Deux décennies d’atteintes constantes aux libertés

Publié par le 25 Fév, 2026 dans Blog | 0 commentaire

Deux décennies d’atteintes constantes aux libertés

Dans mon précédent article :

Macronie et LFI unies contre la droite patriote

je dénonçais l’alliance objective entre l’extrême centre et l’extrême gauche pour empêcher la droite patriote d’atteindre le pouvoir.

Aux provocations de la France Insoumise, s’ajoutent toutes les mesures liberticides prises par la Macronie.

Quand le président de la République rêve de confier à l’organisme gauchiste Reporters sans frontières le soin de labelliser les médias, le nullissime ministre des affaires étrangères Jean-Noël Barrot entend mettre au pas les réseaux sociaux !

Voici un article de Polemia qui recense les principales atteintes aux libertés décidées par les pouvoirs politiques depuis une vingtaine d’années :

En France, une impressionnante
dérive répressive et liberticide

La France devient la lanterne rouge de la zone euro, l’insécurité explose, l’immigration ne s’arrête pas, le narcotrafic s’installe partout et sa classe politique est démonétisée.

Mais nos « pouvoirs publics », si impuissants à garantir le bien commun, ont en revanche beaucoup œuvré pour réduire nos libertés, pour censurer les voix dissidentes, pour surveiller, ficher et contrôler la population.

Les législations, souvent de circonstance, se sont ainsi amoncelées : peu efficaces pour garantir la sécurité réelle des citoyens, elles ont cependant pour effet de bâtir dans la durée un édifice répressif de plus en plus opaque.

Ainsi, entre 2008 et 2022, le nombre d’articles, dans la partie législative du Code de procédure pénale, est passé de 1 722 à 2 403, et ce, tant en raison des travaux parlementaires que de la transposition de textes supranationaux. Et cette augmentation continue nourrit en retour le pouvoir croissant des juges non élus, qui peuvent puiser à l’envi de nouvelles incriminations dans ce fatras législatif et réglementaire. Petite synthèse de plus de 15 ans d’intentions, de mesures et de dérives liberticides à la française.

Michel Geoffroy

Voici une synthèse de ces mesures à lire dans leur version complète ici :

2008

Décret du 27 juin 2008. Création d’un fichier associé à la fusion des Renseignements généraux et de la Direction de la surveillance du territoire pour former la nouvelle Direction centrale du renseignement intérieur. Ce fichier élargissait considérablement la collecte de données personnelles, afin de « centraliser et d’analyser les informations relatives aux personnes physiques ou morales ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif.

2009

Ordonnance du 30 janvier 2009 « relative à la prévention de l’utilisation du système financier aux fins de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme ». Cette ordonnance crée toute une série d’obligations déclaratives nouvelles pour les professions juridiques et bancaires, afin de pister l’origine des capitaux mouvementés ; obligations bureaucratiques qui s’imposent aussi aux citoyens in fine. Mais le narcotrafic ne semble pas particulièrement gêné par ces dispositions…

2010

Loi du 2 mars 2010 qui affiche deux objectifs : « mieux réprimer le phénomène des bandes violentes et, d’autre part, mieux protéger les personnes travaillant dans les établissements d’enseignement scolaire ».
Ainsi, « le fait de participer, en connaissance de cause, à un groupement, même formé de façon temporaire, qui poursuit le but, caractérisé par un ou plusieurs faits matériels, de commettre des violences volontaires contre les personnes ou la destruction ou dégradation de biens, est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende ».

Loi du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public. L’application réelle de cette loi, censée viser l’islamisme, est cependant sujette à caution, de l’aveu même des autorités.

2011

La France est désormais la championne d’Europe de la surveillance des télécommunications. Comme le relève la Commission européenne dans l’annexe d’un rapport en avril 2011, il a été procédé, en 2009, à pas moins de 514 813 demandes d’accès aux « logs », données (qui a téléphoné ou envoyé un mail à qui, quand, d’où, pendant combien de temps ?) conservées par les opérateurs de téléphonie fixe ou mobile, et les fournisseurs d’accès à Internet. Pays le plus peuplé d’Europe, l’Allemagne n’en a réalisé que 12 684, soit 42 fois moins que la France.

2012

Loi du 6 août 2012 relative au harcèlement sexuel.
Cette loi fixe une nouvelle définition du harcèlement sexuel, établit des circonstances aggravantes et détermine les sanctions qui y sont associées. Le harcèlement sexuel est défini comme « le fait d’imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle qui portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, ou créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante ».

 

2014

Le 6 janvier 2014, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls envoie une circulaire à tous les préfets dans laquelle il donne des instructions en vue d’interdire le spectacle Le Mur que doit donner Dieudonné M’Bala M’Bala dans plusieurs villes de France.
Si, aux yeux du ministre de l’Intérieur, la réponse aux propos de l’humoriste « doit avant tout être d’ordre pénal », il estime que « l’autorité administrative dispose également de pouvoirs lui permettant de faire cesser les troubles à l’ordre public », et cela, préventivement.

2015

29 janvier 2015 : Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, déclare : « Dire que tout va changer parce qu’il y a un nouveau gouvernement à Athènes, c’est prendre ses désirs pour des réalités (…) Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens… ». Une façon de dire que l’Union européenne est désormais placée sous le signe de la souveraineté limitée des peuples, comme au temps du Pacte de Varsovie…

Loi du 24 juillet 2015 sur le renseignement, qui définit un nouveau cadre dans lequel les services de renseignement sont autorisés à recourir à des techniques d’accès à l’information, jusqu’alors exclusivement permises dans un cadre judiciaire : balisage de véhicules, sonorisation et captation d’images dans des lieux privés, captation de données informatiques, accès aux réseaux des opérateurs de télécommunications, détection de « comportements suspects » par les fournisseurs d’accès à Internet… Un fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions terroristes est également créé.

Le 9 novembre 2015, le Conseil d’État juge légale la circulaire Valls expliquant aux préfets et aux maires la marche à suivre à l’égard des spectacles de Dieudonné. Le lendemain, la Cour européenne des droits de l’homme juge la requête de ce dernier irrecevable contre sa condamnation pour injure publique.

2016

Le 3 juin 2016, la loi renforçant la lutte contre le crime organisé, le terrorisme et leur financement est adoptée. Cette loi donne aux juges de nouveaux moyens d’investigation : elle leur permet notamment d’accéder à distance et à l’insu de l’intéressé à ses correspondances informatiques, de capter et d’enregistrer des paroles prononcées à titre privé dans des lieux ou véhicules privés ou publics, ainsi que l’image de personnes se trouvant dans un lieu privé.

1er décembre 2016 : loi relative à l’extension du délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse, aussi appelée loi instaurant un délit d’entrave numérique à l’IVG. Cette loi vise à sanctionner « tout moyen, y compris en diffusant ou en transmettant par voie électronique ou en ligne, des allégations, indications de nature à induire intentionnellement en erreur, dans un but dissuasif, sur les caractéristiques ou les conséquences médicales d’une interruption volontaire de grossesse ».

2017

Janvier 2017 : dans son rapport Global Risks, le Forum économique mondial de Davos estime que si le Brexit l’a emporté et si Trump a été élu en 2016, cela provient du fait que les électeurs anglais et américains ont été désinformés par Internet et les réseaux sociaux. Le Forum préconise donc un « meilleur contrôle qualité de l’information ». Cette analyse contestable va inspirer l’offensive permanente d’Emmanuel Macron contre les réseaux sociaux.

Avril 2017 : lors du Festival international de journalisme de Pérouse, Google annonce la mise en place d’une procédure de « fast check » pour « aider les journalistes à détecter les fausses nouvelles », car « les nouvelles sont nécessaires aux citoyens pour être de bons citoyens ».

Opération médiatique et judiciaire (accusation d’emploi fictif) contre le candidat de la droite, favori du premier tour de l’élection présidentielle, François Fillon (23 avril 2017), dont va profiter la candidature d’Emmanuel Macron.

Le 30 octobre 2017 est promulguée la loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, dite SILT.
Cette loi confirme la pérennisation dans le droit commun du régime dérogatoire de l’état d’urgence. Ainsi, les perquisitions administratives, les assignations à résidence (appelées MICAS, pour mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance) et les « périmètres de protection », qui permettent d’imposer filtrages et fouilles systématiques, ne sont plus des mesures administratives d’exception.

20 novembre 2017 : la Société générale ferme six comptes bancaires du Front national et ceux d’une quinzaine de fédérations régionales, et HSBC clôture le compte personnel de la présidente du parti.

2018

Violente répression du mouvement des Gilets jaunes : 10 000 gardes à vue, 3 100 condamnations, 400 peines de prison ferme. Les policiers ont tiré trois fois plus de projectiles de LBD et de grenades de désencerclement que l’année précédente, causant des blessés, parfois graves, parmi les manifestants.

Loi du 3 août 2018 renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, prévoyant la création d’un délit « d’outrage sexiste ». Un outrage sexiste consiste à « imposer à une personne tout propos ou comportement à connotation sexuelle ou sexiste qui soit porte atteinte à sa dignité en raison de son caractère dégradant ou humiliant, soit créé à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante ».

10 décembre 2018 : la France signe le « Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières », dit Pacte de Marrakech, qui entend assurer une meilleure protection des migrants. Ce texte prévoit notamment que les médias doivent diffuser une image positive de l’immigration régulière et lutter contre les stéréotypes ; a contrario, il conviendra de cesser « d’allouer des fonds publics ou d’apporter un soutien matériel aux médias qui propagent… la discrimination envers les migrants ».

Loi du 22 décembre 2018 relative à la lutte contre la manipulation de l’information, dite loi fake news. La loi définit la fausse information comme « toute allégation ou imputation d’un fait, inexacte ou trompeuse ». La loi prévoit une obligation de transparence pour les plateformes numériques, la possibilité de faire cesser la diffusion d’une information par décision d’un juge des référés et l’extension des pouvoirs du CSA.

2019

10 avril 2019 : vote de la loi dite « anti-casseurs » sur fond de crise des « Gilets jaunes », qui autorise les fouilles de sacs et véhicules dans les manifestations et ses abords sur simples réquisitions du procureur, et crée un délit de dissimulation volontaire du visage. Désormais, un juge d’instruction ou un juge de la détention et des libertés peut interdire à une personne sous contrôle judiciaire — donc présumée innocente — de manifester.

4 juin 2019 : modification du règlement de l’Assemblée nationale réduisant le temps de parole des députés.

3 octobre 2019 : à la suite de l’intervention d’Eric Zemmour lors de la Convention de la Droite, le collectif Sleeping Giants dissuade les annonceurs publicitaires de diffuser des publicités pendant son émission sur Paris Première. 7 annonceurs se sont engagés à ne plus faire de publicité pendant l’émission d’Éric Zemmour.

Décret du 11 décembre 2019 réformant la procédure civile.
Ce décret instaure notamment le principe de l’exécution provisoire de droit des décisions de justice à compter du 1er janvier 2020.

2020

16 mars 2020 : allocution d’Emmanuel Macron : « Nous sommes en guerre, en guerre sanitaire certes. Nous ne luttons ni contre une armée ni contre une autre nation, mais l’ennemi est là, invisible, insaisissable, et qui progresse. Et cela requiert notre mobilisation générale. Nous sommes en guerre ».

Loi du 23 mars 2020 : à compter du 24 mars 2020, l’état d’urgence était à nouveau proclamé en France pour faire face à la pandémie de Covid-19, la France devenant alors l’un des très rares États à imposer une limite kilométrique de déplacement autour du domicile, avec l’Irlande, et le seul, à ce stade, à demander une attestation de sortie à ses citoyens.
Cette loi du 23 mars 2020 a également habilité le gouvernement à adapter, par voie d’ordonnances, des pans entiers de notre procédure pénale. Ainsi, l’ordonnance du 25 mars 2020 autorisait, jusqu’à un mois après la fin de l’état d’urgence, le recours à la visioconférence ou au téléphone dans le cadre de l’entretien avec un avocat d’une personne gardée à vue, ainsi que l’assistance de la personne par un avocat au cours de ses auditions. Cette manière de procéder, attentatoire aux droits de la défense, était naturellement de nature à susciter des inquiétudes concernant la confidentialité des échanges entre un suspect et son avocat.

Loi du 24 juin 2020 visant à lutter contre les contenus haineux sur Internet, dite « loi Avia », dont le contenu initial est largement remis en cause par le Conseil constitutionnel, mais dont certaines dispositions seront conservées, telles que la création d’un parquet spécialisé et d’un observatoire de la haine en ligne rattaché à l’Arcom. L’essentiel du dispositif initial sera cependant repris dans le règlement européen DSA porté par le commissaire français Thierry Breton.

Trois décrets publiés le 4 décembre 2020. À l’origine de ces décrets se trouvent trois fichiers, aux mains de certains services de police, de gendarmerie et de renseignement, et qui contiennent des informations sur des individus présentant une menace pour la « sécurité publique ».
En vertu de ces décrets, les fichiers susmentionnés vont désormais pouvoir recueillir de nouveaux types d’informations sur les individus considérés comme présentant un danger : les opinions politiques, convictions philosophiques, religieuses et appartenance syndicale (et non plus seulement les activités politiques ou religieuses), les données de santé révélant une dangerosité particulière, les données relatives aux troubles psychologiques ou psychiatriques, les comportements et habitudes de vie, les déplacements, les pratiques sportives, les pratiques sur les réseaux sociaux.

2021

3 mars 2021 : dissolution de Génération Identitaire ; selon le juge des référés du Conseil d’État, l’association prônait bien « une idéologie incitant à la haine et à la violence envers les étrangers et la religion musulmane », et sa dissolution, le 3 mars en Conseil des ministres, était « proportionnée à la gravité des risques pour l’ordre et la sécurité publique ».

Votée le 24 août 2021 en réponse à l’attentat dont a été victime Samuel Paty le 15 octobre 2020, la loi séparatisme a pour but officiel de faire respecter la laïcité et de « lutter contre l’islamisme radical ». Sa principale mesure : la condamnation pour trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende pour haine en ligne. La loi est encore plus punitive s’il s’agit de « haine » envers un fonctionnaire, un journaliste ou un membre des forces de l’ordre.

1er octobre 2021 : fermeture des comptes bancaires (Crédit du Nord, filiale de la Société générale) de Charles Gave.

2022

Le 1er janvier 2022, le CSA et la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet (Hadopi) fusionnent pour former l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom).

Loi du 22 janvier 2022 renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire et modifiant le code de la santé publique. Le passe vaccinal, applicable au 24 janvier 2022, est exigible dans presque tous les lieux où le passe sanitaire était nécessaire : accès aux bars et restaurants, aux activités de loisirs (cinémas, musées, théâtres, enceintes sportives, salles de sport et de spectacle…), aux foires et salons professionnels, aux grands centres commerciaux sur décision des préfets et aux transports interrégionaux.

1er mars 2022 : le Conseil de l’Union européenne adopte de nouvelles sanctions économiques à l’encontre de la Fédération de Russie. Ces mesures ont en particulier pour objet de suspendre la diffusion, par tout moyen, des contenus provenant de RT et Sputnik dans l’ensemble des pays de l’Union européenne.

2023

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé devant l’Assemblée nationale mardi 9 mai 2023 avoir demandé aux préfets d’interdire à l’avenir toutes les manifestations de « l’ultradroite ».

La Préfecture de police (PP) de Paris interdit une réunion de l’Institut Iliade qui devait se tenir dimanche 21 mai 2023 à Paris en hommage à Dominique Venner.
« Il existe des risques sérieux pour que, à l’occasion de cet hommage, des propos incitant à la haine et à la discrimination (…) soient tenus », justifie le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, dans son arrêté.

Loi du 19 mai 2023 relative aux Jeux olympiques et paralympiques de 2024 autorise, pour la première fois, la mise en œuvre de solutions d’intelligence artificielle dans la « vidéoprotection », une première au sein de l’Union européenne.

24 juillet 2023 : Emmanuel Macron appelle de ses vœux la mise en place d’un « ordre public numérique ».

Décret du 4 octobre 2023 portant dissolution de l’association Civitas, déclarée le 23 juillet 1999 et qui s’était transformée en parti politique depuis la modification de ses statuts en 2016.

Loi du 1er août 2023 sur la programmation militaire pour les années 2023-2030. Le nouvel article L.2211-1 du code de la défense permet à l’exécutif de prendre toutes mesures permettant de réquisitionner des biens, des personnes, des services, et de fixer la nature de ses réquisitions. Et ce nouveau régime peut être mis en œuvre en cas de menace, actuelle ou prévisible, concepts particulièrement flous.

9 novembre 2023 : le Conseil d’État annule la dissolution des Soulèvements de la Terre. Le collectif écologiste avait été dissous le 21 juin en Conseil des ministres, le gouvernement dénonçant le « recours à la violence » des membres du groupe.

2024

Le règlement DSA (pour Digital Services Act) du 19 octobre 2022 est, avec le règlement sur les marchés numériques (DMA), l’un des grands chantiers numériques de l’Union européenne (UE).
Depuis le 17 février 2024, les obligations prévues par ce texte sont applicables à tous les acteurs en ligne sur le marché européen : mise en place obligatoire, par les plateformes, d’une procédure de signalement des contenus illicites, retrait des contenus illicites signalés, coopération avec les autorités judiciaires ; en cas de non-respect de ces dispositions, amende pouvant aller jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires, blocage de la plateforme en Europe en cas de récidive.

13 février 2024 : arrêt CNews-Reporters sans frontières du Conseil d’État. En novembre 2021, RSF saisissait l’Arcom d’une demande de mise en demeure de la chaîne CNews pour manquements à ses obligations légales d’honnêteté, d’indépendance et de pluralisme de l’information. Ayant reçu une réponse négative de l’organe de régulation le 5 avril 2022, RSF déposait le 13 avril 2022 un recours auprès du Conseil d’État. Par une décision rendue le 13 février, le Conseil d’État annule le refus de l’Arcom pour deux motifs principaux : s’agissant de l’indépendance de l’information, le juge reproche au régulateur de cantonner son intervention à des manquements caractérisés à l’antenne, au cours de séquences identifiées, sans apprécier la globalité du comportement de la chaîne ou de sa direction, y compris hors antenne. S’agissant du pluralisme de l’information, le Conseil d’État fait grief à l’Arcom d’avoir limité son contrôle à l’examen du respect des règles de temps de parole des personnalités politiques, sans vérifier si la chaîne respecte réellement la diversité des courants de pensée et d’opinion. En conséquence, le Conseil d’État annule la décision de l’Arcom et lui enjoint de réexaminer sa doctrine sur ces points.

Loi du 21 mai 2024 visant à sécuriser et à réguler l’espace numérique ; cette loi instaure la peine de bannissement d’une plateforme en ligne, d’une durée de 6 mois.

8 décembre 2024 : la Cour constitutionnelle de Roumanie annule le premier tour de l’élection présidentielle, qui voit la poussée du candidat populiste Calin Georgescu, au prétexte d’ingérence étrangère. Ce dernier est interdit de se représenter aux élections de mai 2025. Depuis lors, une commission d’enquête du Congrès américain a établi qu’il n’y avait eu aucune ingérence.

Pavel Durov, président de Telegram, a affirmé le 18 mai 2025 que la DGSE française l’avait approché pour qu’il censure les comptes conservateurs en Roumanie en amont de l’élection présidentielle.

11 décembre 2024 : le Crédit agricole ferme les comptes de l’« Institut Iliade pour la longue mémoire européenne ».

2025

Thierry Breton, ex-commissaire européen auteur du règlement DSA, a déclaré le 9 janvier 2025 à propos de l’annulation du premier tour de l’élection présidentielle en Roumanie : « On l’a fait en Roumanie et il faudra évidemment le faire, si c’est nécessaire, en Allemagne ».

1er mars 2025 : fermeture des chaînes C8 et NRJ 12, l’Arcom n’ayant pas renouvelé leur autorisation de diffusion.

Le 31 mars 2025 : Marine Le Pen, députée et conseillère départementale du Pas-de-Calais, est condamnée par le tribunal judiciaire de Paris à une peine d’inéligibilité de cinq ans avec exécution provisoire, au titre de l’affaire des assistants parlementaires du RN.

8 juin 2025 : fermeture des comptes bancaires de TV Libertés.

23 juillet 2025 : la Cour internationale de Justice, dans un avis sur le climat, affirme que la violation des obligations climatiques par un État constituerait « un fait internationalement illicite engageant sa responsabilité », et donc susceptible de poursuites, à la suite de plaintes d’organisations écologistes.

6 novembre 2025 : le Conseil d’État confirme l’amende de 20 000 € de l’Arcom à l’encontre de CNews pour désinformation climatique. Une première en France.
La séquence mise en cause avait été diffusée le 8 août 2023, sur le plateau de l’émission « Punchline Été ». L’économiste Philippe Herlin y avait partagé sa vision dissidente du dérèglement climatique sans aucune contradiction en plateau.

Novembre 2025 : à la suite des pressions du groupe Sleeping Giants, Leroy Merlin retire ses publicités du média Frontières. « Le site mentionné a été immédiatement ajouté à notre liste de blocage publicitaire. Nous ne cautionnons en aucun cas les propos tenus sur cette plateforme, ni les messages qu’on a pu y voir relayés », a précisé l’enseigne.

19 novembre 2025 : Emmanuel Macron, à Arras, face aux « lecteurs » de La Voix du Nord, propose la mise en place d’une « labellisation des médias », qui serait effectuée par des professionnels, au prétexte de lutter contre les fausses nouvelles.

15 décembre 2025 : mise sous sanction européenne de Xavier Moreau, Jacques Baud et John Mark Dougan, accusés d’être des propagandistes et désinformateurs pro-russes. Par décision du Conseil européen, la personne placée sous sanction voit notamment ses comptes bloqués et ses avoirs saisis, ce qui ne lui permet plus de payer (par exemple un avocat) ou de recevoir un salaire. Si elle réside à l’étranger, on lui interdit l’accès à l’Union européenne. À noter que ces « sanctions » ne résultent d’aucune procédure contradictoire.

Décret du 22 décembre 2025 supprimant la qualification de « contravention de 5e classe » en ce qui concerne les excès de vitesse de 50 km/h au-dessus de la limite autorisée sur les routes. Ces excès de vitesse deviennent des délits.

31 décembre 2025 : vœux d’Emmanuel Macron : « Je ferai tout pour que l’élection présidentielle se déroule le plus sereinement possible, en particulier à l’abri de toute ingérence étrangère ».

2026

5 janvier 2026 : procès des « cyberharceleurs » de Brigitte Macron, poursuivis pour avoir diffusé ou relayé insultes et rumeurs liées à son genre et à son écart d’âge avec le président. Le tribunal les condamne à des peines allant jusqu’à six mois de prison ferme. Les accusés jugés les plus influents sur les réseaux sociaux, qualifiés d’« instigateurs » lors du procès, sont condamnés aux peines les plus lourdes, avec interdiction d’utiliser leurs comptes sur les réseaux sociaux pendant une durée de six mois.

Adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale le 26 janvier 2026, l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans à partir du 1er septembre 2026. Cette mesure suppose une identification préalable pour tous ceux qui accèdent aux réseaux sociaux, donc, de fait, la mise en place de l’identité numérique programmée par Bruxelles. Le gouvernement français a également fait part de son intention d’interdire les VPN.

13 février 2026 : Emmanuel Macron déclare : « Je veux qu’une peine d’inéligibilité obligatoire soit appliquée pour les actes et propos antisémites, racistes et discriminatoires ».

18 février 2026 : en déplacement en Inde, Emmanuel Macron déclare que « la liberté d’expression, c’est du grand n’importe quoi si personne ne sait comment on est guidé à travers cette soi-disant liberté d’expression, surtout quand il s’agit de passer d’un discours haineux à un autre. C’est une question d’ordre public. »

Michel Geoffroy pour Polemia.

La liste est impressionnante !

Michel Geoffroy, énarque, essayiste et contributeur régulier de Polémia depuis sa création, a notamment publié, en collaboration avec Jean-Yves le Gallou les différentes éditions du Dictionnaire de Novlangue, ainsi que La superclasse mondiale contre les peuples, La Nouvelle Guerre des mondes ou encore Le crépuscule des Lumières (Via Romana).

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