Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais, l’idée que Macron laisse dans Notre-Dame de Paris une trace de ses deux calamiteux quinquennats m’est insupportable !
Je veux parler du remplacement de certains vitraux de Viollet-Le-Duc, d’ailleurs épargnés par l’incendie la cathédrale, par des vitraux contemporains.
Un petit président de la République ne peut pas décider, de son propre chef, et en opposition avec la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture, de souiller une cathédrale qui a traversé huit siècles et demi, alors que 34 générations de Français, sous la royauté, l’Empire et la République, l’ont respectueusement entretenue dans son intégrité initiale.
Le fait que la ministre de la culture Rachida Dati se soit couchée devant les caprices de Macron peut nous laisser penser que sa défaite cuisante à la mairie de Paris n’est qu’un effet de la justice immanente échappée des arcs-boutants de la Vieille Dame de l’île de la Cité …
Voici un article de The Epoch Times qui s’indigne du projet arrogant de Macron :
Notre-Dame de Paris : Emmanuel Macron relance
le remplacement de six vitraux de Viollet-le-Duc
par des vitraux contemporains
La relance du projet de remplacement de six vitraux de Notre-Dame de Paris, confié à l’artiste Claire Tabouret, marque une nouvelle étape dans la volonté du chef de l’État « d’inscrire Notre-Dame dans le XXIe siècle ».
Notre-Dame de Paris – Une autorisation de travaux, affichée sur le parvis, prévoit la dépose des baies dessinées par Eugène Viollet-le-Duc dans les chapelles sud, officiellement pour restauration avant leur remplacement par des vitraux contemporains. Le chantier, estimé à environ 4 millions d’euros, s’ajoute à l’immense entreprise de restauration engagée après l’incendie de 2019, selon La T
Ce projet, soutenu par l’exécutif et par l’archevêque de Paris, divise profondément le monde du patrimoine et une partie de l’opinion. Une pétition lancée fin 2023 contre le remplacement des vitraux a recueilli plus de 335.000 signatures, reflétant la sensibilité du sujet pour un monument perçu comme un symbole national.
Malgré deux avis défavorables de la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture (CNPA), les autorités ont choisi de poursuivre la procédure, suscitant un bras de fer feutré entre défenseurs d’une restauration à l’identique et partisans d’une intervention contemporaine.
Une « marque du siècle » assumée par l’exécutif
Depuis 2023, Emmanuel Macron défend l’idée que la restauration de Notre-Dame doit intégrer un geste créatif nouveau, présenté comme une « marque du siècle » laissée à l’histoire de la cathédrale. Le président a répondu favorablement au vœu de l’archevêque de Paris, Mgr Laurent Ulrich, qui écrivait :
Je forme le vœu que nous puissions un jour prochain voir quelques vitraux nouveaux dans l’une ou l’autre chapelle.
L’Établissement public chargé de Notre-Dame, placé sous tutelle de l’État, a ensuite lancé un concours, remporté par Claire Tabouret.
Le projet porte sur six des sept grandes baies du bas-côté sud, côté Seine, conçues au XIXe siècle par Viollet-le-Duc et non endommagées par l’incendie. Les nouveaux vitraux doivent être installés à l’horizon 2026, une fois la cathédrale pleinement rouverte au culte et au public. Le ministère de la Culture a indiqué que les vitraux déposés seraient restaurés et exposés dans un lieu dédié, afin de rester accessibles au public.
Ce choix s’inscrit dans une tradition française d’interventions contemporaines dans le patrimoine, souvent défendue par les pouvoirs publics comme une manière de faire dialoguer les époques. Des responsables culturels soulignent que Notre-Dame, édifiée sur plusieurs siècles, a elle-même connu de nombreuses transformations, et que ce nouvel ensemble pourrait être lu comme un chapitre supplémentaire, sans remettre en cause la restauration globale « à l’identique » de l’édifice.
Un front patrimonial mobilisé contre le remplacement
Face à ce projet, plusieurs acteurs du patrimoine se déclarent fermement opposés au retrait des vitraux de Viollet-le-Duc. La CNPA a rendu à deux reprises des avis défavorables, estimant que ces vitraux, protégés au titre des monuments historiques, n’avaient pas été touchés par l’incendie et ne justifiaient pas un remplacement. L’instance a néanmoins « pris acte de la volonté de poursuivre le projet », tout en rappelant le caractère consultatif de ses avis, selon Radio Notre-Dame.
Des historiens de l’art et des associations de défense du patrimoine craignent un précédent pour la protection des ensembles XIXe siècle, longtemps jugés secondaires par rapport au gothique médiéval. Ils soulignent que l’unité du décor voulue par Viollet-le-Duc, remise en lumière par la restauration globale de la cathédrale, serait fragilisée par l’introduction d’un cycle contemporain dans ce secteur des chapelles sud.
L’association Sites et Monuments a annoncé un recours en justice contre l’autorisation de travaux, estimant que l’opération détourne l’objet initial de l’établissement public, chargé de restaurer et conserver la cathédrale. Dans un contentieux précédent, le tribunal administratif de Paris a déjà été saisi par l’association au sujet du marché de création des vitraux, sans obtenir l’annulation de la procédure.
Opinion publique et enjeux financiers
La pétition lancée « La Tribune de l’Art » signe d’un écho dépassant le cercle des spécialistes. Ses auteurs dénoncent un « projet illégal » et jugent que « l’État se permet n’importe quoi » en envisageant de déposer des éléments classés pour leur substituer une création nouvelle.
Certains estiment que ces sommes pourraient être consacrées à d’autres priorités patrimoniales, comme des fouilles archéologiques ou la restauration d’édifices moins médiatisés. À l’inverse, les partisans du projet voient dans cet investissement une manière de soutenir la création contemporaine tout en prolongeant l’élan de générosité suscité par la reconstruction de Notre-Dame.
Alors que l’autorisation de travaux vient d’être affichée, les prochains mois s’annoncent décisifs pour l’avenir des baies de Viollet-le-Duc. Sur le parvis comme dans les milieux du patrimoine, la question reste posée : jusqu’où peut-on transformer un monument national tout en affirmant le restaurer à l’identique ?
Gaspard Lignard pour The Epoch Times.




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