De collaborateur à simple répétiteur …

Publié par le 29 Juin, 2017 dans Blog | 0 commentaire

De collaborateur à simple répétiteur …

Les médias n’ont jamais rien passé à Nicolas Sarkozy

Quand Nicolas Sarkozy avait qualifié son premier ministre, François Fillon, de « collaborateur« , la presse avait crié au scandale, aux mauvaises manières et à l’humiliation du premier ministre.

François Hollande lui-même en avait fait un argument dans sa « célèbre anaphore » du débat de l’entre-deux tours de la présidentielle de 2012 :

« Moi Président de la République,  je ne traiterai pas
mon Premier ministre de collaborateur »

Ces mêmes médias passent tout à Emmanuel Macron !

Emmanuel Macron va utiliser, le 3 juillet prochain, une prérogative du président de la République dont Nicolas Sarkozy est à l’origine. Ce dernier avait en effet fait voter une modification de la Constitution permettant au président de la République de s’exprimer devant le Congrès, la réunion de l’Assemblée nationale et du Sénat, ce qui était jusqu’alors impossible au nom de la séparation des pouvoirs exécutif et législatif.

L’actuel président sera donc parfaitement dans son droit en s’exprimant devant le Congrès à Versailles. Mais, là où le bât blesse, c’est qu’il a choisi de le faire précisément le 3 juillet, veille du discours de politique générale de son premier ministre.

Ceci ramène son premier ministre au rôle de simple répétiteur !

Bien en dessous du niveau de collaborateur ! Car le discours de politique générale d’un premier ministre n’est pas anecdotique, il est un moment important de la vie parlementaire – et de notre démocratie tout court – puisqu’il donne les grandes orientations du gouvernement pour la législature et qu’il est suivi d’un vote de confiance au dit-gouvernement. Aujourd’hui, il est d’autant plus important qu’il s’agit du premier ministre du premier gouvernement du quinquennat Macron. le message envoyé par ce dernier est le suivant :

« J’ai peut-être nommé un premier ministre de droite, mais le patron, c’est moi ! »

Cette décision d’Emmanuel Macron est donc choquante à plus d’un titre :

  • Elle est humiliante pour la personne du premier ministre,
  • C’est une provocation pour les autres ministres de droite qui ont rejoint le gouvernement et pour le groupe parlementaire des « constructifs » qui a fait allégeance à Macron,
  • Il s’agit d’une manifestation de mépris pour le parlement et pour la démocratie,
  • Elle va installer une très mauvaise ambiance au sein du parlement. Le groupe des Républicains envisagent d’ailleurs de boycotter le discours du président !

Le JDD s’est fait l’écho des critiques qui ont fusées dans l’opposition :

« Plusieurs opposants estimant que cette intervention à la veille du discours de politique générale d’Edouard Philippe est un manque de respect pour le Premier ministre et pour les institutions.

Le président du groupe Nouvelle Gauche (PS), Olivier Faure, a par exemple tout simplement parlé d’une « humiliation » pour le Premier ministre. « Après avoir théorisé le dépassement des corps intermédiaires, après avoir choisi de contourner le Parlement avec les ordonnances, voilà qu’il en est maintenant à vouloir doubler son propre gouvernement », a commenté le député de Seine-et-Marne.

« Jusqu’ici nous avions avec le général De Gaulle un Premier ministre qui dirigeait le gouvernement », « avec Nicolas Sarkozy nous avons eu un Premier ministre qui est devenu son collaborateur », « cette fois-ci on observe que ça pourrait devenir, si le président de la République parlait avant lui le 3 juillet, un simple répétiteur« . »

Un autre événement aussi détestable que significatif s’est passé !

De nombreux observateurs avaient déjà été choqués par le fait que Richard Ferrand ait été exfiltré du gouvernement après sa mise en cause dans plusieurs affaires immobilières pour un parachutage à la présidence du groupe LREM à l’Assemblée nationale. Ils ont eu le sentiment d’abord que Macron se débarrassait à bon compte du problème Ferrand et que si le manque d’éthique était inacceptable au gouvernement, il l’était tout à fait admissible à la tête d’un groupe parlementaire !

Mais le plus grave est ce sentiment que l’homme a été nommé par l’Elysée à un poste qui nécessite une élection par les députés du groupe. Une violation flagrante de la séparation des pouvoirs !

Pour un président qui veut rénover la politique et
rejeter les mauvaise habitudes du passé … C’est raté !

Mais hier une décision prise au palais Bourbon mais à l’évidence sur commande de l’Elysée a mis le feu aux poudres dans les travées de l’hémicycle !

Il est d’usage que l’un des postes-clés questeurs à l’Assemblée nationale, qui gèrent le budget à l’Assemblée, revienne à l’opposition. Et ce poste est revenu à Thierry Solère, le chef du groupe parlementaire des « constructifs« , ces députés issus des Républicains qui ont décidé de soutenir Macron et donc qui ne sont pas  … dans l’opposition !

Le patron des Républicains à l’Assemblée, Christian Jacob a déclaré, furieux :

« Jamais, dans l’histoire de notre Assemblée, les droits de l’opposition ont été piétinés comme ils l’ont été ! C’est la majorité qui choisit son opposition ! Effectivement, en choisissant trois questeurs totalement acquis au gouvernement, on se trouve dans une situation extrêmement grave ! »

Il n’y a plus de contrôle budgétaire dans cette maison !

Regardez et écoutez la grosse colère d’André Chassaigne, député communiste, à propos des présidences de commissions (désolé pour la pub que je n’ai pu enlever, mais la vidéo en vaut la peine !)


La grosse colère du député communiste André… par Lopinionfr

L’exemplarité de Macron a fait long feu !

Chaque jour amène aux Français, qui se sont laissés séduire par l’évangéliste Macron, des motifs de déception. Le chevalier blanc, pourfendeur des moeurs politiques douteuses voit son bel habit de lumière se ternir et se souiller par le retour à des pratiques qu’ils condamnaient dans ses sermons de campagne électorale !

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