Une convention pas citoyenne que ça !

Publié par le 25 Juin, 2020 dans Blog | 5 commentaires

Une convention pas citoyenne que ça !

« Un exercice d’intelligence collective ! »

C’est le commentaire élogieux de la figure emblématique de l’écologie française, Nicolas Hulot, à propos de la Convention citoyenne pour le climat.

Pour ma part, si  je reconnais un trait d’intelligence à cette Convention, c’est bien dans l’abandon, dans la dernière ligne droite, de la semaine de 28 heures.

Voulait-on achever la France en tuant définitivement sa compétitivité en renouvelant  la même erreur stratégique qu’avaient fait Lionel Jospin et Martine Aubry, mais élevée au carré ?

On se rappelle tous la genèse de cette Convention citoyenne.

Au lendemain du Grand débat qui avait suivi le mouvement des gilets jaunes, il s’agissait de donner la parole au peuple. On se souvient aussi que les Gilets jaunes avaient envahi les ronds-points pour manifester contre la taxe carbone et la limitation de vitesse à 80 km/h. Et quelle est la mesure emblématique, fruit des travaux de la convention citoyenne ?

La limitation à 110 km/h sur les autoroutes ! Cherchez l’erreur !

Mais, ça n’a rien d’étonnant ! La sociologie des Gilets jaunes (les relégués de la France périphérique) n’est pas la même que celle de la Convention citoyenne censée représenter l’ensemble des Français grâce à un tirage au sort …

Mais au final, cette convention était biaisée car plusieurs vers étaient entré dans le fruit, ce qui explique les mesures d’écologie radicale qui sont sorties de la Convention.

1 – D’abord par le mode de sélection des membres de la Convention

Non, les membres n’ont pas été tirés au sort ! Les 150 membres ont été certes sélectionnés avec différents critères (voir ici) mais sur la base du volontariat. Cela veut dire que les personnes tirées au sort pouvaient accepter ou refuser de participer à la Convention.

Il est évident que seules les personnes les plus motivées acceptaient, et donc les adeptes d’une écologie forte se sont naturellement trouvées sur-représentées !

2 – Ensuite par la personnalité des présidents de la Convention

Les deux co-présidents, Thierry Pech et Laurence Tubiana n’avaient pas été forcément choisi pour leur neutralité dans le sujet de la convention ! Thierry Pech est le directeur général de la Fondation Terra Nova, Think tank bien connu du Parti socialiste. Laurence Tubiana est Présidente et directrice exécutive de la Fondation européenne pour le climat.

Ces deux personnalités sont très marquées à gauche et ne rassuraient pas, dès le début, sur l’indépendance de la Convention.

Imaginons une autre Convention citoyenne sur l’identité et l’immigration, suivant que le président en serait Eric Zemmour ou Rokhaya Diallo, on aboutirait pas forcément aux mêmes mesures proposées …

3 – et pour finir, la nature des experts qui ont « sévis » à la Convention

Ce dernier point est sans doute le plus important mais on n’a que peu d’infos sur la façon dont les groupes ont travaillé et qui les encadraient …

Il est évident qu’il est facile d’orienter les débats avec de simples citoyens peu rompus à ce genre de travaux, en choisissant l’animateur ou l’expert adhoc !

Boulevard Voltaire dans un article intitulé : Convention citoyenne pour le climat : le casse du siècle ! analyse toutes les mesures proposées qui illustrent bien le biais idéologique qui a entaché la représentativité des débats. A propos des experts, l’auteur, Nicolas Gauthier, écrit :

Au fait, qui a soufflé ces brillantes idées à l’oreille de ces 150 braves bougres ? Libération nous en dit plus, le 22 juin dernier : « Les citoyens ont été conseillés par de nombreux experts, qui leur ont aussi apporté un appui pour la retranscription réglementaire de leurs propositions. » Autant dire que, dès le début, le débat aura été confisqué par « ceux qui savent » aux dépens de « ceux qui ne savent pas », pauvres, ahuris qu’ils sont.

Les gilets jaunes, dont l’insurrection avait déjà été subvertie par des mouvements d’ultra-gauche, sont les premiers dindons de cette farce. Et le reste des Français dans la foulée.

Bien joué, Macron !

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5 Réponses à “Une convention pas citoyenne que ça !”

  1. ah, les Gilets Jaunes, ça faisait longtemps … j’avais assisté à la première réunion dans ma commune ultra marine, et dès le début, micro et estrade étaient tenus par des militants gauchistes répétant « nous, on est pour la démocratie, y’a pas de chefs, on n’est pas politisés … ».
    Cette semaine je reçois un mail :
    On se permet de te contacter car on sait que tu as été actif.ve pendant le mouvement des gilets jaunes et/ou sur la défense du RIC et on se demande si tu souhaites recevoir les informations sur les réunions et actions organisées par le mouvement citoyen Extinction Rebellion (XR) sur la Réunion.

    Extinction Rebellion est un mouvement autonome et horizontal qui prône la désobéissance civile pacifique face à l’urgence écologique et climatique. On a lancé pas mal d’actions depuis 8 mois et on souhaite continuer avec toutes les bonnes volontés.
    Comme quoi, finalement toutes les luttes convergent : le responsable, c’est clairement l’homme, blanc, hétéro, cis-genré, qui est raciste, pollueur, colonialiste, capitaliste et oppresseur …

  2. Ecran de fumée.
    Les 110 km/h ne sont qu’un point symbolique destinés à détourner l’attention des mesures beaucoup plus dangereuses en cristallisant le débat sur ce point hautement clivant. Qu’elle soit finalement abandonnée comme concession de façade aux « gaulois réfractaires » / « gilets jaunes » / « bas peuple » (choisissez le terme qui colle le mieux), qu’elle soit soumise à référendum QCM, ou qu’elle soit imposée comme un « totem » en cadeau aux écologistes décroissants, cela ne reste au final qu’une mesure technique, au même titre que l’ajustement du taux d’un tranche d’impôt, qui peut en théorie être défaite d’un trait de plume par un gouvernement futur (même s’il est probable qu’aucun gouvernement « centriste » ne s’y essaiera). En tout état de cause, aucune personne sensée, qu’elle soit pour ou contre, ne peut raisonnablement penser que les vrais enjeux écologiques, économiques, ou en termes de libertés, se situent à ce niveau.
    Beaucoup plus inquiétants sont les projets visant à poser les jalons d’un système coercitif, tels cette notion d’écocide, et qui, votés aujourd’hui dans une optique cynique de marketing politique plus que par réelle conviction par Macron & co, seront demain des armes extraordinairement puissantes aux mains d’un éventuel exécutif « khmer vert », pour imposer la décroissance, interdire telle ou telle activité économique, censurer voire embastiller toute opposition. Une loi Avia puissance 1000 et gravée dans la Constitution, donc même plus censurable au nom de celle-ci.
    C’est ce projet auquel il faut absolument faire barrage.
    Aujourd’hui, Macron, au-delà de sa trajectoire personnelle, sert avant tout les intérêts d’une haute caste, constituée d’une alliance d’ultra-élites économiques et financières et d’une haute administration progressiste, et qui cherche à conserver sa mainmise sur les leviers de pouvoir et pérenniser sa rente de situation. Cette base ne pouvant constituer un socle électoral, et dans une société de plus en plus archipelisée, il rassure une partie de la petite/moyenne bourgeoisie face à la menace « gaucho-lepéniste » (tout en continuant à la ponctionner à l’extrême, mais « ça serait pire avec les autres »), ménage la fonction publique et certaines clientèles de gauche (« ouf, surtout pas Fillon »). Pour le reste, il segmente, clive, attise les antagonismes par le 2 poids 2 mesures, anesthésie à coup d’argent public, et achète temporairement la paix avec la gauche racialiste en s’agenouillant et via de vils compromis. Et la justice (sans majuscule) donne un coup de main pour éliminer les adversaires sérieux trop menaçants.
    L’écologie façon Macron n’est qu’un simple axe dans cet objectif (je ne crois pas un instant que Macron et sa caste veuillent réellement la décroissance), avec l’enjeu essentiel de s’attirer la masse des JEUNES, à l’esprit conscientisé par les Greta & Co. Le risque étant toutefois, et cela commence, on le voit dans les grandes villes, de créer un Frankenstein qui dévorera son créateur et installera les écolos marxistes dans un fauteuil déjà tout préparé.
    Gageons que le combat sera alors violent.

    • entièrement d’accord, les 110 km/h, c’est un appeau, qui va focaliser l’attention, pendant qu’on ne verra pas le reste, l’écocide et autres billevesées …
      C’est une tactique régulièrement utilisée, et qui marche à tous les coups : le gouvernement fera semblant de reculer sur ce point, et tout le monde sera content !

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