Le titre de cet article s’inspire d’une réplique d’un personnage de Bertold Bretsch et colle parfaitement bien avec l’ambiance de fin de règne que Macron a illustré avec sa crépusculaire allocution de fin d’année.
Il fallait une dose certaine d’inconscience ou d’hypocrisie pour oser dire qu’il faudrait que l’année 2026 soit utile !
A l’image de 2025, 2026 sera stérile pour cause de blocage des institutions et arrières pensées présidentielles.
Le pouvoir est faible alors le pouvoir se durcit et se retourne contre son peuple !
A Bruxelles on sanctionne sans procès des personnalités aux « pensées déviantes » et à Paris, on a osé envoyer des blindés Centaure et des hélicoptères pour mater les paysans !
Voici un remarquable article de Causeur signé Ivan Rioufol qui décrit cette ambiance de fin de règne :
Le peuple indésirable, bête noire d’un régime en fin de vie
L’aspiration des nationaux à retrouver leur souveraineté est un besoin existentiel qui se généralise. Devant l’incurie des dirigeants, les citoyens sont appelés à redevenir la nouvelle force démocratique.
En 2026, la chute du vieux monde va s’écrire en accéléré. Pour le moment, tout s’effondre lentement. La révolte paysanne, relancée mi-décembre, est un des symptômes de l’agonie du système mondialiste. Une nouvelle époque se profile, en réaction aux faillites d’un demi-siècle d’utopies hors-sol. La crise de régime est déjà là. La Ve République ne répond plus aux dérèglements politiques. Son présidentialisme, taillé pour les grands hommes, n’est pas adapté aux profils désincarnés d’une élite clonée ; son parlementarisme se montre improductif : il met en scène des acteurs médiocrement soucieux de leurs seuls intérêts. L’habileté prêtée à Sébastien Lecornu dans son maintien à Matignon tient à la crainte des députés de retourner aux urnes et d’y entendre le verdict des exaspérés. Le premier ministre a hissé le compromis en vertu à l’Assemblée. Cependant, ce jeu politicien est un leurre. L’assemblage hétéroclite ne tient qu’à un fil. La rupture est l’unique préalable pour que tout redémarre.
Le multiculturalisme dans l’impasse
La relégation du peuple indésirable, imposée depuis des décennies par une oligarchie stérile et arrogante, n’est plus tenable. Comment donner tort à Donald Trump ? Le 5 décembre, il a fustigé une Union européenne faible et bavarde. Il a aussi mis en garde contre l’ « effacement civilisationnel » du Vieux continent submergé par l’immigration extra-européenne. En fait, le président américain met le doigt, après d’autres, sur la lâcheté d’une classe politique convertie au dogme du déracinement. Or l’aspiration des nationaux à retrouver leurs frontières et leur souveraineté est un besoin existentiel qui se généralise. Devant l’incurie des dirigeants, les citoyens sont appelés à redevenir la nouvelle force démocratique. Eux seuls sont capables, pourvu d’être consultés, d’en finir avec les propagandes mensongères des sociétés multiculturelles.
La radicalité s’est installée dans les esprits. Cyril Bennasar exprime bien, dans L’affranchi (1), la colère de ceux qui étouffent jusqu’à la déraison sous les interdits moralistes des médias labellisée. Le grand remplacement, qui vaut à Renaud Camus d’être calomnié par la presse panurgique, est devenu un constat d’autant plus banal qu’il est revendiqué par Jean-Luc Mélenchon. Richard Millet, qui avait scandalisé la pensée mondaine en évoquant, en 2012, sa solitude de Blanc à la station Chatelet-Les Halles à six heures du soir, est dépassé par les témoignages similaires qui ne craignent plus les guillotineurs. Des crèches s’installent dans des mairies comme autant de bras d’honneur à la gauche-halal. Les catholiques ne tendent plus forcément l’autre joue. Même la nation est réhabilitée quand Emmanuel Macron découvre sur le tard, dans sa relance d’un service militaire volontaire, les valeurs du nationalisme défensif.
Trop tard
Mais, pour lui et sa cour, il est trop tard. Le président est le premier des indésirables. Son combat absurde contre les populistes l’a coupé du peuple. Comment espérer regagner la confiance des Français en les insultant (2) ? Même dans son choix de s’identifier à Volodymyr Zelinsky et à sa vaillante résistance à Vladimir Poutine, Macron a oublié de demander l’avis des Ukrainiens. Ce sont les Etats-Unis qui ont suggéré d’en appeler à l’élection, Zelinsky n’ayant plus de mandat depuis mai 2024. Faudrait-il, là encore, craindre l’expression de la démocratie ?
Très bonne année à tous !
Ivan Rioufol pour Causeur.
(1) Préface de Renaud Camus, Editions Périphérique
(2) « Nous tenons », a déclaré d’emblée Emmanuel Macron, hier soir, lors de ses voeux pour 2026. « Je serai jusqu’à la dernière seconde au travail ». En juillet 2018, à propos de l’affaire Benalla, il avait lancé pareillement : « Qu’ils viennent me chercher ! ». Ces défis répétés d’un homme esseulé risquent d’alimenter un peu plus la colère française.




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