Pendant le covid, il fallait obéir à la Science,
mais pour la PPE, Macron ne l’écoute pas !

Publié par le 14 Fév, 2026 dans Blog | 0 commentaire

Pendant le covid, il fallait obéir à la Science, mais pour la PPE, Macron ne l’écoute pas !

Au risque de lasser mes lecteurs, je consacre un nième article au scandale de la PPE3 ! Mais c’est trop important !

On doit tous se mobiliser pour faire annuler ce décret !

Oui, pendant la crise du Covid, le pouvoir macronien se réfugiait derrière la Science pour imposer ses mesures liberticides. Et quiconque critiquait les préconisations du fameux Conseil scientifique du professeur Delfraissy était immédiatement taxé de complotisme !

Mais aujourd’hui, Macron et Lecornu passent outre aux recommandations de plusieurs organes scientifiques sérieux et reconnus comme l’Académie des sciences, l’Académie des technologies, et le Haut-commissariat à l’Énergie atomique.

Tous rejettent le projet de Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE3), mais Sébastien Lecornu, plein de la morgue et de l’arrogance habituelle de la Macronie, a qualifié de grotesques les critiques à son projet et a promulgué son décret scélérat.

Je relaye aujourd’hui un article de l’Eclaireur qui éclaire d’autres aspects intéressants de la décision macronienne et dont le titre résume parfaitement le choix purement idéologique de Macron :

PPE : une feuille de route au doigt mouillé

Table ronde autour du Premier ministre sur l’énergie et la PPE 3 (compte X gouvernement)

Ainsi donc, la 3e programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), la feuille de route énergétique de la France pour les dix ans à venir, a tenté de réconcilier les deux bords, nucléaire et renouvelables, nouvel avatar du “en même temps”. Exercice éminemment politique, de prime abord attrayant sur le papier, il semble bien avoir été échafaudé au doigt mouillé. Et sans prospective et ni étude d’impact sérieuses – allô le Haut Commissariat à la stratégie et au plan ?

La nouvelle PPE prévoit de construire six réacteurs nucléaires en plus à l’horizon de 2038, voire huit autres derrière si besoin. Accessoirement, précisons que le coût global, d’environ 72,8 milliards d’euros (pour les six réacteurs), doit encore être audité, finalisé, et validé par Bruxelles au titre des aides d’Etat. Rappelons aussi que les premières estimations tablaient sur un montant global de 52 milliards. Et qu’EDF est passablement endettée.

Côté énergies renouvelables intermittentes, c’est encore plus aléatoire. De 22,7 gigawatts en 2023, la production photovoltaïque est prévue pour passer à 65 voire 98 GW en 2035. Quant à l’éolien offshore, il est poussé par des vents extrêmes puisqu’il sera multiplié par quinze – sûrement pour compenser un éolien terrestre qui bat de l’aile et qui voit ses projets être retoqués les uns après les autres.

Le grand bond vers les énergies renouvelables intermittentes est donc confirmé, peu importe que dans le même temps, l’Allemagne, moteur et précurseur en la matière, rebrousse chemin à toute vapeur.

Peu importe que toutes ces installations disséminées un peu partout sur le territoire nécessitent des raccordements et un réseau renforcé – donc des coûts supplémentaires énormes – ainsi qu’un certain niveau d’approvisionnement en matières premières. Or, un récent rapport de la cour des comptes européenne met en garde quant au risque de défaut d’approvisionnement qui, dans le meilleur des cas, risque de repousser – les auditeurs se gardent bien de parler de calendes grecques – la mise en route de telles installations.

Sachant qu’à cet hypothétique horizon, les nouveaux réacteurs nucléaires ne seront pas mis en route, ne restera-t-il comme Outre-Rhin que la seule issue du recours au gaz ?

Tout ceci est donc connu, puisque documenté.

Comme ce qui pointe à un autre horizon : celui de l’acceptabilité sociale et surtout environnementale de tels projets. Il est d’ores et déjà quasiment assuré que planter des mats en mer, au large des côtes françaises, va se traduire par quelques gros mouvements de grogne et, surtout, des tirs de barrage devant les tribunaux. Dans le meilleur des cas, cela se traduira par un allongement des délais (encore), et par l’annulation ou l’abandon des projets.

Le gouvernement est bien placé pour imaginer cette issue puisque c’est lui, via ses deux ministères de l’environnement et de l’énergie, qui a commandé une vaste étude sur le sujet, pilotée par l’Office français de la biodiversité (OFB). Le programme Migralion visait à mieux comprendre l’utilisation de l’espace marin par les oiseaux et les chauve-souris dans un contexte d’essor des activités humaines en mer sur le secteur du Golfe du Lion. Sans surprise, ses conclusions ne plaident pas vraiment en faveur des éoliennes : on y découvre des projets bâtis sur la route d’importants flux migratoires, qui plus est à hauteur de vol de grands oiseaux.

De quoi faire bondir une habituée, avec succès, des recours devant les tribunaux : la Ligue de protection des oiseaux (LPO) par la voix de son président Allain Bougrain Dubourg.

“Les conclusions de Migralion confirment la précipitation avec laquelle certains projets éoliens commerciaux sont engagés par l’État, au mépris du principe de précaution. Alors qu’une étude similaire, Migratlane, est toujours en cours pour les façades Atlantique, de la Manche et de la mer du Nord, Emmanuel Macron a répété aux assises de l’économie de la mer à la Rochelle sa volonté d’y simplifier le déploiement de l’éolien en mer. Cette portion de notre littoral se trouve pourtant sur la voie Atlantique Est, l’un des couloirs de migration les plus importants au monde pour l’avifaune, et protégé par l’Accord international sur la conservation des oiseaux d’eau migrateurs d’Afrique-Eurasie (AEWA)”.

Alors que les projets d’éoliens marins fleurissent, c’est peu dire que leurs promoteurs et le gouvernement avancent à tâtons, sans trop savoir où ils mettent les pieds. Les travaux du groupe de travail sur les effets cumulés des projets d’énergies marines renouvelables sur l’environnement marin (ECUME) n’ont pas encore été publiés, pas plus que ne sont connus les retours d’expérience des parcs flottants pilotes, Gruissan, Leucate, Faramans.

Quant aux études d’impact océanographiques, elles sont limitées. “Le problème central est le forage des pieux pour les mammifères marins, mais on a peu de données et on ne s’intéresse pas au reste de la faune marine”, souligne à L’Eclaireur un commissaire enquêteur.

Il est fort à parier que ces projets dessinés sur le papier, ces chiffres, ne soient que du vent. Qu’ils ne le soient pas pose un autre problème : malgré tout l’entrain qu’y met le gouvernement, la consommation ne suivant pas la production, le réseau a toutes les chances d’être, et de plus en plus, saturé. A moins de jouer une autre carte : celle de la modulation du nucléaire et de l’écrêtement des installations renouvelables. Si le nucléaire a tout à y perdre – un rapport interne d’EDF chiffre le surcoût à 4 milliards d’euros par an – la filière renouvelables s’en sort autrement mieux : le manque à gagner de cette électricité pas injectée sur le réseau est en effet compensé par l’Etat.

Nous en parlerons dans un prochain article.

Patricia Cerinsek pour l’Eclaireur.

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