Que restera t-il l’oeuvre législative d’Emmanuel Macron ? Quelles réformes résumeront les mandats de Macron ?
A la fin du premier mandat de Macron, on ne voyait que la réforme des retraites, bien modeste dans ses ambitions !
Mais, voila que Sébastien Lecornu a sacrifié cette réforme pour gagner quelques mois de plus à Matignon, sauver les sièges d’une poignée de députés macronistes, et éviter que la démission de Matignon ne revienne à la mode !
Alors ce qui restera comme étendard du macronisme se résumera à avoir attaqué la Vie à son tout début avec l’inscription de l’avortement dans la Constitution et à sa fin avec l’euthanasie et le suicide assisté !
Quelle fin de mandat des plus glauques !
Voici une interview d’Alexis Brézet, du Figaro par Dimitri Pavlenco qui fustige la fin de ce débat budgétaire avec un gagnant, le socialisme, et deux perdants : la Macronie et les LR :
Dimitri Pavlenco : On a le sentiment Alexis que le budget est finalement parti pour être adopté, donc au 49.3 certes, mais enfin adopté. C’est une victoire pour Sébastien Lecornu et Emmanuel Macron ?
Alexis Brézet : Si victoire il y a Dimitri, il me semble surtout que c’est la victoire du socialisme et des socialistes. Alors je sais bien que Sébastien Lecornu, qui cultive volontiers le registre ménager, rappelez-vous les poireaux dans son cabas, est tout fier, comme il le dit, d’avoir ficelé le rôti budgétaire.
Mais enfin, son rôti, il est surtout farci de dépenses nouvelles et lardé d’impôts. Le Premier ministre nous avait promis qu’il renonçait au 49.3 et ce sont ces mots qu’il n’endosserait pas n’importe quoi. A l’arrivée, il a recours au 49.3 et surtout, ce qui est plus grave, pour se ménager le soutien du PS, il acquiesce à toutes ses exigences et notamment les plus folles. Alors disons qu’il achète très cher aux socialistes le droit de durer encore un peu à Matignon. On peut trouver ça habile, mais c’est pas très glorieux.
Quant à Emmanuel Macron, il tenait absolument à ce qu’un budget soit voté et vite pour pouvoir agir sur la scène internationale. Il l’a, mais à quel prix ? Après la réforme des retraites, qui n’a pas survécu au budget de la Sécurité Sociale, c’est la politique de l’offre, l’autre acquis très relatif de son décennat, qui vient de passer par-dessus bord. 10 milliards, au bas mot, de prélèvements supplémentaires sur les entreprises, sans compter les taxes qu’on avait jurées d’annuler et qui ne le seront pas.
Bye bye, la start-up nation, bienvenue dans la tax-up nation !
Je vous pose une question en passant, Dimitri. Peut-on résister à Vladimir Poutine et à Donald Trump quand on a tout cédé à Olivier Faure ?
Dimitri Pavlenco : Excellente question. On nous dit, Alexis, que ces taxes qui pèsent sur les entreprises, au moins, ne toucheront pas les Français.
Alexis Brézet : Ça, c’est la nouvelle idée à la mode. Elle est poussée par les socialistes, reprise par le gouvernement et elle est extraordinaire. François Hollande, souvenez-vous, avait inventé une formule magique pour les dépenses : C’est pas grave, c’est l’État qui paie. Et puis, à force de déficits et de dettes, on avait fini par se rendre compte que l’État, c’était nous.
Voilà maintenant qu’on a étendu la formule magique aux impôts.
Taxons, taxons, c’est pas grave, c’est l’entreprise qui paie. Mais enfin, il y a qui derrière l’entreprise qui paie ? Les Chinois ? Pas les Martiens ? Les Français ? Il n’y a tout même pas besoin d’avoir un master en économie pour comprendre que si on augmente les prélèvements sur les entreprises, eh bien, soit elles augmentent leurs prix, et donc ça fait moins de pouvoir d’achat pour les gens, soit elles réduisent leurs marges, donc elles s’investissent moins, elles recrutent moins, elles augmentent moins les salaires, et à la fin, ce sont toujours les Français qui finissent par payer. Mais apparemment, ce type de raisonnement est encore un peu trop complexe pour les socialistes.
Dimitri Pavlenco : Et vous pensez que la droite va laisser passer tout ça ?
Alexis Brézet : Ah mais c’est ça le plus fort, c’est ça qui défie l’entendement, elle ne votera pas la censure. La droite LR, mais aussi les philippistes et les macronistes attachés à l’entreprise, il en reste encore, eh bien ils vont avaler la potion du docteur Olivier Faure. Alors, vous me direz que les LR n’en sont pas leur premier camouflet, et puis que ce n’est rien de boire la mer quand on a déjà gobé les poissons.
Mais enfin, même si on ne s’intéresse pas du tout au fond des choses, aux conséquences économiques du budget, mais pour les batailles politiques qui s’annoncent, ce type de positionnement va devenir très compliqué. Résumons. Les LR s’apprêtent à laisser passer à l’Assemblée un budget clairement socialiste.
Et si on comprend bien, ils ne comptent pas s’opposer au Sénat, à l’euthanasie, il suffit d’assister. Alors chacun a bien sûr le droit de penser ce qu’il veut.
Mais enfin, socialiste en matière économique, progressiste en matière sociétale, ça n’est sans doute pas le meilleur moyen de faire revenir à droite les électeurs de droite.
Propos d’Alexis Brézet recueillis par Dimitri Pavlenco




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