Heureux·se·s les ignorant·te·s

Publié par le 13 Oct, 2017 dans Blog | 5 commentaires

Heureux·se·s les ignorant·te·s

En écho à mon précédent article dédié à l’écriture inclusive,

Cinglé·e·s !

Voici un court billet de Solange Bied-Charreton, paru dans le dernier numéro de Valeurs actuelles.

Un billet sur le même sujet, mais plus argumenté …

Au royaume du Progrès, les épisodes se suivent et ne se ressemblent pas, spectacle permanent d’aberrations tragiques, le pire étant presque toujours certain. Ces jours- ci, l’écriture « inclusive » qu’on aura trop longtemps prise pour une plaisanterie de députés écologistes, fait son retour dans l’actualité, par le truchement d’un manuel scolaire.

Solange Bied-Charreton

Afin de porter assistance aux plus réactionnaires de nos lecteurs, précisons les enjeux inclusifs de cette écriture qui n’est pas même une orthographe, encore moins une grammaire : montrer que sous le machiste pluriel du français, toujours au masculin, pourraient se trouver des femmes (voire des animaux femelles, des noms communs de plantes ou d’objets féminins) qui pourraient mal le prendre.

Comme elles (elles, évidemment…) l’expriment sur Twitter, les éditions Hatier sont ainsi « très fier.ère.s d’avoir publié le premier manuel scolaire en écriture inclusive ! »

On les comprend. Qui, à leur place, ne s’enorgueillirait pas de cette téméraire initiative qui, outre le fait de rendre un texte parfaitement illisible en confinant au bégaiement, endosse la responsabilité d’enseigner sans vergogne aux enfants de CE2 une non-langue française ? Mépris de siècles d’évolution du français depuis le bas latin et de son perfectionnement depuis l’ordonnance de Villers-Cotterêts, qui le consacra officiellement comme notre langue, en 1539, de sa littérature et, en fin de compte, de la pensée qu’il exprime.

Car il s’agit bien de cela, « c’est dans les mots que nous pensons », écrivait Hegel dans Philosophie de l’esprit. Ce qui implique que ce pluriel tant décrié soit porteur de sens, non pas celui d’une domination masculine, mais d’un ensemble neutre de choses ou de personnes dont le sexe à dire vrai importe peu dans l’expression du nombre. Ainsi « les gens » ne sont-ils pas d’affreux agents du patriarcat rampant, simplement un groupe (appellation générique) de personnes (qui ne sont d’ailleurs pas uniquement des femmes).

Ce que révèlent en réalité l’écriture inclusive et l’engouement qu’elle suscite chez les pédagogues, c’est leur profonde ignorance des mécanismes de la langue qu’ils emploient. Ou pire, leur volonté farouche, malgré l’innocuité de cet étalage inintelligible de désinences*, de marquer le coup, pour signifier que l’on combat l’inégalité. Or, la langue française n’est ni égalitaire ni inégalitaire, elle n’est seulement pas idéologue.

Solange Bied-Charreton pour Valeurs actuelles.
* désinence : j’ai voulu faire oeuvre de pédagogie en donnant la définition de ce mot que je ne connaissais pas. Je n’ai pas été déçu par la définition du Larousse :

Affixe qui s’adjoint à la finale d’un mot (substantif, adjectif, verbe) pour constituer avec la racine les formes de la flexion nominale (déclinaison) ou verbale (conjugaison).

Ça s’éclaircit un tout petit peu avec la seconde définition :

Partie terminale du nom collectif d’un groupe d’animaux ou de plantes, permettant en général de savoir à quel niveau taxinomique se situe ce groupe.

Je me dis alors que Wikipedia va me donner une définition « pour internaute moyen » donc plus compréhensive :

En morphologie, une désinence (du latin médiéval desinentia, « qui tombe à la fin (d’un mot) ») est un suffixe grammatical servant à la flexion dans les langues flexionnelles.

Il a fallu que je parcoure plusieurs sites pour comprendre qu’il s’agissait simplement d’un suffixe donnant du sens à un radical. Par exemple pour les verbes :

Je chante , j’aime.
Tu chant-es, tu aim-es.
Nous chant-assions, nous aim-assions.

Bref ! Tout ça pour ça ?





5 Réponses à “Heureux·se·s les ignorant·te·s”

  1. Désinence: partie du mot qui suit le radical et qui varie en fonction du mode, du temps et de la personne pour les verbes et en fonction du nombre et du genre pour les noms et les adjectifs.

  2. Il fut un temps où je pensais qu’il valait mieux se battre avec des mots qu’avec des armes blanches (?) ou de guerre, car les mots donnaient moins de maux que les armes matérielles.

    Avec l’âge, je me rends compte que les mots sont des armes, finalement bien plus dangereuses que toutes les autres.

    Les mots permettent d’emprisonner, voire de tuer, les armes « blanches » tuent en faisant couler le sang rouge, les armes de guerre tuent aussi, en nous éparpillant parfois en flocons de sang et de chair…

    Qui eût cru (lustucru) qu’il faille tuer les mesdemoiselles pour que les dames se sentent les égales des messieurs (les femmes étant des « hommes » au sens générique du terme).

    Qui eût cru que les femmes aient besoin d’être tuées (au sens symbolique) au profit des asexués ou des sexes changeant au gré d’une brise légère (ou d’une bise légère?) pour qu’il y ait égalité parfaite femme-homme (cela va de soit que hommes-femmes n’est pas égalitaire…), en dépit d’une nature nous imposant à notre naissance des chromosomes différents, induisant des caractères sexuels secondaires visibles?

    Pauvre nature, mise sur un piédestal par les escrologistes, mais mises au pinacle par les escrosociogistes ?

    Psychothérapeute (entre autres) j’avoue mon incompétence à classer (discriminer au sens noble du terme) et à comprendre toutecellezèceux qui imposent l’écriture inclusive(avec succès pour les moutons qui bêlent en cadence en marchant au pas de l’oie, ce qui est génial pour un mouton, non?)

    Je pense qu’en fait, leur cas est du ressort du psychiatre et non du pauvre psychologue ou psychothérapeute basique … et de l’asile…

    Faut il que la c***ie de leurs thèses soit mise en exergue pour qu’ils-elles se sentent exister?

    Mes grand-mères se sont battues pour la liberté et légalité entre les femmes et les hommes.
    Liberté de vivre, d’exister, de s’habiller comme elles le désiraient, et ce sans excès;

    Égalité : droit de voter, d’avoir un compte en banque, d’avoir la possibilité d’accéder à des métiers où elles pouvaient être compétentes;
    Mais tout ceci avec le plaisir d’être chouchoutées par les hommes, hommes qui respectaient leurs faiblesses, leur beauté et/ou leur charme, comme elles continuaient à respecter les faiblesses et les charmes de leurs partenaires, amis, frères, cousins, père…

    L’ennui naquit un jour de l’uniformité, dit-on.

    hélas : lorsque nous serons tous (pardon toutezétous) asexués ou inclusivés (mon néologisme est bon?), quel ennui! Quelle tristesse!

    je hais la-le c*nn*ri-e

  3. La bien pensance est bien née des escrocs, « bien pensant ».

    L’escroquerie bat son^plein et avec les ânes, c’est encore mieux, d’ou une plus complete destruction du savoir et de la culture.

  4. Un jour les humains serons tous des clones, fabriqués en éprouvette par des robots.
    Ce jour-là, plus d’inégalité!

  5. JACQUES BOUDET dit:

    ADMIREZ LE TRAVAIL :
    Hollande nomma tout spécialement Najad Valaud Belkacem, musulmane, pour ramener les élèves au niveau des bonobos, et Tirer au SORT les admissions en Fac.
    Des « féministes » imposent l’écriture inclusive,
    les politicards nous parlent en « petit nègre » :
    « Je ne suis pas dans l’insensibilité, en démarche de ….. » faux anglicisme
    « La France elle a…. »
    « Chienne, Chiot, Chiote, Chien »
    « Être, Avoir, présent de l’indicatif » dans un salmigondis de mots.
    Détruire un peuple, une nation : par la guerre, la finance cosmopolite,
    et avant tout en éradiquant la langue nationale.
    La Pravda époque soviétique : 400 mots de vocabulaire
    Après Iznogoud 2007, Rantanplan 2012, Monsavron 2017

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