Contre le mythe de la France raciste

Publié par le 20 Août, 2020 dans Blog | 0 commentaire

Contre le mythe de la France raciste

J’aimerais partager avec vous un témoignage édifiant et poignant paru dans Causeur.

En permanence, on entend hurler des militants indigénistes et racialistes qui n’ont aucune volonté de s’assimiler et traitent les Français blancs de racistes.

Quand on refuse de devenir Français, selon moi, on perd toute légitimité à exiger quoi que ce soit de la France.

Le « contre-témoignage » que je relaye ici est celui d’un jeune fils d’immigré qui a tout fait pour s’assimiler et qui, pour cette raison, a été rejeté par certains jeunes de sa cité mais aussi par la gauche bien pensante.

Si on peut tenter de comprendre ces jeunes, on ne peut que condamner cette gauche irresponsable qui a tué l’assimilation des populations immigrées au nom du droit à la différence, et qui l’a remplacée par leur victimisation permanente.

Quand ma cité me rejetait parce que j’étais assimilé

 

À rebours du mythe de la France raciste colporté par les indigénistes et leurs thuriféraires de gauche, la nation française a été une chance pour tous ceux qui refusent le discours tribaliste et victimaire. Témoignage d’un enfant de l’assimilation.

C’est avec beaucoup de peine que j’ai assisté dernièrement à la mise en cause publique d’un CRS noir qui fut traité de « vendu » par des manifestants soutenant le comité Adama Traoré. Je ne suis pas noir, mais maghrébin par ma mère et, enfant de l’assimilation, je peux me reconnaître dans la souffrance de ce jeune homme au service de notre nation. Ces images m’ont rappelé des expériences personnelles datant de la fin des années 1980 à la fin des années 1990. Dans ma cité minière de Lens, nous organisions régulièrement des matchs de foot dans la cour d’une école primaire que nous investissions en toute illégalité les samedis après-midi.

Une quête identitaire violente

Une partition s’était opérée insidieusement, les « Maghrébins » de la cité ne voulaient plus de mixité lors de ces matchs. Nous étions condamnés à jouer des France-Maroc dans des ambiances survoltées où nos adversaires mettaient en avant leur orgueil identitaire. Par mon identification ambiguë, je devenais une cible privilégiée.

Tous savaient que ma mère avait trahi en se mariant avec un « Français », un « gwer », j’essuyais des tombereaux d’insultes et de propos dégradants : harki, faux frère, « bougnoule de service », « dégradé de gris » … Je me prenais aussi des coups, l’ambiance était explosive.

Il n’y a jamais eu de racisme dans la cité, nous avions été des camarades de jeu, des copains de classe, des complices de nos 400 coups. Nous faisions aussi beaucoup de « conneries » et la police, déjà, ne rentrait pas dans notre quartier. Il n’y a donc pas eu d’exclusion, mais plutôt une affirmation, une quête identitaire qui poussait certains à être le négatif de ce que nous étions, à nous rejeter, à ne pas se mélanger avec nous.

Les assimilés abandonnés de la République

Pourtant la rengaine médiatique et politique de l’époque n’avait aucun rapport avec le réel. Entre le début des années 1980 et le milieu des années 1990, la démographie avait changé dans nos quartiers, favorisant la montée de ces oppositions ethniques. Faire son « Français » était mal vu quand on était d’origine nord-africaine

Puis on a vu apparaître des clubs de foot communautaristes fondés sur l’origine des joueurs. En 1998, juste après la victoire de la France « Black Blanc Beur », le président de mon club s’est opposé à la création d’une équipe B « 100 % Maghreb ». Les joueurs qui la réclamaient ont trouvé leur bonheur dans un club rival.

Les assimilés comme moi ont été abandonnés par la République et principalement par la gauche qui prétendait protéger les plus faibles.

Nous avons été livrés à la loi des plus forts, isolés face au tribalisme solidaire, livrés à ceux qui haïssaient la France. Nous sommes des « vendus », mais qui nous a vendus contre une paix sociale fictive en comparant l’assimilation à du racisme ?

Le plus révoltant est de m’être retrouvé face à de belles personnes de « souche » et de gauche, me taxant de raciste islamophobe pour avoir osé décrire ces réalités. Un jour, le responsable d’une association laïque me reprocha de mettre trop en avant ma francité au détriment de mon arabité ! J’ai eu la sensation de discuter avec un militant du FLN en 1958 ! À croire que la victimisation, la charia et la haine anti-française étaient inscrites dans mon génome !

Une meilleure vie qu’au bled

Mes grands-parents musulmans sont arrivés d’Algérie en 1949. Mon grand-père est venu travailler dans les mines de charbon du bassin artésien. Ma famille a eu une meilleure vie que si elle était restée au bled, sous la dictature FLN qui s’est installée après leur départ.

Évidemment, par fierté, ils soutenaient le régime et affirmaient que tout était formidable en Algérie, mais jamais ils n’auraient voulu y retourner définitivement. Ni eux ni aucun de leurs dix enfants, dont ma mère.

Au début des années 1960, ils furent les premiers dans leur rue à posséder une télévision. Leurs voisins et amis, la famille Descamps et leurs 12 enfants venaient tous les soirs regarder l’ORTF dans un silence de cathédrale.

Le régime minier des houillères du Pas-de-Calais payait des vacances aux mineurs et à leurs familles chaque année. J’ai encore des photos en noir et blanc de cette époque bénie.

Luttes fratricides

Le plus gros danger ne venait pas du racisme, mais des luttes fratricides entre FLN et MNA (Mouvement national algérien) qui provoquèrent 1 700 morts en France. Le FLN exerçait une forte pression sur les Algériens qui devaient payer un impôt révolutionnaire et surveiller la respectabilité musulmane de leurs filles.

Une de mes connaissances, un mineur retraité d’origine italienne, me parla de l’épicier algérien égorgé chez lui, car il refusait de payer l’impôt. Il évoqua aussi son meilleur ami et collègue, italien comme lui, tué à la mitraillette à la gare de Lens avec un Algérien qui était du MNA par des types du FLN qui venaient de l’actuelle Seine Saint-Denis, où étaient implantés les bureaux des indépendantistes algériens.

Après les accords d’Évian, ma mère, contrairement à sa sœur aînée, refusa la nationalité algérienne et choisit la nationalité française. Elle voulait éviter le mariage arrangé qui était la norme dans les familles musulmanes. Sa sœur fut mariée à un neveu de mon grand-père, puis emmenée en Algérie afin de servir de boniche à sa belle-famille. Mes grands-parents sont allés la chercher et négocier le retour des mariés à Lens afin de surveiller le mari violent qui avait envoyé leur fille à l’hôpital le soir de ses noces.

Les accords déviants

Sachez bien que la légende sur la vilaine France raciste me met hors de moi. La nation française, le peuple français, la culture et l’art de vivre français ont été une chance pour moi et ma famille.

Je n’ai jamais subi de contrôle au faciès, mon prénom et mon nom ne sont pas inscrits sur mon front, pourtant mon physique m’a valu de me faire taxer de vendu.

Je voudrais revenir à ce CRS traité de vendu. Je n’ai pas été surpris : cela fait belle lurette que la réalité des quartiers populaires (et désormais, des réseaux sociaux) contredit le discours médiatique ambiant. Lui et moi savons ce que nous risquons. Mais ceux qui me mettent le plus en colère sont ceux qui ont encouragé et légitimé la haine de la France, la criminalisation de l’assimilation.

Ceux qui ont nourri et approuvé le discours victimaire antiraciste fallacieux qui a servi de bouclier immunitaire et de carburant idéologique à l’indigénisme et à l’islamisme.

Sans leurs alliés, les indigénistes n’auraient pas un tel pouvoir de nuisance. La majorité de nos responsables politiques ont sacrifié notre sécurité et celles de tous les honnêtes citoyens de ce pays aux caïds identitaires et aux groupuscules racialistes.

Ce sont des accords déviants.

David Duquesne pour Causeur.

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