Et si le Mercosur entrainait la chute de l’Europe …

Publié par le 13 Jan, 2026 dans Blog | 0 commentaire

Et si le Mercosur entrainait la chute de l’Europe …

Le 17 janvier prochain, la France, pays fondateur de l’Union européenne, sera profondément humiliée en voyant Ursula Von der Leyen signer, au Paraguay, l’accord de libre échange sur le Mercosur.

Ce traité du Mercosur vient d’être validé au sein de l’UE après des manoeuvres scélérates d’Ursula Von der Leyen qui, en séparant le traité en deux parties, politique et commerciale, a privé les parlements de chaque pays européen d’un vote d’approbation du traité.

C’est un véritable déni de démocratie qui va fragiliser l’attelage européen.

Je relaye aujourd’hui un entretien avec l’eurodéputée Mathilde Androuët et Ghislain Benhessa au sujet de la signature prochaine du traité du Mercosur. L’interview est proposée par la Gazette du Tocsin (texte suivi d’une vidéo) :

« La signature du traité du Mercosur
pourrait faire tomber l’Union européenne  »

Ursula von der Leyen parvient encore à nous étonner… en mal. Pour faire adopter le très impopulaire traité de libre-échange avec le Mercosur, elle a redoublé de stratagèmes juridico-politiques afin de passer outre la volonté des États, et même du Parlement. L’eurodéputée RN Mathilde Androuët, en première ligne dans le combat contre ce traité, explique : « Normalement, des traités de cette taille-là demandent un vote à l’unanimité au sein du Conseil européen. La manœuvre centrale d’Ursula von der Leyen a consisté à séparer la partie politique de la partie commerciale. ».

Résultat : la seconde partie du traité relève du seul ressort de l’Union et est donc votée à la majorité qualifiée. Concrètement, cela a permis de passer au-dessus des parlements nationaux qui auraient pu invalider le traité. C’est ce que l’eurodéputée qualifie clairement de manœuvre juridique dont la conformité au droit européen devrait être examinée par la Cour de justice de l’Union européenne, mais que ni le gouvernement français ni la présidente du Parlement européen ne semblent pressés de contester. Au contraire, Roberta Metsola « a bloqué la consultation de la Cour de justice de l’Union européenne » en prétextant que tant que le texte n’était pas passé au Conseil, il ne pouvait pas être soumis aux juges. Et Emmanuel Macron a pu se livrer à un dernier coup de communication en annonçant qu’il voterait contre le traité du Mercosur, sans que ce vote n’ait la moindre conséquence.

Ghislain Benhessa, en analyste coruscant, ne s’est bien sûr pas privé de rappeler le Président à cette réalité. Pour notre invité, le chef de l’État reste « un apôtre du libre-échange », nourri par l’idéologie de la « start-up nation » et d’un « post-nationalisme » qui rêve d’un grand ensemble sans nations. S’il a rétropédalé au dernier moment, ce n’est pas par conversion de fond, mais parce qu’il a compris que, s’il soutenait le Mercosur maintenant, « Lecornu allait sauter encore plus vite » et qu’« il y aurait peut-être un tracteur de trop à l’Élysée ».

Mais Ghislain Benhessa étend son analyse encore plus loin et cloue au pilori la caste européiste tout entière. Il décrit une matrice institutionnelle où les commissaires ne sont pas conçus comme des fonctionnaires au service du peuple, mais comme une « troupe d’élite hyper bien payée », séparée d’emblée des populations. Ce qui rend illusoires, selon lui, les discours sur la « souveraineté » ou « l’alimentation » pour des gens qui vivent dans un monde « non souverain depuis 75 ans » et passent leur temps à « prendre le jet pour aller de capitale en capitale ». Cette Europe est portée par un « nihilisme inégalitaire, élitiste et complètement hors sol », inscrit dès l’origine dans la logique de Jean Monnet et de Walter Hallstein, et elle fera « tout pour durer le plus longtemps possible parce que la soupe est trop bonne, les places sont trop bonnes ».

Mais jusqu’à quand ce système peut-il tenir sans rupture politique majeure ? Mathilde Androuët comme Ghislain Benhessa insistent sur les limites des outils institutionnels actuels, à commencer par les motions de censure. L’eurodéputée espère une « unanimité française » contre le Mercosur, mais souligne le risque que certains, notamment à gauche, transforment ces motions en « textes fourre-tout » où l’on mélange Mercosur, Palestine et d’autres sujets, quitte à « casser l’unanimité » au profit de petits calculs de chapelle. Le docteur en droit se montre plus pessimiste : « Le système a beaucoup trop intérêt à se maintenir encore un peu plus longtemps », d’autant que « plus la présidentielle se rapproche, moins le chaos a sa raison d’être », ce qui incite le pouvoir à « jouer la montre ». Encore une fois, Emmanuel Macron semble plus honni que jamais par le peuple, mais il demeurera au centre du jeu politique tant que l’opposition refusera de le pousser explicitement au départ.

Voici la vidéo de l’entretien:

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