Au risque de choquer mes lecteurs, dans ce pays qui n’accepte plus le débat, dans cette France qui ne fait plus dans la nuance, j’ose relayer un article de Valeurs actuelles qui propose une interview de Nicolas Conquer, l’auteur du livre intitulé : « Vers un Trump français ? »
Dans l’espace médiatique, et dans la tête de beaucoup de Français, il y a deux personnages politiques qui sont honnis et détestés : Donald Trump et Vladimir Poutine.
Il est inadmissible et condamné de trouver la moindre qualité chez ces deux dirigeants !
Mais selon moi, il y a dans ces deux hommes du bon et du moins bon ! Il est difficile de défendre Vladimir Poutine, à cause du traitement inadmissible qu’il impose à ses opposants.
Mais, en même temps, je vois en lui deux points positifs :
- C’est un dirigeant qui défend sa civilisation et son peuple avec acharnement,
- C’est un homme qui fait toujours ce qu’il a dit qu’il ferait.
Deux qualités qu’on rechercherait en vain chez Macron !
Pour Donald Trump, je vais encore plus loin ! Si la forme de sa politique est critiquable, voire parfois détestable, le fond en est souvent louable, à mon sens. J’ose même l’affirmer, Donald Trump pourrait (devrait ?) servir d’inspiration au prochain président de la République français.
Donald Trump est un pragmatique non gouverné par une idéologie.
Sa croisade contre le wokisme, sa lutte contre l’Etat profond et sa défense passionnée de son pays sont, à mon sens, des objectifs à suivre en France.
J’admire aussi chez Trump sa capacité à s’entourer d’une équipe de très haut niveau.
Amusez-vous à comparer, poste pour poste, les ministres de Macron avec la dreamteam américaine ! Commencez avec Jean-Noël Barrot face à Marc Rubio
Cet article a été motivé par l’invitation, dans l’émission Face à l’Info du franco-américain Nicolas Conquer évoqué plus haut. Je relaye ici sa passionnante interview par Valeurs actuelles.
Vue sa longueur, je la propose en deux parties :
Partie 1 : d’où vient Donald Trump
Alors que Donald Trump est à nouveau sous les projecteurs de l’actualité géopolitique, qui représente-t-il ? Un ouvrage tout juste paru apporte des éléments de réponse. « Ce livre ne parle pas que de Trump. Il parle de nous. De nos fractures. De nos espoirs déçus. De nos partis en ruine », prévient Nicolas Conquer en preambule. Porte-parole de Republicans Overseas France, ce Franco-Américain tire de l’expérience de sa double nationalité une analyse des recompositions en cours, aux États-Unis comme en France. Des plaines du Midwest américain aux campagnes du Cotentin, il explique les ressorts du trumpisme ainsi que ses échos en France. Fondateur de Western Arc, l’institut transatlantique du renouveau occidental, il plaide à travers ce livre pour une alliance conservatrice dédiée à une renaissance civilisationnelle.
Le 3 janvier dernier, les forces spéciales américaines enlevaient le dictateur vénézuélien Nicolás Maduro. Certains accusent Donald Trump d' »agression impérialiste ». Quel regard portez- vous sur cette opération, vous qui êtes porte-parole de Republicans Overseas France, groupe qui defend les intérêts des Républicains en France ?
Cet épisode militaire exceptionnel s’inscrit dans une continuité stratégique propre à Donald Trump depuis son premier mandat. Ce n’est pas du néoconservatisme dans des interventions où l’on vient renverser un régime pour placer un homme de paille, comme on a pu le voir en Irak ou en Afghanistan au début des années 2000. C’est une action militaire ciblée, comme celle de juin dernier sur les sites militaires iraniens qui avait permis à Donald Trump de mettre fin à la guerre avant même qu’elle ne commence. Dans ce cas présent, il est allé appréhender un dictateur, et son épouse, qui était sous mandat d’arrêt sous trois administrations américaines depuis 2020 et qui était illégitime : aucun chef d’État démocratique n’avait reconnu les élections de 2024. Cela s’inscrit dans une logique implacable de souveraineté nationale, gravée noir sur blanc dans le document de sécurité stratégique nationale /National Security Strategy, NSS/ diffusé le 5 décembre dernier. Cette doctrine fait primer les intérêts des nations.
J’admire l’audace de cette action et je souhaite, comme tous, que la misère qui s’est abattue depuis trente ans sur le peuple vénézuélien prenne fin et qu’il retrouve la grandeur qu’il avait au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Donald Trump est évidemment critiqué par une partie des chefs d’État pour cette action mais, quoi qu’il fasse, il est sous le feu des critiques. J’observe surtout les réactions de l’ensemble des Vénézuéliens dans le monde, qui a célébré cette capture. Ils prennent ainsi le contre-pied du narratif officiel. Je pense que les gens se méprennent sur les tentatives d’impérialisme: il n’y a pas eu volonté de renverser le régime mais de présenter devant la justice quelqu’un qui était sous mandat international. Cet enlèvement de Nicolás Maduro nous montre le retour des nations et des États forts, ce qui nous pousse à nous questionner en France sur notre mode de gouvernance. À l’heure où les patriotes semblent revenir sur le devant de la scène internationale, veut-on être incorporé dans
des ensembles bureaucratiques gérés par des technocrates déconnectés ?
Vous dites que « Trump n’est pas un accident, il est un symptôme ». De quoi ?
On ne peut comprendre Trump si on ne s’interroge sur ce dont il est l’héritier. Les idées précèdent la politique et les victoires électorales. Donald Trump n’a pas émergé
du néant, il est l’aboutissement naturel de différents phénomènes sociaux, économiques et culturels qui ont traversé les États-Unis et qui, désormais, trouvent une
résonance dans d’autres pays. Perte du fait religieux, déclassement économique, paupérisation des classes moyennes, dissolution des identités par le marxisme culturel animé par l’extrême gauche (le wokisme) … ont engendré des fractures et une déconnexion entre des élites mondialisées et une Amérique profonde, les périphéries théorisées en France par Christophe Guilluy.
Ces fractures, vous les avez constatées personnellement …
Je suis effectivement franco-américain et une partie de ma famille est originaire du Minnesota, l’un des États ruraux de l’Amérique profonde. Ancienne fierté des États-Unis, aujourd’hui zone sinistrée, cet État fait partie de cette Amérique oubliée, caricaturée et méprisée. Ses habitants ont le rêve américain simple d’une honnête vie de travail, loin des strass d’Hollywood. Comment les classes populaires issues de cette Amérique profonde ont-elles pu s’identifier à un magnat de l’immobilier ? Donald Trump a réussi à comprendre leurs préoccupations et a su les matérialiser avec style – c’est une bête de scène – et avec une doctrine en affirmant qu’il était là pour défendre leurs intérêts. Il est intéressant de noter un phénomène inattendu en 2024: le virage républicain des Latinos.
Ce changement est moins une affaire de rupture que de progression depuis 2020. Le chef des Républicains a su leur parler en défendant des valeurs auxquelles ils sont attachés: foi, famille, sécurité. Une part importante de ces Latinos forme une classe moyenne conservatrice désireuse de complètement s’assimiler. Dans cette optique, l’arrêt de l’immigration illégale mis en œuvre par Trump a été favorablement perçu par ces populations qui ont peu de sympathie pour les immigrés clandestins qui enfreignent les lois, alimentent les gangs et ne véhiculent pas une bonne image de leur culture hispanique.
A suivre …




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