Ce très cher exil fiscal …

Publié par le 7 Fév, 2019 dans Blog | 10 commentaires

Ce très cher exil fiscal …

J’ai pu noter en observant des connaissances qui votaient toujours à gauche que l’une de leurs principales motivations était souvent la jalousie vis-à-vis de ceux qui étaient plus riches qu’eux.

Ils brandissaient souvent la bannière de l’inégalité même quand on leur mettait sous le nez les preuves de la sur-redistribution que génère notre système fiscal. Pour eux, simplement, le fait que leur voisin de palier avait une plus grosse voiture qu’eux, était une inégalité flagrante !

La classe moyenne supérieure est déjà lourdement sur-imposée puisque 7 % des contribuables les plus aisés payent 50 % de l’impôt sur le revenu. Le mouvement des Gilets jaunes est parti d’un ras-le-bol fiscal dû à l’augmentation des taxes sur les carburants, et réclamait donc une baisse massive des impôts et tes taxes. Mais le gouvernement ne trouve rien de mieux, ces jours-ci, que d’envisager une tranche supérieure d’imposition sur le revenu ou bien de plafonner certaines niches fiscales.

On peut toujours trépigner sur place en exigeant moins d’inégalité donc en prenant aux riches pour donner aux pauvres. Cela fonctionne depuis des dizaines d’années mais ne fonctionnera que tant qu’il y aura suffisamment de riches …

Or l’exil fiscal est une réalité !

Le consentement à l’impôt est un des piliers de la démocratie. Mais quand un contribuable a le sentiment que l’impôt qui le frappe est devenu confiscatoire, n’est-il pas légitime qu’il pense à s’en soustraire ? Surtout quand il constate que l’Etat gaspille son argent et que l’assistanat y est trop important et est responsable d’un chômage de masse …

Quand un « riche » quitte la France, c’est la double peine pour le pays ! Il ne paye plus ses impôts en France et s’il est entrepreneur ou investisseur, il va faire bénéficier un autre pays de ses talents et de son capital.

Voici un article des Echos qui porte justement sur l’exil fiscal :

Les départs cumulés de foyers aisés sous le quinquennat précédent ont sérieusement rogné les recettes budgétaires. A méditer pour l’issue du grand débat.

Le rapport sur l’exil fiscal réalisé par Bercy que nous publions ce mercredi ne donne aucune indication sur l’effet des mesures Macron (réforme de l’ISF, flat tax) qui viennent à peine d’entrer en vigueur. Les chiffres consolidés par l’administration portent sur l’année 2016, et permettent plutôt d’affiner le bilan du quinquennat précédent.

Pour autant, les leçons à en tirer sont précieuses alors que les propositions se multiplient pour taxer davantage les plus aisés, au nom de l’équité fiscale. La première leçon est justement qu’avant de rayer d’un trait de plume une réforme, comme la transformation de l’ISF en impôt sur la fortune immobilière (IFI) , il faudrait un minimum de recul pour en observer d’abord les impacts.

Près de 20.000 départs en cinq ans

La deuxième leçon est que l’on peut en revanche analyser les effets des hausses d’impôts votées à la fin du quinquennat Sarkozy et au début du quinquennat Hollande, pour mesurer les risques d’une politique poussant trop loin la progressivité et la concentration de l’impôt. Entre 2012 et 2016, près de 20.000 foyers déclarant plus de 100.000 euros de revenus sont partis à l’étranger, le rythme annuel ayant été trois fois plus important qu’avant le choc fiscal. L’accélération des départs a été encore plus prononcée pour ceux déclarant plus de 300.000 euros de revenu fiscal.

Notez l’impact de l’élection de François Hollande sur le nombre des départs …

Si l’exode n’est pas massif, et qu’il faudrait mesurer les mouvements dans l’autre sens, le flux de départs a été important, et l’impact budgétaire non négligeable : ce sont des centaines de millions d’euros de recettes fiscales annuelles qui se sont évaporées, sans parler des créations de valeur réalisées sous d’autres cieux. Le constat est sensiblement le même pour l’ISF : 200 millions d’euros de recettes annuelles perdues sur dix ans, des investissements effectués ailleurs, des pertes de contrôles d’entreprises familiales, etc.

Ces données confirment que la taxation accrue des plus aisés, si elle est au coeur du débat politique, ne peut en aucun cas résoudre les problèmes budgétaires de la France. Sauf à augmenter la pression fiscale des classes moyennes supérieures, qui ont déjà payé le plus lourd tribut ces dix dernières années …

Etienne Lefebvre pour Les Echos.






10 Réponses à “Ce très cher exil fiscal …”

  1. « Je pense que les peuples démocratiques ont un goût naturel pour la liberté ; livrés à eux-mêmes, ils la cherchent, ils l’aiment, et ils ne voient qu’avec douleur qu’on les en écarte. Mais ils ont pour l’égalité une passion ardente, insatiable, éternelle, invincible ; ils veulent l’égalité dans la liberté, et, s’ils ne peuvent l’obtenir, ils la veulent encore dans l’esclavage. » a écrit Tocqueville.

    Il est logique, il est normal et il est humain qu’à partir du moment où un Etat confisque la majorité des gains du travail, que des gens cherchent à y échapper. Pour qu’il y ait des paradis fiscaux, il faut qu’il existe des enfers fiscaux.

  2. l’exil?
    L’un de mes enfants est exilé, définitivement, je pense, aux USA!

    Pourquoi?

    Simple : doué (excusez moi, ce n’est pas moi qui le dit, mais ses profs, qui me demandent encore de ses nouvelles)… Que pouvait il faire en France?

    Impossible de trouver du travail, même en traversant la rue!
    — « Comment, vous avez 2 ans d’avance? Vous êtes trop jeune et n’avez pas d’expérience.
    Et puis, éventuellement, on peut vous offrir un poste subalterne au SMIC, encore que votre profil ne correspond pas car vous êtes trop diplômé. »

    Résultat :
    **Coopération scientifique dans une grande université des USA (il a l’âge de micronimus jupiterminus, soit né la dernière année du service militaire obligatoire)
    **Université qui l’a gardé…
    **Puis « mutation » (enfin l’équivalent) dans une autre grande université des USA, avec, à moins de 25 ans management d’une équipe scientifique…
    Avec un salaire qui va avec.

    *Il a la liberté,

    *Il ressent de la fraternité (qu’il n’a jamais ressenti en France!
    La France? = jalousies, compétitions malsaines, réglementations imbéciles… et rémunérations non pas selon les compétences, mais selon les copinages…

    *et égalité (à travail égal et compétences égales : salaire égal!!)

    Bon, l’inconvénient majeur (surtout pour un français!)est que l’on peut-être licencié à tout moment, si on n’a plus les compétences adéquates…

    *La fiscalité n’est pas la même : certes prélèvement à la source, mais dans des conditions de simplicité qui n’ont d’égales que les complexités françaises et les incompétences françaises!

    • J’avoue que ma dernière phase est un peu confuse…
      Je voulais dire que la fiscalité américaine était aussi simple que la fiscalité française était compliquée..

      • Au lieu d’essayer de faire revenir les milliardaires français (qui n’en ont jamais assez) et les migrants (qui font accroître nos taxes et impôts), conservons nos talents (que nous piquent ceux qui investissent dans l’avenir) et remplaçons nos milliardaires optimisationnistes par de réels investisseurs.

        Depuis trop longtemps, on remplace la main d’oeuvre d’excellence par de la moins chère pour que les investisseurs augmentent leur marge au détriment du réinvestissement nécessaire à la préservation de l’industrie.

        • 100%¨en accord avec vous!
          ce sont ceux qui pourraient créer, investir, qui partent.
          Nos jeunes qui pourraient relever la recherche, l’investissement dans le travail partent sous des cieux meilleurs pour eux (à savoir la reconnaissance de leurs talents), et faire des travailleurs d’excellence!

          Et ils sont remplacés par des jeunes violents et incultes.

          Et couards= ils préfèrent partir que de rester combattre pour défendre leur pays, et être assistés plutôt que de retrousser leurs manches pour relever leur pays par leur travail!

  3. Si j’étais célibataire avec une dizaine d’années de moins, je crois je ferais le même choix que le fils de Suzanne. Et j’avoue que cela me tente encore, la Suisse est tout près de chez moi, on y est bien mieux payé, la mentalité bien moins envieuse qu’ici, et la qualité de vie y est exceptionnelle, même si le coût de la vie est très élevé. En tout cas c’est ce que je risque de conseiller plus tard à mes enfants, tant notre pays qui avait tout ou presque à la base (sauf le pétrole), avec son héritage culturel, sa situation, ses infrastructures, … me paraît ne plus avoir d’avenir à cause de l’idéologie socialiste moisie qui s’y est développée depuis tant d’années.
    Ce qui est dramatique, c’est qu’aujourd’hui on parle d’exode non plus de riches, mais de cadres (ce qui est le cas à 100k pour un foyer). Les sinistres Hollande, Sapin, Macron, aujourd’hui Darmanin &co ont tellement essoré toutes ces vaches à lait, et veulent encore leur faire payer plus, sans que cela ne profite ni aux plus démunis, ni à la qualité des services public, ni au désendettement du pays, que ça sent vraiment le début de la fin…

    Cet article m’inspire une anaphore façon Hollande.
    Et je suis convaincu qu’aussi bien le gilet jaune taxé crevant sous les taxes, que le salarié prélevé à la source, le retraité CSG-isé, le cadre ou la famille vache à lait, le patron de PME, le cochon de propriétaire, et tant d’autres, partagent en majorité cette revendication : PAS UN € DE PLUS de taxe ou d’impôts ! Seuls les gauchistes ou socialistes indécrottables, les bobos ou mondialistes déphasés ou les profiteurs divers du système, ne s’y reconnaîtront pas.

    PAS UN € DE PLUS, quand l’Etat laisse détourner par les syndicats les milliards engloutis dans la pseudo-formation professionnelle, au détriment des chômeurs ;
    Pas un € de plus, quand des centaines de hauts fonctionnaires hors cadre gagnant plus qu’un Président de la République, se gavent de primes en se payant sur la bête, tout en pantouflant à leur guise dans des grandes entreprises avec la sécurité que leur procure leurs grands corps d’Etat ;
    Pas un € de plus pour des subventions inefficaces en tout genre, emplois aidés qui coûtent plus chers qu’un poste de cadre. Faites le ménage !
    Pas un € de plus, tant que perdureront de scandaleuses inégalités de statut entre salariés et retraités du privé d’une part, et bénéficiaires de régimes spéciaux hors d’âge d’autre part ;
    Pas un € de plus pour financer une immigration de masse dont 70% des français ne veulent pas, avec sa cohorte de fraudes, de futurs oisifs et assistés, et toute l’insécurité qui en découle ;
    Pas un € de plus pour payer un service public audiovisuel de propagande, pléthorique et inefficace ;
    Pas un € de plus, quand les collectivités locales continuent à entretenir des effectifs en constante augmentation, aux 32h et avec des taux d’absentéisme record ;
    Pas un € de plus pour financer des investissements « écologiques » ineptes et coûteux, comme les éoliennes, tout en sacrifiant une filière d’excellence française au profit des chinois ;
    Pas un € de plus pour rémunérer les bénéficiaires des nombreux « fromages de la République », membres des comités Théodule, Défenseurs des Droits, membres du CSA, INA, et autres, à 30k€ / mois ;
    Pas un € de plus pour financer les innombrables assoces, ONG, aux buts obscurs et qui bien souvent jouent contre la loi, promeuvent les thèses racialistes-décoloniales, ou servent de paravent à l’islam radical ;
    Pas un € de plus pour subventionner une culture foireuse, artistes contemporains d’une laideur achevée, cinéma et théâtre à bobos, et tout le système d’intermittence du spectacle qui va avec ;
    Pas un € de plus, pour rapatrier de Syrie des traîtres à la France, et les entretenir à nos frais dans nos prisons, où de toute façon ils ne resteront pas assez longtemps ;
    Pas un € de plus pour ouvrir de « nouveaux droits » en face des lubies sociétales de groupes revendicatifs divers et variés ; pour endoctriner nos gamins à la grammaire inclusive et autres conneries quand les fondamentaux ne sont plus assurés ;
    Pas un € de plus quand tant de gens abusent de la solidarité nationale, du système de santé, au détriment de ceux qui en ont vraiment besoin, et que l’Etat n’y trouve rien à redire ;
    Pas un € de plus tant qu’une réforme drastique des avantages divers, retraites, … de nos chers (dans tous les sens du terme) élus n’aura pas été entreprise ;
    Pas un € de plus, tant que n’auront pas été réorientés les milliards que la France verse à l’Europe vers des politiques défendant réellement la sécurité des Européens, l’emploi des Européens, et la civilisation Européenne ;
    Pas un € de plus pour les juges rouges du « Mur des Cons » ;
    Pas un € de plus pour maintenir les niches des copains (journalistes, collectionneurs d’art, émirs, …) quand on s’attaque à celles des familles et des petits-moyens épargnants ;
    Et pour le symbole, pas un € de plus pour la piscine de M. et Mme Macron. Réglez les points précédents (et je doute grandement que vous le vouliez), et alors seulement, vous l’aurez méritée !
    Je crois que j’aurais pu continuer la liste encore longtemps. Nul doute que d’autres contributeurs habituels trouveraient à la compléter.

    • Pas un € de plus pour les parlementaires qui s’indignent un par un bien plus pour l’incendie criminel de la résidence bretonne de leur président d’assemblée que pour ceux, bien plus criminels qui ont fait tant de morts à Courchevel et dans le 16ème à Paris
      Je suppose que M. Richard Ferrand est bien assuré, aux « mutuelles de Bretagne », à jour des cotisations et qu’il n’a pas fait que leur manger la laine sur le dos.
      J’espère enfin que l’incendie n’est pas une « si banale » et nouvelle escroquerie à l’assurance maquillée en incendie criminel.

      Je dépasse volontairement les limites pour rappeler comme Talleyrand que

      « tout ce qui est excessif est insignifiant »,

      comme le rappel de l’ambassadeur de France en Italie.
      Un chef de l’État doit garder la tête froide en toute circonstance et ne pas tomber dans le « n’importe quoi » d’une cours de récréation.

      Je crains qu’il n’ait eu la stature de l’homme d’état que lors du débat de l’entre-deux-tours, depuis, il n’y a eu que dérapages incontrôlés et rendus incontrôlables par les « carabistouilles » et les affaires d’été.

  4. Il y a 3 ans, j’en ai eu marre.
    Jeune médecin généraliste, j’étais prêt à m’installer en campagne.
    Et j’ai commencé à subir la Sécu, l’URSSAF, la caisse de retraite, etc…

    J’ai tenté de m’en dépêtrer et je me suis rendu compte que même sans eux, le problème du pays resterait, la mentalité.

    Comme médecin, on gagne 100€ brut de l’heure, soit 30€ net, ce qui fait environ 5000€ par mois (pas mal…) si on fait 40h de consultation effective par semaine, et sans compter les heures d’administratif et les congés non payés (car libéral).
    Donc des semaines de 60 heures.

    A ce prix, difficile de payer une secrétaire, avec l’augmentation des prix des locaux ou des assurances. Vous savez qu’à Paris, les prix des locaux empêchent les jeunes médecins de s’installer ?

    Bref, j’en ai eu marre, j’ai voulu changer, je suis parti en Suisse.

    Et là, j’ai découvert qu’on peut passer 30 ou 40 minutes avec un patient pour le soigner, qu’on peut travailler 30 ou 50 heures par semaine, finir à 18h, et sans se faire insulter par des patients très gentils. Et avoir 2 assistantes pour le secrétariat et les soins médicaux. Et que le reste-en-poche à la fin du mois est bien supérieure.

    On me dit de temps en temps « tu reviens quand ».
    Enfin, on me le disait, car ils ont compris maintenant que je ne reviendrai plus. Et les collègues restés en France me racontent leurs déboires de plus en plus déprimants.

    Je ne suis pas un cadre à 100K, mais je suis parti.

    • Merci pour cet exemple édifiant la question de fond reste la même :

      Où va le blé que l’on nous prélève toujours de façon plus importante au fil du temps pour de moins en moins de services ou plutôt des services de moins en moins efficaces ?

      Pourquoi tant d’opacité sur le devenir de nos contributions alors que nous, contribuables, étant maintenant prélevés à la source dans une perte notable de confidentialité.

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