d’Algérie, et plus encore pour la violence de ses critiques envers Israël.

Autoproclamé théoricien d’une « pensée complexe » qui enchainait en réalité les lapalissades, sa fameuse « méthode » n’avait pas la rigueur de Descartes … Sinon, l’humaniste revendiqué se serait moins fourvoyé. Lui qui a servi de caution intellectuelle aux élucubrations de Didier Raoult et, surtout, de dernier compagnon de route à Tarig Ramadan.

Ils nont pas seulement coécrit deux livres ensemble, mais effectué la tournée des banlieues pour y célébrer le prédicateur-violeur des Frères musulmans, l’un des plus toxiques pour faire remonter le machisme religieux et le complotisme anti-Juifs. Même quand des femmes ont parlé, Edgar Morin a pris son parti :

A-t-il violé trois femmes ou ont-elles violé trois fois la vérité ?

Il faut dire que, de toutes les causes de gauche à épouser, #MeToo est bien la seule que l’homme aura méprisée. Dans ses mémoires, Morin revendique fièrement avoir été un agresseur sexuel, qui adorait se frotter contre les femmes dans le métro :

À partir de 12-13 ans, je cherchais le contact d’une croupe féminine qui souvent ne réagissait pas, parce que condamnée à l’immobilité.

Il confie s’être si souvent frotté qu’il en a perdu son « bouton de braguette ». À partir de 16 ans, il allait plus loin :

Je m’enhardissais parfois à glisser ma main sur la croupe émouvante et commençais à caresser.

Bizarrement, ces lignes, et d’autres aveuglements, ne figurent pas dans la page Wikipédia dithyrambique dont il bénéficie grâce au privilège d’être de la « bonne » gauche. Celle qui aboie et annule si l’on n’est pas de son camp, mais pardonne tout si on lui caresse la croupe.

Carolie Fourest.

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