Incroyable ! J’ai trouvé un article positif sur Bellamy

Publié par le 9 Fév, 2019 dans Blog | 6 commentaires

Incroyable ! J’ai trouvé un article positif sur Bellamy

Le Point remonte un peu dans mon estime …

Abonné de la première heure du magazine Le Point, après presque 40 ans de fidélité, j’avais arrêté mon abonnement, lassé des éditos au vitriol de Frantz-Olivier Giesberg à l’encontre de Nicolas Sarkozy.

Mais ce matin, je découvre un article très positif sur François-Xavier Bellamy qui tranche avec le lynchage médiatique actuel contre le candidat des Républicains, coupable d’être catholique et d’avoir des opinions conservatrices (j’ai horreur de ce mot !), des opinions de droite sur le plan sociétal.

Je relaye donc cet article que l’on doit à la plume de Jérôme Cordelier :

Depuis Versailles, Bellamy (r)avive « notre besoin d’Europe »

La tête de liste LR aux prochaines élections européennes a dévoilé quelques lignes force de son programme. Et a, au passage, répondu aux attaques …

« Le Petit Prince à Versailles », « L’homme qui rêve », « Sillons »… Francois-Xavier Bellamy n’aura pas eu le loisir, ce 8 février, de contempler les vieilles affiches d’expositions qui ornent l’université Inter-Âges de Versailles. Dommage, elles l’auraient sans doute amusé, tant elles semblent adaptées à son cas, du moins à la caricature de lui dont se repaissent les médias. C’est dans cette salle aux murs défraîchis et aux rideaux de velours passé, blottie derrière l’hôtel de ville, que la tête de liste LR aux élections européennes a voulu lancer sa campagne. Un lieu que le candidat connaît bien puisqu’il rythme la vie culturelle et sociale de cette ville entre Paris et province dans laquelle François-Xavier Bellamy est élu depuis dix ans – on n’a pas fini de le savoir ! Une salle chaleureusement désuète, avec ses fauteuils dans lesquels on s’enfonce comme dans les salons douillets. Bref, il y avait dans l’atmosphère comme un parfum de vieille Europe hors temps et hors mode, mais immuable, solide, qui à l’Histoire pour elle, ce qui seyait bien, finalement, à la nature de l’événement et à l’auditoire, mêlant têtes chenues et fringants élèves de prépas élitistes.

La joie, une incongruité en politique

Au risque de décevoir ses détracteurs, François-Xavier Bellamy n’était pas là pour parler IVG (amis de France Inter, rassurez-vous : le mot ne fut jamais prononcé), mais bien d’Europe. Lançant son discours par le mot « joie » (une incongruité en politique) pour dire son émotion d’être dans « notre chère ville de Versailles », le philosophe-candidat a égrené quelques lignes de force d’un engagement européen « nécessaire » – en attendant le programme proprement dit qui sera finalisé mardi. « Nous voulons maîtriser notre destin, ne pas subir une histoire qui se ferait sans nous », insiste le trentenaire en affirmant que « l’Europe, c’est le goût de la liberté… depuis le Ve siècle avant Jésus-Christ ». Sans se départir de sa voix éternellement souriante et d’une courtoisie so british (avant Brexit), le candidat LR avance ses idées mezza voce, mais avec douce fermeté. « Nous avons besoin d’Europe », souligne François-Xavier Bellamy pour répondre aux critiques : « On ne laissera pas dire que nous sommes anti-européens, c’est absurde. »

De la conviction dans une gangue (épaisse) de velours. « Nous avons besoin d’Europe pour continuer d’exister malgré cette guerre commerciale qui se joue au-dessus de nos têtes », soutient encore le chef de file LR. Évoquant l’actualité du rejet de la fusion Alstom-Siemens par la commissaire européenne Margrethe Vestager, François-Xavier Bellamy se montre plus didactique et bien moins vindicatif que Bruno Le Maire, Laurent Wauquiez ou Bruno Retailleau. « Dans ce blocage, il ne faut pas accuser la Commission européenne, qui a pour mission de faire appliquer le droit européen », explique l’ancien professeur, inlassable chantre du dialogue. Même avec l’Italie : « Nous avons besoin de parler ensemble. » Le novice outsider, tête de liste d’un parti exsangue, brocardé pour son profil WASP, n’en finit pas de prôner le rassemblement, la complémentarité, le collectif. À tous les étages. « Nous avons en commun l’histoire d’une civilisation qui mérite de durer », ajoute-t-il avec cet éternel air faussement ingénu, mais… pas candide, qu’on se le dise – encore un procès. « Face à des acteurs mondiaux nouveaux, nous devons rompre avec notre naïveté, lâche François-Xavier Bellamy. Il nous faut reconstruire une Europe qui soit une alliance efficace au service des entreprises et des industries. » Mais encore ? « Nous ne voulons pas vivre dans un monde où l’on pêche un poisson en Irlande pour le congeler en Chine puis le ramener en Europe. » Et toc !

Défi migratoire

Face aux « défis des grandes migrations qui s’annoncent », pas de discours de repli, là non plus : « Pour maîtriser les flux migratoires, nous avons besoin de l’Europe. » Le candidat veut sortir des caricatures dans lesquelles on essaie de l’emprisonner, avec son faux air de « Petit Chose ». On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille… Las des « polémiques absurdes » qu’il vit tous les jours à cause de « Versailles, ce nom lourd à porter », devant une salle chauffée à blanc par ce « délit de faciès » (dit le public), François-Xavier Bellamy se dit « effaré de la violence des critiques qui ont accompagné (s)on investiture ». Et renvoie ses détracteurs aux livres d’histoire : « Versailles a été liée à toutes les guerres de l’Europe moderne et toutes les paix qui se sont construites. » Faut-il rappeler qu’à Versailles (communauté urbaine de 90 000 habitants) se croisent les rois, les empereurs mais aussi les hautes figures révolutionnaires, les musiciens du Grand Siècle et les Daft Punk, Molière et les frères Podalydès, Saint-Gobain (la galerie des Glaces) et des start-up conquérantes, à deux pas du plateau de Saclay, futur poumon de la recherche européenne, bref, que Versailles est depuis la nuit des temps un grand terrain de jeux pour artistes, ingénieurs, entrepreneurs… ?

« Je suis révolté qu’on enferme Versailles dans l’image d’une France qui défendrait des privilégiés. C’est ici que j’ai appris l’engagement. » Au passage, le jeune Bellamy donne un coup de patte (eh oui, il le peut) à Marine Le Pen (qui est de Saint-Cloud). « Elle a dit : C’est un Versaillais, donc il ne pourra jamais s’adresser aux Français, attaque-t-il. Quand Marine Le Pen parle, j’entends Georges Marchais. Ou Claude Bartolone accusant pendant les élections régionales Valérie Pécresse d’être la candidate de Versailles et de la race blanche (NDLR : ce qui avait fait perdre l’élection au baron socialiste). Si elle venait à Versailles, Marine Le Pen verrait l’alliance d’une histoire séculaire et de la capacité à construire l’avenir. » En descendant de l’estrade, assailli par les militants et les reporters, la tête de liste LR aux européennes souffle au Point, enfonçant le clou : « Ce moment est important, car je pars de la ville où je me suis engagé pour aller parler aux Français. » Marine Le Pen peut bien pouffer… Il a dit cela avec sa petite assurance tranquille, cette légèreté apparente qui détone dans un monde où la brutalité vaut engagement. Pas d’effets d’estrade, de formules ciselées pour un 20 heures, de polémiques « politichiennes », mais des idées qui fusent, au fil d’un discours sans notes, comme dans un numéro de « stand-up » intellectuel, et qu’il faut désormais organiser pour les placer dans le débat public. L’apparent conservateur Bellamy, qui porte le prénom d’un grand aventurier jésuite, entre en campagne sur la pointe des pieds, en souriant, en parlant de « joie », d’« honneur », d’« engagement », sans renier ce qu’il est. Ça déplaît ? Tant pis. Ou… tant mieux. Et si, au milieu du brouhaha populiste et de la surenchère séditieuse des grandes gueules, le Versaillais devenait « disruptif » ? « L’engagement que tu prends est un engagement de propositions », prévient François de Mazières, le maire de Versailles, celui qui l’a détecté et pour qui le jeune Bellamy incarne « la sincérité et le renouveau en politique ». Au diable les caricatures : les Versaillais dans l’Histoire ont souvent montré leur sens de l’innovation, et pas seulement au temps de Louis XIV, qui avait fait du château le plus grand labo techno d’Europe.

Jérôme Cordelier pour le Point.

Merci de tweeter cet article :





6 Réponses à “Incroyable ! J’ai trouvé un article positif sur Bellamy”

  1. Bon, c’est un article qui n’est pas trop négatif … je sais je suis difficile 😉
    Le Point a cruellement besoin de maintenir un lectorat « de droite », et c’est le service minimum qu’on nous sert là ! Quand on se rappelle les articles élogieux, dithyrambiques sur Juppé, puis Macron, les piques constantes sur Sarkozy, le Point est de centre gauche, et défend des idées essentiellement de gauche. De temps en temps, Nouaillac rattrape un peu un niveau en baisse constante.
    Reviens Claude Imbert, reviens …

    • En total accord avec vous.
      « c’est le service minimum qu’on nous sert là »

      Je ne lis quasiment plus le point (sauf les titres qui me mettent en général en rage, ou un article par ci par là)
      Idem pour le Figaro (là, je crois que je ne vais même plus lire les titres)

      Ils nous coutent combien ces journaux pour ne nous donner qu’n service minimum.

      Ce n’est pas avec cela qu’ils vont récupérer la mouche que je suis (je préfère le miel au vinaigre, fut il de pomme ou de framboise)

    • Tout a fait d’accord, c’est juste pour vendre plus de journaux, sinon le point est a goche.

  2. Christophe Barbier a réussi à couler l’Express, Fog et sa mondialisation heureuse à la Juppé finira bien par avoir la peau du Point qui malgré quelques bonnes plumes qui comptent de moins en moins n’en finit pas d’être contre l’esprit de droite.Le système mondialiste immigrationniste a décidé qu’il fallait être anti-Trump, anti-Poutine et pro-GIEC,donc tous les médias doivent être anti-Trump, anti-Poutine et pro-GIEC y compris le Figaro de la droite molle.Le psychopathe qui nous sert de président rêve même de mettre au pas les réseaux sociaux et de recréer une Pravda-AFP.Pour moi Le point c’est fini, Le Figaro a encore quelques plumes qui peuvent s’exprimer (immigration ….)mais il ne me sert que comme témoin car la droite molle pro-Obama socialisante y fait de plus en plus de ravages.

  3. Je vous trouve tous un peu rudes sur le Point (et le Figaro).
    Certes, on ne trouve pas au Point de réel successeurs aux regrettés Claude Imbert, Jean-François Revel ou Jacques Marseille, dignes héritiers d’un Raymond Aron qui fut à son époque bien seul face à la foule maoïsante des disciples de Sartre et consort. Peut-être Kamel Daoud dont je lis systématiquement la chronique hebdo : il faut dire qu’il connaît son sujet, quand il parle d’islamisme ou des problèmes du Sud.

    Toutefois, et malgré FOG et BHL, il me semble très réducteur de mettre cet hebdo dans le même sac que le Monde, Libé, l’Obs, l’Express ou autres organes de propagande de gauche. Les débats dans les pages du Postillon ou certains articles proposés sur le site (je pense à ceux d’un journal australien anticonformiste) sont de grande qualité, j’apprécie souvent les chroniques au vitriol de Sophie Coignard, ou celles plus occasionnelles de François Kersaudy(par contre ils feraient bien d’exfiltrer Laurent Neumann vers l’Obs, lui n’a rien à faire là). On peut citer aussi Nicolas Baverez. Pierre-Antoine Delhommais est excellent pour dégommer la politique économique socialiste de Macron, en revanche trop pro-immigration.

    Concernant la ligne, il ne faut pas leur demander de faire du Valeurs Actuelles, ou du Boulevard Voltaire, ce n’est pas le même lectorat cible. Ce qui se détache, c’est une ligne économique clairement de tendance Verdier-Molinier. En revanche clairement centriste sur la ligne sociétale, tendance Blanquer plus que Finkielkraut ou Brighelli. Mais pas sectaire, hors l’antisarkozysme viscéral de FOG (que j’attribue à une inimitié personnelle plus qu’autre chose).

    Je mets à leur crédit, entre autres :
    – la fameuse Une sur « Cet islam sans gêne » qui leur a valu un déluge d’attaques en islamophobie,
    – le dossier sur Erdogan et ses réseaux (qui a déchaîné des réactions
    – le fait de ne pas s’être joints à la meute des anti-Fillon au plus fort de la tempête (sans excuser pour autant ses fautes)
    – une dénonciation régulière (y compris chez FOG) du tropisme islamo-gauchiste de nombreux médias, avec Plenel et Médiapart pour cible. Et aussi du Mur des Cons, et d’autres exemples.

    Ce n’est peut-être pas assez pour beaucoup d’entre vous, OK je le conçois, mais c’est dommage de jeter le bébé avec l’eau du bain (FOG).

    • Avouez que c’est bien maigre, face à une presse écrite toute acquise à la gauche …
      C’est parce qu’il ne reste que deux grands journaux (VA est à part) qui sont encore un peu conservateurs (je n’ose pas dire de droite) que nous sommes vigilants, exigeants sur leur contenu, et hélas, de plus en plus déçus !

Laissez une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *