« C’est qui le mec en costard à côté de Benalla ? »

Publié par le 24 Juil, 2018 dans Blog | 8 commentaires

« C’est qui le mec en costard à côté de Benalla ? »

Il est à la fois jubilatoire et désespérant de voir les Trois pieds nickelés de la République en marche, Christophe Castaner, Benjamin Griveaux et Gilles Le Gendre, nous jouer un mauvais remake de : « Il faut sauver le soldat Ryan ! »

Avec Jupiter dans le rôle de Ryan !

Les trois compères peuvent d’ores et déjà postuler à intégrer l’équipe française d’aviron pour les prochains jeux olympiques tant ils rament en montrant de réelles aptitudes … Mais le courant qui est en train d’emporter l’Elysée est tellement fort que ramer est parfaitement inutile !

Voici un excellent article d’Elisabeth Lévy paru dans Causeur.fr sur le sujet :

Vous voyez bien que Macron n’a rien à voir là-dedans !

A en croire les proches du président, Emmanuel Macron n’aurait absolument aucun lien avec l’affaire Alexandre Benalla. On a dû mal comprendre …

Il n’y a pas d’affaire d’Etat et ceux qui disent le contraire sont des méchants qui veulent rien que nous embêter. Les communicants ou les stratèges qui ont pondu les éléments de langage de la contre-offensive nous prennent vraiment pour des buses. La piétaille macroniste envoyée au front avec de si ridicules munitions fait peine à voir. Au fil des auditions et des révélations, se dessine le portrait d’un favori du prince qui se croyait tout permis – non sans raison, dès lors que la dilection présidentielle lui valait une sorte d’impunité. Tous les protagonistes entendus aujourd’hui par les commissions d’enquête des deux chambres ont confirmé que l’affaire avait été traitée par l’Elysée dès le 2 ou 3 mai, soit 48 heures au plus tard après le tabassage des manifestants par le faux-flic. Et les députés LREM continuent à ânonner que le président n’est pas concerné. La bonne blague.

Ne faisons pas les âmes sensibles. Qu’un agent de sécurité tabasse deux manifestants est certes déplorable, mais le scandale est ailleurs. La promotion fulgurante de ce drôle de zigue (promu à un grade de lieutenant-colonel de réserve qui n’est pas rien me dit un ami policier) est en effet une affaire d’Etat stricto sensu : le président entendait lui confier le cœur de ce régalien dont il est supposé faire si grand cas. Alexandre Benalla était sur le point d’obtenir les clés de la sécurité de l’Elysée ou il était fort bien placé pour y parvenir. S’il chute aujourd’hui c’est que certains ont voulu s’opposer à cette promotion délirante. Et ils ont eu bien raison.

Alexandre le bienheureux

Emmanuel Macron a fait savoir – par la rumeur de la Cour – qu’il trouvait aujourd’hui pendables les agissements de son ex-chef de la sécurité. Celui-ci a d’ailleurs eu droit, il y a quelques jours, à un licenciement immédiat rétroactif. Seulement, il y a trois mois, le même Macron semblait trouver les mêmes faits beaucoup moins graves. On sait en effet que, le 2 ou 3 mai, alors qu’il se trouvait en Australie, le président a été informé que son protégé avait dérapé (pour ne pas dire merdé grave). Il a, nous dit-on, demandé une sanction. On n’a pas la preuve qu’il se soit enquis de la suite donnée à cette instruction, mais on imagine mal Jupiter ne vérifiant pas s’il a été obéi.

La suspension de quinze jours n’a probablement pas été appliquée et le président aurait dû se rendre compte que Benalla était toujours dans le paysage mais passons. Ce qui est certain, c’est que l’agression de la place de la Contrescarpe n’a pas empêché le président de renouveler sa confiance à son Rambo d’opérette. Malgré cet incident dont tous les cabinets concernés avaient connaissance, Benalla était, juste avant que le scandale éclate, promis à une haute destinée – dont il avait déjà les attributs statutaires et matériels. Le 9 juillet, trois mois après avoir été sanctionné, il obtenait, pour sa société privée, l’agrément « sécurité » qui permet de travailler pour l’Etat, sans oublier son accréditation défense, le brassard « police » et la radio. Quant aux petits profits, on craint qu’il n’ait pas eu le temps de défaire ses cartons dans l’appartement du quai Branly qu’il devait occuper après quelques travaux. On imagine les glapissements outragés de Bruno Roger-Petit si une telle affaire était arrivée sous Sarkozy.

Chouchou le kakou

Alexandre Benalla n’était pas un obscur conseiller mais un homme de confiance du président. Il est d’ailleurs curieux de s’enticher d’un homme qui, alors qu’il était chauffeur pour Arnaud Montebourg, a voulu s’enfuir après avoir provoqué un accident, mais il doit avoir d’autres qualités. En tout cas, après la campagne, Macron a emmené Benalla à l’Elysée. Et celui-ci, fort de son statut de chouchou, s’est mis à faire le kakou en de nombreuses circonstances au point de vouloir jouer au policier.

 

À partir de là, on en est réduit à formuler des hypothèses. En voilà une, nourrie de quelques discussions amicales, qui permet de donner une logique à cette rocambolesque histoire. L’Elysée a fait savoir que la réorganisation de la sécurité présidentielle, annoncée aux personnels par courrier début juillet, serait menée à son terme. Il s’agit de placer le GSPR (unité chargée de la sécurité du palais présidentiel, qui dépend hiérarchiquement de l’Intérieur), sous la tutelle unique de la présidence, bref de créer une force de sécurité qui échappe aux circuits traditionnels de commandement de la police et de la gendarmerie – et qui soit en fait à la seule main du président. Celui-ci semble trouver fastidieux d’avoir à discuter avec des administrations très « vieux monde », pas assez startupisées. Gilles Casanova parle, assez justement, d’un secret service à l’américaine, qui ferait d’ailleurs, comme aux Etats-Unis, appel à de nombreux sous-traitants privés. Il semble qu’une telle perspective, assez peu conforme aux usages républicains, déplaise à pas mal de policiers et de gendarmes. De là à imaginer que certains, pressentant que la promotion de Benalla était imminente, aient jugé opportun de faire circuler la vidéo du 1ermai et d’aider la presse à faire son travail en lui fournissant son butin quotidien de révélations, il y a un pas que chacun franchira.

Le nouveau monde d’hier

On l’a beaucoup dit, l’une des grandes qualités d’Emmanuel Macron était d’avoir de la chance. Elle est peut-être en train de tourner. Certes il est trop tôt pour évaluer les conséquences politiques de la tourmente. Mais, alors que même « les parrains » – Attali, Minc, Pinaud – grondent contre la politique anti-sociale, on subodore que le président n’a pas tant de grognards prêts à se sacrifier pour lui. En attendant, la bonne nouvelle, c’est que la macronie va devoir arrêter de donner des leçons de modernité sur le mode « avant nous c’étaient les ténèbres ». Parce que le nouveau monde ressemble furieusement à l’ancien.

Elisabeth Lévy pour Causeur.fr

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8 Réponses à “« C’est qui le mec en costard à côté de Benalla ? »”

  1. On l’a beaucoup dit, l’une des grandes qualités d’Emmanuel Macron était d’avoir de la chance. Elle est peut-être en train de tourner.

    Si seulement cela pouvait être vrai!
    Si seulement les électeurs retrouvaient la mémoire (ne serait ce que de se rappeler que « manu » était à Bercy du temps de Hollandréou)

    Si seulement, grâce à cette vidéo, sans aucun doute volontaire de la part de méluche, « manu » devait démissionner.

    Si seulement toute l’opposition votait, enfin ensemble des Insoumis au RN en passant par les LR, l’UDI et autres petits partis, la motion de censure proposée par les LR, ce dans un hémicycle plein à craquer, pour une fois!

    Si seulement on pouvait prouver que c’est « manu » qui guidait et imposait tout dans cette histoire (qui finalement au départ n’est pas grand chose…. )

    Et si, et si…. « Avec des si, on mettrait Paris en bouteille »….
    (une autre version que disait mon père : « si ma tante en avait… », d’où vient vraisemblablement le terme de « tantouze ».. Finalement, on ne saura jamais si cette version est un Hors sujet ou non)

    Bref : J’avais hélas raison depuis le début.
    Je ne suis pas misomacronnienne, mais objective 😉

    • Je n’en doute pas Suzanne, mais il est sorti de son silence enfin uniquement devant les siens et il leur a servi ce qu’ils attendaient.
      Une anaphore dont papa Commémorator avait le secret :
      -« M. Benalla n’a jamais détenu les codes nucléaires (habilité secret défense)
      -« M. Benalla n’a jamais touché 10 000€ (7 000 peut-être) »
      -« M. Benalla n’a jamais bénéficié d’un 300m2 (230 peut-être) »
      -« M. Benalla n’a jamais, lui non plus, été mon amant
      (son plus proche collaborateur en sécurité)
      Pour les autres chefs d’accusation, rien et je suis sûr qu’il aurait demanti la moindre inexactitude.

      De toute façon c’est lui le responsable, il l’a avoué, assumé et non « Machin ou Truc », on ne viendra pas te chercher, surtout pas pour un nouveau quinquennat !!!

  2. Monsieur Macron est un lâche,Monsieur Macron est un minable: il a préféré retrouver l’usage de la parole,loin de la France,en Grèce,plutôt que d’affronter courageusement les réaction de « son peuple » sur les routes du Tour de France…

    • C’était son cadeau de la part d’A.S.O., son étape un condensé d’ascension spécial pour un président pressé qui ne rate pas grand chose. Je trouve étonnant qu’il se défile au dernier moment comme le caprice d’un enfant gâté qui fasse son plus beau joujou suite à une remontrance. Il a été pris en faute et ça il n’aime pas habitué aux flatteries, son arrogance et son narcissisme rendent ces moments insupportables alors il change d’air.
      Il s’est rassuré hier, devant ses ouailles, marcheurs de la première heure, opportunistes et félons affamés de marocains. Mais on se doit de continuer, d’appuyer là où ça fait mal, comme il l’a fait, le fait et le fera encore sur votre pouvoir d’achats.
      Oui un appartement à Paris, qu’importe la surface, oui, 7000€ de salaire, oui, un statut de Lt-colonel de réserve gendarmerie, oui, une voiture de fonction avec chauffeur, tout ça coûte un pognon de dingue !!!!
      Alors les pleureuses de la CSG, des APL (franchement, pour 5 € mensuel), de la hausse des taxes sur les carburants, bientôt foncière, sur la hausse des PV, …, etc, vous feriez mieux de travailler un peu plus, pour gagner un peu moins, en CDD, sans tomber malade, sans prendre votre vieille guimbarde qui pollue au lieu de vous plaindre !!!
      Il vous prend pour des charlots depuis le début de sa campagne soldée par les élites de l’économie Europeiste, il se dit qu’il peut vous faire gober, pas un œuf, pas la poule, mais la ferme entière et que de toute façon il n’y aura pas ou plus d’opposition et qu’il sera réélu.
      C’est le moment de le destituer, avant la loi sur les fake-news car, c’est son arme de destruction massive et puis il ne se l’applique pas lui-même car l’affaire Benalla ou Benahlia est un chapelet de fake-news présidentielles !!!

    • « Beaucoup se disaient : pourquoi le président de la République ne parle pas ? J’ai plutôt pris ce pli de choisir le moment où je parle et ne pas me le faire dicter. Et je continuerai à procéder de la sorte »,

      Voilà la réponse de manu la grosse tête, réponse qui était dans de multiples journaux ce matin et qui, par miracle, a disparu des références Google.
      je l’ai retrouvée avec un peu de mal sur france Info.

      Donc, pas de courage et argumentation de ce manque de courage : « je suis le maître des horloges, allez vous faire f***re! »

      Ceci dit, ce n’était pas en Grèce, mais sur « l’estrade de la maison de l’Amérique latine », 217, BD SAINT-GERMAIN 75007 PARIS… tant qu’à faire, autant dépenser du fric sur le dos des vieux et des péquenots.
      Avant d’aller se balader en Grèce et Ailleurs.

  3. Voilà qui va donner du grain à moudre à tous les chansonniers de France et valoir à Macron les moqueries et railleries de la toile…

    « Manu et son mignon.. », »Jupiter et son giton… » les oreilles de Macron doivent siffler…

    C’est qu’il a donné des verges pour se faire battre,notre phare présidentiel, »l’élève du philosophe Paul Ricoeur »:Pour un mec qui en a:Manu en chef de guerre;Manu qui recadre un adolescent en lui intimant l’ordre de cesser toute familiarité et de l’appeler « Môssieu le président »…mais Manu qui perd soudain l’usage de la parole,lui d’ordinaire si prodigue,et préfère foutre le camp en Grèce plutôt que de recevoir des tomates sur les routes du Tour de france…

  4. COGNET Marie dit:

    Quoi, ce ne serait pas une affaire d’Etat ??? Mais ils nous prennent vraiment pour des demeurés ! Benalla était protégé par Macron et, malgré un délit de fuite après un accident à l’époque où il était le chauffeur de Montebourg, a donc connu une progression fulgurante (lieutenant-colonel de réserve, un poste à l’Elysée). Il a aussi profité de privilèges exorbitants (badge d’entrée à l’Assemblée, logement (depuis le 09 07, alors qu’il était censé avoir été rétrogradé depuis 2 mois!) dans une annexe de l’Elysée Quai Branly avec 180 000 € de travaux…payés bien sûr par les contribuables… , rémunération énorme…
    Ce qui est très choquant, c’est la réaction bien faible de l’Elysée par rapport à la gravité des faits (suspension pendant 15 jours et rétrogradation à un poste administratif). Mais en plus toute la Macronie nous a raconté des bobards, il a continué à assurer la sécurité du Président lors d’une visite de la maison de Monet à Giverny, le 14 juillet, le soir de la finale de la Coupe du Monde, etc… De qui se moque-t-on ? C’est cela, le « Nouveau Monde », grâce au fait du Prince quand on fait partie du premier cercle, on peut se permettre d’être au-dessus des lois et de passer entre les gouttes…
    Il devait être au courant de beaucoup de choses sur Macron (financement de sa campagne électorale, millions gagnés chez Rothschild et qui ont disparu ?). On peut aussi se demander jusqu’à quel point ils étaient proches et quelle était la véritable nature de leurs relations.

    Je pense aussi qu’il faudrait le destituer maintenant car, grâce à cette infâme loi sur les fake-news, il pourrait bien réussir à se faire réélire en 2022 malgré des résultats aussi catastrophiques que son mentor Hollande.

    • C’est ça le ruissellement, à la tête de l’État, cela part d’un gros bobard, et au fur et à mesure que l’on descend la pyramide, mensonges, j’suis pas au courant, cela ne me concerne pas où je dis carrément le contraire de la personne interrogée précédemment.
      De l’amateurisme de bas étage produit par le « nouveau monde » qui n’a de nouveau que l’inconscience avec laquelle cette bande de néophytes tente d’essuyer cette « tempête dans un verre d’eau » comme aime qualifier l' »affaire Benalla » le Commandant du « Titanic-France » sans se soucier de l’iceberg vers lequel il fait route façon « capitaine de pédalo ».
      Il est arrogant comme jamais, il veut forcer le destin, il bombe même le torse, il ne cédera jamais comme un garnement faisant un caprice à ses parents…
      Je crois qu’il est temps de lui donner une bonne correction de « sale gosse » avant qu’il réforme la constitution pour se donner plus de pouvoir alors qu’il exerce déjà sa fonction avec bien trop de brutalité.
      Il est grand temps de lui rappeler que c’est le peuple qui gouverne à travers la présidence qui lui a été confiée pour 5 ans MAXIMUM…

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