Voilà ce qui arrive quand on touche à la laïcité

Publié par le 22 Fév, 2019 dans Blog | 3 commentaires

Voilà ce qui arrive quand on touche à la laïcité

Depuis qu’il est président, Emmanuel Macron s’en prend plus ou moins directement à la laïcité telle qu’elle existe aujourd’hui. Il se trompe d’ennemi et donne des ailes aux islamistes.

Voici un article d’Yves Mamou paru dans Causeur.  Ce texte met en lumière la stratégie d’Emmanuel Macron pour favoriser un Islam de France fut-ce au prix du viol des principe de laïcité posés  par la loi de 1905.

Notre président qui semble gober lui-même les slogans – « Jupiter »,  « maître des horloges » –  que ses communicants inventent pour les autres, joue déraisonnablement avec le feu. Il ne devrait pas. Les passions raciales et religieuses ne s’instrumentalisent pas.

Le traitement de l’antisémitisme dans l’affaire des gilets jaunes ou la politique anti-laïque que le même Macron mène pour aboutir à un « islam de France » sont irresponsables. Elles fonctionneront d’autant moins qu’elles reposent sur un déni de réalité. Et la réalité, c’est que l’islamisme est l’ennemi des juifs aussi bien que du « vivre-ensemble ».

Les années 30 n’ont rien à voir là-dedans

Les juifs ou « sionistes », cibles traditionnelles de la gauche et de l’islamo-gauchisme, sont devenus sous Emmanuel Macron un bouclier humain que le gouvernement utilise pour travestir les gilets jaunes en nazis. Le 1er novembre 2018, Emmanuel Macron a fait un rapprochement avec les années 30 en invoquant une « ressemblance entre le moment que nous vivons et celui de l’entre-deux-guerres ». Fin novembre 2018, Gérald Darmanin a surenchéri« Ce ne sont pas les gilets jaunes qui ont manifesté, c’est la peste brune. Ce n’est pas parce que vous mettez un gilet jaune que vous ne portez pas une chemise brune en dessous. » Dès ses vœux du Nouvel An, Emmanuel Macron a fait référence à l’antisémitisme supposé des gilets jaunes en évoquant des « foules haineuses ». En février 2019, c’est Frédéric Pottier, préfet et délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT qui tweetait : « Tags antisémites jusqu’à la nausée en plein Paris ce WE. Quand la haine des Juifs se recoupe avec la haine de la Démocratie, le vocabulaire de la #fachosphere se retrouve sur les murs ! »

Sauf que la haine brute qui s’est exercée contre Alain Finkielkraut, samedi 16 février, n’émanait pas des gilets jaunes. Elle émanait de salafistes ornés du traditionnel keffieh qui marque le soutien à la cause palestinienne. Ils ont hurlé à l’académicien : « Dégage fasciste. La France, elle est à nous ». Quant aux croix gammées qui émeuvent les médias quand elles surgissent sur l’île Saint-Louis, elles foisonnent dans certaines banlieues pour inviter les juifs qui y résident à décamper. La peste brune peut bien se travestir en jaune à Paris, ce n’est pas sur les ronds-points qu’elle est portée à incandescence.

En travestissant l’antisémitisme issu de certaines banlieues en antisémitisme d’extrême droite, Emmanuel Macron vise les gilets jaunes. Mais par ce travestissement, il assure aux admirateurs de Soral l’impunité et donne à leur haine du juif un feu vert pour se développer. Qui peut affirmer que notre président sera capable de mettre le holà du jour au lendemain à cet antisémitisme islamiste que personne n’ose jamais nommer ?

On ne triche pas avec la réalité

Si Emmanuel Macron était réellement jupitérien, il comprendrait qu’on ne triche pas longtemps avec la réalité. Jeter aux orties, comme il s’apprête à le faire, la loi de 1905 participe du même jeu malin que le travestissement de l’antisémitisme de certains en banlieues en antisémitisme d’extrême droite.

Dans une France aujourd’hui largement diversifiée sur le plan ethnique et religieux, la laïcité demeure – pour peu qu’on la fasse vivre sans la dénaturer – le seul ciment du vivre-ensemble, le seul instrument qui soit légitime pour débarrasser l’espace citoyen des passions religieuses qui le polluent. Mais pour apaiser les allumés de l’islam politique, Emmanuel Macron a entrepris de transformer une société de citoyens adhérant à un pacte républicain en une société de communautés qui n’adhèrent à rien d’autres qu’elles-mêmes.

Où en est la « radicalisation de la laïcité » ?

Sur la base de cette hypothèse fausse qu’éliminer la laïcité apaisera les islamistes, Emmanuel Macron s’est livré, dès avant son élection, aux mêmes petites ruses qu’avec l’antisémitisme : il a désigné la laïcité comme un conservatisme rancunier et dépassé. Dés 2016, dans Challenges, le candidat a dénonçé « le laïcisme [comme] une conception étriquée et dévoyée de la laïcité » et a pourfendu les défenseurs « d’une vision revancharde de la laïcité », d’ « une laïcité qui, avant tout, pose des interdits, lesquels, au passage, se manifestent surtout à l’encontre d’une religion en particulier ». Tel est jusqu’à aujourd’hui le credo du président: l’islam en France n’aspire qu’à devenir l’islam deFrance, et seuls les « laïcards » islamophobes y font obstacle.

En décembre 2017, au lendemain de son élection, le président Macron a rencontré les représentants de six religions (catholique, protestante, orthodoxe orientale, musulmane, juive et bouddhiste) au palais de l’Élysée. Rien n’a fuité de cette réunion hormis une petite déclaration dans le prolongement des précédentes : Emmanuel Macron craignait une  « radicalisation de la laïcité ». A en croire le président, la résistance à l’islam politique en revanche bloquerait l’unité de la nation.

Pour mieux isoler la laïcité et la désigner comme ennemi du « vivre-ensemble », Emmanuel Macron s’est cherché des alliés du côté de l’Église catholique. En avril 2018, il s’est donc rendu à l’invitation de la Conférence des évêques de France. Dans le somptueux décor du Collège des Bernardins, devant plus de 400 personnalités catholiques, le président a prononcé un discours érudit et vide. Mais, adroitement glissée dans le discours, une invitation à « réparer le lien endommagé » entre l’Église et l’État a fait mouche. Les 400 responsables catholiques ont ovationné debout le président de la République, oubliant que ceux qui persécutent 250 millions de chrétiens au Moyen Orient et en Afrique, ceux qui profanent impunément les églises en France aujourd’hui, ne sont pas des « laïcards » obtus. En France aussi, les élites religieuses se trompent d’ennemi.

Liberté, égalité, communautés

Avec ce puissant allié catholique en poche, Emmanuel Macron a lancé la deuxième étape de sa stratégie: il a autonomisé une partie des musulmans de France en confiant les clés de la « politique de la ville » à des notables de banlieues. Le président a créé le « Conseil présidentiel de la ville », une structure politique composée principalement de représentants d’organisations travaillant dans les « quartiers ». Aujourd’hui, cet organisme est chargé de suivre la politique de la ville et de piloter les quelques centaines de millions d’euros annuels – 429 millions d’euros  en 2018 – qui vont avec. L’idée de confier les clés des banlieues à des associations de ce type n’est pas nouvelle. Elle a été formulée pour la première fois en 2013 par le conseiller d’État Thierry Tuot dans un célèbre rapport intitulé « La grande nation, pour une société inclusive », présenté au Premier ministre de l’époque Jean-Marc Ayrault.

Pour compléter l’institutionnalisation de l’islam politique en France, deux cavaliers législatifs ont été introduits fin juin 2018 dans la « loi pour un État au service d’une société de confiance ». Le premier cavalier législatif a supprimé l’obligation pour les associations religieuses de se déclarer comme lobbies. Cette mesure rendra les Frères musulmans anonymes chaque fois qu’ils souhaiteront exercer des pressions sur le législateur. Le deuxième cavalier législatif – en violation apparente de la loi de 1905 sur la laïcité – devait autoriser les associations religieuses à agir en tant qu’acteurs privés sur le marché immobilier. Selon le Comité Laïcité République (CLR), ce cavalier législatif priverait une municipalité ou une région de la possibilité de s’approprier des terrains ou des bâtiments vendus par une église ou une mosquée. « Ainsi, le code de l’urbanisme et la loi de 1905 seraient modifiés à cet effet », a déclaré le CLR. Heureusement, ce deuxième cavalier législatif qui rendait la puissance religieuse opposable à la puissance publique, n’a pas été voté. Mais ce n’est peut-être que partie remise.

Souviens-toi de Gérard Collomb

Emmanuel Macron ne veut pas comprendre qu’on ne triche jamais longtemps avec la réalité. Se tromper d’ennemi et traiter une partie de son peuple en ennemi est une erreur politique mortelle. Masquer l’antisémitisme musulman en antisémitisme d’extrême droite et dézinguer la laïcité dans l’espoir vain d’apaiser l’islamisme ne peut fonctionner pour une raison simple. Dans sa dimension anti-laïque ou dans sa dimension « antisioniste » l’islamisme relève d’une dynamique totalitaire que rien n’apaise jamais. Il lui en faudra toujours plus. Gérard Collomb, ancien ministre de l’Intérieur, l’avait pressenti : « On vit côte à côte, je crains que demain on ne vive face à face, nous sommes en face de problèmes immenses. » Gerard Collomb, faut-il le préciser, ne parlait pas des gilets jaunes.

Yves Mamou pour Causeur.

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3 Réponses à “Voilà ce qui arrive quand on touche à la laïcité”

  1. Pacte de Marrakech…Retour des djihadistes de Syrie…loi sur les « Fakes news »… Retour d’une taxe carbone en catimini…atteinte à la loi de 1905….Ce type est dangereux mais c’est un véritable danger public pour la France!

  2. Richard Mauden dit:

    Emmanuel Macron : 120 millions d’euros par an pour les « activistes » féministes
    22/02/2019 05:19
    L’égalité femmes-hommes, une cause pour laquelle Emmanuel Macron compte créer un fonds de 120 millions d’euros par an. Sous l’oeil avisé de Marlène Schiappa…
    Le féminisme à l’honneur du G7 de Biarritz
    Le prochain sommet du G7 va se tenir à Biarritz du 25 au 27 août 2019. Seront alors réunis au Pays Basque les chefs d’États des sept pays réputés être les plus grandes puissances avancées du monde : l’Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni. Un rendez-vous où le FMI, l’ONU et l’OCDE seront également représentés.
    À l’occasion de cette rencontre estivale, la France compte émettre des propositions concernant la question de l’égalité femmes-hommes. Afin de préparer le dossier, un Conseil pour l’égalité femmes-hommes s’est tenu à l’Élysée le mardi 19 février. Le président de la République Emmanuel Macron et son épouse Brigitte Macron avaient convié une kyrielle de personnalités…
    120 millions d’euros pour les mouvements féministes
    Ce Conseil pour l’égalité femmes-hommes a donc eu lieu en présence de l’actrice britannique et ambassadrice d’ONU Femmes Emma Watson mais également des prix Nobel de la paix Nadia Murad et Denis Mukwege. Dans un autre registre, la Femen Inna Shevchenko était aussi de la partie. Sans oublier, bien entendu, la secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes et à la lutte contre les discriminations Marlène Schiappa.
    Au terme de la rencontre, cette dernière a annoncé que « le président de la République a décidé de créer un fonds de 120 millions d’euros par an pour aider les mouvements pour l’égalité femmes-hommes et féministes, notamment du sud ». Sans donner davantage de précisions sur cette notion de « sud » ni sur les raisons expliquant les lacunes de ce dernier en matière d’égalité femmes-hommes…
    Emmanuel Macron veut des « activistes »
    Parmi les chantiers dans le viseur du Conseil pour l’égalité femmes-hommes, se trouvent notamment l’aide publique au développement de l’accès des filles à l’éducation et la création d’un fonds mondial pour les victimes des viols utilisés comme armes de guerre. Mais le rendez-vous de Biarritz sera aussi l’occasion d’utiliser le pouvoir d’influence du G7 pour inciter les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) à combattre le harcèlement en ligne.
    Des projets qu’Emmanuel Macron veut voir se matérialiser rapidement : « Faisons de ce comité un groupe d’activistes, sans attendre le mois d’août, avec des actions très concrètes ». Et de poursuivre : « Que des gens qui se sont habitués à l’anonymat, on leur enlève leur masque, que des grands groupes habitués à vivre de ça, on leur enlève cette liberté, qu’on mette de la protection partout où il en faut ». Enfin, la mise en place d’un suivi des engagements formulés au G7 concernant l’égalité de genre serait aussi dans les cartons.
    De son côté, l’essayiste française Caroline Fourest, elle aussi présente à l’Élysée ce 19 février, a déclaré : « L’avancée des droits des femmes est menacée par la sécularisation qui recule partout et par l’exception à l’universalité des droits au nom du respect des cultures et des religions » avant d’ajouter que « Ce principe pourrait être réaffirmé lors du G7 ».
    Pour mener à bien cette diplomatie féministe auprès des chefs d’États les plus puissants de la planète en août prochain, nul doute que Marlène Schiappa va affûter ses arguments et ses tweets d’ici là…

    • Le probleme c’est que sera a sens unique, seuls les blancs seront fautifs…pas les autres.

      Tout est fait pour homosexualiser la société, empecher les relations entre hommes et femmes de se construire normalement.

      Un fait visible a la TV, les couples de blancs ne s’entendent pas ou restent assez « superficiels » sur leurs relations,
      tandis que les couples de gens de couleurs, de memes ages et situations que les blancs, s’entendent bien… Curieux non ?

      Cela fait partie du remplacement des blancs.

      Comme d’habitude, les bonnes intentions seront detournés pour suivre la politique du systeme,
      de plus leur volonté d’effeminer la société permettrait de rendre les personnes plus dociles quand au grand remplacement et autres evenements…

      On a pu voir sur internet que la virilité n’etait pas bon pour la santé, et a plusieurs reprise, cela reste dans la meme trajectoire, que ce choix du gouvernements ou la nouvelle politique induira des effets voulus sur la société, comme en allemagne, afin
      de faire plus facilement accepter les changements voulus par le systeme bobo goche.

      Il est possible, comme pour la taxe ecologie, ou seulement 19 ¨% de la somme etait orienté pour l’ecologie, qu’une grande partie de la sommes sensée aider es femmes, seront alloués a des fins moins nobles.

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