De la déliquescence de l’Occident (1/2)

Publié par le 8 Juil, 2018 dans Blog | 1 commentaire

De la déliquescence de l’Occident (1/2)

Pourquoi le fossé se creuse-t-il sans cesse plus profond entre les « élites » occidentales et le peuple ?

Pourquoi les peuples de l’Europe de l’est sont-ils plus résilients face à l’envahissement migratoire ?

Autant de questions existentielles pour l’Europe auxquelles Dmitry Orlov, écrivain russo-américain, tente de répondre dans un article paru sur le site Lesaker Francophone.

Attention, le constat qu’il dresse de l’Europe est décoiffant, sans complaisance et absolument non politiquement correct ! Même si son jugement sur les migrants peut apparaître parfois excessif, il répond avec pertinence, en plongeant dans l’Histoire, aux deux questions évoquées plus haut.

L’article étant très dense et très long, je le publie en deux parties. Voici la première :

Les barbares envahissent le cimetière européen

Partout dans le monde, très peu de personnes sont capables de penser la réaction européenne face à la crise des migrants. Du côté des migrants, nous avons des démonstrations avides de barbarie, de fanatisme et d’agression ; du côté des Européens, nous avons la peur abjecte d’apparaître… intolérants.

Dans une situation incontrôlée où l’on s’attendrait à ce que les gens s’organisent, protestent, dressent des barrages routiers et votent massivement pour les partis nationalistes, nous sommes plutôt soumis au ridicule spectacle d’Européens dociles et efféminés habillés en tenues unisexes, saupoudrant leurs marches pour la paix de « Non au terrorisme ! ». La plupart des gens dans le monde y voient une démonstration magistrale de nullité anthropologique. « L’Europe est-elle morte ? », se demandent-ils à haute voix.

Si vous pensez que cette impression est politiquement incorrecte ou non diplomatique ou marginale plutôt que dominante, le ministre russe Serguei Lavrov, un homme d’État russe et un diplomate chevronné, a déclaré que l’Union européenne se « suicidait » en se laissant envahir par les hordes du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.

Ici, un flot de personnes arrive, la majorité étant de jeunes hommes adultes qui se dérobent au service militaire [chez eux, NdT], et relativement peu d’entre eux sont qualifiés pour demander l’asile. La plupart ne sont pas qualifiés pour travailler dans l’UE en raison d’un manque d’alphabétisation, de formation ou d’éthique du travail. Beaucoup d’entre eux ne seraient même pas formables, venant de populations élevées pour la résistance physique et la tolérance aux maladies plutôt que pour l’intelligence.

Beaucoup sont des radicaux islamiques qui se considèrent comme de véritables colonisateurs ; beaucoup d’autres n’ont aucun scrupule à voler les Européens et à violer les femmes européennes. Quelques milliers sont de véritables terroristes envoyés pour attendre des ordres. Pour la plupart d’entre eux, s’abattre sur l’UE et se faire prendre en charge fait partie d’une excellente aventure – bien plus excitante que de garder le bétail ou de cultiver du mil dans leur village natal.

Les ONG européennes les équipent de canots gonflables et de gilets de sauvetage et les placent à la dérive au large de la Libye ou dans l’Adriatique. Les navires des ONG européennes les ramassent ensuite et les livrent aux ports d’Italie, de Grèce ou d’Espagne. Puis ils sont pris en charge, pendant des mois, tandis que de plus en plus d’ONG les aident à remplir les formalités administratives et qu’ils encombrent les tribunaux de poursuites judiciaires à leur nom.

Je suis sûr que certains Européens pourraient me trouver méchant de présenter un résumé aussi peu flatteur de la situation. Mais il y a un critère beaucoup plus sûr pour le mesurer que la simple bonté : est-ce véridique ? La vérité est souvent cruelle et douloureuse, et pourtant sans vérité – avec laquelle comprendre les véritables conséquences de nos actions – nous sommes tous des agneaux sacrificiels.

Refuser de faire face à la vérité en se cachant derrière un voile hypocrite et usé de « gentillesse » est une simple lâcheté. En effet, la lâcheté est souvent exposée en Europe, se cachant derrière un autre voile usé de « sécurité ». Lorsque EIIL a fait sauter une bombe dans l’aéroport de Bruxelles, le roi Philippe et sa femme ont été rapidement évacués. À l’époque médiévale, un tel comportement lâche aurait coûté sa couronne au souverain, et peut-être sa tête. Mais maintenant, il est bon pour une nation lâche d’avoir un roi lâche.

Il est assez difficile de comprendre les raisons de cette lâcheté forcée. Pourquoi les élites européennes sont-elles si insistantes pour imposer la « tolérance » à leurs citoyens et les remplacer par des barbares importés ? Qu’est-il arrivé à l’esprit des empires sanguinaires qui ont saigné la planète entière pendant des siècles, accumulant d’innombrables trésors ?

Ce que je pense qui arrive, c’est que la vie des Européens est devenue trop confortable. Oui, ils ont connu des difficultés pendant les deux guerres mondiales, mais ce n’était rien comparé à ce que beaucoup d’autres nations ont traversé, la Russie et la Chine en particulier. Quand la vie est un combat, l’expérience est vive, les joies simples sont profondément ressenties, les choix intelligents sont essentiels à la survie et les actes d’héroïsme sont à la fois nécessaires et valorisés. Quand la vie est confortable, les gens deviennent rassasiés et difficiles à satisfaire, les goûts deviennent décadents et éphémères, les questions de sécurité sont repoussées vers des spécialistes et les gestes spontanés d’héroïsme individuel et de bravoure deviennent des symptômes d’inadaptation sociale.

Lorsqu’il y a suffisamment de sécurité et de confort, cela devient une fin en soi et la norme selon laquelle toutes les choses sont mesurées. Ceux qui sont moins sûrs et moins à l’aise sont perçus comme ayant moins réussi, moins à la mode aussi, et ils deviennent moins populaires, dans un jeu de surenchère sans fin. En retour, ceux qui ne sont pas encore séduits par la sécurité et le confort et sont disposés à se battre pour des principes supérieurs à la simple tolérance et à la gentillesse, deviennent incompréhensibles ; après tout, qu’y a-t-il d’autre que la sécurité et le confort ? Mais ce n’est qu’une configuration pour la prochaine étape, parce que la sécurité et le confort ne peuvent pas fonctionner comme des absolus.

La sécurité ne peut être garantie partout et en tout temps : des accidents se produisent. Vous pourriez être frappé au visage par un ivrogne belliqueux, être agressé par un migrant mal embouché, mourir dans une attaque terroriste parce qu’Allah Akbar ou, plus probablement, vous casser le cou en tombant de votre vélo. Puisque vous n’êtes plus responsable d’assurer votre propre sécurité – c’est maintenant le travail de professionnels rémunérés – vous ne pouvez pas vous blâmer pour vos erreurs. Vous pouvez, bien sûr, blâmer les professionnels rémunérés, mais ils font de leur mieux, vous savez… Votre seul choix est de prétendre que vous êtes une victime. La victimisation devient une marchandise prisée et un insigne d’honneur. L’attention extrême et le soin prodigués à toutes les variétés de victimes, qui sont encouragées à s’organiser et à négocier collectivement, aident à assurer aux autres que leur sécurité absolue est très importante. Vous pouvez être une victime, mais vous ne pouvez pas être victime de votre propre stupidité.

En parlant de stupidité, réaliser que vous êtes stupide n’est pas confortable, mais tout le monde – même le plus stupide – doit rester bien à l’aise en tout temps. Étant donné qu’exactement la moitié des gens ont une intelligence inférieure à la moyenne, c’est difficile à organiser. Affirmer que la moitié de la population est victime de sa stupidité ne résout pas exactement le problème : une telle surabondance de victimes creuse la promesse du confort universel. Le problème ne se pose pas non plus en imposant un système de méritocratie universelle fondé sur les droits individuels : l’intelligent fera mieux que l’inintelligent, ce qui causera à celui-ci un inconfort considérable.

A suivre …

Dmitry Orlov (Source Club Orlov)






Une réponse à “De la déliquescence de l’Occident (1/2)”

  1. C’est tellement vrai.

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