A droite, on saluera la longévité exceptionnelle de ce quotidien né, en 1826 sous le règne de Charles X.
A gauche, on se gaussera d’un journal qu’on ne peut en aucun cas encenser, puisqu’il penche un peu à droite !
Dans ces colonnes, nous nous félicitons de la présence de l’exception culturelle que constitue ce quotidien, dans une presse écrite très largement marquée à gauche.
Une voix conservatrice est plus que jamais nécessaire pour contrer ce progressisme toxique qui déconstruit notre identité et mine notre civilisation.
Voici un article de Boulevard Voltaire qui salue son confrère :
À 200 ans, le puissant Figaro ringardise
la bible gauchiste Libération
Créé en 1826, Le Figaro fête ses deux cents ans en grande pompe avec, s’il vous plaît, une exposition exceptionnelle gratuite sous la nef du Grand Palais à Paris, du 14 au 16 janvier. Le journal est en effet devenu un mastodonte de la presse. Celui qui fera disparaître ce monument du conservatisme français n’est sans doute pas né …
Actuellement, le quotidien vend chaque jour, en moyenne, 375.000 exemplaires, en hausse de 5 % sur un an. Et Le Fig s’appuie sur un groupe puissant de plus de 2.000 salariés occupés à faire vivre ses déclinaisons très rentables (Figaro Magazine, Madame Figaro, etc.). Ce n’est pas tout. Le groupe Figaro abrite encore bien d’autres titres (Gala, Le Particulier, Le Journal des femmes…).
Résultat : un chiffre d’affaires de près de 580 millions d’euros, en 2024.
Pas si mal, pour un titre que la presse de gauche a tant aimé moquer et présenter comme l’incarnation de la droite ringarde et de la bourgeoisie croulante. Car la droite et ses journaux, Figaro en tête, sont depuis des décennies considérés et décrits, dans les soirées de la gauche parisienne qui se crut si longtemps toute-puissante, comme forcément hors course, vieillissant, déconnectés de la modernité, ratiocinant, pas cool, pas branchés, méchants, égoïstes, puants. De droite, en somme.
La situation de Libé appelle à un peu plus de modestie
Prestigieux dans la France conservatrice, Le Figaro a cumulé les sarcasmes et les étiquettes infâmantes de la part de cette France incarnée par Libération. Le quotidien de Serge July s’était érigé, dès les années 1970, au-dessus du commun des mortels, appuyant une prétention à réinventer le monde sur les faveurs d’une petite coterie d’intellectuels parfois brillants, souvent autochoisis, voire autoproclamés.
La situation de Libération appelle désormais à un peu plus de modestie. Le titre a réussi à faire les poches d’une extraordinaire série de personnalités fortunées, de Jérôme Seydoux à Patrick Drahi, en passant par Édouard de Rothschild. La diffusion de la bible de la gauche atteint aujourd’hui 116.000 exemplaires, certes en hausse de 13 % du fait des promotions en ligne, mais loin du quotidien conservateur. Surtout, Libération est seul sur le marché de la presse, sans le soutien d’un groupe diversifié comme Le Figaro. En 2022, un nouveau mécène, Daniel Křetínský, a remis une fois encore 15 millions d’euros sur la table pour renflouer les pertes du quotidien structurellement déficitaire, dont le chiffre d’affaires tourne autour de 30 millions d’euros. Autant dire que le journal de Jean-Paul Sartre ne jouit pas aujourd’hui d’une santé florissante et n’a pas vraiment la garantie de passer le cap des 100 ans …
Le Figaro a pourtant subi sur sa route quelques avanies. Il a vécu les affres du conservatisme en France, créant une intense polémique lorsque le brillant patron du Fig Mag Louis Pauwels évoqua, pour décrire la décadence de la France, « un SIDA mental ». Une expression extraordinairement juste qui lui sera reprochée, y compris au Figaro, jusqu’à sa mort. Car les tensions entre conservateurs et progressistes n’auront jamais cessé de tirailler la vieille maison, jusqu’à aujourd’hui.
Qui se souvient que Le Figaro tenta de licencier son journaliste Éric Zemmour, avant de reculer devant la mobilisation des lecteurs. C’était en 2010.
Qui a oublié la très prudente modération du journal au moment des échéances présidentielles ? Le quotidien a subi les influences des personnalités, des services, des actionnaires et des groupes de pressions multiples, comme toute société humaine.
On a le droit de préférer la ligne claire de Boulevard Voltaire, association libre qui n’appartient et n’obéit à personne. Mais Le Figaro reste un grand journal, qui a abrité des talents de plume exceptionnels. La santé de ce paquebot de la droite française reflète, du reste, actuellement un glissement de l’opinion de ce vieux pays, et pas vers les idées de Libération.
Ce n’est pas en soi, pour qui aime la France, une mauvaise nouvelle.
Marc Baudriller pour Boulevard Voltaire.




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