Wauquiez a t-il donné l’estocade aux Républicains ?

Publié par le 3 Juil, 2026 dans Blog | 0 commentaire

Wauquiez a t-il donné l’estocade aux Républicains ?

Dans un précédent article :

Le dernier clou sur le cercueil des Républicains

je dénonçais la trahison de Laurent Wauquiez qui, quelques mois seulement après avoir violemment critiqué Edouard Philippe, venait de se rallier à lui, en demandant à Bruno Retailleau de se retirer de la course à la présidence.

Mais, Laurent Wauquiez est loin d’être le seul responsable de la déliquescence du parti gaulliste.

Je situe le début de la fin de ce parti en 2002 au moment de la création de l’UMP (Union pour un Mouvement Populaire) par fusion du RPR (Rassemblement pour la République) avec l’UDF (Union pour la Démocratie Française) sous l’impulsion de Chirac et Juppé.

A partir de là, sous l’influence des centristes (mous) de l’UDF, on assista à un glissement continu de l’UMP vers la gauche.

Pour s’en convaincre, il suffit de se rappeler des conclusions des Etats généraux de l’immigration tenus en 1990 – 12 ans plus tôt – par les responsables gaullistes et centristes :

Des conclusions rejetées par les Républicains d’aujourd’hui et plus à droite que le RN actuel !

Rappelons qu’avaient participé à ces Etats généraux, Valérie Giscard d’Estaing, François Bayrou, François Léotard, Alain Madelin, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et bien d’autres.

On trouvera ici une vidéo d’un journal télévisé de l’époque qui présente cette conférence dont le reportage se termine par une interview du centriste Bernard Stasi qui prend le pari que toutes ces conclusions ne seraient pas appliquées si la droite retrouvait le pouvoir …

Et il avait bien raison !!!

Aujourd’hui, ce sont des gens comme Gérard Larcher, Valérie Pécresse, Xavier Bertrand et Jean-François Copé qui plombent le parti en l’empêchant d’accompagner la droitisation des Français.

Voici une analyse de la situation de la droite par Alain Weber :

De trahisons en naufrages successifs,
la trop longue agonie des Républicains

La droite française vit une tragédie dont elle peine encore à mesurer l’ampleur. Jadis pilier de la vie politique, l’héritier de l’UMP traverse une crise existentielle qui, loin de s’apaiser, prend chaque mois des allures d’agonie. Divisions intestines, résultats électoraux en chute libre, incapacité à formuler une alternative audible : Les Républicains donnent aujourd’hui le spectacle affligeant d’une formation qui ne maîtrise plus son destin.

À la présidentielle de 2022, Valérie Pécresse, investie par les adhérents, s’effondre à 4,78 % des suffrages. Un camouflet qui prive le parti du remboursement des frais de campagne et renvoie la droite de gouvernement à ses limites historiques. Ce score, le plus bas jamais enregistré par la famille gaulliste, acte l’incapacité à exister dans un espace politique écrasé par le duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Depuis, la dynamique ne s’est pas inversée. La séquence d’Éric Ciotti, les atermoiements sur la ligne à tenir face au camp présidentiel, l’érosion militante : tout concourt à maintenir LR dans un état de faiblesse structurelle dont rien ne semble pouvoir l’extraire.

L’épisode le plus récent confine à la caricature.

Bruno Retailleau, élu à la tête du mouvement, se croyait en position de rassembler. Il lui aura fallu vingt jours pour mesurer l’étendue du désastre. Laurent Wauquiez, patron des députés Droite républicaine, a opéré un revirement spectaculaire. Celui-là même qui qualifiait Retailleau de candidat légitime vient, dans les colonnes du Figaro, d’apporter son soutien à Édouard Philippe, ancien premier ministre et fondateur d’Horizons.

Par son histoire, par les responsabilités qui ont été les siennes, je crois qu’Édouard Philippe peut incarner l’ordre et le sérieux permettant de redresser la France,

justifie Wauquiez, avant d’asséner l’argument qui tue :

La réalité, c’est que le candidat LR est en dessous de 10 %. Le risque est le suivant : si tout le monde maintient sa candidature, notre seule contribution aura été d’éliminer un candidat de droite et permis la qualification de Jean-Luc Mélenchon au second tour. Jamais de la vie je ne participerai à cela.

Ce lâchage en rase campagne, venant d’une figure censée incarner l’avenir du parti, dit tout de l’état de décomposition avancée. Plutôt que de consolider sa propre famille politique, le chef des députés LR préfère regarder vers un ancien macroniste. La félonie est cinglante.

Le mal est plus profond qu’une simple querelle de personnes. Les Républicains souffrent d’un brouillage stratégique qui confine au ridicule. Xavier Bertrand , le traitre en série est ou on le pose, pourvu qu’il puisse planter des couteaux dans le dos, Coppé lui, est pitoyable et serait aujourd’hui au centre-gauche … ou ailleurs, pourvu qu’il ait un maroquin !

Résultat : une offre politique illisible. Pourquoi un électeur de droite choisirait-il une formation qui ne parvient pas à définir ce qu’elle est, quand d’autres incarnent, avec plus de clarté et de charisme, des lignes apparemment voisines ?

Les appels incantatoires à l’unité ne trompent plus personne, faute de se rassembler autour d’une colonne vertébrale, ordre républicain, sérieux budgétaire, souveraineté nationale. Le scénario redouté par Wauquiez lui-même, l’éparpillement du vote de droite au profit des extrêmes, n’a jamais paru aussi probable.

À ce rythme, le naufrage pourrait céder la place à une disparition pure et simple. Le parti qui donna deux présidents à la Vᵉ République ressemble désormais à une coquille vide : encore debout dans les institutions, mais exsangue, privé de la capacité à peser sur le cours des choses.

L’histoire politique est jalonnée de formations qui n’ont pas su se réinventer. Les Républicains sont-ils condamnés à les rejoindre ? Sans sursaut immédiat, la question ne sera plus de savoir s’ils peuvent gagner, mais s’ils peuvent simplement survivre.

Alain Weber sur X.

Selon moi, Laurent Wauquiez a vraiment donné l’estocade à la droite dite de gouvernement.

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