Hommage à Nicolas Sarkozy

Publié par le 4 Juin, 2017 dans Featured | 0 commentaire

Hommage à Nicolas Sarkozy

Même si cela doit en énerver plusieurs, ici je ne peux manquer de rendre un petit hommage à Nicolas Sarkozy. C’est lui qui a déclenché mon engagement politique. Par son dynamisme, par ses convictions fortes et son souci de faire bouger les codes de la politique.

D’ailleurs, on peut retrouver, chez Emmanuel Macron, certains traits de caractère. Il paraitrait qu’en privé, Nicolas Sarkozy ne cache pas une certaine admiration pour le nouveau président dont il aurait dit : « c’est moi … en mieux ! »

Pour cet hommage, je reprends des extraits d’un numéro spécial du Point intitulé : « l’épopée Sarkozy » publié en juin 2012. Les photos sont d’Elodie Grégoire et les textes d’Anna Cabana.

Il va nous manquer ! Voilà, c’est dit. C’est même écrit. Il nous avait d’ailleurs prévenus, sourire canaille, oeil provocant: « Vous allez vous ennuyer, quand je ne serai plus là! Vous me regretterez, hein, hein, hein!» Il fallait voir avec quelle intensité conquérante, presque agressive, il vous ensevelissait sous cette avalanche de « hein » – en ponctuant chacun d’eux d’un déboîtement d’épaules aujourd’hui entré dans la légende.

En 2007, déjà, au lendemain de son élection, il nous mettait ainsi en garde, en plaisantant sérieusement. En 2012, il y revint, juste avant de se déclarer officiellement candidat à un second mandat. Maintenant qu’il est parti, on peut l’avouer: cet homme-là nous a fascinés. Aimantés. Horripilés, scandalisés aussi, mais c’est la même chose: cela s’appelle de la passion. Comme nul autre président de la Ve République avant lui, Nicolas Sarkozy a déchaîné les passions françaises. Certes, il n’a pas tutoyé l’Histoire avec un grand h, mais il a tutoyé nos petites histoires, nos grandes névroses, nos vrais fantasmes, nos folles outrances. Il nous a parlé de nous. Parfois mal. Toujours trop.

Trop. Quatre lettres qui résument le sarkozysme. Un adverbe guttural qui cogne contre les vitres du politiquement admis. Trop, donc. L’aurions nous autant détesté si nous n’avions pas trop espéré de sa vista fulgurante, de sa mobilité, de sa brutalité transgressive, de son « anormalité» ?

Il y a (aussi) du dépit amoureux dans ce rejet. Le «peuple de France» a refusé à Nicolas Sarkozy l’aide que le président-candidat lui a réclamée dans une vibrante apostrophe à la fin de chacun de ses discours de campagne. Après l’avoir chassé de l’Elysée, la France peut désormais se rappeler combien elle a naguère aimé « Sarko ». Le mal-aimé, lui, n’en finit pas de parler d’amour au présent de l’indicatif. «Je vous aime », a-t-il déclaré à ses équipes, en guise de remerciement; «Je vous aime », a-t-il proclamé devant ses partisans et, par-delà, devant les Français, au soir de sa défaite, en tirant (ponctuellement ?) sa révérence.

Il aurait pu reprendre à son compte les mots du Mitterrand de 1968: «Oui, je suis l’homme le plus haï de France. Cela me donne, n’est-ce pas, une petite chance d’en être un jour le plus aimé ?».

Anna Cabana







Laissez une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *