Ce n’est pas LA jeunesse qui se révolte, mais UNE jeunesse

Publié par le 9 Oct, 2026 dans Blog | 0 commentaire

Ce n’est pas LA jeunesse qui se révolte, mais UNE jeunesse

Ecoutez Patrick Cohen, qualifier de minoritaire la jeunesse qui s’est enthousiasmée pour la visite du pape Léon XIX, il y a quelques semaines :

« Gare à l’illusion d’optique !

Ce qu’on a vu, ces derniers jours, c’est une minorité pratiquante, certes, mobilisée, rajeunie, visible, capable de remplir l’espace public, heureuse de l’avoir fait, mais cela reste une minorité !

Et malgré la saturation médiatique, les audiences télé sont restées modestes, 4 millions et demi pour la messe de la Concorde, bien moins qu’un match des Bleus, sans parler des 23 millions de la cérémonie d’ouverture des J.O.

Ce n’est donc pas la France entière qui a communiqué avec le pape, loin de là !  »

On peut admettre que ce que dit Patrick Cohen est factuellement vrai mais dans ce cas on aurait aimé, qu’à propos des émeutes lycéennes, il tienne le même discours, dans ce style :

« Gare à l’illusion d’optique !

Ce qu’on a vu, ces derniers jours, c’est une minorité militante, certes, mobilisée, rajeunie, visible, capable de remplir l’espace public, heureuse de l’avoir fait, mais cela reste une minorité !

Ce n’est donc pas la France entière qui est descendue dans la rue, loin de là !  »

Mais ce n’est pas du tout le discours qu’on a entendu sur France Inter et les médias publics noyautés par la France Insoumise !

On conclura que si ce n’est LA jeunesse mais UNE jeunesse qui a fait fête au pape, ça n’est pas non plus LA jeunesse mais UNE jeunesse qui caillasse les policiers et brûle du mobilier urbain !

Voici un édito de Vincent Trémolet de Villers dans la matinale d’Europe 1 qui développe le même paradoxe :

Lancement de Dimitri Pavlenco : Après la visite du pape, il y a trois semaines, les lycées sont bloqués et personne ne s’attendait à ce rendez-vous avec la jeunesse de France.

Vincent Trémolet de Villers

Vincent Trémolet de Villers : D’une toute petite partie de la jeunesse de France, Dimitri. Un éditorialiste de la radio publique, Patrick Cohen, disait doctement au lendemain de la venue du papillon 14 dans notre pays qu’une petite minorité s’était réunie et s’était congratulée pendant quelques jours, pendant que le reste du pays était indifférent à l’événement, que tout cela c’était juste une illusion.

C’est l’une des nombreuses opinions de ce polémiste, on ne va pas la discuter ce matin, mais on pourrait très facilement appliquer sa grille de lecture au mouvement des lycéens. Comme l’église de France, la gauche est en perte de vitesse, mais elle reste sacrément bien organisée. Et pour ces JMG, les Journées Mimétiques du Gauchisme, les enfants de Bourdieu se retrouvent dans la rue, se congratulent et se contemplent dans le miroir, le beau miroir de l’audiovisuel public.

Une partie des médias privés, toujours intimidés par les exhortations de la maison de la radio, s’empresse de rejoindre la grande procession. On ne va pas faire des querelles de chiffres entre l’affluence du stade de France, de la Concorde ou de Lourdes et celle de la place de la Bastille, les proportions sont trop massivement en faveur de Léon XIV, mais on va quand même rappeler que les foules du moment pontifical n’ont montré que sourire et enthousiasme. La génération Mélenchon, elle, oscille entre le ressentiment, la vulgarité et la violence, qui sont les trois ressorts de l’élan révolutionnaire.

Relance de Dimitri Pavlenco : Si c’est une minorité qui manifeste, vous reconnaissez qu’elle sait se faire entendre ?

Elle sait surtout installer une suprématie morale qui n’a pourtant rien à voir avec la réalité de la société. Par un décret qu’elle a proclamé elle-même, la gauche française considère qu’elle est la justice, la justice sociale, qu’elle est l’école, qu’elle est l’enseignement supérieur, qu’elle est le journalisme, qu’elle est la culture, qu’elle est le progrès en marche, qui est pour elle l’autre nom de la démocratie. La souveraineté populaire, au fond, elle s’en fout.

La gauche morale, c’est le parti de l’illusion d’optique. Et la majorité silencieuse ne doit pas être dupe devant la manipulation XXL dans laquelle la gauche radicale veut nous entraîner. Après les lycées, elle active les universités dans lesquelles la France insoumise est comme chez elle.

Ensuite, les relais médiatiques se chargent de faire la caisse de résonance, sans compter ces artistes qui, entre deux tournages, viennent prendre quelques pauses sur le tapis rouge de la contestation. Tout le monde proclame en chœur que cette petite minorité, c’est la jeunesse, la nouvelle génération, comme il y a une nouvelle France.

A la fin, le président de la République, comme intimidé par cette grande messe du gauchisme culturel, décide de la rejoindre. Il met un genou à terre et confesse, au nom de la police, avoir fauté par manque d’empathie. Les forces de l’ordre sont coupables. Mélenchon est lavé de tout péché. Ainsi soit-il.

Dimitri Pavlenco : Et c’est vrai qu’à lire le sondage d’Odoxa à Backbone, que vous publiez dans le Figaro, une majorité de Français reproche vertement les violences et soutient la police.

Oui, mais cette émotion-là, celle des élèves qui voudraient aller en cours, des étudiants qui voudraient étudier, des parents excédés, inquiets, des enseignants, des proviseurs ras-le-bol de la France du bon sens, n’a pas droit au premier plan médiatique.

Cette France est condamnée à subir sur les plateaux les gamins pleurnichards ou les militants gueulards. Et cette France se sent de plus en plus abandonnée par un État débordé, de plus en plus méprisé, par un système d’information trop souvent orienté. Elle sait, pour couronner le tout, qu’elle n’a pas fini de payer.

Quand viendra le moment du bilan humain, matériel, culturel aussi, quand on mesurera le nombre d’heures de cours annulées, le même État se tournera vers les braves contribuables pour les centaines de millions d’euros partis en fumée.

Ce sera le moment de la quête républicaine contrainte et forcée, Dimitri, parce qu’en France, tout finit toujours par des impôts !

Vincent Trémolet de Villers sur Europe 1.

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