Le président du Sénat, Gérard Larcher, est le représentant typique du centre droit et donc du centre mou.
On le reconnait plus dans les transactions secrètes et la culture du compromis que dans un rôle de rebelle.
C’est pourquoi sa décision de saisir le Conseil constitutionnel sur la loi sur l’euthanasie et le suicide assisté est étonnante et plus que significative.
Elle témoigne du fait que, durant les débats, le Sénat a été proprement humilié par l’exécutif qui a laissé les députés rédiger une loi extrémiste et rejeter tous les amendements proposés par les sénateurs.
C’est autant de garde-fous, que les progressistes forcenés qui défendaient la loi, ont écartés pour en faire la loi la plus permissive du monde !
Ils ont même été au delà des recommandations de Jean-Louis Touraine, un véritable ayatollah des lois sociétales. Ecoutez bien le cynisme de cet abominable progressiste :
#AktionT4-Les mineurs, les malades mentaux, «ça viendra par la suite»: quand un député macroniste explique l’objectif de la loi euthanasie
«On ne l’obtiendra pas tout de suite dans la première loi», expliquait le médecin Jean-Louis Touraine, regrettant la «frilosité» du pays sur… pic.twitter.com/b4ZdSShPU4
— Frédéric Aigouy (@frederic_RTfr) May 28, 2025
Pour en revenir à Gérard Larcher, j’utilise le vocable de baroud d’honneur car personne n’imagine que Richard Ferrand, nommé par Macron, donnerait suite à la demande de suspension de cette loi à laquelle Macron veut tant associer son nom.
Gérard Larcher cherche juste à se démarquer et ne prendre aucune responsabilité dans cette loi qu’il juge indéfendable en l’état, comme la majorité des soignants.
Voici un article de la Sélection du jour qui développe ce sujet :
Euthanasie : sursauts et soubresauts avant le vote du 15 juillet
Alors que le vote de « l’aide à mourir » à l’Assemblée nationale le 15 juillet semble acquis, le président du Sénat demande au gouvernement de suspendre le texte et annonce que, s’il est adopté, il saisira le Conseil constitutionnel afin d’obtenir une censure totale ou partielle du texte de loi. Un espoir pour les opposants à l’euthanasie qui dénoncent une loi radicalement homicide et liberticide.
Coup de théâtre avant le vote solennel à l’Assemblée Nationale, le 15 juillet, du texte qui légaliserait l’euthanasie et le suicide assisté : « J’ai pris la décision de saisir le Conseil constitutionnel sur l’aide à mourir » annonce Gérard Larcher, le président LR du Sénat, dans un entretien au Figaro (08/07/2028). « Une démarche rare » souligne-t-il lui-même. Il rappelle que la proposition de loi créant un droit à l’aide à mourir a été rejetée pour la troisième fois par le Sénat le 7 juillet (Gènéthique, 07/07/2026). Gérard Larcher relève le désaccord persistant entre les parlementaires, sénateurs et députés, sur ce texte d’un enjeu majeur de civilisation, et regrette :
l’absence de garde-fous notamment pour protéger les plus faibles. Il ajoute : Il y a tellement de réserves sur ce texte, tellement de divisions. Je pense que, dans ce pays fracturé, il faut faire attention, notamment concernant l’objection de conscience pour les établissements » (clause de conscience que leur refuse le texte actuel).
Le président du Sénat appelle le gouvernement à sortir de ce « jeu de dupes » en suspendant les débats et en renonçant au vote final prévu le 15 juillet à l’Assemblée. Il explique :
Jusqu’au 15 juillet, date annoncée pour un éventuel vote solennel, le gouvernement a toujours la possibilité de suspendre le texte.
La Constitution prévoit en effet que le Premier ministre peut demander la clôture de la procédure – mais Sébastien Lecornu, qu’on dit peut favorable à une telle loi, ne semble pas disposé à fâcher le président de la République … Aussi, prévient Gérard Larcher :
si le texte devait être finalement voté le 15 juillet, au titre de l’article 61 de la Constitution, je saisirai le Conseil constitutionnel sur l’aide à mourir.
De fait, explique Aleteia (08/07/2026), la Constitution permet au président du Sénat de « déférer individuellement les textes au Conseil constitutionnel avant promulgation, ce qui n’empêchera pas les parlementaires de le faire en parallèle – ils doivent être 60 pour bâtir un recours – afin d’obtenir une censure totale ou partielle de la proposition de loi ». Public Sénat (09/07/2026) confirme que :
les sénateurs de la majorité sénatoriale de droite et du centre préparent eux-aussi des recours au Conseil constitutionnel pour vérifier la constitutionnalité des dispositions de cette loi.
Ardente partisane de « l’aide à mourir », la présidente de l’Assemblée Nationale, Yaël Braun-Pivet, s’insurge contre la demande du président du Sénat de suspendre le processus législatif et de renoncer au vote du 15 juillet :
Je trouve cela invraisemblable d’imaginer pouvoir interrompre la navette [parlementaire] alors que nous sommes en lecture définitive avec un vote solennel programmé à l’Assemblée nationale,
a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse de l’Association des journalistes parlementaires. « Ce vote se tiendra », a-t-elle affirmé en soulignant n’avoir « aucune inquiétude sur le fait que le gouvernement maintienne l’inscription » du texte à l’ordre du jour de l’Assemblée le 15 juillet. Toutefois, interrogée sur l’intention du président du Sénat de saisir le Conseil constitutionnel si la proposition de loi était effectivement votée, elle a concédé qu’il était « légitime » que « sur un texte comme celui-ci, on ait le maximum de regards et donc qu’on s’assure qu’il est conforme à notre Constitution » (LCP, 09/07/2026).
L’engagement du gouvernement à instaurer le « droit à mourir » promis par Emmanuel Macron, a fait commettre une bourde significative au ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous. Anticipant la victoire, il avait invité les membres de la « consultation citoyenne » réunie sous l’égide du Conseil économique, social et environnemental (CESE), à une réception en son ministère le 15 juillet au soir « à l’occasion du vote définitif sur la proposition de loi “Fin de vie” ». Ce surprenant cocktail a été dénoncé en ces termes par Via-le parti chrétien-démocrate (08/07/2026) :
Il acte l’idéologisation d’un ministère qui devrait, alors même que la loi n’est pas adoptée, respecter une totale neutralité pour un texte émanant du Parlement, et faire preuve de retenue sur une proposition de loi qui, vidée de tout consensus, fracture plus qu’elle ne rassemble. Il confirme la manipulation de la « consultation citoyenne » menée par un CESE qui coorganise cette célébration ministérielle, faisant exploser de fait l’image d’objectivité dont cette institution s’était mensongèrement drapée.
Devant le tollé soulevé par cette célébration de la légalisation de l’euthanasie, le ministre a annulé son invitation.
Grégor Puppinck, directeur du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), analyse :
La loi est radicale. Non seulement dans ses conditions d’accès à la mort, mais plus encore dans la procédure d’euthanasie entièrement à la discrétion d’un médecin, et dans l’absence quasi totale de contrôle.
Il affirme que :
quiconque lit attentivement la proposition de loi sur « l’aide à mourir » ne peut pas, raisonnablement, la soutenir.
Il a dressé la liste des « 27 problèmes graves » (voir ce précédent article) que présente, à ses yeux, la proposition de loi.
Philippe Oswald pour la Sélection du jour.




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