L’élection présidentielle est trop grave
pour qu’on la confie à des Français !

Publié par le 4 Jan, 2019 dans Blog | 3 commentaires

L’élection présidentielle est trop grave pour qu’on la confie à des Français !

C’est en 1917 que Georges Clemenceau avait déclaré :

« La guerre ! C’est une chose trop grave
pour la confier à des militaires. »

C’est donc en paraphrasant le père la Victoire que je suis arrivé à la conclusion – très iconoclaste, je l’avoue – qu’il était de première urgence de retirer aux Français la prérogative d’élire le président de la République au suffrage universel !

Car qu’ont fait les Français de ce droit de choisir le chef de l’Etat ?

  • Avec François Mitterrand, les Français avait choisi la bonne vieille démagogie de gauche : 39 heures, retraite à 60 ans, nationalisation des banques, etc … Il ne fallut que 2 ans et trois dévaluations successives pour que le Marché siffle la fin de la récréation socialiste et que Mitterrand mange son chapeau de feutre noir.
  • Avec Jacques Chirac, les Français avaient voulu clore la parenthèse socialiste. Ils crurent élire un homme de droite gaulliste qui, au final, s’avéra plus radical-socialiste que gaulliste.
  • Avec Nicolas Sarkozy, c’est le dynamisme et l’énergie qui furent élu malgré la « bravitude » de la Madone du Poitou. La crise financière mondiale de 2008 ruinèrent la politique du travailler plus pour gagner plus qui vit un premier choc fiscal frapper les Français.
  • François Hollande, ne fut élu que grâce à une campagne médiatique forcené basé sur le TSS (Tout sauf Sarkozy). Ce fut le premier président élu par défaut. Les Français mesurèrent leur erreur quand s’abattit sur eux un deuxième choc fiscal qui, cumulé au précédent, tua la croissance en France alors que l’Europe se relevait économiquement.
  • Emmanuel Macron fut le deuxième président « de circonstance ». Le candidat de la droite modérée que les sondages donnaient élu « dans un fauteuil », fut victime, d’abord de son amour pour l’argent, mais aussi d’une campagne médiatico-judiciaire d’une violence inouïe dans laquelle la justice nous démontra qu’elle savait, quand elle voulait, se montrer d’une efficacité fulgurante ! Macron capitalisa avec habileté sur l’incompétence et l’impopularité de son prédécesseur et remportera le premier tour avec 24 % des suffrages exprimés et seulement 18,2 % des inscrits. Le second tour, face à Marine Le Pen, fut une formalité pour Macron : 66,1 % des suffrages exprimés mais seulement 43,6 % des inscrits. A noter également les 4 millions de bulletins blancs ou nuls. Tout ceci explique sans doute la chute de popularité de Macron et la crise des gilets jaunes que nous venons de vivre.

Le bilan sur les deux derniers quinquennats est consternant !

Car il est plus que probable que le quinquennat de Macron est virtuellement terminé et va finir en roue libre ou bien en explosion sociale.

Comment a t-on pu élire un François Hollande dont les capacités se résumaient à savoir naviguer dans les différents courants politicards du PS ? Un homme politique qui n’avait jamais été ministre ! Ni Mitterrand ni Jospin n’en avait voulu !

Comment a t-on pu élire un Emmanuel Macron inconnu des Français seulement quelques mois avant l’élection ? Comment a t-on pu l’exonérer de ses responsabilités de conseiller puis de ministre de l’économie dans le calamiteux quinquennat de François Hollande ? Comment a t-on pu élire un homme qui n’avait jamais été confronté au suffrage universel, même au plus petit niveau ?

L’élection présidentielle est trop sous l’influence des médias.

Que ce soit en négatif avec le lynchage médiatique dont a souffert Nicolas Sarkozy ou bien en positif avec l’engouement des médias pour Emmanuel Macron, il est évident que les médias font en grande partie l’élection.

La gauche bénéficie toujours d’un contexte favorable de la part des médias. Rappelons que des simulations de l’élection présidentielle de 2017 auprès des étudiants des deux principales écoles de journalistes françaises avaient donné 90 % des voix pour Hollande dans la première … et 100 % des voix dans la seconde !

« Les promesses des hommes politiques n’engagent que ceux qui les reçoivent  »

Cette maxime de Charles Pasqua n’a pas pris une ride. Aujourd’hui un candidat à l’élection présidentielle qui dirait la vérité aux Français serait certain … de ne pas être élu !

C’est la fracture sociale de Jacques Chirac. C’est l’inversion de la courbe du chômage de Hollande. C’est la République irréprochable et le nouveau monde d’Emmanuel Macron.

Les deux dernières élections présidentielles m’ont amené à la conclusion suivante :

Et si l’on supprimait l’élection du président au suffrage universel …

Je verrais bien un système à l’anglaise dans lequel, après les élections législatives, c’est le parti qui arrive en tête qui propose le premier ministre. Les Anglais se passe très bien d’un chef de l’Etat ! Pourquoi pas nous ?

Avec les avantages suivants :

  • Dépersonnalisation de l’élection,
  • Réduction drastique de l’influence des médias,
  • « Déroyalisation » de la fonction présidentielle,
  • Changement de chef de l’Etat facile en cours de législature.

Et quelques inconvénients :

  • Danger de retour au régime des partis (comme pendant la IV ème République),
  • Risque d’instabilité des gouvernements,
  • Difficulté en France à construire des coalitions.

Mais je suis réaliste …

Mon idée n’a aucune chance de séduire beaucoup de monde … Les Français auront du mal à se priver de cette prérogative que leur a offerte la V ème République.

Mais que penserait le général de Gaulle de ce qu’est devenue l’élection présidentielle avec les chaines d’infos en continu et les réseaux sociaux ?

Voilà, c’était mon délire de début d’année mais je suis curieux de lire vos réactions.

Bonne année à tous.

Merci de tweeter cet article :





3 Réponses à “L’élection présidentielle est trop grave
pour qu’on la confie à des Français !”

  1. Je ne suis pas loin de partager votre délire du nouvel an et de souscrire à votre diagnostic.
    Sur deux points, essentiellement: le festival de démagogie que constitue chaque élection présidentielle,avec l’appui des médias et des promesses de campagne irréalisables ou grotesques;la baisse de niveau du nouveau président de la République élu: Hollande avait au moins,au minimum, l’expérience de mandats locaux,à défaut d’avoir jamais été ministre; avec Macron c’est un parfait inconnu,sans aucune expérience politique,sans exercice du moindre mandat politique,coopté plutôt qu’élu…le prochain président de la République sera-t-il autre chose qu’un saltimbanque ou un démagogue accompli?

  2. Les anglais que vous citez ont la chance d’avoir à leur tête une femme extraordinaire en la personne d’Elisabeth II, et ce malgré les difficultés que la royauté a pu rencontrer après la mort de Diana et les dérives de la peopleisation. Elle incarne le Royaume-Uni et reste un personnage fédérateur malgré les multiples divisions dans le pays (Brexit, Écosse, politique,…).
    Je ne suis pas royaliste à la base, ni pensant un retour possible à ce type de système dans la France régicide et qui a gardé un vieux fond bonapartiste. Mais pendant la présidence Hollande, en voyant ce type détesté par 80% des Français représenter notre nation millénaire (soyons honnête, ce sentiment à été dans le sens inverse par les gens de gauche sous Sarkozy par exemple), j’ai eu honte et ai maintes fois imaginé que la France se serait mieux portée si elle avait su faire sa mue assez tôt vers une monarchie parlementaire.
    De la même façon l’autre erreur historique de France fut la révocation de l’édit de Nantes qui a provoqué le départ de protestants très entrepreneurs et qualifiés qui ont fait la fortune du canton de Genève, des hollandais et des anglais. La France aurait gagné à un meilleur « mix » entre les valeurs du catholicisme (ma religion) et du protestantisme. Aujourd’hui dans une France fortement déchristianisée s’est développé un vieux fonds croisement de certains restes de l’héritage catholique, de marxisme et de sans-cullotisme qui ne fait pas vraiment notre succès…

Laissez une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *