C’est Claude Allègre, alors ministre de l’Education nationale dans le gouvernement Jospin, qui avait déclenché la fureur des syndicats et de la gauche en déclarant qu’il faudrait « dégraisser le mammouth » !
Le ministre iconoclaste parlait de l’Education nationale, cette organisation hypercentralisée et tentaculaire, totalement sclérosée et responsable depuis 40 ans de la descente aux enfers de notre école !
Voila quatre décennies au moins qu’on a laissé l’éducation nationale aux mains de la gauche. Qu’elle y a appliqué ses méthodes progressistes qui y ont banni l’effort et le mérite, le tout dans un égalitarisme forcené qui a produit un nivellement par le bas dévastateur.
La calamité est telle qu’elle atteint maintenant les meilleurs élèves à tel point que les patrons des grandes entreprises de technologie se plaignent de la baisse de niveau des ingénieurs.
La sclérose a tellement gangrené l’école, avec des syndicats corporatistes et des enseignants hyperpolitisés, qu’il apparait impossible de la soigner de l’intérieur.
A mon sens, la solution réside dans la promotion de l’enseignement privé qui, concurrence oblige, forcera l’enseignement public à se remettre en cause et à progresser.
C’est, parait-il, ce qui s’est passé en Vendée et en Bretagne où le développement de l’enseignement privé a parfaitement résolu leurs problèmes d’illettrisme.
Cela passe par l’abrogation des accords Lang-Cloupet signé, en 1992 et 1993, par Jack Lang, alors ministre de l’Education nationale, et Max Cloupet, secrétaire général de l’enseignement catholique, qui bloquait à 80/20 le quota d’élèves des secteurs public et privé.
On pourrait laisser la concurrence faire son oeuvre en attribuant à chaque parent un budget éducatif qu’il pourrait apporter à l’école de son choix. Ce sera tout bénéfice pour l’Etat car un élève du privé coûte deux fois moins cher que dans le public.
Cet article de Contrepoints analyse les causes de la révolte lycéenne et évoque le retour à la liberté de l’enseignement :
L’Education nationale a suscité la colère lycéenne
Bien sûr, une certaine gauche souffle sur les braises lycéennes, voire les alimente. Mais le système éducatif français, centralisé, idéologisé, fonctionnarisé, monopolistique a une large part de responsabilité dans ce naufrage.
Des litanies de revendications
Les lycéens se plaignent de tout. Ils demandent des ordinateurs, du papier toilette et des locaux décents, moins d’élèves par classe, plus de professeurs remplacés, moins d’heures de cours, plus de chauffage l’hiver et moins de chaleur l’été, moins de ségrégation, des infirmières, des journées moins chargées, une réforme de Parcoursup, moins de contrôle continu… Peut-être que le déclencheur a été l’interdiction des téléphones à l’école. Ils ont des droits disent-ils.
Ils prétendent ne pas être manipulés. Leur mouvement n’a pas germé tout seul pourtant. Pour le moins certains s’emploient à l’amplifier. Le collectif trotskiste Poing levé se targue de « travailler » le mouvement lycéen depuis le début. Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis et très présent auprès des lycéens en révolte, leur dit qu’ils font « honneur à la République ». Louis Boyard, député LFI, a rejoint les blocages dès le 28 septembre. Ces revendications sont utilisées comme autant de prétextes à reprendre la révolution. Toutes ne sont pas fondées, toutes ne sont pas infondées !
Manque d’enseignants ?
Le nombre d’enseignants dans le secondaire (collège et lycée) a beaucoup progressé depuis 1970 alors que celui des élèves décroissait régulièrement. En 1970, il y avait 60,1 enseignants pour 1 000 élèves du secondaire, 76,53 en 1990, 87,5 en 2008 et 86,36 en 2025.
Certes, la France ne fait pas partie des pays où les effectifs par classe sont les plus faibles, mais le nombre d’élèves par classe joue un rôle mineur dans le niveau d’éducation. Et les élèves ne meurent pas sous le travail. Le problème est peut-être qu’il est mal organisé avec trop de filières, des horaires décousus, des enseignants manquants…
Le Mammouth est épuisé
Sur les effectifs d’environ 1 220 000 personnels, 70 % seulement sont des enseignants. En moyenne chaque jour ouvré, 5,8 % des enseignants sont absents. Et ils ne sont guère remplacés. A cet égard, les lycéens ont raison de récriminer. Quand la SNCF a un conducteur de TGV malade, elle le remplace plutôt que de renvoyer les passagers chez eux. L’éducation nationale ne le fait pas parce qu’elle est devenue une machine impuissante sinon pour broyer les quelques bonnes volontés qui y survivent. Les syndicats en gèrent les leviers dans leur intérêt plutôt que dans celui des élèves. L’idéologie guide la machine.
L’Etat impose par la loi de dispenser des cours qui n’ont rien à voir avec l’instruction et qui imprègnent tous les enseignements du primaire au lycée au titre de la sexualité et des genre (programme EVAR et EVARS)) ou de l’éducation à l’environnement et au développement (article L312-19 du Code de l’éducation). Mais à vouloir tant apprendre aux enfants qu’ils peuvent changer de genre et comment il faut gérer ses déchets, l’école en oublie les matières principales : écrire, parler, compter… Et les étudiants, pour lesquels le baccalauréat n’a plus été qu’une formalité, s’étonnent de ne pas réussir à l’université ! Ils en sont d’autant plus surpris qu’on leur a fait croire qu’ils étaient tous égaux dans les résultats unifiés par le bas du collège unique aux notes trafiquées aux examens.
L’école publique française forme mal ainsi qu’en témoignent les classements PISA. Elle ne joue plus le rôle d’ascenseur social qu’assuraient les hussards noirs de la République à ses débuts. Elle crée des désenchantements et des frustrations qui se retrouvent dans la rue. Certains établissements ne savent plus offrir des conditions élémentaires d’accueil des enfants (salles d’étude, toilettes, propreté…). Ça n’excuse en rien ni les feux de poubelles, ni ceux qui détruisent leur lycée au nom du manque de moyens ! Mais ça en donne le contexte.
Retour à la liberté d’enseignement
Parcoursup est une boite noire centralisée et destructrice des choix des jeunes. Ils ont sans doute tort de crier à la discrimination par les notes de contrôle continu accordées peut-être plus généreusement dans les établissements des banlieues. Mais les élèves ne choisissent plus vraiment leur avenir. Pire, le système leur impose souvent des choix et des coûts loin de leur famille comme s’il voulait les en séparer.
L’Etat doit désormais s’interroger sur son rôle dans l’éducation. Il doit continuer bien sûr de veiller à ce que chacun puisse suivre un enseignement adapté à ses besoins en même temps qu’à ses capacités. Il doit s’assurer du sérieux et de la probité financière, intellectuelle et éthique des établissements d’enseignement. Mais il n’a pas à gérer lui-même ces établissements, embaucher les enseignants, délivrer les diplômes… sauf, de manière subsidiaire, en cas de carence d’autres initiatives. Il pourrait par contre assurer à chaque enfant, chaque étudiant une bourse annuelle, un bon scolaire ou universitaire, pour que la famille ou l’étudiant choisisse l’établissement, public ou privé, dans lequel il souhaite et pourrait être admis.
Certes, l’Education nationale existe et il ne s’agit pas de la rayer de la carte d‘un trait. Il y a simplement lieu de la mettre en concurrence avec des établissements moins dépendants que les écoles sous contrat encore tenues par des quotas implicites et le respect des programmes et des contre-valeurs imposés par l’Etat. La liberté réelle d’enseigner développerait une offre qui rendrait aussi leur liberté de choix aux jeunes et pourrait s’adapter à leurs besoins comme tout marché sait répondre à la demande. Les lycéens n’auraient plus à défiler contre l’Etat, mais à s’adresser à leur école ou université.
Ce serait moins onéreux pour l’Etat. A l’encontre des discours suffisants et fallacieux de Raphaël Glucksmann et de la gauche, qui dénoncent la « concurrence déloyale » du secteur privé, c’est le secteur public qui est un concurrent déloyal. Il dépense en moyenne plus de 10 000 € par élève ou étudiant dans le public, deux fois plus que dans les écoles privées, dix fois plus que dans les universités libres. Pourtant l’argent public n’appartient pas à l’Etat mais il est fait pour servir tous les citoyens qui sont aussi les contribuables. Et si avant de pratiquer un égalitarisme délétère, il respectait une égalité de traitement des parents et de leurs enfants dans le choix de l’école ?
Philippe Delsol pour Contrepoints.




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