Barrages : il faut dire non à la Commission européenne !

Publié par le 8 Fév, 2026 dans Blog | 0 commentaire

Barrages : il faut dire non à la Commission européenne !

Quand on demande aux Français s’ils peuvent citer un point positif que leur a apporté l’Europe, ils se grattent la tête, et finissent par avancer : « l’euro, c’est pratique ! »

Aucun d’entre eux ne parlerait de prospérité, de sécurité, de contrôle des frontières et encore moins de paix !

Quand on analyse les conséquences calamiteuses de la politique écologique de l’Europe, on est pris de vertige.

Le fameux Pacte vert (Green deal) a largement contribué à aggraver la désindustrialisation de la France et les problèmes de son agriculture.

Mais le pire des (ex)actions de l’Europe a été atteint avec la gestion de l’énergie et les attaques constantes contre la filière nucléaire française qui l’ont gravement affaibli avec la complicité de Macron.

Et voila que la Commission européenne veut s’en prendre à nos barrages hydroélectriques !

Et que nos députés se font les complices de cette spoliation !

S’il y a quelque chose qui fonctionne bien en France, ce sont nos barrages hydroélectriques ! Alors, ne laissons pas Bruxelles y toucher !

C’est ce que rapporte cet article de Boulevard Voltaire :

Bruxelles veut casser notre souveraineté
hydroélectrique : Macronie et PS complices

En obligeant EDF à vendre son électricité à des tiers, la Macronie en fait le jeu de Bruxelles.

Ces 4 et 5 février, une proposition de loi est en cours de discussion, en première lecture, à l’Assemblée nationale. Elle ne fait pas la une des médias. Pourtant, elle porte sur des aspects d’importance nationale qui touchent à la souveraineté énergétique de la France.

Intitulée :

Proposition de loi visant à relancer les investissements dans le secteur de l’hydroélectricité pour contribuer à la transition énergétique,

elle s’apprête à modifier en profondeur le fonctionnement d’un parc de barrages hydroélectriques, dont les premiers ouvrages ont été construits à la fin du XIXe siècle, appartenant à l’État mais dont l’exploitation fait l’objet de concessions à des opérateurs publics. Un système qui a jusqu’à présent donné entière satisfaction, faisant de l’hydroélectrique le second producteur français après le nucléaire avec, aujourd’hui, 11 % de l’électricité produite en France (25,6 GW). La gestion du parc est actuellement concédée pour 81 % à EDF (20,8 GW) et pour le reste à la Compagnie nationale du Rhône (4,1 GW) et à la Société hydraulique du Midi (0,8 GW).

C’est ce système, coupable de relever d’un insupportable « colbertisme » franco-français, que la Commission européenne cherche depuis déjà une dizaine d’années à casser afin de « libéraliser » la production hydroélectrique en l’ouvrant au privé.

Et Bruxelles a trouvé des alliés de poids, en France : les socialistes et la Macronie.

Emmanuel Macron n’est d’ailleurs pas étranger à cette histoire. En 2015, alors qu’il était ministre de l’Économie sous la présidence de François Hollande, il avait contribué à la tristement célèbre vente aux Américains de General Electric de la branche énergie d’Alstom, qui avait repris Neyrpic, fabricant grenoblois des turbines équipant nos barrages.

Le spectre de l’ARENH nucléaire

Difficile pourtant, pour l’Élysée, de remettre d’un coup en cause une filière hydroélectrique qui fonctionne. Difficile, surtout, de justifier une casse qui fragiliserait à nouveau EDF, en position ultra-dominante dans l’hydroélectrique. Or, à mesure que des négociations avançaient en 2025 entre Paris et Bruxelles, les milieux de l’énergie commençaient à parler d’un ARENH hydroélectrique. Le terme fait référence au l’Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique (ARENH nucléaire), système qui obligeait EDF à vendre environ 30 % de sa production d’électricité nucléaire au tarif fixe de 42 €/MWh aux fournisseurs alternatifs et aux industriels. Un système non rentable, prévu par la loi NOME de 2010 et qui a pris fin le 1er janvier 2026 après avoir ruiné et failli faire disparaître EDF.

Il fallait donc à tout prix éviter de laisser penser que l’on allait reproduire le même schéma pour l’hydroélectrique. Deux députés ont donc été missionnés sur l’affaire : la socialiste Marie-Noëlle Battistel (Isère) et le macroniste Les Démocrates Philippe Bolo (Maine-et-Loire), rapporteurs d’un rapport d’information parlementaire de la commission des affaires économiques en mai 2025. Le 29 août, François Bayrou, Premier ministre du moment, se félicitait, dans un communiqué :

d’un accord de principe obtenu par le gouvernement français avec les services de la Commission européenne.

L’accord en question prévoyait pour l’essentiel « le passage d’un régime de concession à un régime d’autorisation pour l’exploitation de l’énergie hydraulique », ainsi que « la possibilité de maintenir les exploitants en place » (possibilité seulement et non garantie) et, enfin, « la mise à disposition par EDF de six gigawatts de capacités hydroélectriques à des tiers et au bénéfice final des consommateurs. Ces capacités virtuelles seront mises en vente sous le contrôle de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) et via des enchères concurrentielles. »

Une PPL pour faire passer la pilule

Pour ce qui est de la mise en œuvre, François Bayrou annonçait « une proposition de loi (PPL) qui sera[it] prochainement déposée à l’initiative des députés » Marie-Noëlle Battistel et Philippe Bolo. Il faut noter que les installations de la Compagnie nationale du Rhône sont exclues de cette PPL, car leur concession a été prolongée jusqu’en 2041 par une loi en 2022. Voulu par la volonté élyséenne, ce texte de loi n’est pas parti avec l’eau du bain après le remplacement de François Bayrou par Sébastien Lecornu à Matignon, puis la reconduction du même. Déposée sur le bureau de la bienveillante présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet le 13 janvier 2026, la proposition de loi a fait l’objet (tiens, comme le texte sur l’euthanasie mais pas comme celui sur les ZFE) d’une « procédure accélérée ». Raison pour laquelle sa discussion en première lecture, prévue sur deux jours, a débuté le 4 février à l’Assemblée nationale.

Pour le spécialiste de l’énergie Fabien Bouglé, répondant à BV :

avec cette PPL, Emanuel Macron accepte, ce faisant, de jouer le jeu bruxellois consistant à imposant un libéralisme concurrentiel en matière énergétique, tout en maintenant une discrimination du nucléaire et de l’hydroélectricité vis-à-vis des énergies renouvelables intermittentes.

Selon lui, seuls points positifs dans le texte en discussion :

nous conserverions, pour l’instant du moins, la maîtrise et le maintien de notre souveraineté énergétique sans privatisation et, par ailleurs, le système d’enchères va éviter que des producteurs alternatifs se goinfrent.

EDF va donc vendre de force, mais à des prix peu éloignés de ceux du marché.

LR silencieux, RN discret

En attendant de voir quel texte partira au Sénat, constatons que si les socialistes et les macronistes sont logiquement en faveur de cette PPL, le silence de LR sur ce dossier est assez étourdissant. Plus étonnant, encore, la relative discrétion du RN, même si le député des Alpes-Maritimes Lionel Tivoli s’est prononcé contre le texte en commission des affaires économiques.

En fait, opposés par principe à un risque de « privatisation » de la filière hydroélectrique, ce sont les députés communistes et LFI qui s’affichent le plus bruyamment en première ligne contre cette proposition de loi. Un comble.

Mise à jour du 5 février 2026 : Le texte a été adopté en 1ère lecture par 56 voix pour (socialistes, bloc central et républicains), 8 contre (communistes et LFI) et 11 abstentions (11 RN et 1 Écologiste et social).

Etienne Lombard pour Boulevard Voltaire.

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