Quelle est la raison d’être des partis politiques ?
Dans la V ème République, les partis politiques doivent être un relai entre les citoyens et la République.
Ils sont censés fédérer des courants de pensée et tenter de défendre ces idées à l’Assemblée nationale ou au Sénat.
Que serait un parti politique sans adhérents ou sympathisants ? Absolument rien !
Mais que serait un parti politique qui n’écouterait pas ses sympathisants ? Une imposture !
C’est pourtant ce que fait la Droite depuis des décennies !
Sous le contrôle de la gauche et des médias, et sous pression de son aile de centre droit, les Républicains refusent d’envisager une union des droites qui est pourtant plébiscitée massivement, sondages après sondages, par ses électeurs !
Electeurs qui, devant ce refus de les écouter, ont quitté ce parti pour rejoindre les partis patriotes comme Reconquête et le Rassemblement national.
Ce faisant, les dirigeants des Républicains trahissent leurs électeurs mais aussi leurs convictions.
Il est marquant de revenir trois décennies en arrière pour relire les conclusions des Etats généraux de l’immigration qui réunissaient le RPR et l’UDF :
Les mesures préconisées à l’époque sont reniées aujourd’hui par les dirigeants des Républicains et nettement plus à droite que celles du programme actuel du RN !
Etaient présents à cette réunion et signataires de ces conclusions, Jacques Chirac, Giscard d’Estaing, François Léotard mais aussi Alain Juppé et François Bayrou qui sont responsables de ce glissement à gauche de la droite !
Ce qui vient de se passer avec les élections municipales n’est pas fait pour rassurer les électeurs de droite. Même Bruno Retailleau, en qui ils pouvaient mettre quelques espoirs, vient de les décevoir. Au même moment où il félicite Sarah Knafo de se retirer pour favoriser l’élection de Rachida Dati, il valide le maintien de Martine Vassal à Marseille ce qui risque de donner cette ville au socialiste Benoît Payan opposé au RN (ancien UMP) Franck Allisio !
Et ceci en opposition avec les souhaits des Français sympathisants de la droite :
Voici un article du Journal des Français qui juge sévèrement Bruno Retailleau :
Présidentielle 2027 : Retailleau organise sa défaite
Au lendemain du premier tour des municipales, Bruno Retailleau a posé les bases de sa stratégie pour 2027 : appeler à un « rassemblement » contre la gauche … mais aussi contre le Rassemblement national ! Une impasse.
Car en désignant simultanément deux adversaires majeurs, le président des Républicains choisit une ligne étroite, qui revient à se priver d’alliés potentiels tout en fragmentant son propre camp. Refuser la gauche n’a rien de surprenant pour un leader de droite. Mais exclure, dans le même mouvement, toute convergence avec l’électorat du RN revient à réduire drastiquement son espace politique
Dans un paysage où les blocs se structurent, cette posture intermédiaire ressemble moins à une stratégie qu’à une erreur prolongée.
Le refus de l’union des droites : un choix lourd de conséquences
Retailleau assume désormais une idée claire : s’il doit y avoir une union des droites, elle ne se fera pas entre partis, mais « dans les urnes ». Autrement dit, sans accords, sans stratégie commune, sans dynamique collective.
Ce pari repose sur une hypothèse fragile : celle d’un électorat capable de se recomposer spontanément derrière lui. Or les chiffres évoqués en interne racontent une autre réalité. Plusieurs millions de voix se portent sur la droite classique, mais un bloc conséquent reste solidement ancré du côté du RN.
En refusant toute passerelle, le patron des LR fait un choix : laisser cet électorat hors de portée. Et dans une présidentielle à deux tours, ce type de décision se paie comptant. Tant mieux pour le RN !
Une illusion centriste déjà démentie par le passé
L’autre pilier de la stratégie Retailleau consiste à reconquérir les électeurs partis vers le centre, notamment depuis 2017. L’idée n’est pas nouvelle. Elle fut déjà au cœur de la campagne de Valérie Pécresse en 2022 — avec le résultat que l’on connaît.
Parier sur un retour massif de cet électorat suppose deux conditions : qu’il se détourne du macronisme … et qu’il accepte de revenir vers une « droite » qui, par ailleurs, durcit son discours sur d’autres sujets. Rien ne garantit que ces deux mouvements puissent coexister.
Surtout, ce positionnement expose Retailleau à une concurrence directe avec Édouard Philippe, solidement installé sur ce créneau. Là encore, le rapport de force semble défavorable.
Une équation électorale presque insoluble
En réalité, la stratégie décrite par les proches de Retailleau tient en une formule : apparaître comme une rupture face au macronisme, tout en incarnant le sérieux face au RN.
Sur le papier, l’équilibre est tenable. Dans les faits, il frôle l’impossible.
Face à Édouard Philippe, il lui faudrait convaincre qu’il incarne une alternative crédible sans effrayer l’électorat modéré. Face à Jordan Bardella, il devrait capter une partie des voix sans jamais assumer la moindre convergence. Autrement dit, séduire sans parler, attirer sans s’allier.
Ce grand écart permanent finit par produire un effet bien connu en politique : l’effacement.
Une stratégie qui réduit au lieu d’additionner
Toute campagne présidentielle repose sur une logique simple : additionner des électorats. Or la ligne Retailleau fait l’inverse. Elle trie, exclut, segmente.
Pas d’alliance avec le RN. Méfiance vis-à-vis de Reconquête. Concurrence frontale avec le centre. Résultat : un espace politique réduit à un noyau dur, fidèle mais insuffisant.
Dans une élection structurée par des blocs puissants, cette stratégie revient à se battre seul contre tous.
Une pseudo-droite condamnée à rester spectatrice ?
En voulant préserver son indépendance, Bruno Retailleau prend le risque de préserver surtout … son isolement. Et dans une présidentielle, l’isolement n’est pas une vertu stratégique, mais une faiblesse structurelle.
La droite classique dispose encore d’un socle, d’élus, d’un ancrage territorial réel. Mais sans dynamique d’alliance ni clarification idéologique, ce socle pourrait bien se transformer en plafond.
À ce stade, la trajectoire paraît tracée : une campagne propre, cohérente, respectable … et insuffisante pour accéder au second tour.
Une stratégie qui, sous couvert de lucidité, ressemble de plus en plus à une méthode pour perdre sans jamais avoir vraiment tenté de gagner.
Julien Michel pour le Journal de France.




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