Le bouc-émissaire des Grandes Ecoles

Publié par le 18 Mai, 2019 dans Blog | 2 commentaires

Le bouc-émissaire des Grandes Ecoles

Je vais énoncer une réalité indiscutable que pourtant beaucoup à gauche contestent : nous ne sommes pas tous égaux en qualité et en performance.

Chacun de nous à un potentiel différent de celui de son voisin comme tente de l’illustrer la pyramide humaine ci-contre. Certains courent plus vite, nagent plus vite, pensent plus vite que d’autres … Il n’y eut qu’un Léonard de Vinci et qu’un Einstein ..

Evidemment, tout ne se joue pas sur le potentiel ! Et certains d’entre nous, grâce à un environnement favorable, et un peu aussi grâce à la chance, pourront se rapprocher de leur potentiel, voire l’atteindre . D’autres, malheureusement nés dans un milieu défavorisé, n’auront pas cette chance.

A mon sens, la mission première de l’école républicaine n’est pas, comme le prônent Najat Vallaud-Belkacem et beaucoup à gauche, d’amener tous les élèves au même niveau de connaissance mais plutôt de porter chaque élève à son propre potentiel.

C’est une différence fondamentale entre la gauche et la droite. D’un côté on arrivera inexorablement à un nivellement par le bas, et dans l’autre à une optimisation des chances de chacun, ce qu’à gauche on appelle l’élitisme.

Emmanuel Macron vient de ressortir une vieille idée, celle de la discrimination positive qu’il voudrait mettre en place dans les concours d’entrée à Polytechnique et à Normale Sup.

Il s’agit de lutter contre la discrimination (négative) sociale qui fait que de moins en moins d’enfants des classes défavorisées accèdent aux grandes écoles. C’est une belle idée que l’on doit promouvoir. Mais l’appliquer au niveau du concours d’entrée dans les grandes écoles est une pure aberration ! C’est beaucoup trop tard !

Malheureusement, à ce niveau, les jeux sont faits depuis bien longtemps ! Dès l’enseignement primaire ! Si on doit faire de la discrimination positive, c’est tout en bas du cursus éducatif qu’il faut la mettre en place.

Faire de la discrimination positive à l’entrée des grandes écoles,
c’e
st la négation absolue de la sélection au mérite !

La seule qui soit républicaine !

Aider les élèves en difficultés, leur consacrer plus de temps et de ressources, est une discrimination positive légitime. A chaque niveau de la pyramide, il faut s’assurer que tous ceux capables d’accéder au niveau supérieur n’en sont pas empêchés.

Mais il faut commencer en priorité au plus bas de la pyramide !

Voici l’édito de Laurence de Charrette paru dans Le Figaro qui ne dit pas autre chose :

Les désordres du mérite

Pour lutter contre la « déconnexion des élites » montrée du doigt par les « gilets jaunes », le gouvernement a d’abord pensé supprimer l’ENA, cette grande école à la française accusée de peupler la haute fonction publique de « crânes d’oeuf », à la fois « technos » et arrogants. Il envisage maintenant de recourir à la « discrimination positive », cette vieille recette anglo-saxonne qui évacue la question du mérite au profit de critères catégoriels, pour l’accès aux grandes écoles.

Des élèves de l’école Polytechnique : la tentation de la discrimination positive. Lucien Lung / Le Figaro

On voit bien l’objectif. Il s’agit de répondre à un impératif purement politique – prouver à la France des ronds-points qu’elle a été entendue -, mais aussi de tenter de remédier à cette scission entre la classe dirigeante et le reste de la population qui alimente les tensions sociales et politiques. Réparer le lien entre les Français et leurs élites, c’est là une ambition légitime. Ce que l’on comprend moins, ce sont les réponses. L’élite dont « nous avons besoin », a expliqué Emmanuel Macron, doit « être à l’image de la société et être sélectionnée exclusivement sur des bases méritocratiques ». Force est pourtant de constater que si le mot «mérite » est aujourd’hui sur toutes les lèvres gouvernementales – et il faut se réjouir de ce tournant sémantique après l’ère Najat Vallaud-Belkacem -, le concept, lui, s’évanouit :

Qu’est-ce que la discrimination positive,
sinon un renoncement à la sélection au mérite ?

N’est-elle pas la négation de l’égalité des chances républicaine ? Plutôt que d’inciter les plus défavorisés à contourner l’obstacle – le concours – qu’on les croit incapables de franchir, ne faut-il pas leur donner les moyens d’y parvenir ?

En réalité, même si elles ne sont pas empoisonné exemptes de toutes critiques, les grandes écoles ont bon dos: l’ascenseur social ne s’est pas bloqué devant leur porte. Il est en panne depuis les petites classes, et le déterminisme social que l’on déplore en fin de parcours est bien le fruit d’un système anémié qui ne parvient plus à hisser les meilleurs, surtout lorsqu’ils sont d’origine modeste, au sommet.

Face à ce terrible constat, la discrimination positive, qui recèle d’autres dangers, comme celui d’accroître les communautarismes à qui elle donne une justification, ressemble à un remède empoisonné. Elle donnerait un coup de grâce au malade qu’elle prétend soulager …

Laurence de Charrette pour Le Figaro.

Merci de tweeter cet article :





2 Réponses à “Le bouc-émissaire des Grandes Ecoles”

  1. Richard Mauden dit:

    La recherche catastrophique de l’égalité
    Lee Kuan Yew, fondateur de Singapour, a toujours expliqué haut et clair qu’une société fondée sur la recherche de l’égalité sera battue sur le long terme par celle qui place la dignité de chacun au sommet de ses valeurs.
    Par Xavier Fontanet.
    L’Europe et l’Occident ont commis un péché d’orgueil au moment de la chute du mur de Berlin. Ils ont cru aux théories de Francis Fukuyama sur la fin de l’Histoire en pensant que les valeurs occidentales avaient définitivement gagné. C’est pourtant à partir de ce moment-là que les pays d’Asie (et la Chine en particulier) ont pris l’élan qui les fait passer en force devant l’Europe et les États-Unis, et cela quelles que soient les initiatives du président Trump.
    Le paradoxe dans toute cette affaire est que l’Europe a perdu confiance dans ses valeurs de liberté et d’initiative, alors que ces mêmes valeurs ont permis à l’Asie un formidable rattrapage. La parade est simple, elle consiste à rechercher les bonnes pratiques asiatiques que nous pourrions copier à notre tour. Tous ceux qui connaissent l’Asie pour y avoir travaillé quotidiennement, en particulier les entreprises, seront unanimes pour dire qu’il y a un trésor de recettes dont il faut s’inspirer, en particulier au Japon. L’une d’elles est fort bien résumée dans un petit livre facilement disponible ; elle porte le nom d’Ikigai, méthode qui permet de donner du sens à la vie. Ce livre apprend à porter attention aux petites choses, il montre que le travail manuel est en fait hautement intellectuel, la main étant le prolongement du cerveau. La clef, c’est de toujours viser la perfection en toutes choses. Il apprend aussi la modération et le respect de l’autre, où qu’il soit dans la société. Ce dernier message est peut-être le plus important, il est source d’harmonie de la société. C’est la force de l’Asie. Accepter que même si nous sommes égaux en droits, nous ne sommes pas pareils en fait, mais proclamer au même moment qu’un ouvrier efficace et bon collègue doit être placé en plus haute estime que le dirigeant d’une grande entreprise qu’il aurait abîmée durant son mandat. Voilà une philosophie dont nous devrions nous inspirer. Lee Kuan Yew, fondateur de Singapour, a toujours expliqué haut et clair qu’une société fondée sur la recherche de l’égalité sera battue sur le long terme par celle qui met la dignité de chacun au sommet de ses valeurs. Pour lui, en effet,l’égalitarisme mène à l’assistanat qui se finance forcément par la démotivation des entrepreneurs et ruine l’économie. Pourquoi n’écouterions-nous pas aujourd’hui ce message décapant venant de l’un des plus grands dirigeants mondiaux des cinquante dernières années ?

  2. C’est encore une fois du vent et de l’enfumage : pour suivre les cours de n’importe quelle Grande Ecole, il faut avoir le niveau requis.
    A ce stade l’élève qui a les capacités, a déjà eu toutes les possibilités lors de sa scolarité, pour intégrer les bonnes filières. les Grandes Ecoles recrutent également depuis des décennies, sur titre, des étudiants ayant le niveau suffisant.

    Je ne vois rien d’autre que de la démagogie dans ces propositions, de la démagogie et du copinage, parce qu’on peut être sûr que , comme dans la mise en place de la « troisième voie » pour l’ENA, ce seront les camarades et les copains qui en profiteront !

    Bourdieu, le grand inspirateur des politiques d’éducation des dernières décennies, a dénoncé la « reproduction des élites », sans évoquer son pendant, la « reproduction de la médiocrité ».
    Les chats ne font pas des chiens, et harnacher un âne comme un cheval de course, pour l’aligner à Auteuil, n’en fera pas pour autant l’égal d’un étalon !

Laissez une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *