Ils ont abîmé la liberté d’expression en 2019

Publié par le 23 Jan, 2020 dans Blog | 1 commentaire

Ils ont abîmé la liberté d’expression en 2019

Le magazine Le Point proposait, dans son numéro du 19 au 26 décembre 2019, un intéressant article intitulé :

« ils ont abîmé la liberté d’expression en 2019 » 

Chaque année, le magazine Le Point décerne ses « baillons d’or » à ceux – et ils étaient fort nombreux – qui, cette année, ont censuré des conférences, des pièces, des discours, des films ou des articles.

L’Observatoire du journalisme, dans cet article, nous présente le palmarès du Point pour l’année 2019:

Atteintes à la liberté d’expression,
le palmarès 2019 du Point

Illustration empruntée à l’ouvrage éponyme de Grégory Roose

Notons que Le Point n’est pas le seul à s’intéresser aux âneries qui se racontent dans les médias et aux censures. Pour les médias, il y a par exemple Les Bobards d’or, un moment de haute volée. Pour leurs dix ans, ces bobards ont même été rassemblés dans un livre à la drôlerie inégalée, malheureusement est-on tenté de dire.

Festival de Cannes et autres

« En 2019, une pétition a exigé l’annulation de l’hommage du Festival de Cannes à Alain Delon, un « acteur raciste, homophobe et misogyne ». Un film sur l’affaire Dreyfus a été déprogrammé dans plusieurs salles du fait d’accusations de viol, remontant aux années 70, contre son réalisateur.

Mais c’est dans les universités, lieux par excellence de la confrontation des idées et de la liberté académique, que les atteintes à la liberté d’expression ont été les plus choquantes. En février, des nationalistes polonais ont perturbé un colloque organisé à l’Ecole des hautes études en sciences sociales sur « la nouvelle école polonaise d’histoire de la Shoah », au cours duquel ils ont tenu des propos antisémites. En mars, des associations antiracistes – la Ligue de défense noire africaine, la Brigade anti-négrophobie et le Conseil représentatif des associations noires – ont empêché la représentation de la pièce d’Eschyle Les Suppliantes pour cause de « black face »…

Le Point essaie donc de garder de la mesure : un méchant dans chaque camp. Un nationaliste et un antiraciste. L’idée est séduisante. Sauf que les prétendues associations noires antiracistes n’ont d’antiracistes que le nom : elles sont surtout activistes, racialistes pro-noires et pratiquent souvent une forme de racisme (non reconnu légalement, ce qui est étrange, et anti blanc). Le magazine note cependant que dans la majeure partie des cas les conférences ou réunions annulées le sont car elles sont supposées être des atteintes aux droits LGBT ou des minorités dites post-coloniales.

C’est donc bien le « mâle blanc, hétéro et européen » qui est visé.

La présentation insiste sur le fait que la pratique vient des États-Unis, avant de donner ses résultats.

Les lauréats

  • La CGT et surtout Laurent Brun, secrétaire général de la section cheminot, dont « la moustache a frémi de plaisir quand il a menacé d’empêcher les Français de prendre le train à Noël ».
  • Solidaires étudiant.e.s, les antidébat : le syndicat qui empêche les personnalités ne lui convenant pas de s’exprimer lors d’une conférence universitaire prévue, contraignant les directions des universités à annuler (par lâcheté et absence de soutien de l’Etat).
  • Le CSA, ministère du Bien : « clownerie », écrit Le Point, qui substitue « l’argument d’autorité à l’argument tout court ». Le CSA fait même le contraire de la liberté d’expression, utilisant le mot « censeurs ».
  • Gérard Cosme, accusateur en chef : Après un conseil municipal houleux, ayant vu des féministes agiter leurs soutiens-gorges, le président PS de l’établissement public territorial Est Ensemble, qui regroupe neuf communes du 93, déprogramme le J’accuse de Polanski. Cela concerne six cinémas mais… leurs directeurs refusent la censure. Du coup, marche arrière ! Notons que dans la plupart des cas, les déprogrammations de ce film sont le fait de communes PS ou PCF, ce qui est dommage vu que le film raconte l’affaire Dreyfus.
  • Loi Avia, privatisation de la censure : un seul internaute signalant un contenu suffira pour que les opérateurs de plateformes en ligne soient exhortées à retirer un contenu… Et ce sans intervention préalable d’un juge, autrement dit en dehors des habitudes d’un Etat de droit. C’est une loi en passe d’être examinée par le Sénat. En France. La liberté d’expression à donc du mouron à se faire, encore plus maintenant que l’on connaît la composition du comité (voir en fin d’article *) qui va conseiller le CSA en la matière, autrement dit indiquer ce qui est licite ou pas (cet article, par exemple). Difficile de croire en l’impartialité de ce comité.
  • Le bâillon d’or étranger est décerné à Erdogan pour sa plainte déposé contre Le Point en octobre 2019.

Suit un intéressant entretien avec l’avocat de Roman Polanski qui déclare que « s’il vivait aujourd’hui, Coluche serait en prison », une phrase choc. Voilà un dossier qui a du caractère, comme on le dit d’un excellent fromage, et une fois n’est pas coutume l’on ne peut que conseiller la lecture de ce numéro du Point.

Je relayerai prochainement un article de Valeurs actuelles consacré à la composition du comité anti-fake news du CSA. C’est à mourir (ou à pleurer) de rire !

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Une réponse à “Ils ont abîmé la liberté d’expression en 2019”

  1. La france baillonnée, c’est tellement visible…

    Les gens qui font ça devraient etre en prison.

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  1. Tout se met en place pour nous faire taire ! | A droite fièrement ! - […] écho à mon précédent article […]

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