La dictature molle des médiocres

Publié par le 30 Jan, 2020 dans Blog | 3 commentaires

La dictature molle des médiocres

On ne compte plus désormais les atteintes du progressisme ambiant à la liberté d’expression.

Ici, on interdit une conférence de Sylviane Agacinski qui a l’outrecuidance de ne pas approuver la PMA pour toutes.

Là, on fait pression sur CNews pour bâillonner Eric Zemmour alors qu’il permet chaque jour la tenue de débats de très haut niveau.

Là-bas, on prie Mohamed Sifaoui de s’abstenir de parler des signes de radicalisation islamique.

Même l’université française renie sa raison d’être en interdisant un débat parce qu’un des participants est journaliste à Valeurs actuelles.

Dictature molle des médiocres :
quand Sciences Po interdit le débat

Dans son édito hebdomadaire, l’avocat Gilles-William Goldnadel dénonce l’annulation du débat entre Geoffroy Lejeune, directeur de la rédaction de Valeurs actuelles, et l’avocat Charles Consigny, à Sciences Po Lille, sous la pression d’associations et de personnalités d’extrême gauche.

Les faits sont désormais archiconnus et je gagerais que l’illustre inconnu qui dirige Sciences-po Lille se serait bien passé de passer un temps à la postérité.

Rappelons-les tout de même : mes amis Geoffroy Lejeune et Charles Consigny avaient été invités par une association d’étudiants apolitiques de l’école Sciences Politiques de Lille à participer à un débat contradictoire. Aussitôt, une kyrielle d’associations et de personnalités d’extrême gauche dont la plus emblématique semble être “l’Apprenti Bolchevique” se sont élevées avec l’esprit démocratique qui les caractérise ordinairement contre l’organisation d’un tel débat dont l’obscénité aurait dû sauter aux yeux des plus cillés.

Avec un esprit de résistance qui ne rappelle que de loin Jean Moulin, le président de Sciences-po Lille décida de capituler en rase campagne.

Il faut dire que l’homme — qui s’appelle Mathiot — n’a pas dû lutter bien longtemps puisque, renseignements pris, ses prises de position les plus distinguées sont d’avoir traité Marine Le Pen de « connasse » et de ne pas appréhender l’islamisme comme un danger.

Pour tenter de justifier l’injustifiable, notre Mathiot expliqua sans rire que comme Valeurs Actuelles avaient fait l’objet d’une condamnation en justice à propos des Roms, il ne saurait être question de considérer l’un de ses responsables comme digne de débattre démocratiquement.

Quelques remarques, sans doute inutiles, pour montrer combien M. Mathiot est indigne et son raisonnement indigent, au-delà du fait qu’il semble président plus vétilleux que le chef de l’Etat qui accorda, on s’en souvient, un récent entretien à l’hebdomadaire concernant pourtant le sujet scabreux de l’immigration.

Tout d’abord Geoffroy Lejeune n’a fait l’objet d’aucune condamnation. Et quand bien même ce serait, j’indique au président de Sciences-po Lille que j’avais fait condamner en son temps le journal Libération et son directeur de publication pour une publication outrancièrement antisémite.

Il n’est pourtant venu à l’esprit de personne, pas même de celui qui signe cet article, d’avoir voulu interdire de débats Serge July, puisqu’il s’agit de lui. Au demeurant, il eut micros ouverts sur toutes les ondes radiophoniques et toutes les antennes télévisuelles. Il est vrai que Serge July est de la gauche extrême. Il alla même, on se le rappelle, jusqu’à publier fièrement des publicités pédophiles sans que nul ne lui cherche mauvaise querelle.

Signalons en passant que l’un des derniers invités au débat lillois fut Fabrice Arfi, de Médiapart, journal dont chacun s’accorde à reconnaitre l’esprit de tempérance.

J’ai dit la semaine passée combien la gauche extrême utilise désormais des méthodes fascisantes auxquelles il serait urgent de mettre un terme par l’édification d’un mur antifasciste qui se dresserait jusqu’à la gauche la plus humaniste ou plutôt ce qu’il en reste.

Il n’a pas changé beaucoup la vie bien médiatiquement remplie de Geoffroy Lejeune de ne pas se rendre jusqu’à Lille pour répondre aimablement à une invitation de jeunes étudiants. Ceux-ci sont les victimes non seulement de l’ostracisme d’ânes qui se prennent pour des chevaux de course mais encore sans doute aussi de leur trop bonne éducation qui font la part trop belle à cette minorité inculte et braillarde qui a toujours constitué la majorité des fascistes.

Il y a deux victimes en la circonstance.

La liberté d’expression et de réunion, saccagée chaque semaine par les mêmes. Quand ce n’est pas un film, c’est une pièce de théâtre. Ou c’est encore une féministe de gauche qui a le défaut d’être contre la PMA. Ou des annonceurs intimidés par des géants aux petits pieds.

Mais ce sont aussi l’école et l’université. Dont on connaît précisément le niveau déplorable en France. On rappellera que Sciences-po est une institution d’État. Ce sont les petits Mathiot, trahissant les devoirs de leur charge, qui abaissent encore plus le niveau éducatif public.

De tous les clercs qui trahissent, ce sont les plus petits qui trahissent en plus grand.

PS. dernière minute : Tout s’arrange. Dans un esprit de conciliation et pour faire montre de son pluralisme, la direction de Sciences-po Lille a décidé d’organiser un débat contradictoire entre MM Abdallah Zekri du CFCM et Edwy Plenel de Médiapart. Le modérateur sera M. Philippe Martinez.

Les débats seront retransmis en direct et sans coupes par France Inter et Al-Jazira.

Gilles-William Goldnadel pour Valeurs actuelles.

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3 Réponses à “La dictature molle des médiocres”

  1. Soyons sérieux, l’université, à de rares exceptions, est dirigée par l’extrême gauche dont la propension au débat démocratique est proche du zéro absolu. Donc pas de quoi être surpris, mais a contrario, on ne peut qu’être mortifié du silence assourdissant de la droite qui semble trouver cela tout à fait normal.

    Reveillez moi quand celle-ci aura retrouvé des couilles.

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