La notion de mandat

Publié par le 13 Jan, 2019 dans Blog | 5 commentaires

La notion de mandat

Selon un récent baromètre du Cevipof , la défiance des Français vis-à-vis des institutions politiques et des acteurs de la vie démocratique est au plus haut. Voici ce qu’inspire la politique aux Français :

* Méfiance (37%, -2),
* Dégoût (32%, +7),
* Ennui (8%)
* Peur (4%).

La confiance dans les syndicats (27%), les médias (23%) ou les partis politiques (9%) stagne également à des niveaux très bas, alors qu’en revanche les hôpitaux (78%), les PME (78%), l’armée (74%), la police (74%) ou l’école (69%) restent très majoritairement appréciés.

La défiance envers les politiques tient d’abord à toutes ces promesses faites par les candidats durant les campagnes et totalement oubliées après l’élection. On se rappelle la citation attribuée à Jacques Chirac :

Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent.

Un Jacques Chirac réélu sur le thème de la fracture sociale et qui avait fait appliquer la rigueur tout de suite après … N’exonérons quand même pas les Français du fait que, si un candidat disait la vérité, et donc promettrait de la sueur et les larmes, il n’aurait aucune chance d’être élu !

A propos des promesses non tenues, je vous soumets une excellente analyse de Christian54 sur le mandat politique :

On a coutume de parler de mandat électif ou électoral, de même que les députés se gargarisent de la formule : « vous m’avez donné mandat de… ». Il m’est apparu opportun d’approfondir un peu le sens de cette expression usuelle.

Dans le droit français, le mandat est expressément défini par le Code Civil (livre III, titre XIII). Selon Wikipedia, et pour le domaine qui nous intéresse, la signification du mandat est :

  1. (Droit) Acte par lequel on commet le soin d’une affaire à quelqu’un qui s’en charge gratuitement.
  2. (Politique) (Spécialement) (Langage parlementaire) Sorte de contrat moral qui existe entre un député et ses électeurs, par suite des opinions qu’il s’est engagé vis-à-vis d’eux à défendre, avant son élection.
  3. (Par extension) (Politique) Durée de cette mission.

On peut compléter en précisant que le mandat lie celui à qui il est confié (le mandataire) à celui qui le confie (le mandant) et que le mandataire est responsable de ses actes devant le mandant.

C’est ce qu’essayent de nous faire croire nos zélés élus, qui, à les écouter, non seulement ont scrupuleusement rempli leur mandat (avec fierté, de surcroît), mais de plus savent beaucoup mieux que leurs électeurs de mandants, ce que désirent ces derniers.

A ce titre, nos zélés élus, interprétant très librement le mandat qui leur a été donné, prétendent s’être dépensés sans compter, parfois même sacrifiés, et s’empressent d’en solliciter le renouvellement.

Mais, à ce petit jeu, l’électeur mandant est l’éternel cocu… et cela n’est pas près de changer si nous n’y mettons pas rapidement bon ordre.

Reprenons à l’origine : le brave bougre d’électeur fait son marché dans un panel de candidats dont chacun leur a présenté un « programme ». Et là, tout y passe, tous les thèmes mais aussi toutes les promesses…

Mais puisque l’on vous dit que c’est la démocratie !

Bien entendu, lorsque l’on recherche vos votes, vous êtes beau, important, vous avez les meilleures et les plus justes idées du monde et vos aspirations sont toutes légitimes. Le candidat ne peut donc que vous promettre de vous satisfaire. Une fois que vous avez voté pour lui, vous n’avez plus que vos yeux pour pleurer l’envol de vos illusions. De toute façon votre mandataire, devenu « député » ou « sénateur » voire ministre ou président, estime ne plus avoir le moindre compte à vous rendre. Et si vous avez des velléités de vous plaindre que les engagements pris sont foulés aux pieds, c’est que vous ne vous rendez pas compte que votre mandataire, par la grâce de son élection, s’est trouvé investi d’une mission divine qui vous dépasse totalement et que vous ne devez surtout pas contester sous peine d’être un mécréant.

Vous pensez que j’exagère ? Vous savez bien que non. Parce que vos représentants, du moins les plus hauts placés, ont créé une caste de super-héros, les hautes Zotorités morales, comme par exemple le Con-Con (ou Conseil Constitutionnel) plein d’inamovibles tout puissants et qui prennent un malin plaisir à rendre des décisions incroyablement partiales et sectaires, bien lointaines des engagements programmatiques sur lesquels la plèbe avait cru s’être prononcée.

A mes yeux Jean-Paul Delevoye est l’un des archétypes de ces nuisibles, et Jacques Toubon le maître étalon de la stupidité absolue des politiques voulant à tout prix perdurer.

Mais je m’égare…

Pour en revenir à la notion de mandat, il me paraît de plus en plus évident que la vraie démocratie serait que tous les élus le soient sur la base de leur mandat, que celui-ci ne se contente pas d’être une simple « déclaration de foi » comme le disent si bien nos maîtres enfumeurs, mais que ce mandat soit un engagement irrévocable. Si un élu tente, tout au long de sa mandature, de faire passer dans les faits les mesures sur lesquelles il aura été élu, alors il aura, mais alors seulement, le droit de se re-présenter. Dans le cas contraire, l’élu serait interdit pour une élection. Ce serait déjà un énorme progrès.

Il faudrait aussi interdire strictement toute possibilité d’obliger les députés à voter selon des instructions qui lui seraient communiquées par son président de groupe ou par tout autre canal. Nous n’en voyons que trop le résultat.

Au passage, vous êtes vous amusés à calculer combien de fois la proportionnelle, à des taux divers et selon des formules variables, a été promise par des candidats notamment à la présidentielle ?

Petit rappel :
Lors du passage du septennat au quinquennat, stupide innovation qui n’a eu pour seul effet que d’accentuer la difficulté de parvenir à un débat politique serein, les députés, aiguillonnés par certaines sirènes partisanes, ont cru devoir positionner l’élection législative après la présidentielle. Ceci avait pour effet direct d’avoir, de façon automatique, une Chambre des Députés inféodée au Président frais élu. Auparavant, avec le septennat, au moins lors d’une élection sur deux, la possibilité d’avoir une majorité opposée au Gouvernement existait bel et bien.
Donc, nos braves députés, leur délicat postérieur confortablement coincé dans un fauteuil doré, ont prolongé unilatéralement leurs mandats de quelques mois. J’y vois ce que l’on désigne normalement sous le terme de forfaiture.

Actuellement, la volonté de la majorité est systématiquement foulée aux pieds, méprisée, et les grandes options de la politique nationale sont définies par un cénacle des plus restreints, lorsqu’elles ne sont pas déterminées par un seul personnage à qui le pouvoir a grillé les neurones de la raison élémentaire.

Le terme de démocrature est de plus en plus utilisé et, hélas, à juste titre ! Le peuple a le droit d’obéir aveuglément, mais sans oublier de chanter les louanges de ses faux dieux ! Mais il n’a par contre aucun droit de regard sur les priorités qui impactent directement son cadre de vie.

Les questions qui pourraient être éventuellement posées lors d’un hypothétique referendum que l’on ne veut surtout pas nous consentir sont précisément celles qui se rapportent à notre cadre de vie : PMA, GPA, mariage pour tous (au passage, notons que ces soi-disant avancées n’impactent qu’une frange extrêmement minime de la population et que les « progrès » de ces dernières années ne sont rien d’autre que des hochets pour un électorat très marginal, mais des plus bruyants), RIC, immigration, nous n’aurons droit de regard sur rien. Notre Saigneur et Maître règne sur une populace d’intouchables et d’infréquentables (sauf les blacks homos qui se trémoussent sur les marches de l’Elysée, n’accepte de rendre compte à personne – notamment de ses benallesques turpitudes – et nous toise de sa morgue de gamin immature !

Avec Macron et sa horde de marcheurs en quête de prébendes diverses, la démocratie est morte, mais elle ne veut pas encore y croire.

Au fil des jours, je me sens de plus en plus proche des gilets jaunes, solidaire de leurs réactions devant la morgue d’un gamin gâté qui les insulte régulièrement, ne veut écouter personne, se prend pour Jupiter mais n’est guère qu’un orgueilleux en quête d’un pouvoir absolu. Ne le laissons pas brader notre pays, le traîner dans la boue et le ruiner. Il nous faut d’urgence inventer un moyen de l’empêcher de nuire, mais sans tomber dans les travers que nous lui reprochons !

Christian54 pour A droite, fièrement !

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5 Réponses à “La notion de mandat”

  1. Et que dire des élus qui en cours de mandat changent d’orientation!!!! Ils n’attendent même plus les élections suivantes!

  2. Bravo pour ce texte plein de bon sens auquel j’adère en totalité.
    J’adore le passage sur les députés, élus parfois avec moins de 20% des inscrits comme le remplaçant de Valls, tant les électeurs se sentent représentés.
    Attention, ce sujet intéresse « Manu » au plus haut point et veut en faire une tambouille électorale par redécoupage.
    Je pense qu’il faut supprimer, au prorata de la participation électorale, les députés élus avec les plus petites participation. Si vous nous représentez, on viendra voter, sinon, votre siège sautera pendant la prochaine mandature.

  3. Pour moi, ce seront les 4 pour le même prix!

    * Méfiance: c’est le minimum, pour qui observe les agissements de ce gouvernement et du dictateur qui est à sa tête

    * Dégoût:totalement, jusqu’à la nausée

    * Ennui: je m’ennuie de voir que cela ne change pas! Monsieur « j’assume » est toujours là, accroché à son rocher comme la bernique sur son caillou.

    * Peur :
    –Peur de la suite,

    –Peur que les extrêmes arrivent au pouvoir
    (il suffit de lire V.A. de cette semaine sur Marine Lepen (pour qui j’ai voté au deuxième tour, parce que persuadée qu’elle ne serait pas élue.
    Pari stupide, j’en conviens, mais au moins, je peux me plaindre de Macron sans problème, je n’ai pas voté pour lui et n’ai pas joué les Ponce Pilate)

    –Peur de voir mon pays dévasté par la violence (même si, en même temps, je la sens monter en moi, avec envie de « taper »)

    –Peur de voir mon pays devenir une banlieue de l’Iran, de L’Arabie saoudite, du Maghreb et de l’Afrique, ceci accompagné de mœurs et de coutumes qui ne sont pas les miens, moi qui croit encore, sans doute naïvement (ou plutôt croyais encore) à la fraternité, à l’égalité , notamment entre hommes et femmes), à la liberté liberté d’expression notamment, liberté de montrer sa désapprobation dans les rues, les journaux, sans avoir à affronter la censure, voire les flash ball mutilantes)

    Tiens, un exemple du dégout, de la nausée qui montent en moi ce matin!
    (Lu sur l’Humanité, à croire que je vire à gauche toute, lorsque je vois la médiocrité de mon parti… et de l’aéropage d’anciens LR qui entoure le roitelet)

    un photojournaliste de 46 ans. Ce même jour, samedi, alors qu’il couvrait un rassemblement des « gilets jaunes » à La Rochelle pour Sud-Ouest et l’AFP, il a été visé, dit-il, par un tir de lanceur de balle de défense (LBD).
    « Ils m’ont visé »
    « J’étais clairement identifiable au milieu de manifestants dispersés par les gaz lacrymogènes. Ils m’ont visé, ça a touché le genou », a-t-il affirmé dimanche dans des propos rapportés par BFM TV, précisant qu’il était « tombé par terre ».
    Il aurait ensuite été secouru par des « gilets jaunes » et aurait continué à travailler, puisque convaincu qu’il n’avait qu’un « gros hématome ». Il s’est finalement vu diagnostiquer une fracture de la rotule et prescrire 45 jours d’arrêt de travail.

    Sur le même sujet
    Après les “gilets jaunes”, l’État commande… des flashballs
    « Le préfet regrette, ce journaliste n’étant évidemment pas ciblé », a fait savoir la préfecture de Charente-Maritime dans des propos repris par la chaîne d’information. La même source ajoute : « C’est vraisemblablement un tir de LBD mais on n’a pas vu le dossier médical ». Et de préciser que le jour de la mobilisation, à La Rochelle, « les forces de l’ordre ont été prises à partie à plusieurs reprises par un groupe d’une cinquantaine d’individus par des jets de projectiles (bouteilles en verre, pavés, pétards) dans les rues du centre-ville »

    –> Vous vous rendez compte?
    En filigrane, on peut penser que si ça avait été une grand mère paisible Gilet Jaune, ce n’aurait pas été grave!
    Là encore, je rêve!

  4. Tout d’abord sondage bidon relevé par le systeme pour limiter les vrais chiffres et la colere des francais…

    Les sondages c’est comme le reste ont fait dire aux chiffres ce qu’on veut, et pourquoi les trafiquer.

    Je note au passage le renvoi possible de F Fillon devant un autre proces, probablement parce que le LR pourrait recuperer une certaine influence a cause de la colere des Francais… signe que la democratie se porte bien, ainsi que la justice…

    Tout cela pour que seul les extremes puissent jouer les gros bras et intimident les francais dans leur votes, preuve que la democratie a encore de beaux jours en france…
    De meme que nous apprecions les medias toujours neutre, franc et loyal comme le systeme…

    Quand aux chiffres du sondage, faisant partie de l’institut de l’etat, institut sur lequel il ne peuvent inflechir des personnes evidemment au dessus de tout soupçon, et pret a perdre la vie ou seulement leur emploi, pour sauver la verité, nous conforte bien sûr quand a leur moralité,
    surtout quand on sait ou devine qu’une telle institution aussi influente sur le pays, ne peut qu’interesser l’etat
    quand a controler celui ci, comme il l’a fait pour les medias
    et comme le controle n’est pas encore suffisant on a installé une ideologie, une bien pensance… Et apres il faudrait encore faire confiance aux sondages…

    Quand a l’article, il faut ajouter les lobby qui dirigent les personnages, les journaux, et qui peuvent faire pression sur divers domaines dans les nations.

    • On peut muiltiplié a l’aise les chiffres de la mefiance par deux ou plus, de meme le degout… visd a vis de la politique, quand aux reste on met ce que l’on veut…

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