Ecriture inclusive : radiographie d’une hérésie

Publié par le 14 Sep, 2020 dans Blog | 4 commentaires

Ecriture inclusive : radiographie d’une hérésie

Il y a quelques mois, Michel Onfray fondait un mouvement :

accompagné d’une revue éponyme diffusée à la fois en version papier et numérique.

Accueilli comme un chien au milieu d’un jeu de quilles, Front populaire et son auteur ont été cloués au pilori par le microcosme politico-médiatique.

Réunir les souverainistes de droite et de gauche fut perçu comme un objectif hérétique dans le milieu politique enkysté dans ses certitudes au point de ne pas voir qu’il est déjà mort.

Je relaye pour la première fois un article diffusé dans la revue en question. Un article qui replace l’écriture inclusive à sa vraie place, celle d’une lubie idéologique sans aucun fondement logique :

L’écriture inclusive passée au scanner grammatical par l’un de nos abonnés, professeur de Lettres. Ou comment, par un magistral raisonnement par l’absurde, démontrer l’inanité du concept.

En quoi consiste l’écriture inclusive ?

Elle consiste à accorder en genre les noms de fonctions, grades, métiers et titres. Par exemple : professeure, autrice, cheffe, Madame La Maire, préfète, etc. Elle consiste à user du féminin et du masculin, par la double flexion, l’épicène ou le point milieu. Par exemple : elles et ils font, les candidat·e·s à la Présidence de la République, etc.Avant de savoir si l’écriture inclusive est recevable, il convient de rappeler quelques points grammaticaux.

Que recouvre le genre dans la langue ?

Un nom (et ses satellites, déterminants, adjectifs) est soit masculin, soit féminin : c’est le genre. Il est arbitraire : on dira une table ronde, un tableau rond. Le genre grammatical n’a donc rien à voir ici avec le sexe. D’ailleurs féminin est un adjectif masculin et masculine (la mode masculine) est un adjectif féminin !

Quand le référent est un homme/une femme, selon l’usage et les règles de dérivation, il y a une correspondance entre le genre et le sexe : un garçon/une fille ou le directeur/la directrice. On parle de genre lexical.

La valeur générique et neutre du masculin, forme non marquée.

Le neutre a quelques traces en français. Par exemple, le ce ou c’ : c’est amusant. On ne dit pas : c’est amusante. Ici, le masculin s’impose comme forme neutre, non marquée, indifférenciée. Amusant s’accorde avec « c’ » qui n’est ni masculin, ni féminin mais neutre. De même, avec le pronom neutre, rien accordé au masculin singulier : rien n’est perdu.

Autre exemple de neutre : Intelligentes, elles le sont. Ou : Veux-tu aller à la piscine ? Je le veux bien. On ne dit pas : Je la veux bien. Ici, le pronom le masculin s’impose comme forme neutre, non marquée, indifférenciée, apte à remplacer toute la phrase, Veux-tu aller à la piscine ? C’est bien dans ces cas-là que le genre est en quelque sorte « neutralisé » et que l’on peut considérer le masculin comme « genre non marqué » : Attendre est ennuyeux. (infinitif) ; Que tu sois partie sans attendre n’est pas gentil. (subordonnée en position de sujet) ; « Labirynthe » est mal écrit. (usage autonymique).

Ainsi, l’Académie française considère fautives les formulations Celles et ceux, toutes et tous, chacun et chacune, Chers Français et chères Françaises, chers concitoyens et chères concitoyennes, etc. : seule la forme neutre indifférenciée (portée par le masculin car non marquée) est utile.

Le féminin est donc :

– un genre grammatical (une table)

– un genre lexical (elle est venue)

Le masculin est donc :

– un genre grammatical (un tableau)

– un genre lexical (il est venu)

un genre neutre, générique, indifférencié (Cela est arrivé hier : arrivé est accordé au masculin à valeur de neutre avec le sujet cela qui est de genre neutre.)

Le Front populaire, la revue de Michel Onfray.

Merci au grammairien qui a remis les pendules à l’heure ! Malheureusement, sa logique restera étrangère à toutes ces féministes, et leurs complices masculins, aveuglés (oui, « és » ! Désolé, le masculin l’emporte dans son genre neutre ), aveuglés par leur idéologie bornée.

Deux petites remarques annexes du blogueur:

Je me suis toujours étonné d’une chose. La langue allemande dispose de 3 articles différents (der, die, das) associés respectivement aux genres masculin, féminin et neutre. Mais pour autant, dans la pratique, le neutre n’a pas été systématiquement utilisé pour nommer les objets, neutres par nature : la porte (die Tür), la table (der Tish), la fenêtre (das Fenster) !

Autre sujet d’étonnement : les nombres en Français sont d’une complexité redoutable et surtout inutile : Soixante-dix, Quatre-vingt,  etc …) Les Suisses ont adopté un numération bien plus logique avec leurs fameux : septante, huitante, nonante ! Les Belges, bizarrement se sont arrêtés au milieu du gué, en prenant septante et nonante mais en refusant le terme d’huitante !

Merci au lecteur suisse de ce blog qui m’a fait remarquer qu’en Suisse, on dit huitante et non pas octante !

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4 Réponses à “Ecriture inclusive : radiographie d’une hérésie”

  1. Il est amusant de constater qu’en Allemagne, pays où la féminisation des termes ne pose aucun problème puisqu’il suffit de rajouter la terminaison IN pour féminiser le mot (Kanzler, Kanzlerin, chancelier, chancelière), certaines féministes militent pour l’abolition de cette terminaison.

    • jacques boudet dit:

      Grammaire, orthographe, vocabulaire, syntaxe, Fi Donc!
      Illettrisme inclusif précurseur du retour dans les arbres.
      Les singes en pleurent de honte!

  2. Bonsoir,
    Petite précision, en Suisse nous utilisons :
    septante (70), huitante (80) et nonante (90).
    Jamais entendu « octante ».

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