Tous les magistrats, lorsqu’ils prennent leur premier poste, prêtent serment en ces termes.
« Je jure de remplir mes fonctions avec indépendance, impartialité et humanité, de me comporter en tout comme un magistrat digne, intègre et loyal et de respecter le secret professionnel et celui des délibérations. »
Mais pour tous les magistrats adhérant au Syndicat de la magistrature, ces belles paroles sont en totale contradiction avec la fameuse Harangue de Baudot écrite par l’un des leurs et dont voici un extrait :
« Examinez toujours où sont le fort et le faible, qui ne se confondent pas nécessairement avec le délinquant et sa victime. Ayez un préjugé favorable pour la femme contre le mari, pour l’enfant contre le père, pour le débiteur contre le créancier, pour l’ouvrier contre le patron, pour l’écrasé contre la compagnie d’assurance de l’écraseur, pour le malade contre la sécurité sociale, pour le voleur contre la police, pour le plaideur contre la justice. »
Voici un article de Boulevard Voltaire qui montre que les membres du Syndicat de la magistrature sont plus proches des préceptes de Baudot que de la Justice impartiale :
Quentin : l’impartialité du Syndicat
de la magistrature en question
Nahel et Quentin : l’approche de l’organisation professionnelle dans ces deux affaires est bien différente.
Ce mardi 24 février, le Syndicat de la magistrature a publié l’un de ses communiqués dont il a le secret. L’organisation professionnelle, qui s’était déjà illustrée dans l’affaire du mur des cons, se fait à nouveau remarquer, au lendemain de la mort de Quentin Deranque. Tout d’abord, le syndicat critique le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, qui « s’est à nouveau permis de s’exprimer dans une affaire en cours alors que sa fonction lui impose le silence ». Puis c’est au tour de Laurent Nuñez d’en prendre pour son grade, car il « s’est autorisé à établir des responsabilités, avant même la prise de parole du procureur de la République de Lyon, en violation du secret des investigations alors en cours ».
Incohérence
Si l’un et l’autre sont allés un peu vite en besogne, pourquoi ne pas le faire remarquer ? Ce ne sont pas ces deux rappels à l’ordre qui méritent notre attention, mais bien le fait que le Syndicat de la magistrature, qui appelle à l’exemplarité, ne semble pas lui-même exemplaire. En effet, alors que « les circonstances de cet événement d’une violence intolérable sont encore à déterminer par le travail d’enquête, sous la direction des juges d’instruction », l’union professionnelle ne prend pas le moindre gant lorsqu’il s’agit de traiter Quentin de « militant lié à l’extrême droite ». Il ne prend pas non plus de précautions lorsqu’il affirme que le jeune homme de 23 ans « est décédé à la suite d’un affrontement ».
Le syndicat, soit trahit le secret de l’instruction, soit livre une version des faits à l’emporte-pièce, passant sous silence l’odieux lynchage dont Quentin a été victime (six contre un !).
La suite du communiqué montre, en outre, que le Syndicat de la magistrature ne se contente pas de rendre justice mais fait de la politique, puisqu’il se pose en rempart contre « l’extrême droite ». Cela pose, d’ailleurs, la question de l’impartialité de ses membres dans cette affaire, précisément, puisque la victime est, selon le syndicat, liée à cette mouvance politique. Faut-il que les juges et autres membres du tribunal, qui auront la lourde tâche de statuer sur l’affaire Quentin Deranque, soient révoqués s’ils sont membres du Syndicat de la magistrature ?
Autre élément qui interroge sur l’impartialité des magistrats de cette organisation professionnelle : la différence de traitement accordée aux affaires Nahel et Quentin. Le 30 juin 2023, soit trois jours après la mort du jeune homme de 17 ans, le Syndicat de la magistrature, si prudent en ce début d’année 2026, publiait un communiqué dans lequel il dénonçait « cette rhétorique du « respect du travail de la justice », servie ad nauseam par le gouvernement, le chef de l’État, certains syndicats de police et tous les détracteurs habituels de l’indépendance de la justice [qui] ne sert qu’un objectif : celui de ne pas regarder en face la question systémique que soulève, une fois encore, la mort d’un adolescent d’un quartier populaire sous les balles de la police ».
Inconstance
Il posait ensuite la question suivante : « Comment ne pas analyser cette soudaine déférence à l’égard de la justice comme une instrumentalisation et une lamentable dérobade ? » Le deux poids deux mesures est flagrant et peut être encore plus à la lecture de cette dernière phrase à propos de la justice : « Elle doit combattre – et non se laisser emporter – ce réflexe de criminalisation des victimes complaisamment relayé par certains médias. » Dans un cas, il ne faut pas criminaliser la victime. Dans l’autre, cela ne semble pas poser de problème.
Enfin, en conclusion de ce communiqué de l’été 2023, le Syndicat de la magistrature appelait à entreprendre « des réformes profondes dans les pratiques policières et judiciaires, seule voie pour restaurer la confiance des citoyens dans leur police et leur justice ». Comment les citoyens pourraient-ils avoir confiance en la justice quand certains de ses membres sont à ce point militants ?
Sarah-Louise Guille pour Boulevard Voltaire.




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