La gauche a toujours eu le sens des belles formules.
Mais au bout du compte, on vérifie à chaque fois que ces formules n’étaient qu’esbrouffe et mensonges !
En 1981, c’est Jack Lang qui avait parlé du passage de l’ombre à la lumière. Mais cette lumière était glauque et a éclairé le début de la décadence, économique, culturelle, institutionnelle mais surtout morale de la France.
Finalement, Macron n’avait fait que copier François Mitterrand en proposant de passer de « l’ancien monde » au « nouveau monde »…
A l’approche de la fin du règne de Macron, on peut considérer que ce dernier a achevé l’oeuvre destructrice et « dé-constructrice » de son lointain prédécesseur. Espérons que Macron referme pour longtemps la parenthèse de la gauche au pouvoir !
Cela me rappelle une autre déclaration d’un député socialiste, André Laignel, qui s’était écrié à la tribune de l’Assemblée nationale, face à la minorité d’opposition :
Vous avez juridiquement tort parce que vous êtes politiquement minoritaires !
Ce qui était la négation de l’Etat de droit si cher à la gauche !
Je comptais faire un article sur la démission de Jack Lang mais ce matin, sur Europe 1, Vincent Trémolet de Villers a fait justice de cette figure emblématique mais pervertie, du mitterrandisme.
Voici son édito :
La loi ne l’obligeait pas à démissionner, Jack Lang est présumé innocent, mais dans les sociétés humaines, Dimitri, il y a autre chose que la loi, cette chose ancestrale que l’on appelle la décence commune et qui veut qu’après une faute publiquement avérée, et les liens étroits de Jack Lang avec Jeffrey Epstein en sont une, et bien après une faute, on ne parade pas. On choisit le retrait et la discrétion. Sous une pression de plus en plus forte, Jack Lang a été contraint de se rendre à cette décision raisonnable.
C’est un choix de bon sens. Quand on fait plus de mal que de bien à l’institution à laquelle on appartient, on ne sacrifie pas l’intérêt général à son intérêt particulier. Alors cette démission, elle porte une charge symbolique et politique très importante.
La gauche divine perd sa plus belle icône !
Un Jack Lang, c’est beaucoup plus que Jack Lang, c’est le visage du mitterrandisme triomphant. L’auteur de cette phrase, le 10 mai 1981 :
la France passe de l’ombre à la lumière,
et bien 45 ans plus tard, Jack Lang passe de la lumière à l’ombre, et avec lui, cette gauche qu’on a appelée caviar, qui a vécu sur la bête, tout en affichant dans le discours les plus beaux signes extérieurs de vertu.
Ce que Jean-Pierre Le Goff a appelé le gauchisme culturel, Jack Lang l’a incarné presque physiquement.
Alors Lang, ça a d’abord été l’homme de la déhierarchisation culturelle, à ce moment où :
- un tag a eu autant de valeur qu’une fraise de Michel-Ange,
- un morceau de rap n’avait rien à envier à un prélude de Bach.
Comme ministre, il a subventionné un art officiel au détriment des véritables artistes, qui sont restés méprisés.
Et puis Lang, il était aussi l’homme du « festivisme », cette tyrannie si bien décrite par Philippe Muray, le festivisme c’est la fête comme obligation sociale, et comme substitut à la véritable culture, c’est la fameuse fête de la musique.
Et puis Jack Lang, c’est surtout :
ce mélange de moraline antiraciste et d’enrichissement personnel, qui aura caractérisé la gauche française des années 80.
Enfin, Lang, c’est au ministère de l’éducation nationale l’accélération du déclin de l’école, la culture dégradée, la nation fracturée, l’école défigurée, la morale bafouée, c’est un bilan très globalement négatif. — Pourtant, il a continué à être célébré comme une sorte d’André Malraux de gauche.
Oui, et face à lui, la droite même était complexée. La gauche, elle, le considérait comme intouchable, ce qu’il était jusqu’à samedi soir. Cette histoire souligne aussi le double standard entre la droite et la gauche.
Selon que vous serez François Fillon ou Jack Lang, les histoires de costumes n’auront pas les mêmes conséquences. On rappelle que l’ancien ministre de la Culture a laissé à Smalto une note d’un demi-million d’euros, une broutille pour l’autorité judiciaire. Et puis pour finir, il y a ce climat d’affranchissement sexuel, dont l’expression publique a été la pétition signée par Jack Lang en 1977 en faveur des relations sexuelles avec des mineurs de moins de 15 ans.
C’était dans le quotidien Le Monde, approche débridée que l’on retrouve au cœur de l’affaire Epstein. Alors, comme dans un roman sombre, Jack Lang, le prince de l’ambition, tombe après avoir vécu pendant des décennies hors des règles communes. On pourrait dire enfin, Dimitri, mais en vérité, ce serait une joie triste.
L’actualité ces jours-ci ressemble à un torrent de boue. Toutes les notions les plus évidentes de dignité et de vergogne sont à l’envers. Comme l’écrit Jacques de Saint-Victor dans le Figaro d’aujourd’hui :
quand l’élite, c’est-à-dire ceux qui devraient donner l’exemple, répandent le scandale autour d’eux, cela déclenche des fièvres révolutionnaires, ou donne tout simplement envie de fermer les écoutilles, d’éteindre les écrans, et de partir très loin, dans une cabane peuplée de livres, près d’une rivière d’eau pure.
Vincent Trémolet de Villers pour Europe 1.
J’ajoute après-coup cette interview de Jordan Bardella à propos de Jack Lang :
Je n'ai jamais compris la complaisance du système politique à l'égard de Jack Lang, qui soutenait, avec d'autres intellectuels de gauche, une tribune appelant à dépénaliser les rapports sexuels avec les enfants.
Il doit démissionner de la présidence de l'Institut du monde arabe. pic.twitter.com/pZIUQ84DHl
— Jordan Bardella (@J_Bardella) February 7, 2026




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