Après avoir abandonné la laïcité, la sécurité à la droite,
la gauche serait-elle en train de lui abandonner le sexe ?

Publié par le 18 Sep, 2026 dans Blog | 0 commentaire

Après avoir abandonné la laïcité, la sécurité à la droite, la gauche serait-elle en train de lui abandonner le sexe ?

L’actrice Sydney Sweeney a fait scandale, outre Atlantique, en tournant très dénudée dans un spot publicitaire.

Mais ce scandale est marqué politiquement puisque la majorité des détracteurs outrés par cette pub sexy, se compte quasiment tous à gauche.

Dans ma jeunesse, la gauche stigmatisait les « conservateurs coincés du c..l » et dans les années 70, la gauche germanopratine se vautrait dans le stupre et allait même jusqu’à militer, à la une de Libération, pour la dépénalisation de la pédophilie !

Mais de nos jours, la gauche devenue progressiste, prône la déconstruction et s’est appliquée à se déconstruire elle-même en inversant nombre de ses valeurs.

On a connu une gauche laïcard du « petit père Combe » et de la loi de 1905. Mais désormais, la gauche pratique une laïcité à géométrie variable. Elle bouffe de moins en moins de curés mais lèche de plus en plus de babouches !

La gauche ne cesse de promouvoir les homosexuels, les trans, les queer, les drag queens – même dans les écoles – mais elle s’offusque de la nudité de Sydney Sweeney !

Il est édifiant de noter que la presse de gauche condamne sévèrement l’actrice mais qu’il s’est trouvé deux femmes de droite, pour soutenir Sydney Sweeney et se moquer de la nouvelle pudibonderie de la gauche.

C’est d’abord Elisabeth Lévy qui a signé, dans Causeur, un article titré :

Sexy, moi? Jamais!

Voici juste son introduction :

La comédienne Sydney Sweeney enrage les sportives avec un spot publicitaire. La star de la série Euphoria aux 26 millions d’abonnés sur Instagram fait la promotion d’un site de paris sportifs, Novig, dont elle est actionnaire. Écoutez :

Elle montre ses formes somptueuses en quasi-tenue d’Ève, gants de boxe, batte de baseball et autres babioles sportives cachant seulement ses parties les plus intimes. C’est torride et je n’exclus pas que ce spot ait un grand succès auprès du public masculin. « La femme poupée-objet, accessoire de la performance, dans toute sa splendeur », observe sévèrement Libé qui ne rigole pas avec la gaudriole. Le film déplaît souverainement aux vierges outragées du nouveau féminisme et à ces championnes, indignées par la « sexualisation du sport féminin ». Un affront à toutes les femmes qui en bavent pour rester au plus haut niveau, affirment-elles. Le sport, c’est de la sueur et des larmes, rappellent-elles avec force photos.

Je ne me rappelle pas qu’on ait déploré la sexualisation du sport masculin quand les rugbymen posent pour un calendrier ou que des footballeurs affichent leurs jolies tablettes de chocolat pour vendre des voitures. Personnellement, j’apprécie évidemment ces spectacles en esthète.

Lire la suite ici.

Elisabeth Lévy.

Mais il y a aussi Eugénie Bastié, la plus brillante de nos journalistes, qui nous a régalés d’une percutante chronique, ce matin, sur Europe 1 :

Lancement de Dimitri Pavlenco : Voici Eugénie Bastié avec une question audacieuse ce matin, le sexe serait-il passé à droite ?

Eugénie Bastié : Écoutez, c’est la question que je me suis posée en voyant le torrent d’indignation vertueuse suscité à gauche par la publicité où l’actrice américaine Sidney Sweeney apparaît nue. La blonde pulpeuse pose dans le plus simple appareil avec quelques accessoires sportifs pour un site de paris en ligne américain. Complètement arriéré pour France Inter, égérie de la droite réac pour une chroniqueuse de Libération, ça a suscité un tollé mondial, tous les gauchistes du monde entier se sont offusqués, les mêmes qui nous bassinent depuis des années avec « mon corps, mon choix, j’ai le droit d’exister, je n’enlève rien à personne » s’étranglent devant une publicité tout droit sortie des années 80.

Les mêmes progressistes pour qui porter le voile serait une liberté accusent une femme dévoilée et même dénudée d’être une réac, oui vous entendez bien. Les mêmes qui nous expliquent que mettre des trans partout dans la mode et la publicité relève de la simple inclusion, certainement pas de la propagande, découvre soudain qu’une jolie fille sexy dans une pub pourrait effacer des années de féminisme et faire basculer la bataille culturelle, tout cela est assez ridicule.

Relance de Dimitri Pavlenco : On peut quand même saluer le génie marketing de la plateforme qui s’est offert un buzz planétaire à peu de frais.

Eugénie Bastié : En effet, la plateforme de paris sportifs Novig a réussi le double exploit de calibrer une pub capable de plaire exactement à son public d’hommes et de déplaire dans les mêmes proportions à ses adversaires, la muleta a parfaitement fonctionné, les vachettes néo-féministes ont foncé dessus.

Des athlètes féminines, pour la plupart inconnues du grand public, ont dit leur indignation de voir ainsi leur sport sexualisé. Mais croient-elles vraiment que leur mérite sportif va être remis en cause par une image de Sydney Sweeney ? C’est quand même curieux ces athlètes qui se sentent plus insultés par une femme qui affiche sa féminité que par des hommes qui se font passer pour des femmes dans des compétitions sportives, là, il y a zéro indignation.

Et il y a bien sûr quelque chose d’assez universel dans cette affaire, des femmes scandalisées qu’une des leurs joue de la séduction, c’est assez vieux comme le monde. Sydney Sweeney est absolument ravissante, elle plaît aux hommes hétérosexuels, on en a brûlé pour moins que ça.

Relance de Dimitri Pavlenco : Mais alors que raconte cette histoire de notre époque, d’après vous, Eugénie ?

Eugénie Bastié : Elle raconte une bascule culturelle en effet, plutôt qu’elle ne la provoque. Pendant des années, la publicité s’est félicitée de rompre avec le canon de la blonde mince.

Corps gros, modèle issu de la diversité, queer, trans, cicatrice et imperfection étaient exhibés au nom de l’inclusion. Puis Sydney Sweeney est revenue, elle est apparue en jean, blonde, mince, conforme au vieux canon de la beauté traditionnelle, et puis elle est blanche, ce qu’on ne nous pardonne pas davantage.

Vous savez quand le film « Et Dieu créa la femme » est sorti aux Etats-Unis en 1957, il avait subi une intense campagne de boycott de la part d’organisations religieuses. Et bien si Brigitte Bardot revenait nue aujourd’hui, elle ne serait plus clouée au pilori par des pasteurs, mais par des féministes, ulcérées par son déhanché provocateur.

Après avoir abandonné la laïcité, l’école, la sécurité à la droite, la gauche serait-elle en train de lui abandonner le sexe ? Après avoir fait l’éloge du laid, du gros, du marginal, serait-elle en train de lui abandonner aussi la beauté ? C’est ce que raconte cette histoire.

Cachez ce sein nu de droite que je ne saurais voir.

Eugénie Bastié pour Europe 1.

Pour le fun, la pub de Sydney Sweeney et la colère des gauchistes ont été promptement détournées sur la toile :

Merci de tweeter cet article :





Laissez une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *