Ainsi la loi la plus permissive du monde sur l’euthanasie et le suicide assisté a été voté, en deuxième lecture à l’assemblée nationale (299 voix pour et 226 voix contre).
On est loin du large consensus dont parlaient les ayatollahs progressistes, contredits d’ailleurs dans un récent sondage !
La loi s’est durcie entre la première et la deuxième lecture et presque tous les garde-fous ont été supprimés.
Pour soi-disant contre-balancer le délit d’entrave à l’euthanasie, il a été rajouté un délit d’incitation, mais savez-vous que :
La loi punit plus sévèrement le délit d’entrave que le délit d’incitation !
Cela veut dire qu’un soignant ou un proche qui pousse un patient vers l’injection finale risque moins que le même soignant qui tente de le convaincre de rester en vie !!!
L’exact inverse du serment d’Hippocrate !
Ce fait résume à lui tout seul l’extrémisme de cette loi.
Mais qui a voté pour cette loi et qui s’y est opposé ?
Dans cet article, Boulevard Voltaire analyse les votes des différents partis, ce qui confirme, qu’en matière sociétale, le clivage droite-gauche est toujours bien réel :
Qui osera encore prétendre que la Macronie est au centre alors que ses députés ont voté à 82 % pour la loi ?
Loi sur l’euthanasie : les députés UDR et RN ont-ils une âme ?
Ce mercredi 25 février, la loi ouvrant le droit au suicide assisté et à l’euthanasie a donc été votée à l’Assemblée nationale par 299 voix, soit 56,95 % des suffrages exprimés. 226 députés se sont opposés et 37 se sont abstenus. 56,95 % : c’est évidemment la majorité mais c’est loin d’être l’unanimité. Sur cette question de vie et de mort, on est très loin du consensus que vantent ou vendent les partisans de cette loi – sans doute l’une des lois les plus permissives pour ne pas dire mortifères au monde. Un texte qui va bien au-delà de celui qui avait été voté le 27 mai 2025. C’est sans doute pourquoi, comme nous le fait remarquer le député RN de Vaucluse Hervé de Lépinau, farouche opposant à l’euthanasie, les députés ont été plus nombreux qu’au printemps dernier à voter contre cette loi : 199 en 2025, 226, ce 25 février. Entre temps, 27 députés se sont ralliés aux opposants à l’euthanasie. Cela n’a pas suffi mais cela montre que les consciences ont été travaillées. Soulignons que le texte doit maintenant retourner au Sénat pour finir, peut-être, nous dit Hervé de Lépinau, en commission mixte paritaire au résultat incertain.
Plus que jamais, le clivage gauche-droite
Il est intéressant, maintenant, de voir comment se sont répartis les votes en fonction de la couleur politique. Sans surprise, à droite de l’échiquier, une écrasante majorité a voté contre l’euthanasies. Les 17 députés du groupe UDR ont voté contre : 100 % ! Chez les LR, 89,36 %, au RN, 85,71 %. Ceux qui font du RN un parti progressiste devront revoir leurs critères. Les non-inscrits (7 députés dont la députée de Vendée Véronique Besse, opposée à l’euthanasie) on voté à 70 % contre. Le centre, lui, a été plus partagé. Ainsi, chez Horizons, le parti d’Édouard Philippe, 56,25 % ont voté contre.
Viennent ensuite les votes favorables à la loi. Le groupe LIOT, assez inclassable, puisqu’on y trouve des députés plutôt conservateurs, comme Charles de Courson, mais aussi des députés marqués à gauche, a voté à 57,15 % pour la loi. Chez Les Démocrates (MoDem), 62,50 % ont voté pour l’euthanasie. Il paraît que le MoDem revendique sa filiation démocrate-chrétienne… Sans surprise, la Macronie de stricte observance, représentée par le groupe Ensemble pour la République et dirigée par Gabriel Attal, a voté à une grande majorité ce texte, fidèle aux vœux du président de la République, le 31 décembre 2025, qui promettait cette bonne loi pour 2026 : 82,05 %. Sans surprise encore, à gauche, une écrasante majorité à voté pour cette loi : les communistes à 84,61 %, les socialistes à 93,75 %, les écolos à 97,22 %, et LFI à 98,41 %. Le clivage gauche-droite sur ce vote dit sociétal est flagrant. Certes, quelques rares députés de gauche ont voté contre. Faisant remarquer ces quelques singularités à Hervé de Lépinau, ce dernier nous renvoie à cette tirade de Jean Gabin dans le film Le Président : « Il existe des patrons de gauche, je tiens à vous l’apprendre ! Il existe aussi des poissons volants, mais ils ne constituent pas la majorité du genre ! »
Une tribune « transpartisane » sauf… le RN et l’UDR
La veille de ce vote, en guise de baroud d’honneur – car on savait d’avance que les jeux étaient faits -, quarante-deux députés opposés à cette loi signaient dans le FigaroVox une tribune « transpartisane ». Un texte très fort, qui pointe les dangers de la proposition de loi, où l’on peut lire notamment : « Ce n’est pas une loi de fin de vie, mais une loi qui banalise la mort provoquée » ; « Une personne pourra solliciter l’aide à mourir sans être en fin de vie » ; « Ce n’est pas une loi d’exception, mais une loi d’éligibilité très étendue » ; « Ce n’est pas une loi qui protège, mais une loi qui expose les plus vulnérables » ; « Ce n’est pas une loi de liberté, mais une loi qui installe une insécurité diffuse » ; « Au-delà de nos différences, nous avons en partage une responsabilité : celle de ne pas franchir, à la légère, des seuils irréversibles. » Les signataires sont LR, Horizons, Liot, Démocrates, Ensemble pour la République, PS (un député), PCF (un député). En revanche, pas d’UDR, pas de RN. Nous étonnant de cette absence, nous avons posé cette question à huit députés signataires de cette tribune : les députés UDR et RN ont-ils été invités à signer mais ont refusé de le faire, ou bien, cette exclusion était-elle délibérée ? À cette heure, aucun de ces huit députés n’a répondu à nos sollicitations.
Mais la réponse à notre question, nous l’avons eu par Hervé de Lépinau, par Christophe Bentz, député RN de Haute-Marne – qui « a été formidable dans ce débat », nous confie Lépinau -, mais aussi par Bénédicte Auzanot, députée RN de Vaucluse, ou encore par Hanane Mansouri, députée UDR de l’Isère, qui elle aussi, s’est investie avec talent et une grande force de conviction pour s’opposer au vote de cette loi : non, aucun député RN ou UDR n’a été sollicité pour signer cette tribune. On se demande bien pourquoi. Hervé de Lépinau a, du reste, réagi, dans les commentaires du FigaroVox : « Certains lecteurs pourraient s’étonner de ne pas voir la signature de députés des groupes RN ou UDR alors qu’ils ont été les plus nombreux et les plus mobilisés dans l’hémicycle à s’opposer à la légalisation de l’euthanasie. Ils doivent savoir que les auteurs de la tribune (qui ne sont pas identifiés) n’ont manifestement pas souhaité y associer des députés RN ou UDR. C’est leur droit le plus absolu mais il est en conséquence abusif d’utiliser le terme ‘‘transpartisan’’ pour qualifier cette tribune qui exclut plus qu’elle ne rassemble chez les parlementaires opposés à ce texte. »
Peut-être, a-t-on trouvé que la signature du communiste Stéphane Peu était plus honorable que celle de députés « d’extrême droite » qui auraient pu le faire fuir. Le cordon sanitaire existerait donc même sur des questions qui touchent au plus profond de notre humanité ? Alors, on en vient à se poser sérieusement cette question : les députés RN et UDR ont-ils une âme ?
Georges Michel pour Boulevard Voltaire.




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