Bellamy ouvre un chemin pour la droite

Publié par le 7 Fév, 2019 dans Blog | 6 commentaires

Bellamy ouvre un chemin pour la droite

Bien peu de voix s’élèvent pour défendre François-Xavier Bellamy, victime d’un lynchage politico-médiatique. Cette virulence nous montre le manque d’impartialité, le trop plein d’idéologie de gauche, et finalement le déni de démocratie qui caractérisent la majorité des médias. Toutes choses inacceptables de la part de gens qui nous jettent au visage, sans cesse, les valeurs de la République.

Il est évident que dès qu’un homme politique assume des opinions clairement à droite (cf Nicolas Sarkozy, François Fillon), il devient la cible de toutes les attaques. Beaucoup d’attaques venant – c’est encore plus désolant – des rangs des Républicains !

C’est Denis Tillinac qui prend la plume, ce matin, dans Valeurs actuelles, pour défendre François-Xavier Bellamy et pointe ce lynchage indigne d’une démocratie. Voici sa chronique :

François-Xavier Bellamy, Agnès Evren et Arnaud Danjean, les têtes de liste des Républicains pour les élections européennes.

La désignation de la tête de liste LR aux européennes est l’occasion d’amorcer une recomposition du paysage politique, sous réserve que le résultat soit bon.

Laurent Wauquiez, le président des Républicains (LR), vient de présenter les têtes de gondoles de la liste de son parti aux élections européennes. Elle sera conduite par François-Xavier Bellamy, un jeune prof de philo, élu à Versailles. Inconnu du grand public, il s’est signalé en publiant deux livres d’une grande pertinence sur l’éducation et sur la permanence. Déjà les dagues sortent de leurs fourreaux. On lui reproche d’être catholique. Pire : il a soutenu les « manifs pour tous » hostiles à la loi Taubira – comme d’ailleurs la quasi-totalité des parlementaires de droite. Lesquels s’évertuent à faire oublier leur vote, au motif qu’entre-temps les sondages auraient révélé une évolution de l’opinion. Le courage a toujours été rare dans les travées de l’Assemblée. Voilà donc Bellamy portraituré en émule de Veuillot, voire de Torquemada, armé d’un goupillon et préméditant une neuvième croisade.

Denis Tillinac

Un tel déchaînement de christianophobie ne serait pas incongru à Libération, à Charlie Hebdo ou au Canard. Or, il émane d’une fraction de la droite et du centre acquise à la « modernité » sociétale. Autant dire au boboïsme de gauche incarné dans l’orbite macroniste par la pétulante Marlène Schiappa. Jean-Christophe Lagarde, par exemple, patron de l’officine centriste UDI, dénonce une « droitisation » de LR, prétendument symbolisée par un candidat qui va à la messe et ne daigne pas s’en excuser. Au sein même de LR court ici et là la même insinuation d’une dérive vers le conservatisme, assimilée ou peut s’en faut à l »‘ ordre moral » de l’ère vichyste.

La dérive fâcheuse, c’est de juger inconvenante la candidature d’un conservateur intellectuellement bien charpenté dans un parti censé défendre le sens de notre mémoire, la pérennité de notre culture, les bienfaits de la transmission. 

Bref, les pierres d’angle d’une civilisation – la nôtre -, esquif chahuté sur l’océan du mercantilisme mondialisé. Si la droite renonce à cette mission, qui s’en acquittera ? Si elle s’en tient à l’apologie du libéralisme, autant qu’elle disparaisse : il y a chez Macron suffisamment de sectateurs d’un monde où aucun enracinement moral n’entravera les visées des forces de l’argent.

Certes, il serait opportun de délester l’État et les collectivités locales de leur mauvaise graisse. Trop d’impôts, trop de charges, trop de réglementations ineptes dévitalisent notre économie: des doses de libéralisme à usage interne favorisant l’activité des petits entrepreneurs, des commerçants, des artisans s’imposent. La droite héritière de Tocqueville, Guizot, Aron a vocation à préconiser des réformes économiques dont l’objectif initial serait de désendetter et désembourber l’État. À cet égard, les expertises d’Agnès Verdier-Moliné méritent d’être prises en considération. Reste que, dans notre pays, les thèses libérales ne séduisent guère hors la classe dirigeante et moyenne supérieure; dans les urnes cela pèse autour de 15 %. L’autre droite, moins « libertaire », plus cocardière et soucieuse de ne pas larguer notre art de vivre, lève le gros de ses troupes dans les classes populaires. Les « gilets jaunes » modérés seraient plutôt de ce bord, où la fronde des humbles contre les privilégiés est toujours en latence.

Les politologues ont coutume de qualifier ces deux droites « d’orléaniste » et de « bonapartiste ». Elles ne sont pas solubles l’une dans l’autre. Elles semblent même à maints égards incompatibles. L’histoire pourtant a montré que leurs coalitions permettaient d’obtenir des majorités de gouvernement, sous condition de respecter les différences de sensibilité. Les trois têtes de liste présentées par LR reflètent assez bien ces différences: du sarkozysme, du juppéisme, du fillonisme. Si l’électorat de droite souhaite, non pas empêcher Macron de gouverner, mais l’émanciper d’une Macronie sans phare ni boussole, il doit en bonne logique opter pour la liste de Bellamy. Si ce dernier réalise un bon score, une recomposition politique sera envisageable. Sinon continuera de prévaloir cette situation malsaine: Macron au centre de tout et de rien, l’essor des deux extrêmes qui assurent sa survie mais le ligotent, avec risque d’étranglement.

Denis Tillinac pour Valeurs actuelles.

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6 Réponses à “Bellamy ouvre un chemin pour la droite”

  1. Richard Mauden dit:

    Bellamy : l’homme des valeurs enracinées cerné par le relativisme et la morale du temps (de la droite molle UMPS de Bayrou-Juppé) Par Michel Janva le Salon beige. Hervé Lépinau, Conseiller départemental Rassemblement National de Vaucluse, conseiller municipal de Carpentras, écrit sur Boulevard Voltaire :
    Le petit monde politique français n’en finit pas de livrer son lot de surprises. Les Républicains, écartelés sur le plan idéologique entre un ventre mou centriste, européiste et libertaire, et ce qu’il reste du courant gaulliste, souverainiste et conservateur, propose un triumvirat improbable pour mener sa liste aux européennes. Le jeune et brillant philosophe François-Xavier Bellamy, ontologiquement de droite, se retrouve flanqué de deux cerbères marqués au centre. L’homme des valeurs enracinées cerné par le relativisme et la morale du temps.

  2. Noel de Virdeuil dit:

    Mais qu’est allé faire cette belle âme et cette intelligence remarquable dans cette galère ? …!!!!

    • Au moins, je saurai pour qui voter!!

      Un homme intègre, chrétien (oui je suis une chrétienne obtuse!), philosophe (oui j’adore la philo et j’adore son site) et de droite (je suis irrémédiablement de droite, la vraie. Pas celle de Juppé ni la droite d’extrême gauche de marine)

      Que nous faut il de plus?

      De toute façon, pour cette élection, nous n’aurons pas mieux.
      Alors, si je ne veux pas voter bulletin nul avec des horreurs mal élevées écrites dessus (H16 en a des modèles très acceptables), je n’ai que cette solution, dans la mesure où j’ai toujours déteste jouer les Ponce Pilate!

      Ensuite, que vient-il faire dans cette galère?
      C’est son problème.
      Je suppose qu’il y a réfléchi et aime peut être suffisamment son pays pour risquer sa vie, son honneur (je ne doute pas qu’on essaie de le salir , c’est la méthode gaucho-socialiste par excellence)et son âme pour Lui.

      • Marie COGNET dit:

        Tout à fait d’accord, je ne doute pas non plus qu’il subira des attaques médiatiques non stop (d’ailleurs cela a déjà commencé).

        J’espère qu’il aura la force nécessaire pour y résister.

        Il a en tout cas le grand mérite de ne rien vouloir céder à ses convictions.

  3. Pour gagner des élections, il faut des guerriers, pas de philosophes, sauf à être Marc Aurèle. Même si le personnage est sympathique et intelligent, ce n’est pas suffisant.

    • Lorsqu’on va sur son site, on peut remarquer qu’il n’est pas seulement philosophe.
      C’est également un homme courageux et de conviction.

      S’il était seulement philosophe, effectivement, nous retomberions sur un pur intellectuel, non pragmatique.

      Il écrit, à propos d’un viol :
      « En affirmant que « tout homme est par nature un animal politique », Aristote affirme que la condition humaine ne se réalise que par la qualité de la cité dans laquelle il s’inscrit.
      « Si l’homme, parvenu à toute sa perfection, est le premier des animaux, il en est bien aussi le dernier quand il vit sans lois et sans justice. C’est alors l’être le plus pervers et le plus violent ; il n’a que les emportements brutaux du sexe et du ventre. »

      Quand la cité se disloque, l’humanité se défait. C’est la raison pour laquelle la barbarie de ce viol ne peut que nous concerner : cet épisode sinistre, et si peu isolé hélas, nous redit combien il est urgent de retrouver, et de sauver, les conditions indispensables pour que l’homme ne soit pas inhumain.

      N’oublions pas qu’il a :
      ** participé à deux cabinets ministériels, auprès du Ministre de la Culture et de la communication, puis du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice,

      **exercé depuis dans plusieurs lycées de l’enseignement public,ce, dans des zones défavorisées, avant d’être affecté en khâgne à Paris,

      ** été élu maire adjoint à Versailles, délégué à la jeunesse et à l’enseignement supérieur, dans l’équipe (sans étiquette) de François de Mazières

      **s’occupe, depuis le début de son deuxième mandat en 2014, de l’emploi

      ** promeut l’apprentissage et l’alternance, notamment auprès des jeunes encore en recherche d’orientation

      (issu, certes, de son autobiographie, mais facilement vérifiable!)

      Je préfère quelqu’un qui tente de mettre en application ses principes plutôt que qurlqu’un qui ne fait que du -mauvais- théâtre.

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