A droite, nous sommes habitués à voir la gauche, à chaque élection, remonter les tréteaux du petit théâtre antifasciste et nous rejouer cette très mauvaise pièce sans suspense.
Avant de relayer l’excellent édito d’Eugénie Bastié, ce matin sur Europe 1, dans lequel elle dénonce avec talent ce théâtre antifasciste factice, je voudrais pointer les nombreux politiciens de droite qui se mêlent à la gauche pour diaboliser l’extrême droite et faire perdre leur camp !
Ils ne sont pas meilleurs comédiens qu’à gauche et ont encore moins d’excuses qu’eux en refusant cette union des droites que leurs électeurs appellent majoritairement de leurs voeux !
Je me dois de commencer par le trio funeste qui s’est produit sur la scène parisienne : Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel manipulés dans l’ombre par Edouard Philippe.
Edouard Philippe aurait fait pression sur Bournazel pour que sa liste fusionne avec celle de Rachida Dati mais en conditionnant cette fusion à l’interdiction de toute alliance avec Sarah Knafo. Au nom des valeurs de la droite et du centre … Bla bla bla … Bla bla bla …
La vice-présidente de Reconquête, invitée dans l’Heure des pros, a stigmatisé l’attitude d’Edouard Philippe et a demandé à tous les électeurs de droite de ne jamais oublier cette trahison au moment des prochaines présidentielles.
Je ne le souhaite pas mais si Rachida Dati ne gagne pas dimanche soir, elle portera avec Edouard Philippe une très lourde responsabilité en n’ayant refusé la main tendue de Sarah Knafo !
De son côté, le très centriste et très mou Gérard Larcher a de son côté appelé la candidate LR à la mairie de Marseille Martine Vassal pour lui dire de se maintenir au second tour.
Ce non-retrait va handicaper le candidat RN Franck Allisio et risque donc d’offrir la Mairie de Marseille au socialiste Benoît Payan !
Quand à Bruno Retailleau, il a laissé hypocritement Martine Vassal se maintenir tout en se félicitant du retrait de Sarah Knafo face à Rachida Dati !
Où est la cohérence ? Où est le respect des électeurs de droite qui plébiscitent massivement l’union des droites ?
Et que dire de Geoffroy Didier, le vice-président des Républicains, qui avait déclaré vouloir sanctionner les candidats LR qui oseraient s’allier au RN au second tour !
On se rappelle qu’il n’y a pas si longtemps, Geoffroy Didier appartenait, alors en compagnie de Guillaume Peltier, à l’aile la plus à droite de l’UMP, appelée la Droite forte.
Voici l’édito d’Eugénie Bastié qui portent, côté gauche, le petit théâtre fasciste :
À force, on a l’habitude !
Dimitri Pavlenco : vous revenez ce matin, Eugénie, sur un grand classique de l’entre-deux-tours en France, quelles que soient les élections, le petit théâtre antifasciste qui se remet en marche dès qu’il s’agit de barrer la route au Rassemblement National.
Eugénie Bastié : Oui, à force, on a l’habitude, c’est toujours le même spectacle à l’entracte, un mauvais guignol avec Jordan Bardella en croquemitaine. On reste toujours saisi par la capacité intacte d’une partie de la gauche à mobiliser, pour gagner une élection, des parallèles historiques de plus en plus douteux.
Souvenez-vous, on avait déjà eu droit à une journaliste du service public qui comparait Eric Ciotti à Mussolini. Mais ce n’est presque rien à côté de ce qu’on a vu fleurir ces derniers jours. Pour Manon Aubry, par exemple, le retrait de Sarah Knafo à Paris acte tout simplement l’union de Rachida Dati avec la droite fasciste. Franchement, on se demande si les mots ont encore un sens dans ce pays.
Hier, sur le réseau social X, l’insoumis Éric Coquerel a publié la couverture du livre de l’historien Johann Chapoutot intitulé « Les irresponsables. Qui a porté Hitler au pouvoir ? » en en recommandant la lecture au candidat socialiste de Marseille, Benoît Payan :
Lisez ce livre, peut-être vous permettra-t-il de ne pas vous identifier à son titre !
Il faut bien mesurer ce que ça signifie. Coquerel compare Benoît Payan aux irresponsables de la République de Weimar qui ont permis l’accession de Hitler au pouvoir.
Et implicitement, il compare donc le candidat RN de Marseille, Franck Alizio, à Hitler lui-même. Voilà, un ancien de l’UMP comparé au chancelier nazi. Voilà où nous en sommes !
Dimitri Pavlenco : Mais pourquoi est-ce grave ?
Eugénie Bastié : Parce que si Franck Alizio devient Hitler, alors tout devient permis contre lui. Il ne s’agit plus seulement de mener un front républicain, mais d’organiser une opération Walkyrie.
La nazification de l’adversaire est un appel à la violence. C’est une manière de dire, face au mal absolu, tous les moyens sont bons. On aurait pu penser qu’après la mort de Quentin Deranque, tabassé à Lyon par des antifas il y a un peu plus d’un mois, la leçon aurait été comprise et que le débat démocratique pourrait se poursuivre sans réduction à Hitler. Mais non, car l’antifascisme est devenu pour une partie de la gauche bien plus qu’un réflexe.
C’est un carburant politique, peut-être même son dernier facteur d’unité. Et ce carburant est entretenu par certains intellectuels qui apportent une caution savante à ces parallèles hasardeux.
Dimitri Pavlenco : C’est-à-dire ?
Eugénie Bastié : Lisez l’excellent article de Paul-François Paoli dans le Figaro ce matin. Il y décrit ces historiens militants qui instrumentalisent leur discipline pour combattre un fascisme imaginaire. Des universitaires choyés par les institutions, les maisons d’édition, les médias qui transforment l’histoire en arme idéologique et nazifient le présent. Parmi eux, il y a Johann Chapoutot, que j’ai cité, qui compare Emmanuel Macron à Frantz von Papen, celui qui ouvrit les portes du pouvoir à Hitler.
D’autres historiens se sont fait une spécialité de ces analogies douteuses. Patrick Boucheron, Laurent Joly, Gérard Noiriel, par exemple. Tous semblent ignorer que Serge Klarsfeld lui-même a récemment affirmé qu’on ne pouvait pas comparer la droite actuelle à celle du régime de Vichy.
Ils ferment aussi les yeux sur le nouvel antisémitisme.
Un antisémitisme qui ne refleurit pas dans d’hypothétiques amicales d’anciens nazis, mais dans le ressentiment des nouveaux damnés de la Terre, dans des milieux que ces mêmes intellectuels hésitent trop souvent à nommer. Il est toujours plus facile de ressasser les fautes du passé, de dénoncer avec le confort du recul les compromissions d’hier.
Il est beaucoup plus difficile de regarder en face celles du présent.
Eugénie Bastié sur Europe 1.




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