« Avoir été communiste, c’est avoir été, soit coauteur,
soit complice d’un colossal crime contre l’humanité. »

Publié par le 29 Août, 2025 dans Blog | 0 commentaire

« Avoir été communiste, c’est avoir été, soit coauteur, soit complice d’un colossal crime contre l’humanité. »

Ce titre provocateur est extrait d’un ouvrage de Jean-François Revel, La Grande Parade, publié il a 25 ans.

Après l’indignation « indigne » des communistes qui a suivi l’inauguration d’une stèle commémorant les crimes du communisme, Jean-Philippe Feldman, Nicolas Lecaussin, dans Valeurs actuelles nous rappelle ce livre de Jean-François Revel qui n’a pas pris une ride !

Monument dédié aux victimes du communisme :
si Jean-François Revel était encore des nôtres

Dans son ouvrage, La Grande Parade, paru il y a 25 ans, le journaliste et essayiste consacrait un chapitre, « Panique chez les négationnistes », qui n’a pas pris une ride à lire l’indignation communiste devant le monument de Saint-Raphaël.

L’affaire du monument dédié aux victimes du communisme, inauguré à Saint-Raphaël le 23 septembre à l’occasion de la Journée européenne de commémoration des victimes des régimes totalitaires, ne surprendra aucun des lecteurs attentifs de l’œuvre du regretté Jean-François Revel, le philosophe et journaliste qui nous a quitté il y a presque deux décennies et qui était l’un des pourfendeurs les plus talentueux du totalitarisme communiste.

Revenons en liminaire sur l’affaire. Quand L’Humanité s’étouffe, c’est généralement bon signe. Dans son édition du 18 août, le quotidien communiste titre l’un de ses articles, jeu de mots à l’appui : « A Saint-Raphaël, une provocation monumentale. » En effet, le maire LR de la ville a décidé de « briser un tabou mémoriel » avec l’érection d’un monument dédié aux « 100 millions de victimes du communisme à travers le monde ». Le communiqué de la Ville souligne qu’en dépit de ses crimes, « il n’y a jamais eu de procès de Nuremberg du communisme ». Si cette initiative se veut sans équivalent en France, un mémorial des victimes du communisme a déjà été inauguré en 2007 à Washington en présence de la veuve de Sakharov et il en a été de même à Ottawa en décembre de l’année dernière.

Le monument de Saint-Raphaël a fait l’objet d’un tir groupé de la part du sénateur Ian Brossat, le porte-parole du PCF et candidat à la mairie de Paris, du secrétaire départemental PCF des Alpes-Maritimes, de la Fédération varoise du PCF et du secrétaire PCF de Toulon. Or, l’essentiel des arguments soulevés est identique à ceux qui l’avaient été après la parution en 1997 du Livre noir du communisme. La réfutation de ces arguments avait fait l’objet d’un chapitre de La Grande parade, sous-intitulé Essai sur la survie de l’utopie socialiste, paru il y a 25 ans. Jean-François Revel intitulait ce chapitre : « Panique chez les négationnistes », un chapitre qui n’a pas pris une ride à lire l’indignation communiste devant le monument de Saint-Raphaël.

Les arguments fallacieux des opposants communistes

Notons au préalable que tous les dénonciateurs du communisme ont subi depuis les années 1920 les invectives des thuriféraires du PCF : Istrati, Souvarine, Serge, Gide, Koestler, Rousset, Kravtchenko, Conquest et bien entendu Soljenitsyne. Voici les principaux arguments utilisés par nos communistes actuels :

Argument 1 : « Les seules victimes du communisme en France, ce sont les nazis et les collabos ». Par le plus grand des hasards sans doute, il n’est dit mot des victimes à l’étranger … Revel affirmait que si le PCF n’avait pas porté la main sur les libertés dans notre pays, c’est qu’il n’en avait pas eu l’occasion.

Argument 2 : « Au point où il en est, le maire de Saint-Raphaël aurait pu aller au bout de sa logique et ériger un monument en leur honneur ». Autrement dit, ériger un monument contre le communisme, ce serait ériger un monument en faveur des nazis et des collaborateurs !

Argument 3 : « Ce n’est pas le communisme qui a tué, ce sont des Etats ». Si ce n’est que ces Etats se sont eux-mêmes glorifiés d’être communistes et qu’ils ont été considérés comme tels par les communistes français sans rechigner…

Argument 4 : « Les dictatures qui s’arrogèrent mensongèrement le nom de communistes, s’en sont pris d’abord, comme Staline, aux communistes ». On ne sache pas que le PCF ait émis la moindre critique du vivant de Staline et on se souvient même du fait que le parti inféodé à Moscou a été l’un des derniers à admettre les crimes du « petit père des peuples », tout en obombrant* bien évidemment ceux de ses prédécesseurs, à commencer par Lénine. De plus, comme le notait Revel :

la répression communiste a toujours frappé non seulement les adversaires déclarés du régime, mais des millions d’être inoffensifs qui ne songeaient ni à l’attaquer, ni même à le critiquer.

Argument 5 : « L’idéal communiste n’est pas une idéologie mortifère, mais porte au contraire en soi l’émancipation de tous, la liberté, la démocratie, le bien-être, la paix et la concorde ». Les abominations du communisme en seraient-elles la perversion ou, comme l’écrivait Revel, le communisme fût-il et est-il toujours « intrinsèquement criminogène » ? Nous sommes ici au cœur du communisme, cette utopie qui devrait être jugée non pas en vertu de ses actes, mais de ses intentions.

C’est seulement lorsque l’Allemagne nazie a attaqué l’URSS que la résistance communiste a commencé.

Et notre philosophe de railler :

On admirera que les socialistes « scientifiques » plaident avec autant d’ingénuité l’existence de phénomènes historiques sans cause, et qui sont en outre en proie à la contrariante habitude de se répéter avec la régularité d’une rotation astronomique …/… Qu’est-ce donc que ce système, le meilleur jamais conçu par l’homme, nous dit-on, mais qui est doté de cette surnaturelle propriété de ne jamais mettre en œuvre, nulle part, autre choses que le contraire de lui-même, que sa propre perversion ?

Argument 6 : « Les communistes français ont payé un lourd tribut à la lutte contre le nazisme durant la Seconde Guerre mondiale ». Staline a d’abord été l’allié d’Hitler. Et les  partis communistes occidentaux l’ont suivi. Le PCF s’est même réjoui de la présence des troupes allemandes en France. C’est seulement lorsque l’Allemagne nazie a attaqué l’URSS que la résistance communiste a commencé.

Cela excuse-t-il pour autant les crimes du communisme ?

Argument 7 : les fins du maire de Saint-Raphaël seraient « purement électoralistes », sur fond de croissance locale du Rassemblement National. Revel pointait déjà :

C’est une des astuces permanentes de la gauche pro-totalitaire que de refuser de prendre les faits en considération sous prétexte que, même s’ils sont avérés, le moment pour en parler est mal choisi et profite au fascisme.

Dernier argument : il y aurait eu « utilisation de l’argent public à des fins partisanes ». S’il est exact que le monument a coûté 28 000 euros aux contribuables, les communistes ne nous avaient guère accoutumés à s’intéresser à de bonnes finances publiques ou locales … La saillie est d’autant plus piquante que le fait que L’Humanité ait été sauvé à deux reprises ces dernières années par un renflouement de fonds publics ne semble pas les avoir émus plus que cela…

Le plus scandaleux est que l’appel au rassemblement du PCF contre le monument de Saint-Raphaël ait été soutenu, non seulement par les Insoumis, ce qui n’étonnera personne, mais également par les socialistes.

On se consolera de cette affligeante histoire en se disant que, heureusement, le communisme appartient aux poubelles de l’Histoire …

Jean-Philippe Feldman, Nicolas Lecaussin pour Valeurs actuelles.

* Obombrant : qui couvre d’une ombre

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