Comment Nuñez a t-il pu travailler avec Retailleau ?

Publié par le 16 Sep, 2026 dans Blog | 0 commentaire

Comment Nuñez a t-il pu travailler avec Retailleau ?

Je voudrais rapprocher deux faits tout récents qui sont des violations caractérisées de la liberté d’expression.

– La grève des journalistes de Radiofrance contre l’édito hebdomadaire de Charles Sapin sous prétexte qu’il travaille aussi pour Valeurs actuelles (voir ce précédent article).

– La scandaleuse expulsion de Xenia Fedorova, l’unique journaliste qui donnait le point de vue de la Russie dans un océan de propagande anti-Poutine et pro-Ukraine.

Le point commun c’est qu’on veut faire taire un point de vue minoritaire dans les médias pour la seule raison qu’il ne communie pas avec les autres dans la pensée dominante.

La gauche et la Macronie se retrouve toujours côte à cote pour empêcher leurs opposants de s’exprimer. Et pourtant toutes deux ne cessent de traiter la droite patriote de fasciste !

Qui pratique le totalitarisme ?

Qui expulse une journaliste ? Qui ferme autoritairement une chaine de télé en tête sur la TNT ? Qui confie à des officines de gauche, la charge de signaler à l’Arcom les contenus « haineux » ou les fausses informations ?

Tout récemment, Laurent Nuñez est entré dans une colère noire quand il a appris que malgré sa décision d’expulser la journaliste russe, CNews envisageait de continuer à travailler avec Xenia Fedorova en Visio-conférence.

Comme le titre de cet article le rappelle, on peut s’interroger sur les convictions du ministre de l’intérieur, qui se comporte à son poste à l’exact opposé de ses actions aux côtés de Bruno Retailleau.

Une bataille juridique va s’engager entre le gouvernement et CNews comme le rapporte cet article du Journal des Français :

Laurent Nuñez a trouvé plus dangereux 
qu’un OQTF violent : une femme Russe en visio

Fin juillet, le ministre de l’Intérieur a fait expulser Xenia Fedorova, ancienne patronne de RT France, chroniqueuse de CNews, accusée de « manipuler l’information », de porter atteinte aux « intérêts fondamentaux de la Nation » et de commettre des « actes d’ingérence » au profit de Moscou. On a aussi gelé ses avoirs. Le message était clair : plus de titre de séjour, plus de plateau, plus de France.

Début septembre, CNews a pourtant annoncé l’évidence technique du XXIe siècle : elle reviendrait… en visio. Gauthier Le Bret a même précisé que les juristes de Canal+ avaient regardé le dossier. Fedorova, de son côté, a dit à Omerta qu’elle espérait revenir dans L’Heure Inter, malgré « tous les problèmes techniques ». Une femme à l’étranger, un micro, une caméra. Rien de plus.

C’était trop. Mercredi, Nuñez a écrit à Martin Ajdari, président de l’Arcom. Lettre révélée jeudi par Le Monde. Le ministre prévient : si CNews lui redonne « un créneau d’antenne sur fréquence hertzienne et des moyens techniques de production », même sans la payer, ce sera un « contournement » de l’expulsion et du gel des fonds. Donc des « poursuites pénales ».

Autrement dit : on ne lui demande pas de rentrer. On lui interdit même d’apparaître. Le territoire national, désormais, ce n’est plus seulement le sol. C’est aussi le signal hertzien.

L’avocat Emmanuel Piwnica a immédiatement relevé la contradiction. En août, devant le tribunal administratif, le ministère expliquait que les décisions « n’empêchent pas Mme Fedorova de poursuivre son activité professionnelle hors du territoire français » et qu’elle pouvait « continuer à s’exprimer dans les médias français », y compris « à travers des interventions orales réalisées en duplex hors du territoire national ». Aujourd’hui, le même ministère dit le contraire. Il va falloir choisir : la position du juge, ou celle de la lettre à l’Arcom.

Le plus comique n’est pas juridique. C’est politique. La France n’arrive pas à éloigner des milliers d’OQTF, y compris des profils violents. Mais elle trouve l’énergie, le papier à en-tête et la menace pénale pour empêcher une chroniqueuse de 45 ans d’apparaître en rectangle sur CNews. On ne maîtrise pas les frontières. On maîtrise le Zoom.

Fedorova n’est plus salariée, dit-on. Elle publie encore des tribunes dans JDNews. Écrire, c’est tolérable. Parler face caméra, non. L’écrit circule. L’image, elle, « réitère le trouble sur le territoire national ». Voilà la doctrine : le danger, ce n’est plus seulement ce qu’elle dit. C’est qu’on la voie le dire.

Nuñez n’interdit pas le débat russe. Il interdit cette Russe, cette antenne, cette visio. Les mêmes thèses, tenues par un Français, passeront. Tenues par elle, depuis l’étranger, elles deviennent une infraction en puissance. Ce n’est plus de l’éloignement. C’est de la censure à distance.

CNews verra si elle joue. Bolloré n’a pas l’habitude de reculer au premier courrier. L’Arcom, elle, est prévenue. Et le public, lui, a compris le sketch : le ministre de l’Intérieur ne veut pas d’une femme russe en visio.

À ce rythme, le prochain arrêté visera les pixels.

Robin de La Roche pour le Journal des Français.

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