Le « nouveau monde » est condamné à s’effondrer

Publié par le 5 Mar, 2019 dans Blog | 5 commentaires

Le « nouveau monde » est condamné à s’effondrer

Conservateur ! c’est l’insulte suprême !

Un terme que je récuse totalement quand on l’applique à la droite. Je prétends même que la gauche française est bien plus « conservatrice » que la droite quand elle s’accroche à des avantages acquis indus et injustes socialement ou quand elle fonctionne encore sur des vieux schémas économiques issus du marxisme.

Aujourd’hui, seul le progressisme a le droit de cité ! Le progressisme c’est applaudir à la mondialisation qui nous ruine, c’est plébisciter une Europe qui a échoué, c’est prôner la fuite en avant sociétale qui foule au pied les valeurs les plus profondes de l’Homme.

Le progressisme s’est inventé un nouveau cadre : « le nouveau monde », une contrée totalement hors-sol. Le  « le nouveau monde » est porté par des élites mondialisées non-moins hors-sol.

C’est ce que l’essayiste Matthieu Baumier décrit dans son pamphlet intitulé : Voyage au bout des ruines libérales-libertaires que nous présente Françoise Bonardel dans un article paru dans Causeur :

Dans Voyage au bout des ruines libérales-libertaires, l’essayiste Matthieu Baumier livre un pamphlet contre la Modernité, dans lequel il prophétise l’effondrement des élites hors-sol mondialisées et le triomphe du réel auquel les peuples sont restés attachés. 

Le propre d’un pamphlet est d’être virulent, incisif et cinglant. Celui de Matthieu Baumier l’est assurément, et vous fouette parfois jusqu’au sang. Son titre, Voyage au bout des ruines libérales-libertaires, indique clairement qu’il s’agit d’un nouveau « Voyage au bout de la nuit », d’une errance ultime jusqu’aux confins des champs de ruines laissés par la Modernité, avant un renouveau dont l’auteur dit voir poindre les prémices.

Entreprise de démolition

Ces ruines dont il va falloir bientôt déblayer les décombres sont celles des chantiers entrepris par les Titans modernes dont la puissance, disait Ernst Jünger, n’a d’égale que l’aveuglement. C’est même là le seul « gros œuvre » que permet pour l’heure le nihilisme dont la Modernité est le nom à peine masqué. Par sa radicalité, cet essai devrait contribuer à ce déblaiement, d’autant que Matthieu Baumier a su s’entourer de compagnons de route suffisamment divers – Debord, Baudrillard, Bernanos, Heidegger – pour n’être pas suspecté de promouvoir une nouvelle idéologie totalitaire.

Dans un pamphlet c’est d’ailleurs moins l’argumentation qui fait mouche que le repérage de la cible, et la justesse du coup tiré. Baumier est un excellent tireur, et il connaît si bien ses cibles qu’il peut se permettre, comme certains maîtres zen, de tirer parfois les yeux bandés, faisant ainsi du pamphlet un art chevaleresque et guerrier. Car il n’en est pas à son coup d’essai1 et la guerre, il l’a depuis longtemps déclarée à ce « monde d’âmes en ruines » qui est en train d’agoniser sous nos yeux. Mais on n’évacue pas les ruines d’un monde qui a fait de la dénonciation permanente un devoir civique, et de l’indignation une vertu, en s’empressant de lui renvoyer la balle quitte à devoir rentrer dans son jeu. C’est aujourd’hui le risque couru par toute démarche critique, que Baumier a su contourner en se contentant de cibler l’inadmissible – il n’avait que l’embarras du choix – tout en laissant le lecteur rétablir lui-même la Limite sans quoi nos sociétés se délitent.

Or elles se délitent, et la responsabilité en incombe, selon Baumier, aux élites mondialisées ultra-libérales et libertaires dont les prévarications s’exercent depuis quelques décennies sur le peuple, méprisé lorsqu’il ne vote pas « bien » et n’adhère plus aux idéaux supposés républicains auxquels la réalité économique et sociale apporte un démenti quotidien. Aussi n’est-il plus suffisant de parler comme René Guénon d’une « crise du monde moderne » quand ce monde, qui n’en a sans doute jamais été un, est frappé d’une « immondisation » (Heidegger) touchant l’homme au plus profond de lui-même : « Une déréalisation de l’humain qui a largement précédé l’advenue de notre propre numérisation. » La « Société du Spectacle » n’est donc pas un accident de parcours dû à une erreur d’aiguillage ; elle est l’essence même de la Modernité abolissant le réel au profit de ses représentations, ou l’inversant dès lors qu’il se révèle gênant et qu’il résiste – c’est sa fonction selon Lacan – aux manipulations qu’on lui fait subir.

Les exemples ne manquent pas de ces inversions du réel qui renforcent la malfaisance du couple maudit formé par le Moderne et son double, entendez le « réactionnaire » dont l’éradication est d’autant plus difficile qu’il s’agit d’une figure extrêmement utile à qui veut contrecarrer toute velléité d’insubordination :

« Le libéral-libertaire n’a pas d’adversaires, il n’a que des ennemis à abattre et ces ennemis sont nécessairement des gens de droite, donc d’extrême-droite, donc fascistes, donc nazis. »

Les cibles, tout le monde les connaît sans oser pour autant les viser : déculturation de la France et faillite de l’école qui n’assure même plus la sécurité des élèves ; régression de certains quartiers qu’on dit pudiquement « défavorisés » vers des formes nouvelles de barbarie, et incohérence des libéraux-libertaires en matière d’immigration ; expérimentations sociétales aux effets imprévisibles associées à la théorie du genre, et utilisation raciale d’un antiracisme de propagande, etc. Rien de bien nouveau sous le soleil français en somme, si ce n’est la position singulière de l’auteur célébrant déjà l’advenue imminente d’un ordre plus humain. D’où tient-il une si belle assurance ?

La chute des élites et le retour des idées interdites

Les raisons de son optimisme sont simples : le réel finit toujours par l’emporter sur ses contrefaçons, et la réalité ne saurait être plus longtemps trafiquée sans tôt ou tard s’imposer. Le peuple a gardé par la force des choses le sens du réel, et finira donc par triompher des oligarchies mondialisées de plus en plus déréalisées. N’est-il pas d’ailleurs en train de se réveiller un peu partout en Europe et dans le monde ? La Modernité, cette aventure hasardeuse, n’est tout simplement plus viable, et une Contre-Modernité déjà s’annonce qui n’aura même plus besoin de se dire antimoderne. Pourquoi dès lors ne pas abandonner toute référence à une quelconque « modernité », se demande-t-on ? Mais par quel autre terme désigner cette ère future post-démocratique, tant l’idée de démocratie s’est elle aussi vidée de son sens à mesure que l’homme se déshumanisait ?

L’horizon envisagé par l’auteur est résolument « conservateur », au sens donné dans les années 1920 à ce terme par le poète Hugo von Hofmannsthal, initiateur d’une « révolution conservatrice » suivie par nombre de grands esprits de son temps. « Enracinement » n’est plus dans ce contexte un mot obscène dès lors qu’il s’agit de transmission et de culture, de respect de la langue et de « préférence civilisationnelle » dont Matthieu Baumier rappelle à juste titre que chaque peuple est en droit de l’affirmer sans encourir la réprobation. Claude Lévi-Strauss ne pensait pas autre chose, à une époque pas si lointaine où le dire était encore permis. Enfin et surtout, restauration du sens de la Limite – « ce qui fait sens dans le réel » – et donc des limites abolies par les libéraux-libertaires, décloisonnant à tout-va sans trop se préoccuper des conséquences de leur libéralité.

Matthieu Baumier est d’ores et déjà invité à nous faire part, le moment venu, de sa jubilation de poète face au monde nouveau qu’on espère, comme lui, voir sortir prochainement de ces ruines titanesques.

Françoise Bonardel pour Causeur.

Merci de tweeter cet article :





5 Réponses à “Le « nouveau monde » est condamné à s’effondrer”

  1. Richard Mauden dit:

    Macron va dans le mur. « Macron est en train de se planter ! Le chômage est toujours aussi haut, les dépenses publiques et la dette continuent leur marche en avant triomphale et les prélèvements obligatoires crèvent tous les plafonds. » (Nathalie M.P)

  2. Matthieu Baumier a écrit un excellent livre sur la « Démocratie totalitaire » que l’on voit s’accomplir sous nos yeux avec le nouveau monde et son hologramme présidentiel…

    Mais le réel cogne très fort à la porte, comme les gilets jaunes viennent encore de le démontrer et comme l’illustrent les nouvelles émeutes grenobloises, préfigurations de notre quotidien demain et que l’extrême-centre et ses relais médiatiques essayent de dissimuler par tous les moyens(Dormez braves gens, la France ne va pas si mal: le président Macron se décarcasse jour et nuit pour vous….).

    Il suffit d’ouvrir et de feuilleter les pages d’un quotidien comme le « Ouest France » pour se rendre compte du degré de déréalisation atteint par les entrepreneurs d’informations…

  3. A mon avis il est bien optimiste, le reel par les GJ ne fait pas beaucoup d’effet sur ces mondialistes, qui meprisent completyement les peuples des lors qu’ils ne pensent pas comme eux.

    A cela s’ajoute la propagande des merdias, la pseudo justice, a la botte de ce mondialisme, chargés d’eradiquer les verités.

    Ou se livre va endormir le peuple, ou leur montrer le veritable emploi de la mondialisation sous de pseudo verités, lié a ses interets, eloigné fort souvent du peuple.

  4. stéphane roncaglia dit:

    Notre constitution est trop archaïque, elle doit évoluer, j’ai opté pour le RIC le référendum d’initiative citoyenne. Mieux qu’une révolution, le RIC c’est une évolution, une modernisation de notre constitution, . Un projet qui se base sur la connaissance, nous rendant tous plus responsable pour l’avenir Les forces obscures de l’argent détruisent toutes nos valeurs. Nos dirigeants ont volés le pouvoir au peuple, et le RIC serait une bonne solution pacifique pour le reprendre. Consacré à donner les véritables connaissances à nos citoyens pour qu’ils deviennent responsable et sortent de leur léthargie. Là à nous de réfléchir sur tout sujet, en utilisant nos connaissances et notre intelligence pour voter ensemble nos lois. C’est aussi un projet commun qui nous rassemblerait dans un consensus de grand débat, au lieu de nous diviser. La véritable richesse c’est la connaissance, le savoir, pour devenir adulte, et chacun de nous peux agir à son échelle, le peuple pourra prendre alors son destin en main. Et si parfois on se trompe c’est de ses erreurs que l’on grandit et apprends pour devenir plus fort. Pour ne plus être dans l’imposition subite, et savoir pourquoi on fait. Une chaine de TV pourrait être créé pour que des experts nous donnent leurs opinions, mais sans lobbies derrières, à nous de choisir véritablement…

  5. « Ce monde d’ame en ruine » est bien ce probleme CLEE qui entraine tout vers sa decheanche et explique toute ses derives materielle, economique, gaspillages, morales et laxisme extreme d’un coté et trop repressif de l’autre…et tous ses mensonges et manipulations dont les peuples font les frais.

    C’est bien un monde d’ame en ruine auquel nous assistons ou les élites sont le fer de lance pronant cette nouvelle societe au valeurs inversés.

    L’inverse des lois Divine dont ils ne font RIEN pour defendre la chretienté mais tout pour certaine religion…

Laissez une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *