Asia Bibi: la Trahison Judiciaire du Pakistan

Publié par le 10 Nov, 2018 dans Blog | 5 commentaires

Asia Bibi: la Trahison Judiciaire du Pakistan

On nous le dit, on nous le répète :

Ne confondez pas, l’islam radical et l’islam !

Ça n’a rien à voir !

Je veux bien faire la distinction mais il faudrait m’aider un peu …

D’abord il faudrait que la communauté musulmane établie en France soit plus prompte à se mobiliser pour dénoncer l’islam radical et ses méfaits. Et je récuse totalement l’argument que certains avancent : « on n’a pas à se mobiliser plus que les Français car les terroristes n’ont rien à voir avec nous !  » Sauf qu’ils se revendiquent de votre religion !

Ensuite, un grave problème grave se pose quand un pays musulman applique la Charia à la lettre au mépris des droits de l’homme et que donc la limite entre cet Etat et les extrémistes devient si ténue.

C’est le cas du Pakistan dont les comportements viennent d’être mis en lumière à l’occasion de l’affaire Asia Bibi, cette chrétienne pakistanaise condamnée à mort pour blasphème puis libérée récemment mais empêchée de quitter le pays et donc condamnée à être, tôt ou tard, assassinée par les extrémistes.

Voici un article paru sur le site du Gatestone Institut :

La joie de l’acquittement d’Asia Bibi n’aura pas duré 24 heures. Cette chrétienne du Pakistan mère de cinq enfants, aura été incarcérée huit années durant, dans le couloir des condamnés à mort, avant que la Cour suprême ne la lave de l’accusation de « blasphème » qui pesait sur elle.

Selon l’Agence France Presse (AFP), Asia Bibi aurait demandé au téléphone : « Je n’en crois pas mes oreilles, vais-je être libérée ? Vont-ils vraiment me laisser sortir ? ».

Malheureusement, des manifestations de masse organisées par des extrémistes musulmans ont immédiatement éclaté pour que le gouvernement reporte la libération d’Asia Bibi. Dans certaines zones du pays, le réseau téléphonique a été suspendu pour raisons de « sécurité ». Des émeutes à Islamabad, au Pendjab et au Cachemire ont obligé les écoles à fermer. Des rues ont été bloquées paralysant des quartiers entiers d’Islamabad, de Lahore et de bien d’autres villes du Pakistan. Les écoles chrétiennes ont recommandé aux parents de garder leurs enfants à la maison de crainte d’actes de violence. Les églises ont été mises en alerte maximale. Les manifestants ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Pendez Asia Bibi ».

« S’ils envoient Asia hors du pays, il y aura la guerre », a averti Khadim Hussain Rizvi, dirigeant du Tehreek-e-Labbaik Pakistan (TLP), un parti islamiste qui défend les lois sur le blasphème.

Les menaces des milices islamistes d’organiser des troubles à l’échelon national si Asia Bibi était libérée ont évidemment fonctionné. Le gouvernement pakistanais qui a déclaré qu’il empêcherait Asia Bibi de quitter le pays, est désormais accusé de signer son « arrêt de mort».

Cédant aux pressions de Tehreek-e-Labbaik, le gouvernement pakistanais a promis de ne pas s’opposer à une requête légale réclamant l’annulation de la libération d’Asia Bibi. Ce même gouvernement a aussi approuvé l’inscription d’Asia sur la « liste de contrôle de sortie » (ELC), une liste des personnes interdites d’avion et qui empêche certains suspects de quitter le pays.

« Inscrire Asia Bibi sur la liste de contrôle de sortie équivaut à signer son arrêt de mort », a déclaré Wilson Chowdhry de l’Association des chrétiens anglo-pakistanais.

« Cet accord » a twitté l’analyste Mosharraf Zaidi, est une « capitulation historique ».

« Il est quasi évident que Bibi ne pourra plus vivre au Pakistan après son acquittement », a écrit le célèbre romancier pakistanais Mohammed Hanif dans le New York Times.

« [L’] empêcher de quitter le pays est une autorisation tacite donnée à Tehreek-i-Labaik pour la pourchasser et l’assassiner », a écrit Robert Spencer, défenseur des droits de l’homme, auteur de 18 livres, dont certains ont figuré sur la liste des bestsellers du New York Times .

Le mari d’Asia Bibi, Ashiq Masih, vient de demander l’asile aux États-Unis, au Canada et en Angleterre. « Je demande l’aide du Premier ministre britannique et, dans la mesure du possible, je lui demande de nous accorder la liberté », a-t-il déclaré . « Je demande au président des États-Unis, Donald Trump, de nous aider à sortir du Pakistan », a-t-il ajouté. Le pacte entre les islamistes et le gouvernement est en effet une trahison. « L’accord m’a fait froid dans le dos », a déclaré Masih. « La situation actuelle est très dangereuse pour nous. Nous vivons dans l’insécurité, nous nous cachons ici et là, et nous passons d’un refuge à un autre. »

Le sort d’Asia Bibi est aujourd’hui plus qu’ « incertain ».

Le Pakistan, un pays de 197 millions d’habitants – dont 97% de musulmans -, doté de l’arme nucléaire et allié de l’Occident a été frappé de folie après l’acquittement d’une chrétienne. Non seulement le système judiciaire pakistanais a torturé Asia Bibi pendant huit ans, l’enfermant seule dans une cellule sans fenêtre, mais, au lendemain de son acquittement, des milliers de personnes proclament qu’elles sont prêtes à l’assassiner.

Les islamistes voient dans l’acquittement d’Asia Bibi une victoire pour un Pakistan ouvert, une défaite de la charia et un début d’espoir pour les chrétiens persécutés de la région. Le calvaire de cette femme montre clairement à quel point l’état de droit a été rompu au Pakistan. Selon Amnesty International:

« Les lois pakistanaises sur le blasphème sont générales, vagues et coercitives. Elles ont été utilisées pour cibler les minorités religieuses, autoriser des vendettas personnelles et légaliser des actions violentes. Même en l’absence de preuves, les accusés ont du mal à prouver leur innocence pendant que des foules violentes et en colère vont chercher à intimider la police, les témoins, les procureurs, les avocats et les juges. »

Dans la liste des attaques récentes contre des chrétiens au Pakistan, on compte la mise à sac d’une église à Quetta qui a coûté la vie à 9 personnes en décembre 2017 ; un attentat-suicide qui a couté la vie à 70 chrétiens qui célébraient Pâques sur une pelouse de Lahore en mars 2016 ; deux attentats à la bombe contre des églises de Lahore qui ont fait 14 morts en mars 2015 ; un double attentat suicide à la bombe qui a fait près de 80 morts dans une église de Peshawar en 2013, et près de 40 maisons incendiées ainsi qu’une église et huit personnes brûlées vives au cours d’une émeute à Gojra au Pendjab en 2009. En mars dernier, un tribunal pakistanais a acquitté 20 personnes qui ont contribué à brûler vif un couple de chrétiens faussement accusé de « blasphème ». Le couple chrétien a été torturé et les corps ont été incinérés dans un four à briques.

« Décapitons les blasphémateurs ! » ont scandé des musulmans extrémistes dans les rues du Pakistan après l’acquittement d’Asia Bibi. Saif Mulook, son avocat, a déjà fui le pays, craignant pour sa vie. Il a ajouté qu’il ne regrettait pas les risques qu’il encourait. « Il est préférable de mourir en homme courageux et fort plutôt que de vivre terré de peur dans un trou de souris » a-t-il déclaré.

Les juges musulmans qui ont acquitté Asia Bibi, Mian Saqib Nasir, président de la Cour suprême et le juge Asif Khosa, ont également été menacés de mort. Conscients des risquesqu’ils ont pris, ils ont bravement passé outre et ont accepté de devenir la cible des milices islamistes.

« Ils méritent tous les trois d’être tués », a déclaré un dirigeant islamiste, Muhammad Afzal Qadri, lors d’une manifestation à Lahore. « Leurs agents de sécurité doivent les tuer, leur chauffeur doit les tuer, leur cuisinier doit les tuer … Quiconque peut les approcher, doit les tuer avant le coucher du soleil ».

Asia Bibi risque tous les jours d’être assassinée. Les responsables de la prison ont révélé que pas plus tard que le mois dernier, peu avant son acquittement, deux détenues qui étaient sur le point d’étrangler Asia Bibi ont été arrêtées. Depuis 1990, 62 personnes ont été assassinées au Pakistan sur accusation de « blasphème ».

Salman Taseer, le courageux gouverneur musulman de la province du Pendjab, a payé de sa vie le soutien qu’il a apporté à Asia Bibi. Il a été assassiné par son propre garde du corps, lequel a déclaré : « J’ai tué Taseer parce qu’il défendait les amendements à la loi sur le blasphème ». Le meurtrier de Taseer, Malik Mumtaz Qadri, condamné à mort pour son crime, est aujourd’hui un héros et un « martyr » au Pakistan. Une mosquée porte son nom, des gens sont venus le voir en prison accompagnés de leurs enfants et ses chansons enregistrées sur CD continuent d’être diffusées dans le pays.

Si Asia Bibi devait finir assassinée, il s’agirait d’une défaite gigantesque pour tout type de procédure judiciaire et d’une énorme victoire contre les chrétiens – comparable à l’expulsion des chrétiens d’Irak.

À ce stade, le pire est à craindre pour Asia Bibi, comme pour les autres chrétiens d’Asie. En Occident, cette chasse au chrétien semble ne susciter que des bâillements. Une semaine de quasi-émeutes et de menaces de mort n’ont pas incité les Européens à descendre dans la rue en faveur de la libération d’Asia Bibi. Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève, généralement très virulent, n’a émis aucune résolution en sa faveur. Le Pakistan semble n’avoir fait l’objet d’aucune pression pour que cette femme soit libérée et que sa sécurité soit assurée. Aucune conférence n’a été convoquée par des fonctionnaires de l’UE à Bruxelles ou à Strasbourg.

Les gouvernements européens et occidentaux devraient déployer tous leurs efforts pour la sauver. Ils devraient lui offrir la citoyenneté d’honneur, comme l’a fait la ville de Paris en 2015. Une ambassade étrangère devrait lui offrir sa protection. Et surtout, l’asile devrait lui être accordé dans une démocratie occidentale.

Au cours des dernières années, le Pakistan a joué un rôle pilote dans les tentatives des islamistes d’attenter à la liberté d’expression en Occident. Les extrémistes islamistes se sont déchaînés quand le journal danois Jyllands Posten a publié des caricatures de Mahomet. En août dernier, Geert Wilders, président du Parti pour la liberté (PPV) aux Pays-Bas, a annuléun concours de caricatures de Mahomet après que des manifestations de grande ampleur aient éclaté au Pakistan. Après l’attentat contre le magazine satirique français Charlie Hebdo, de violentes émeutes ont éclaté au Pakistan. Un ministre pakistanais a offert une prime de 100 000 dollars pour le meurtre du producteur du film « L’Innocence des musulmans ». Le mot « blasphème », qui plane sur la tête d’Asia Bibi, est le même que celui utilisé par les extrémistes musulmans pour viser l’Occident.

Les juges qui ont acquitté Asia Bibi ont déclaré : « pour reprendre les mots du roi Lear de Shakespeare, elle semble être une personne, « contre qui l’on a péché plus qu’elle n’a pêché ».

L’Occident se lèvera-t-il pour aider cette chrétienne persécutée ? Elle est nous.

Giulio Meotti, éditeur culturel à Il Foglio, et journaliste et auteur italien.






5 Réponses à “Asia Bibi: la Trahison Judiciaire du Pakistan”

  1. Même en admettant qu’elle s’exile, sa vie sera toujours en danger.

  2. Comme pour nous tous un jour, ca viendra.
    J’ai deja signé des petitions pour sa delivrance, mais la barbarie de ce peuple d’une autre culture, incomprensible pour l’occident,
    et ce petit nombre de juges qui ont choisis de jouer sur les deux tableaux, ont ouvertement abandonné une chretienne.

    Evidemment, la lacheté habituelle, l’abandon, des associations internationnale, revelent leur politique qui devient plus claires au fil du temps, complaisance envers les musulmans, et abandons des chretiens.

    Religion musulmane que prefere la franc maconnerie, ( lu sur internet), explicite leurs actes.

  3. Christian 54 dit:

    Les anglais viennent de refuser l’asile. L’honneur de ce pays en a pris un sacré coup ! Mais il est vrai que les anglais se sont séparés de leurs colonies en acceptant du n’importe quoi, comme d’habitude. Ils pratiquent la conduite à gauche même sur le plan moral. Cette lâcheté me remplit de joie dans la perspective du Brexit qui va finir par s’avérer catastrophique pour ces pauvres brits lesquels ont oublié ce qu’est l’honneur. Après le londonistan, la coupe déborde…

    • vrai (quand bien même je suis pour les « paysxit », l’UE pour laquelle j’ai voté en son temps étant devenue une calamité à faire honte tous les habitants de l’Europe occidentale!)

      Pourtant, un anglais, W Churchill a dit :
      « vous aviez le choix entre le déshonneur et la guerre. Vous avez choisi le déshonneur.
      Vous aurez et le des honneur et la guerre »;

      Hélas, nos gouvernants n’ont plus la classe de ce grand homme et nous allons direct vers la guerre, en passant par la case déshonneur!

  4. Je n’imagine même pas ce que penserait la CEDH si l’UE s’opposait à une issue ne respectant pas la charia. D’ailleurs, le mari d’Asia Bibi (la hausse du prix des carburants, ce n’est pas elle, Bibi) n’a rien demandé à l’Europe car il se doute bien que sa famille ne mérite pas le statut de « réfugié » car non-persécutée au Pakistan.

    J’aimerai tant que les dirigeants « lépreux » se bougent et souhaitent l’accueillir avant « l’immobilisme européen » qui est plus préoccupé par ce qu’il a dans son rétroviseur calé dans l’après-grande guerre d’il y a cent ans et la montée des nationalismes.
    Les europeistes font les même erreurs des dirigeants européens des années 30, et refusent de voir monter le « nazislamisme » qui pour le coup est doté de l’arme nucléaire.

    Comme l’affirmait Mouammar Kadhafi le 11 mars 2009 lors de la commémoration de Mahomet à Nouakchott:
    « L’islam régnera sur la planète, comme dieu l’a promis »

    Il se pourrait bien que la 3ème guerre mondiale ne ressemble pas au passé mais que la civilisation occidentale y perde son hégémonie.

    L’islam est déjà devenue la deuxieme religion en nombre de la planète, ayant le plus grand développement démographique, ce qui devrait en faire la plus importante religion dans le futur. Cette communauté frappe, masquée derrière l’écran de fumée de sa partie que l’insouciance de nos dirigeants pousse à la qualifier de « radicale », partout les minorités ethniques et religieuses.

    Lorsque leur nombre n’est pas majoritaire, les fidèles se regroupent en communauté, font par prosélytisme reculer la laïcité et l’ordre républicain pour provoquer une insécurité poussant certains a intégrer la communauté et d’autres à la fuir. C’est par cette veritable « épuration communautaire psychologique » que des territoires de la France sont perdus et sont devenus de véritables enclaves façon « 5éme colonne » prêtes à en découdre et déjà passées à l’action par des attentats sur notre sol et par des combats au sein de DAECH au moyen orient.

    Réveillez-vous dirigeants, élus, patriotes ou simples citoyens et exigez un traitement de choc contre ces métastases qui menacent la France et même la planète avec une urgence supérieure au réchauffement climatique qui pourrait bien ne concerner que le futur monde issu de la « der des der ».

    L’avenir d’Asia Bibi est important car c’est le symbole d’un occident qui abandonne ou pas face à la barbarie du nazislamisme, ne passons pas pour des faibles et ne nous soumettons pas à l’islam (qui signifie « soumission et sujetion aux ordres de dieu ») et encore moins à la charia.

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