La République trahit-elle les idéaux révolutionnaires ?

Publié par le 16 Juil, 2018 dans Blog | 4 commentaires

La République trahit-elle les idéaux révolutionnaires ?

De l’air ! De l’air ! On étouffe !

Partagez-vous avec moi ce sentiment oppressant que chaque jour nos libertés sont rognées un peu plus ?

Et la première d’entre elles, la liberté d’expression, subit, en ce moment, des attaques incessantes. La loi contre les fake news est un risque majeur contre tous les sites de ré-information qui permettent de faire contrepoids aux médias généralistes trop souvent partisans et adeptes du politiquement correct.

Ce sentiment est renforcé aussi par le fait que, dans le même temps, les minorités voient leur pouvoir renforcé et que la Justice semble plus préoccupée de protéger les délinquants que les gens honnêtes.

C’est l’Opinion qui a remis en lumière un texte d’Alexis de Tocqueville publié en 1848. Dans ce texte, l’auteur dénonce la dérive du processus révolutionnaire français qui, selon lui, entrave de plus en plus la liberté des citoyens alors que 1789 promettait de les libérer de toute entrave.

Voici ce texte :

« Quant à la liberté, il y a une chose qui me frappe, c’est que l’ancien régime, qui sans doute, sur beaucoup de points, il faut le reconnaître, était d’une autre opinion que les socialistes, avait cependant, en matière politique, des idées moins éloignées d’eux qu’on ne pourrait le croire. Il était bien plus près d’eux, à tout prendre, que nous. L’ancien régime professait cette opinion que la sagesse seule est dans l’Etat, que les sujets sont des êtres infirmes et faibles qu’il faut toujours tenir par la main, de peur qu’ils ne tombent ou ne se blessent ; qu’il est bon de gêner, de contrarier, de comprimer sans cesse les libertés individuelles ; qu’il est nécessaire de réglementer l’industrie, d’assurer la bonté des produits, d’empêcher la libre concurrence. L’ancien régime pensait, sur ce point, précisément comme les socialistes d’aujourd’hui. Et qu’est qui a pensé autrement, je vous prie ? La révolution française.

Qu’est-ce qui a brisé toutes ces entraves qui de tous côtés arrêtaient le libre mouvement des personnes, des biens, des idées ? Qu’est-ce qui a restitué à l’homme sa grandeur individuelle, qui est sa vraie grandeur, qui ? La révolution française elle-même. C’est la révolution française qui a aboli toutes ces entraves, qui a brisé toutes ces chaînes que vous voudriez sous un autre nom rétablir, et ce ne sont pas seulement les membres de cette assemblée immortelle, l’Assemblée constituante, de cette assemblée qui a fondé la liberté, non seulement en France, mais dans le monde ; ce ne sont pas seulement les membres de cette illustre assemblée, qui ont repoussé ces doctrines de l’ancien régime, ce sont encore les hommes éminents de toutes les assemblées qui l’ont suivie : c’est le représentant même de la dictature sanglante de la Convention.

Je lisais encore l’autre jour ses paroles ; les voici : «Fuyez, disait Robespierre, la manie ancienne de vouloir trop gouverner ; laissez aux individus, laissez aux familles le droit de faire librement tout ce qui ne nuit pas à autrui ; laissez aux communes le droit de régler elles-mêmes leurs propres affaires ; en un mot, rendez à la liberté des individus tout ce qui lui a été illégitimement ôté, ce qui n’appartient pas nécessairement à l’autorité publique».

Eh quoi, Messieurs, tout ce grand mouvement de la révolution française n’aurait abouti qu’à cette société que nous peignent avec délices les socialistes, à cette société réglementée, réglée, compassée, où l’Etat se charge de tout, où l’individu n’est rien, où la société agglomère en elle-même, résume en elle-même toute la force, toute la vie, où le but assigné à l’homme est uniquement le bien-être, cette société où l’air manque ! où la lumière ne pénètre presque plus. Quoi ! Ce serait pour cette société d’abeilles ou de castors, pour cette société plutôt d’animaux savants que d’hommes libres et civilisés que la révolution française aurait été faite ! »

Alexis de Tocqueville.

On ne peut qu’adhérer à ce texte et dénoncer le tout-état prôné par certains partis notamment à gauche. Cette gauche qui méprise la liberté individuelle au profit de la collectivité notamment dans le domaine économique. A l’inverse, dans le domaine sociétal, la gauche ne jure que par la liberté individuelle (PACS, mariage gay, PMA, GPA).

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4 Réponses à “La République trahit-elle les idéaux révolutionnaires ?”

  1. Bonjour

    je vous invite aussi à lire les écrits de Bastiat comme « La Loi » et L’Etat »
    http://bastiat.org/fr/la_loi.html
    http://bastiat.org/fr/l_Etat.html

    Pour info, la Loi est un texte lu et commenté aux USA alors qu’ici, il est tombé en désuétude pour nos profs communo économistes

  2. Christian 54 dit:

    Lorsque j’étais jeune, Alexis de Tocqueville était l’icône incontournable de Sciences Po.
    C’était un autre siècle et les valeurs avaient du sens, mais surtout la Justice était encore respectable et respectée…
    Maintenant, avec la dictature des enfants-rois (qu’elle a été nocive, cette Dolto), on va droit dans le mur en roue arrière et sans casque !
    La France perd une à une toutes ses valeurs, et bien peu s’en émeuvent.

  3. Les valeurs sont portées par des personnes, si elles sont digne de ce nom, elle apportent un plmus dans la nation.

    Mais depuis des decennies, ces valeurs sont peu a peu delaissées voire trucquées par des « hommes et femmes » ( mais rien n’est sûr), surtout de goche.

    Une idée de la republique qui ment effrontement aux Francais a propos de l’ultra droite ( existe elle vraiment ou est ce une invention de la bien pensance, pour ma part je ne crois pas a la bien pensance qui nous sort un lapin de son chapeau quand elle en a besoin, l’extreme goche existe, tandis que l’ultra droite deumeure une entité floue, plus proche de la paranoïa que de la realité).

    http://www.guerredefrance.fr/index.htm

    La bien pensance eloignée du peuple, plus precisement se foutant du peuple, sauf des minorités qui peuvent la diviser, l’affaiblir, se masque derriere des inventions, et impose la dictature de la pensée si chere aux socialistes.

  4. Qui mentionne encore Toqueville de nos jours ? prononce-t-on seulement son nom dans les Lycées ? j’en doute, on ne m’en a pas vraiment parlé à mon époque, il y a quarante ans, alors …
    Et La Boétie et le « Discours de la servitude volontaire » ?
    Par contre Rousseau et son « contrat social » ça on n’y coupe pas !
    Il a fallu 70 ans à l’URSS pour chuter, nous avons encore 30 ans à attendre !

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