Mortalité infantile : le rapport qu’on veut nous cacher

Publié par le 8 Août, 2026 dans Blog | 0 commentaire

Mortalité infantile : le rapport qu’on veut nous cacher

Décidément, contrairement à ce qu’on aurait pu espérer, Sébastien Lecornu ne sera pas le premier ministre qui aura résisté aux tendances totalitaires de Macron.

Son nom restera associé à celui de Macron pour avoir fait passer en force la loi controversée sur l’euthanasie et le suicide assisté, alors qu’il la désapprouvait.

Il portera aussi la responsabilité du déni de démocratie qui a consisté à décider par décret la PPE3 sans vote par le parlement. Pour mieux faire passer la pilule, Sébastien Lecornu avait interdit que soit publié un rapport d’experts accablant sur la dangerosité des énergies intermittentes pour les centrales nucléaires. Il aggrave même son cas en lançant des appels d’offres pharaoniques d’éoliennes maritimes avant les présidentielles !

Et voila qu’il recommence à tromper les Français en refusant, avec la complicité du ministre de la santé, que soit publié un rapport sur les causes de l’augmentation du taux de mortalités des bébés en France !

C’est ce que rapporte cet article de Boulevard Voltaire :

La mortalité infantile : une misère bien
française cachée par le ministère ?

Madame la ministre, publiez ce rapport ! Les familles françaises ont le droit de connaître la vérité ! Les responsables politiques doivent connaître l’état de notre système de santé ! 

invective Éric Ciotti, sur X, en partageant un article du Canard enchaîné révélant un rapport enterré puis déterré du ministère de la Santé sur la mortalité infantile. Selon le journal :

depuis sept mois, Stéphanie Rist refusait de rendre public un rapport de l’IGAS qui analyse les causes de la mort de milliers de nourrissons chaque année en France, et c’est parce que Le Canard en dévoile le contenu […] que son ministère se décide à mettre le document en ligne.

Un cache-misère du ministère de la Santé ?

Pourquoi une telle omerta ? Pour quelles raisons un rapport du ministère de la Santé serait volontairement caché aux Français ? Selon Le Canard enchaîné, ce rapport pourrait plomber les ambitions de réarmement démographique d’Emmanuel Macron car le constat est désolant :

selon les chiffres publiés le 7 juillet par l’Institut national de la statistique, le taux de mortalité infantile a ­grimpé à 4,1 pour 1.000 naissances en 2024. Ainsi, sur un total de 661.822 naissances, 2.709 enfants sont morts avant leur premier anniversaire. Cette dégradation, due principalement à des décès de bébés au cours de leurs 27 premiers jours, fait rétrograder la France à la 23e place des 27 pays de l’Union européenne.

Effectivement, en juillet, BV se faisait l’écho du rapport de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) faisant état de cette augmentation continue de la mortalité périnatale en France, jusqu’à en faire l’un des plus mauvais élèves de l’UE. Ce rapport, sur lequel s’appuie, entre autres, celui de l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales), que Le Canard se vante d’avoir fait sortir du bois, a été publié début juillet et faisait déjà état de cette misère française.

Une misère bien française depuis 2011 …

Certes, quand Le Canard enchaîné explique que les conclusions du rapport de l’IGAS « ont de quoi plomber l’optimisme du plan de réarmement démographique prôné par Emmanuel Macron », on le croit sans mal. La synthèse du rapport explique que :

la hausse de la mortalité infantile est principalement liée à l’augmentation de la mortalité néonatale qui s’inscrit dans un phénomène multifactoriel combinant des facteurs démographiques, sociaux et économiques.

Selon le rapport :

l’INSEE date la reprise de la hausse de la mortalité infantile en France de l’année 2011. En effet, de 4,53 ‰ en 2000, le taux de mortalité infantile continue à baisser jusqu’à son point le plus bas, historique, 3,5 ‰, atteint en 2011. À partir de cette année charnière, il entame une remontée continue jusqu’à atteindre 4,1 ‰ en 2024. Le taux de mortalité infantile de 4,1 ‰ constaté en 2024 correspond à 2.709 enfants morts entre J0 et J364 cette année-là, soit un enfant sur 250 décédé avant son premier anniversaire. 

On en conviendra, ces chiffres ne sont pas pour encourager les Français au réarmement démographique, d’autant que la France se singularise en la matière puisque :

si la France avait obtenu, toujours en 2024, les résultats de l’Italie ou du Portugal, soit une mortalité infantile de 2,5 ‰, elle aurait cette fois évité le décès avant un an de 1.057 enfants.

Mortalité néonatale plus qu’infantile

Le rapport de l’IGAS explique, sans ambages :

Il existe à l’heure actuelle, en France, un excès de mortalité néonatale, et donc infantile, considérable. En effet, au total, 75 % des décès infantiles (2.031) ont eu lieu durant le premier mois de vie, correspondant à la mortalité néonatale, ce qui signifie que la hausse du taux de mortalité infantile de 0,6 point enregistrée en France depuis 2011, de 3,5 à 4,1 ‰, s’explique donc exclusivement par celle, de 0,6 point, de la mortalité néonatale.

Les causes sont nombreuses, comme l’expliquait déjà BV en juillet, mais gare aux mauvaises langues qui considèrent que la fermeture des petites maternités serait en cause, puisque :

les travaux conduits pour la mission par le « pôle Data » de l’IGAS n’ont pas établi de corrélation statistique significative entre évolutions de l’offre dans les territoires et dégradation de la situation épidémiologique dans ces mêmes territoires. Pourtant en 1995, on dénombrait 816 maternités en France ; elles n’étaient plus que 457 en 2023 : en trente ans, leur nombre a donc été divisé par presque 2 (1,79).

Hausse de l’immigration et de la mortalité périnatale

Quoi qu’il en soit, ce ne serait pas le seul facteur. Le rapport de l’IGAS explique, par exemple, que l’augmentation de la mortalité périnatale est liée, aussi, à certains « facteurs populationnels » comme « l’augmentation de la part des femmes enceintes d’origine étrangère ». Ainsi, détaille le rapport :

toutes choses égales par ailleurs, la mortalité infantile est plus forte pour les mères nées à l’étranger, en particulier dans un pays d’Afrique. Ainsi, de 2004 à 2022, le taux moyen de mortalité infantile était de 3,4 ‰ pour les mères nées en France, dans un autre pays d’Europe ou en Asie. En revanche, il atteignait 4,6 ‰ pour les mères nées au Maghreb et 7,5 ‰ pour celles nées dans un autre pays d’Afrique, soit 2,2 fois plus que le taux enregistré chez les femmes nées en France.

C’est simple :

comme la proportion d’enfants ayant une mère née hors de l’UE a vivement progressé de 7,4 points, passant de 16,11 % en 2010 à 23,51 % en 2024 , cette progression quantitative a provoqué, selon l’INSEE, une hausse du taux de mortalité infantile de près de 0,1 point sur 1.000 (0,08 point) entre les deux périodes de référence. Autrement dit, si la structure par lieu de naissance de la mère, de 2015-2022, était restée identique à celle de 2010 2014, le taux de mortalité infantile serait moins élevé de presque 0,1 point. 

Alors, si réellement le ministère de la Santé a voulu ensevelir ce rapport dans la torpeur estivale, qu’aurait-il voulu cacher ?

  • Que la France se montre incapable d’absorber le flux des mères immigrées accouchant en France ?
  • Que la France se singularise dans l’UE par sa mortalité infantile ?

Pourtant, dans toutes ces misères, celle-là n’est qu’un clou de plus dans le cercueil français.

Victoire Riquetti pour Boulevard Voltaire.

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